AHMOC. Tête jeune diadémée à gauche
R[. IIPAKACfiTQN . Au milieu, une amazone de face, vêtue d’une tunique courte , tenant de la main droite une patère et de la gauche une bipenne. A droite, Diane debout, vêtue de la stola , tenant une patère de la main droite , et son arc dans la gauche. A gauche , une déesse voilée, vêtue de la stola , appuyée sur une haste , et tenant une branche de laurier dans la main droite. Æ. 8. (PI. vii, 2.)
2. M.On. C€BH. MAKP6INOG. Tête lauréc de Macrin, paludamentum.
Bf. HPAKA€flTftN . Une déesse debout, vêtue de la stola , tenant dans la main gauche une balle , la main droite étendue, comme pour frapper la balle. Æ. 6 4/2. (PI. vu, 3.)
La déesse voilée du n” 4 paraît être Cérès; mais c’est bien une branche de laurier, et non des épis qu’elle tient à la main ; la belle conservation de la pièce ne permet pas d’en douter. Le n° 2 représente une déesse jouant à la balle,
acpatpiÇovaav .
Ces deux médailles m’ont été apportées à Makouf, site supposé de l’ancienne Trapezopolis , par deux personnes différentes ; elles sont les seules monnaies d’Héraelée que j’aie recueillies dans mon voyage, et les seules monnaies grecques qu’on m’ait apportées à Makouf. Il s’agit ici d’Héraelée Salbacé , et non d’Héraelée au pied du mont Latmus , ville souvent donnée à la Carie, par les anciens géographes. Saî.oixr, parait être le nom d’un district où les villes d’Apollonia et d’Héraelée étaient situées. (Voy. Bœckh, 2764 , note.) Hiéroclés, dans l’énumération des villes de la pré-
fecture de Carie, cite celles-ci dans l’ordre suivant : AffpoJwia; , Hpaxieiac Sa). caxn, Taca; , AîroW.wvta , leëxtrzonohs. Ces villes forment évidemment un groupe; les positions de Taba à Davas , et d’Aphrodisias à Ghéra , sont bien connues ; Kieppert a marqué Sébaslopolis un peu à l’est de Davas , au pied d’une chaîne de montagnes qui s’étend du nord au midi, et à laquelle il donne le nom de Salbacus. Je ne sais ce qui a déterminé ce géographe à placer Sébastopolis en cet endroit ; toujours est-il que c’était une ville de l’intérieur de la Carie.
Si on doit s’en rapporter à l’ordre d'Hiéroelès , qui , soit dit en passant, est très souvent l’ordre géographique , ce serait à Makouf , point intermédiaire entre Ghéra et Davas , qu’il faudrait placer Héraclée. Le môme auteur range Trapezopolis au nombre des villes de la préfecture de Phyrgie Pacatiane, entre Attuda et Colosse, villes situées toutes deux au nord de la chaîne du Cadmus, l’une à Ipsili-Hissar , l’autre hKhonas. Je ferai remarquer que les èmxp/isa ou préfectures d’Hiéroelès , sont des circonscriptions administratives où les villes sont classées par groupes géographiques, et sans tenir aucun compte des anciennes divisions ni des anciennes races, qui devaient à cette époque s’être fondues en une seule nation grecque. De là la grande importance de la simple liste de villes que cet auteur nous a transmise ; il est à regretter que son texte soit si corrompu. Pour quiconque a parcouru cette partie de l’Asie, a traversé la montagne qui sépare Dénisli de Makouf, et de là a été à Ghéra, il doit être évident que les villes situées de chaque côté de cette formidable barrière devaient appartenir, celles qui sont au midi, à la circonscription dont Aphrodisias était la capitale , et celles qui sont au nord à la préfecture dont Laodicée était le chef-lieu. De là il résulte
que Makouf n’est point l’emplacement de Trapezopolis ; je dirai plus loin , à propos des médailles de cette ville , où je crois devoir la placer.
Les notices ecclésiastiques font souvent mention d’Héraclée Salbacé; cette ville avait donc de l'importance à l’époque byzantine; effectivement, à Makouf d’assez nombreux fragments d’antiquités trahissent la décadence ; de plus , les villageois m’apportèrent une grande quantité de pièces romaines du Bas-Empire et byzantines, mais seulement ccsdeux médailles grecques. Enfin, dans une inscription trouvée à Makouf (Bœckh, 3953, c.), nous lisons que Glycon fut deux fois stéphanéphore , gymnasiarque , premier sénateur et prêtre d’Herculc. Dans cette ville , la prêtrise d’Hercule était donc confiée à des hommes d’un rang élevé , et Hercule y était une divinité principale , ce qui n’est pas surprenant si cette ville s’appelait Héraclée; tandis que parmi les médailles publiées de Trapezopolis, aucune ne fait allusion au culte de ce dieu. Sur les médailles d’Aphrodisias, nous trouvons les noms de deux rivières , le Timélès et le Corsymus (Mion. Carie, n"* 125, 126) , qui doivent être le Kara-sou et un de ses affluents. Ils prennent leur source sur les hauteurs boisées qui séparent Ghéra de Makouf. Dans la collection de M. le colonel Leake se trouve une médaille avec le revers du fleuve et la légende HPAKA€nTnN TI- M6AHC ; cette pièce que je ne connaissais pas en écrivant la première portion de cet article, et que je publie avec la permission de l’illustre géographe , me paraît trancher la question, et démontrer clairement que Makouf est l’emplacement de l’ancienne Héraclée Salbacé.
Quant à Apollonia Salbacé, dont je devrais peut-être parler ici, j'examinerai, dans un autre article, les questions qui se rattachent à sa géographie et à sa numismatique.
MYLASA.
. Cheval marchant à gauche.
Rf. MYAACCfiN. Bipenne. Æ. 3.