M. A KOMO. . . Tête laurée de Commode
Bf. ...TAIÜN. Croissant. Æ. 2.
42. CABEI. TPANKTAAEINA. CEB. Tète de Tranquilline sur un croissant.
If. nEPTAlÜN. CIAHTÜN. A l’exergue, OMONOIA. Diane debout, tenant de la gauche son arc , et de la droite une flèche; à ses pieds, un cerf. En face, Pallas tenant sa lance de la main droite, la gauche appuyée sur son bouclier. Æ. 7.
43. A. K. M. IOï. CEO Y. <J>IAIIHI0C. CE. Tète laurée de Philippe fils.
Rf. neprAION. Apollon nu et debout, la tète laurée, le bras gauche appuyé sur un autel, autour duquel est roulé un serpent, et tenant de la main droite une branche de laurier ; à ses pieds, une lyre. Æ. 6.
44. AT. K. nOY. AIK. OTAAEPIANON. Tète radiée de Valérien ; devant, la lettre I.
If. nEPrAION. AÊA$mV. OMONOIA. Diane debout , le croissant sur la tôle; en face, un terme d’Apollon. Au milieu en haut, la lettre A; en bas, le mot Ï1T0IA. Æ. 8.
Les types de toutes ces médailles se rapportent à Apollon et à Diane de Perge ; le culte de cette déesse occupait , dans toute la Pamphylie, le môme rang que celui de la Diane d’Ephése, dans l’ouest et le centre de l’Asie-Mincure. Cela explique la concorde des habitants de Perge, métropole du culte de Diane, avec ceux de Delphes, où se trouvait le principal oracle d’Apollon.
La petite pièce n" 6 est fort importante, en ce qu’elle confirme d’une manière définitive l’attribution à Perge, déjà soupçonnée parBorrell, des médailles avec la légende MANAVA2 I1PEIIA2. Ces pièces ne sont pas rares et proviennent constamment de la Pamphylie, notamment des ruines mêmes de Perge. Le sphinx se voit , comme type principal sur des médailles de bronze de Perge (Mionnct, Pamph., ^75), et comme symbole accessoire sur un beau tétradraclune de cette ville, dans la collection du Musée britannique. C’était du reste une règle assez souvent suivie dans l’antiquité, que de graver comme type accessoire sur la monnaie d’argent, les types principaux de la monnaie de cuivre; les tétradrachmes d’Athènes en fournissent de nombreux exemples. La comparaison de plusieurs petits bronzes de Perge, tant de ma collection que du Cabinet de France, m’a convaincu que le second mot de la légende est ÜPEIIA2 et non IIPENA2. La forme Preyias se rapproche beaucoup du grec r Upyxixa les types qui accompagnent la légende pamphylienne et la légende grecque sont identiques ; nous sommes donc fondés à conclure que les mots grecs ÀprepuJo; nspyai«;, sont la traduction des mots pamphyliens Maya» J/aj npeûxç, et que la Diane de Perge portait dans le langage pamphylien le nom de Mxvectyoc. Le culte de cette déesse était un culte indigène, comme celui de Gybèle à Pessinunte, et celui d’Aphrodité à
Paphos. Cybèlc avait aussi un nom indigène, celui d'A^dion;, et les trois divinités étaient adorées sous la forme de pierres, qui à Pergc et à Paphos étaient coniques. (Voyez à ce sujet les remarques de M. Akerman dans le Numismatic Journal pour 1837). Ces trois déesses avaient-elles une origine commune, et n’est-ce que plus tard que la mythologie hellénique les distingua entre elles et les assimila à Artémis , à Cybèle et à Aphrodite? L’état des connaissances, relativement à la religion et au langage des peuples aborigènes de l’Asie-Mineurc, ne nous permet guère d'aborder ces questions , bien moins , de les résoudre. Il me sera cependant permis de. faire un rapprochement que l’on trouvera peut-être forcé , mais qui n'en est pas moins curieux.
Le dieu Men, au dire de Strabon, était une divinité phrygienne, c’est-à-dire indigène dans l’Asie-Mineure; les médailles et les inscriptions en fournissent des preuves abondantes. Les noms de Men et de Manapsa me paraissent appartenir au même radical, et le second pourrait bien être la forme féminine du premier. L’analogie de Tanat ou Minerve, forme féminine de Tan, Jupiter, donne une certaine consistance à ma conjecture. Cependant je ferai remarquer que dans le mot Mon/oi la forme du <J/ est carrée et ne s’éloigne pas beaucoup de celle de certains caractères phéniciens; de sorte que nous ne pouvons être sûrs d’en connaître la véritable valeur. L'attribut habituel du dieu Men est une pomme de pin, de forme conique, comme la pierre sacrée de Pergc (voy. Sagalassus); mais une médaille fort remarquable de Prostanna, publiée par Borrcll, nous en montre d'autres aussi curieux et aussi peu expliqués jusqu’à présent . En voici la description : « Lunus debout de face dans un temple distyle, un croissant sur les épaules et un autre sur le front ; de la main droite, il tient un objet douteux , de la gauche la pomme le
pin. A scs pieds, de chaque côté, un lion; dans le champ à droite, un sphinx en haut et un coq en bas. » Voilà donc un sphinx, attribut du dieu Mm , aussi bien que de Diane de Perge. Je ne crois pas que ces différents rapports puissent nous autoriser à regarder la Diane de Perge et le dieu Men comme la manifestation féminine et masculine du même principe ; néanmoins les rapprochements que j’ai établis sont nouveaux, et aucune lumière, si faible qu elle soit , n’est à dédaigner dans les ténèbres épaisses qui recouvrent les origines asiatiques. Remarquons en passant que les divinités représentées sur les marbres de Ninive et de Xanthe, portent aussi des cônes à la main.
POGLA.