‹ NumismaticaChapitre 76 sur 326 · IMP. CS. L. DOM. AVRGLIANO. Tète laurée d’Aurélien · texte numérisé non relu

IMP. CS. L. DOM. AVRGLIANO. Tète laurée d’Aurélien

Rf. FORTVNA. COL. CRG.. G. Femme tutulée debout, vêtue d’une tunique courte, la main gauche appuyée sur une hastc, et tenant de la droite des épis. A ses pieds, à droite, un griffon assis, la patte sur une roue ; à gauche, un objet douteux. Æ. 9.

6 M. AVRELIANO. Tète laurée d'Aurélien.

Itf RGMNG. Diane d’Éphèsc debout avec ses broches ;

adroite, un cerf. Æ. 9.

Toutes ces médailles, ainsi que trois autres exemplaires de la pièce n" 1 et un second du n° 3, ont été recueillies à Ghirmé, petit village situé au pied des ruines considérables de l’ancienne ville pisidienne de Cremna. Kicpperl, le premier, a indiqué sur sa carte la véritable position de cette ville. Je ne crois pas qu’aucune inscription trouvée à Ghirmé ait encore confirmé définitivement cette attribution géographique. Quant à moi, mes recherches dans ce but ont été vaines ; mais le témoignage des dix médailles que j’y ai trouvées peut suppléer au manque de monuments épigraphiques. Je dois ajouter que nulle part ailleurs, en Pisidic ni en Pamphylie, je n'ai recueilli de médailles de Cremna. Située, au centre du Taurus pisidien, sur une de ses plus hautes cimes, Cremna mérite par sa position, le nom que les Grecs lui ont donné. L’emplacement de la ville est un plateau allongé, au

sommet d'une montagne, bordé de trois côtes de précipices profonds. On y voit entassées pôle môle, des ruines de temples, de colonnades, de portiques; et de nombreuses citernes, creusées dans le roc, attestent encore les efforts que les habitants avaient faits pour s'assurer une provision d'eau en cas de siège; car il n’y a qu’une seule source près des ruines, en dehors des murs, au pied de la ceinture de rochers à pic qui entoure la ville. Les édifices publics, construits avec la pierre grossière qui se trouve sur les lieux, ne paraissent pas avoir été remarquables sous le rapport architectonique. Les tombeaux sont en général de la construction la plus primitive ; la plupart, de môme qu’à Alinda de Carie, ne sont que des trous carrés creusés dans le roc et recouverts de dalles pesantes. Le temps a souvent presque effacé de ces humbles sépultures toute trace de la main des hommes, et le voyageur passant au milieu de la nécropole de Cremna, les distingue à peine des blocs épars sur le flanc de cette âpre montagne. Du haut des murs, la vue s’étend sur toute la chaîne du Taurus, sur un océan de cimes neigeuses, qui surgissent au milieu de sombres forêts de sapins. Dans une vallée, à plusieurs milliers de pieds plus bas, le Ceslrus se fraie un chemin à travers les montagnes, pour aller, non loin de Perge, se jeter dans le golfe d'Adalia. Enfin, dans le lointain, au midi, à trois journées de marche, l'on aperçoit la mer, dont la ligne aiurée forme le dernier plan de ce panorama grandiose.

Mais revenons aux médailles; le lecteur me pardonnera de m’être écarté un instant de mon sujet pour lui donner une faible idée d'un site remarquable, qui parmi tant d’autres souvenirs de celte belle Asie, s’est gravé dans ma mémoire en traits ineffaçables.

On ne connaissait jusqu'à présent que des médailles co-

loniales de Cremna ; les pièces à la légende KPH sont attribuées, par Mionnet et Sestini , à Cratia de Bithynie ; cependant, dans son Supplément, Mionnet en donne une «à Crétopolis dePisidie, d’après Sestini. Borrell, dans le Numismatic Chronicle , a constaté comme résultat de son expérience, que ces médailles provenaient constamment des environs d'Adalia, et proposait l’attribution à Crétopolis , attribution excellente en elle-même. Enfin, la découverte de ces monnaies dans les ruines mêmes de Cremna vient lever tout doute à cet égard. Slrabon nous raconte que Cremna fut prise par Amyntas, roi de Galatie , qui perdit la vie dans une expédition contre les Homonadéens , autre peuplade de la Pisidic ; à Ghirmé, je fis la remarque qu’avec les médailles de Cremna , on m’apporta plusieurs petits bronzes d’Amyntas.

Le n° 3 nous présente la figure de Némésis avec son nom en latin YLTRIX ; de même le n° 5 nous donne le nom de la déesse FORTVNA ; Borrell a publié une autre médaille de la même ville avec le nom et la représentation du dieu latin SILVANVS.

Quant au n° 4 , dont le revers est mal frappé, le premier mot de la légende doit être GENIO. On remarquera aussi les deux médailles à l’effigie d’Aurélien; nous ne trouvons son portrait que sur les monnaies de quelques villes pamphyliennes et pisidiennes.

LYRBÉ.

1. CAB. TP A N K Y A A G I X AN . AYTOYCT. Tête de Tranquilline sur un croissant.

Rf. AYPBCITnN. Mars debout, tenant de la main droite une haste , la gauche appuyée sur un bouclier. Æ. 6.

La position de Lyrbé est encore inconnue. D’après Ptolé-

mée , cette ville était située dans l'intérieur de la Cilicie- Trachée ; ceci s’accorde très bien avec la liste , donnée par Hiéroclès , des villes de la préfecture de Pamphylie, qui

comprend , outre la Pamphylie proprement dite, une grande partie du pays montagneux de l’intérieur, habité par des peuplades pisidicnnes et cilicienncs, et qui s’étend le long de la côte jusqu’à Coracésium. Or cette dernière ville, dans Ptolémée , est une ville maritime de la Cilicie-Trachée , et Hiéroclès place Lyrhé entre Sidé et Coracésium. C’est donc dans l’intérieur, entre ces deux villes, dont les positions sont connues, qu’il faut chercher Lyrhé. Les médailles de celte ville sont fort rares.

OLBASA.

I . IMP . CAE . C . VOLVSSIANVM (sic) AVG. Tète laurée de Volusien.

ïÿ. COL.OLBASENORVM. Bacchus debout à demi nu, tenant un thyrsc et un canthare; à ses pieds, une panthère. Æ. 7.

Bans un mémoire inséré dans la Revue de 4849 , notre savant collaborateur, M. Duchalais , a restitué à Olbasa de Pisidie une médaille attribuée à tort par Sestini à Océa de la Syrtique, ville dont on ne possède jusqu’à présent aucun monument numismatique certain. Voici une médaille dont la légende nette et complète établit celte attribution d’une manière définitive.

Il existait dans la portion méridionale de l’Asie-Mineure plusieurs villes dont les noms ont donné lieu , par leur ressemblance, à de fréquentes confusions, Olba, Olbasa et 01bia. De la comparaison des indications des différents géographes, il résulte avec certitude qu’Olbia était une ville maritime de la Pamphylie , située à peu de distance à l’ouest

d’Atlalia; nous n'en connaissons pas de médailles. Etienne de Byzance (in voce ÔXS(a) a fait confusion entre Olbia de Pamphylie et Olba, ville des Solymes ou Pisidiens, qui n’est autre que notre Olbasa.

Olba, célèbre par son temple de Jupiter, dont les grandsprêtres étaient aussi dynastes ou souverains du territoire environnant, était une ville ciliciennc et capitale d’un district appelé Cétide. Ceci résulte d’une médaille fort intéressante du Musée britannique , publiée par Borrell ; elle porte au revers delà tète de Caracallala légende suivante: AAP.ANT. OAliGQN . IV1H. KH. , c’est-à-dire, AÎpcavoav ÀvTWVisvoav ÔÏSi'àv [MTptnohvç Kr-îJoz. Cette légende reçoit son explication d’un passage de Ptolémée , et le corrige en même temps. Ce géographe (lib. V., cap. 8, sect. 6) mentionne une ville de la Cétide, qu'il appelle Olbasa. Le texte de Ptolémée nous apprend donc que les lettres MH. KII. signifient My;TpÔ7roX(s Knréîü;, et la médaille, qu’il faut corriger le texte et lire CfaSa au lieu de oXêaaa. Strabon (lib xiv. 5) rapporte qu’Olba était située dans le pays montagneux au-dessus de Soli. D’un autre côté, Ptolémée (lib. V., cap. 6, sect. 17) cite au nombre des villes du midi de la Cappadoce, à l’est de Laranda, une seconde ville d’Olbasa. Comme les montagnes au-dessus de Soli se trouvent précisément à l’est de Laranda, et que d’ailleurs Ptolémée s’est trompé en donnant le nom d’Olbasa à la ville d'OIba, il nous est permis de croire que cette deuxième ville d’Olbasa de Cappadoce n’est autre qu’Olba de Cilicie. Ceci, du reste, n’est qu’une conjecture; mais il faut bien sc rappeler que les connaissances des géographes anciens s’étendaient rarement loin des côtes et des colonies grecques, et que toutes ces provinces, la Lycaonie, l’Isaurie et la Cilicie-Trachéc , furent toujours habitées par des peuplades plus ou moins barbares , et par conséquent

furent comparativement peu connues du monde ancien. Hiéroclés et les Notices confirment l’opinion que j’ai avancée. Dans la préfecture de Lycaonie, dont Iconium est la capitale, je trouve Laranda; mais il n’est fait aucune mention d’Ol-

basa; au contraire, dans la préfecture d’Isaurie, qui embrasse le littoral de la Cilicie, depuis Sélinus jusqu’à Soli, Hiéroclès cite Olba parmi les villes de l’intérieur.

Reste enfin la troisième Olbasa de Ptolémée, rangée dans la préfecture de Pamphylie au nombre des villes de la Pisidie proprement dite. Ici Hiéroclès est d’accord avec lui ; et Olbasa est la dix-huitième ville de cette môme préfecture. Voilà, à l’exception du passage obscur d’Etienne de Byzance [in voce ÔlSix), les deux seules mentions que j’ai pu trouver de cette ville. Les médailles seules nous apprennent qu'elle était une colonie romaine, et la représentation du dieu Men sur le bronze cité par M. Duebalais, aurait presque suffi pour la faire placer en Pisidie. Dans la carte de Rieppert, Olbasa est marquée à Délengli, au nord-est de Cibyra; je ne sais si cette position, assez probable en elle-môme, est le résultat de découvertes récentes , ou si c’est une conjecture du savant géographe.

PAPPA.

AV.KAl.AAP.ANTOiN'€INOC.Tôtelauréed’Antonin-le-Pieux.

Bf. TIBGPieftN . IlAnnHNnN . Le dieu Men debout, un croissant sur les épaules , la main droite appuyée sur une haste , et tenant de la gauche la pomme de pin ; son pied droit est posé sur une tête de bœuf ou de bélier. Æ. 6. (Cabinet de France, deux exemplaires). Æ. i 1/2. (Alusée britannique).

En examinant récemment au Musée britannique les médailles de Tibériopolis de Phrygie, j’en remarquai une dont

la légende se terminait par les lettres AtHlHNfiN, et dont la fabrique et le type annonçaient une origine pisidienne. Je n’hésitai pas à l'attribuer à Pappa. Plus tard j’ai retrouvé parmi les médailles de Tibérias de la Galilée, au Cabinet de France, deux autres exemplaires de la même pièce! dont les légendes se complétaient mutuellement, et j'ai vu avec plaisir que Mionnet (Galilée, n" 63, note) avait déjà remarqué la différence de légende, sans toutefois donner d'attribution à ces médailles.

Hiéroclès mentionne Pappa au nombre des villes de la préfecture de Pisidie. Les trois Notices Ecclésiastiques citent l’évèque de Pappa, b Ilàinitav, parmi les évêques de cette province. Ptolémée (lib. V, cap. 4, scct. 12) nous apprend que Pappa et Mislkium étaient des villes habitées par une peuplade, qu’il nomme dpoyoïxoî , et qu’il place dans le nord de la Pisidie , sttf les frontières de la Galalic et de l'Isaurie. Voilà toutes fes informations que j’ai pu rassembler au sujet de celte ville, dont la position est inconnue.

SAGALASSUS.

1 . AYT. K. M. AYP. ANTfîNGINOC. AIT. Tête lauréc de Marc-Aurèle jeune.

Rf. CArAAACCGQN. A l’exergue, KGCTPOC. Fleuve couché. Æ. 6.

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