Steinbüchel , p. 3 , où il y a 254 monnaies et 510 coins
PREFACE I>E L’AUTEUR
VU
soûl. Quoique parmi ses monnaies des rois goths, il y en ait plusieurs qu'un graveur très-habile pourrait faire en un seul jour, d’un autre côté, il y a un grand nombre de médailles grecques dont la gravure achevée demanderait au moins un travail de huit ou douze semaines. Il faut encore remarquer ici que Becker pouvait rarement se servir de dessins , comme font les autres graveurs , auxquels importe peu une ligne plus ou moins rigoureusement fidèle, parce que, pour atteindre son but, il devait s’astreindre à suivre l’original avec une scrupuleuse attention , ce qui exigeait naturellement un temps beaucoup plus long.
On ne sait pas s'il se servait de monnaies véritables pour fondre sur celles-ci des matrices en fer, qu’il aurait ensuite travaillées au burin et trempées. On ne voit nulle part les traces de fusion qu’on devrait cependant facilement apercevoir sur le champ de la médaille. 11 est certain cependant qu’il se servait de médailles anciennes d’or et d’argent comme flaons, pour y frapper des types plus rares en conservant seulement le contour primitif. En effet, il n’y avait pas alors besoin d’une nouvelle fu-' sion comme le croyait Slcinbüchcl. Souvent il ne frappait qu’un seul côté d’une monnaie vraie , lorsqu’il s’agissait uniquement d’y substituer une tète ou un revers plus rare.
Pour donner à ces contrefaçons l’aspect fruste de l’antiquité, on dit qu’il les plaçait dans une petite boite remplie de limaille de fer, et après avoir attaché la boite aux ressorts de sa voiture , la montre à la' main , il se promenait sur la route entre Offenbach et Francfort. Selon le témoignage de Collin, juif de Francfort , il appelait cette opération : La promenade de messieurs les an-
Vf II PRÉFACE DE L’AUTEUR.
eiens. On raconte aussi qu’il se servait d’engrais pour donner à ses pièces l’odeur et la couleur des médailles antiques.
Cependant les amateurs commencèrent à concevoir quelques doutes et devinrent plus prudents. Sestini, dans une feuille volante imprimée en 1823, dénonça plusieurs contrefaçons de Y ultramontain. Dans son livre sur les contrefacteurs modernes, il nomme ouvertement certain Becker de Hanau, et il décrit quelques-unes de ses médailles1.
Dans celte conjoncture Becker pensa qu’il devenait nécessaire de se dénoncer lui-même comme imitateur des médailles anciennes. En effet, il publia un catalogue de deux cent quatre-vingt-seize pièces qu’il déclara avoir gravées pour son plaisir, offrant de les céder aux amateurs et collecteurs qui ne pouvaient pas se procurer les originaux à cause de leur rareté.
Le prix de la série complète de deux cent quatre-vingtseize médailles frappées en argent, était de 300 ducats.
D’une série des médailles grecques con-
tenant cent dix pièces 200
Des médailles romaines, cent vingt-six
pièces 100
Des rois goths, vingt-quatre pièces 14
1. il confond souvent la fabrique de Becker avec celle de Stnyrne. Il est Impossible de suivre son opinion relativement à la pièce de Néandrie ( p. 27 ) , et aux monnaies des rois du Bosphore de l’an 305 (p. 24). Quoi qu’il en dise, il ne connaissait pas le Catalogue publié par Becker j et le Journal des Beaux-Arts (Kunstblalt ), que nous avons déjà cité, prouve que Sestini ne connaissait nullement trente-huit monnaies grecques et trente-six monnaies romaines fabriquées par Becker. Les dessins qu’il nous donne aux n" 7, 12, 24, 31 , 05, 90, 93, 123, 126, 129, d’après notre Catalogue , sont inexacts.
PRÉFACE DE L’ AUTEUR. IX
Du moyen âge germanique, vingt-qualre
pièces 14
Modernes du xvi* au xvm* siècle, douze pièces 10 •
Ce calalogue de sept pages in-4, publié sans date , est tout à fait incomplet. On ignore s’il avait dissimulé une partie de ses médailles afin de les vendre avec un plus grand profit, ou s’il continua encore h travailler après la publication de ce catalogue. Les deux hypothèses sont également probables.
En 1836, A. Sleinbüchel publia, à Vienne, un catalogue des médailles contrefaites par Becker; mais ce travail, en ce qui concerne les médailles grecques et romaines , ne contient pas autre chose que la description de Mionnet, c’est-à-dire, tout simplement, la description des originaux imités , sans signaler aucunement les différences caractéristiques des imitations; les autres médailles sont très-brièvement indiquées.
Nous croyons donc pouvoir êlrô utiles à ceux qui possèdent une collection de médailles en leur donnant dans le catalogue suivant (fait en collaboration avec mon ami Parthey ) une exacte description d’une série de ces médailles frappées en plomb , et après la confrontation de deux exemplaires.
Médailles grecques du n” 1 jusqu’au n° 133 133 pièces.
— romaines du n° 134 au n° 269 136 »
— des rois gothsd’Occident 270-294 25 »
Mérovingiens » 295 2 »
Carlovingiens et empereurs suivants 296-314 19
PRÉFACE DE L'ACTEUR
Monnaies et médailles du moyen
âge et de temps modernes 315-321 7 »
Monnaies obsidionales 322-330 9 »
Appendice Isemburg » 331 1 »
Bien que notre catalogue soit plus riche que tous ceux qui l’ont précédé, cependant il ne sera peut-être pas encore parfaitement complet , car plusieurs demandes que nous avons adressées à M. Seidenstricker sur le véritable nombre des coins de Becker sont restées sans réponse.
Enfin, je crois devoir faire observer aux numismatistes que les onze médailles qui suivent et dont Steinbüchel a donné une très-courte description , ne sont pas attribuées à Becker avec certitude. Les moins certaines sont les médailles enregistrées sous les n°* 1, 4, 6 et 8.
l. .. MO • NO = ARCHiePI • €T . MAGISTRI . L1V
Les deux bustes de l’archevêque Gaspare de Linden et du duc de Livlandie Walther de Pleltenberg, avec les armoiries de la famille. Entre les deux tètes -j •