BOYAH. Tête voilée du sénat
Bf . AnÀMGnN . Aigle debout sur une couronne , les ailes éployées. Æ. 4.
Le n" 1 nous donne un nom de magistrat nouveau.
La position de cette ville célèbre est restée longtemps incertaine ; elle a été fixée par M. Arundell au village de Dinler ; il faut dire cependant qu’on n'y a point trouvé d’inscriptions contenant le nom de la ville. D’après la description de Strabon , il est impossible de ne pas reconnaître que c’est bien là son emplacement. Voici le passage en question : « La ville d’Apamée est bâtie à l’embouchure de la rivière Marsyas, qui coule au milieu d’elle , et y a aussi sa source ; son courant est rapide et ses eaux abondantes; dans les faubourgs de la ville elle se jette dans le Méandre , qui a déjà
reçu les eaux de l’Orgas, cours d'eau tranquille, dont le lit traverse la plaine. » Cette description est exacte de point en point. J'ai pu constater que les ruines commencent un peu au-delà de la source du Marsyas , et continuent jusqu'à sa jonction avec le Méandre; qu’il n’y a qu’une source jaillissant au pied d’un énorme rocher , mais tellement abondante qu’elle peut tourner la roue d’un moulin à quelques pas de sa sortie du rocher; que son cours est très rapide et entrecoupé de petites cascades ; enfin qu’un ruisseau se jette dans le Méandre, près de la ville , après avoir traversé la plaine. Nous pouvons appliquer ici le principe que j’ai posé dans mes observations générales; à Dinler on m’apporta un grand nombre de médailles d’Apamée , mais sans exception , plus ou moins frustes, et seulement deux ou trois appartenant à d’autres villes; d’où je suis disposé à conclure, en l’absence d’autres preuves, que Dinler est le site d’Apamée. Du reste, les ruines de cette grande et riche ville ne présentent aucun intérêt; il n’y a que des débris épars sur une grande étendue de terrain.
Strabon ajoute que sur la montagne, au-dessus d’Apamée, il y a un lac qui produit les roseaux dont on se servait pour faire les embouchures des flûtes, et d’où coulent les sources du Méandre et du Marsyas. Effectivement , à deux ou trois heures de marche de Dinler, sur la route d ’Oluburlu, il y a une grande source qui forme un marais assez étendu, et dont les eaux n’ont pas d’écoulement naturel. Ces eaux sont très probablement les mêmes qui reparaissent sous les rochers d’Apamée, pour former le ruisseau du Marsyas.
Un passage d’Hérodote (VII, 26) confirme les indications de Strabon ; l’historien rapporte qu’une rivière, appelée Catarractes , aussi considérable que le Méandre , a sa source dans l’agora même de Cclænæ , et se jette ensuite dans le
premier fleuve. On sait que Celænœ était l'ancien nom d’Apamée. Enfin Xénophon (Exp. Cyri, I, 2.) nous raconte que le roi de Perse avait un palais à Cclænæ, aux sources du Marsyas, sous l’acropole. C’est donc à Celænæ qu’il faut attribuer les ruines qu’on voit sur la montagne au-dessus de Dinler, et à Apamcc, celles qui s’étendent le long du Marsyas. Le colonel Leakc, dans son ouvrage sur l’Asic-Mineure, discute tous les passages des auteurs anciens qui ont trait à Apamée ( p. 4 56 , sqq.). Ses conclusions ont étc complètement justifiées par les observations des rares voyageurs qui ont depuis exploré cette portion de la Phrygie.