‹ Numismatique d'Alexandre le GrandChapitre 5 sur 21 · Classification · texte numérisé non relu

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nnaies le Grand.

Les monnaies d'argent ont pour types communs, an droit la tête d^HercuIe coiffée de la peau àe lion, au Q*. Jupiter trônant, l'aigle sur la main droite étendue, la gauche appuyée sur le sceptre.

Les espèces ordinaires des monnaies d'argent sont le téira^ drachme et la drachme. Quelquefois on rencontre le triobole V. no. H8,675, 1274, 12gl, 1365, 1476, 1493, 1497, 1501, 1548, 1694, et PoboU v. no.246, 574, 676, 1357, 1398-99, 1623, 1695 -96, rarement le tridrachme p'. e. n» 1146 S et le didrachme v. no« 588, 593 et 674, une seule fois le décadrachme v. no 669.

Les monnaies d'argent sont frappées d'après le système attiqne, introduit par Alexandre au lieu de celui d*Egine qui se trouve dans les monnaies d'argent de Philippe II, et qui avant Alexandre était le dominant en Macédoine et dans la Grèce en général, à l'exception d'Athènes et de Corinthe. ^ Dans ce système monétaire le tétradrachme était la monnaie principale comme le didrachme dans celui d'Eginc; les télradrachmes et les drachmes d'Alexandre remplaçaient ainsi les didrachmes et les dioboles de Philippe II. Les tétradrachmes pèsent en général 16,0-17 grammes^, et les soudivisions en proportion. Dans le poids des monnaies d'argent il se trouve une variation assez considérable et plus grande que dans celui des monnaies d'or.

Les monnaies de bronze ont pour types, au droit la tête d*Hercule coiffée de la peau de lion, au ^. les armes d'Hercule, la massue et l'arc avec son étui. Elles varient pour la grandeur et le poids, mais les espèces ne peuvent être distinguées avec certitude.*^

* V. la note à ce n» 5 32. * V. Boeckh 1. c. scct. VII et ïX.* y^ ^ V. plus précisément sur le poids des tétradrachmes la fin du § 2.

' Les monnaies de bronze grecques, ayant une valeur bien supérieure à celle du cuivre, doivent plutôt être regardées comme une espèce de signes représentatifs que comme des monnaies réelles, et par cette raison il y avait probablement beaucoup d'arbitraire et de négligence dans ce monnayage, pour lequel il nous est impossible de découvrir aucun système fixe La valeur des pièces de bronze ou leur rapport à celles d'or et d'urgent n'étant d*ail-

Variétés des monnaies précédentes.

Les monnaies d'or.

La télé de Minerve offre des traits différents. Les cheveux pendants par derrière sont tantôt arrangés en tresses, tantôt tombant librement, quelquefois noués au milieu. Le casque a ordinairement trois panaches, et sur le côté il est le plus souvent orné d'un serpent, quelquefois d'un griffon courant, rarcment d'un sphinx ^ ; on le trouve aussi sans aucun ornement ^.

La Victoire est représentée tantôt s'avançant, tantôt plus en repos. C'est en général un bâton pour y suspendre un trophée^ que la déesse tient au bras gauche. Ce bâton est tantôt long, appuyé sur la terre, tantôt court, porté au bras, et la partie supérieure en est différemment formée. La barre transversale est ordinairement placée près de la pointe, quelquefois plus bas, ce qui produit une croix ^; elle a en général une pointe relevée à chaque bout; quelquefois on voit un cordon court pendant de ces pointes; voyez les figures sur la planche II, 15. Sur quelques pièces^ les extrémités de la barre transversale sont réunies par un cordon à la pointe du bâton, v. fig. 16; sur d'autres ^ la barre transversale est pourvue d une frange, V. fig. 17; on trouve enfin les bouts de la barre ornés de Victoires "^j V. fig. 18. Il est probable que ces derniers soient plutôt à regarder comme des guidons ou des enseignes. Peut-être

leurs pas le même dans les différents lieux et temps, il existe une grande incertitude sur les noms qu'il faut attribuer aux pièces de différente grandeur. Cfr Boeckh I. c. sect. XXIV-XXVI.

1 P. e. no 1562. « P. e. nos 1322, 1373, 1413 etc. ,

^ Cfr M. Lenormant dans Numismatique des rois grecs p. 21.

^ Une telle croix se trouve comme signe de ville sur le tétradrachme d'Alexandre no 1257, et sur les monnaies de Sidon elle est souvent tenue par la déesse de la ville (ou Astarté) debout sur le vaisseau, v. Mionn. V p. 371 no« 221 suiv., p. 373 no 241 ; suppl. VIII p. 49 no 253, p. 263 no 109.

A P. e. sur les no> 192, 652, 1415. ^ P. e. sur no« 596 cl 661.

^ P, e. sur no 206.

aussi que quelquefois, la barre transversale étant longue et placée très obliquement, on a voulu représenter un mât avec sa vergue.^ Sur quelques monnaies ce semble être le trident^, symbole de la mer, que tient la Victoire. Enfin la Victoire se trouve quelquefois représentée tenant une palme ^^, et un sceptre ^^ Quant à l'exécution artistique il y a une grande différence entre les statères; cependant ils sont plus souvent d'une exécution belle que médiocre, comme en général on soignait les coins des monnaies d'or. Il est assez rare de trouver des statères d'Alexandre d'un travail grossier ou mauvais.

Les monnaies d'argent.

Ces monnaies surpassent de loin les monnaies d'or par le nombre et par la multiplicité des signes; elks sont aussi plus variées par rapport aux images des deux divinités, aux légendes, à la technique et au poids. Une recherche atteritive prouve, que ces variations se trouvent en rapport intime avec les lieux et les temps différents où ces monnaies sont frappées et qu'elles sont d'importance pour les déterminer. Dans le suivant il faut donc continuellement avoir égard au caractère spécial des monnaies d'argent fondé sur ces variations; pour le désigner plus facilement, les variations sont ici rapportées à des classes auxquelles nous renverrons dans la suite de cet ouvrage, Les particularités caractéristiques étant plus marquées dans les tétradrachmes que dans les drachmes, ce sont ceux-là qui seront surtout pris en considération. Les planches I et II offrent des tétradrachmes des différentes classes.

s Le mât muni d^ane voile, que sur les monnaies d'Hisliée la nymphe locale (la ville personnifiée) assise sur un vaisseau tient devant elle, est de la même forme. Sestini nomme une fois pour toutes Tobjet que tient la Victoire: malus cum anlenna transversa^ dans Descr. del mus. Hedervar* I p. 123 n» 1.

^ Comme sur les monnaies béotiennes. Eckhel croit qu'en général la Victoire sur les monnaies d^Alexandre a été représentée avec le trident comme symbole des victoires d^Alexandre au-delà de la mer, v. Doctr. n. vet. II p. 97.

i« Comme sur no« 8, 506, 1131 et 1306. Cfr. Cab. Allier pi. V, 7.

1' Sur des statères sans aucun signe à Vienne et à St. Petersbourg.

Classe I. A cette classe appartiennent les tétradrachmês de la plus forte épaisseur et conséquemment de la plus petite circonférence. Les images des deux divinités sont exécutées dans un sfyle assez sévère rapprochant de l'archaïque. . La tête d'Hercule ressemble à celle qui se trouve sur un nombre de monnaies macédoniennes de la période précédente, et diffère en général de celles qu'on voit sur les pièces des classes suivantes; la crinière de la peau de lion est formée de courtes touffes pointues, rangées en lignes régulières. La pose de Jupiter est raide, la jambe droite étant visible devant la gauche; la main droite étendue montre toute la paume; la taille de la figure est en général lourde et comprimée. Le trône est un siège sans dos et sans escabelle. L!exécution est grossière; le relief ie détache assez du champ, mais il est traité d'iine manière plus plate que sur les monnaies des trois classes suivantes. Il s'y trouve fréquemment un seul signe , rarement plus de deux, et jamais des noms. Le nom d'Alexandre est plus souvent placé en ligne arquée qu'en ligne droite; le titre de roi n'est pas souvent ajouté; où il se trouve, il forme une courbe en continuation du nom. Quant à la forme des*lettreSy on y voit ordinairement H, rarement I, le plus souvent • au lieu de O (comme sur les monnaies de Philippe H), toujours { au lieu de 2.

Classe II. Ceux de cette classe ressemblent aux précédents pour l'épaisseur et sont aussi d'un style artistique assez sévère ; mais ce style est pourtant plus noble, et le travail est plus soigné. Le Jupiter trônant semble être une copie d'une autre image de temple ^^ que celui sur les mt)nnaies de la 1ère classe. La pose des jambes du dieu est à la vérité la même, mais la figure est plus dégagée, et si quelquefois elle est comprimée, ceci semble dû à une accommodation à l'image de la

>s Probablement de Jupiter Tarse, y. § 16, cl. H note, comme la figure sur les monnnaies de la 1ère classe est une copie de Jupiter Bottiée, v. S 3 p. 1*2.

1ère classe J3 Les jambes du trône, qui est aussi sans dos, sont munies de deux boutons ou boules, et ont au bas un ornement très saillant qui ressemble au calice renversé d*une fleUr. il y a souvent un escabeau sous les pieds du dieu. La tête dUlercule n'est pas très difTérente de celle de la 1ère classe. La légende est placée comme dans la classe précédente , mais elle offre ordinairement £ et o au lieu de E et • .

Classe IIL Cette classe forme la transition aux suivantes par le travail artistique. L'attitude de Jupiter est la même, la jambe droite devant la gauche; mais le style est plus libre et plus beau. Les têtes d'Hercule diffèrent pour les traits des précédentes; la peau de lion est traitée d'une manière tantôt plus sévère, tantôt plus dégagée. Le trône de Jupiter est souvent muni d'un dossier composé de trois piâfes et vu de face, de sorte que le dieu semble assis tourné vers la partie droite du siège; ses pieds portent quelquefois des souliers et reposent sur un escabeau. Le nom forme tantôt une courbe, tantôt une ligne droite derrière la figure; si le titre de roi est ajouté, il suit le bord de la monnaie en continuation du nom,/ ou il est placé en ligne droite à Texcrgue. Les lettres • et o, Z et < varient.

Classe IV. Cette classe se distingue des précéffentes surtout par le style libre et la pose de Jupiter assis, la jambe droite derrière la gauche. Dans la tête d^Hercule la variété est grande. Les poils de la crinière du lion tombent librement, et il est rare de les voir arrangés régulièrement CpK I fig. 13). Généralement le style est beau et l'exécution soignée, souvent même élégante; cependant il se trouve aussi dans cette classe des pièces d'un travail grossier. Le trône de Jupiter a souvent le même dossier que sur les monnaies de la classe précédente; sur plusieurs il est orné de deux petites Victoires. L'escabeau est tantôt ajouté, tantôt omis. Le nom

1^ V. S 16 cl. n note.

est toujours placé en ligne droite derrière la figure; si le titre royal est ajouté, il se trouve à Texerguc aussi en ligne droite; o et 2 sont les formes les plus fréquentes.

Classe V. Cette classe fait la transition aux sui<* vantes par Tempreinte plus plate ou par le volume plus grand* L'exécution artistique est libre, mais ordinairement superficielle. Comme dans la classe IV, Jupiter est représenté la jambe droite derrière la gauche. Les traits d'Hercule sont très variés, mais la crinière du lion tombe toujours librement. Sur quelques pièces appartenant à cette classe une influence barbare est visible (v. pi. II fig. 1)^^; celles-ci ont le plus souvent le titre de roi qui d'ailleurs ne se rencontre que rarement.

Classe VI. Cette classe comprend les tétradrachmes les plus plates et par conséquent les plus larges; aussi là této d'Hercule au droit et la figure de Jupiter au Q*. sont-elles souvent d^une plus grande dimension que sur les monnaies pré« Cédentes. L'exécution artistique est en général négligée et le style souvent maniéré. La léte d'Hercule offre moins de variété dans les traits; la crinière du lion est en désordre^ ou l'on n'en voit que des poils rares à l'extrémité de la peau. Jupiter, dont la pose des jambes est la même que dans les deux classes précédentes, a souvent uiie tenue forcée, et sa taille est tantôt trop gigantesque, tantôt trop svélte. Le dossier de son trône est sur un nombre de pièces représenté de côté, ayant un ornement en haut; les jambes en sont fréquemment ornées de griffions ou de sphinx; l'escabeau n*y est presque jamais. Le nom d'Alexandre est partout placé en ligne droite derrière la figure. Le titre royal manque toujours. En revanche on y rencontre des noms de magistrats écrits en entier, ainsi que des nombres d'années. Les signes sont assez souvent placés à l'exergue, ce qui a rarement lieu dans les classes précédentes. Z et o sont les formes ordinaires.

^^ Elles forment la transition aax pièces de la classe VII et sont des mêmes villes que celles-ci; voy. § 12 Thrace et § 23 Odessa suiv.

Classe VII. Les télradrachmcs de celle classe sont plates et larges comme ceux de la classe précédente, mais ils s'en distinguent par l'empreinte rude» souvent demibarbare, qui se prononce tantôt plus sur le droit, tantôt plus sur le Q:. Les détails de la tête et de la figure, ainsi que les bouts des lettres consistent souvent en petits globules produits par de simples forures dans le coin. Ils ont tous la légende BA21AEOZ AAEHANAPOY en deux lignes parallèles, de sorte que le nom se trouve devant, le titre derrière la figure, contre rtiabitueP^ Les lettres sont en général grandes; H ou Z, O et 2 sont les fornoies ordinaires.

Quant au poids on peut remarquer une différence entre les cinq premières classes d'une part et les deux dernières de l'autre. Les létradrachmes (ceux qui sont entièrement conservés) des classes I-V pèsent, J'un portant l'autre, 17 grammes, souvent jusqu'à 17,3 gr., quelques-uns seules 16,ôgr.; ceux des olasses VI et VII ne pèsent, l'un portant l'autre, que 16,ôgr., s'élèvent rarement jusqu'à 17 gr., jamais au-delà, et sont fréquemment d'un poids bien inférieur. ^^

L'exécution de la tête ,au droit est souvent bien supérieure à celle de la figure au revers. La cause en est probablement que, le droit restant toujours le même^ on se servait de vieux coins de celuici ensemble avec les nouveaux du revers, pour lequel il fallait plus souvent fabriquer des coins à cause du changement des signes y placés. Cela se voit surtout dans les monnaies de la classe IV et VIL^*^

Parmi les variétés qui se rencontrent encore sur les tétra-

1^ Nous n'avoQs rencontré qu'une seule exception, n» 443, qui a le titre devant.

^^ Chez Mionnet Poids des méd. gr. du cab. roy. de France on trouvera ainsi plusieurs tétradrachmes appartenant aux classes VI et VII qui ne pèsent que 4 gros 10-12 grains o: à peu près 15,9 grammes, auxquels il n'est pas noté qu'il manque quelque chose à la conservation.

'7 Ainsi sur celles frappées à Amphîpolis n» 23 suiv. , à Odessa n» 403 suiv. et à Mésembrie no431 suiv.

drachmes on peut observer que la tête d* Hercule se voit tournée à gauche ^^ et la figure de Jupiter à droite ^^, contrat rement à ce qui d'ailleurs a toujours lieu, et que Jupiter se trouve ayant la jambe gauche beaucoup plus bas que la droite *^\

Les monnaies de bronze.

La tête d'Hercule, quoique variée,, se rattache en général à celle qui est l'ordinaire sur les monnaies macédoniennes du temps précédent. Au revers on observe une différence plus grande. La massue est placée tantôt en haut, tantôt en bas. Sur quelques-unes il y a un étui de Tancienne espèce renfermant et Parc et les flèches, sur d'autres un carquois d'une forme postérieure placé à côté de l'arc ou entouré de celui-ci. Quel* quefois, surtout sur les petites pi^èces, on trouve la massue et l'arc sans le carquois, et sur les plus petites la massue seule.

Signification des types.

Les quatre divinités représentées sur les monnaies précédentes sont celles qu'Alexandre regardait comme ses dieux tutélaires et auxquelles il vouait surtout son culte.

Quant aux deux qu*on voit sur les monnaies d'or, Minerve et la Victoire, elles furent, pour ainsi dire, introduites en Macédoine par Alexandre; on ne sait rien de leur culte chez les Macédoniens avant ce temps, et sur les monnaies de la période précédente, ni sur celles des rois ni sur celles des villes, ou ne trouve des types qui y aient rapport. Il était naturel qu* Alexandre, ne pouvant réaliser ses projets que par la guerre et les victoires, dût surtout aspirer à la, protection de ces deux déesses. Minerve avait jadis été la protectrice de Persée et

*® P. e. sur quelques expl. des n»' 197 et 1468, et sur un expl. à Berlin sans

aucun signe.

19 P. e. sur quelques pièces du n» 1272. ^ P. e. sur q» 1288,

d*Hercule, héros de la race des rois de Hacédoinc. ^ Quand Alexandre alla en Asie, il éleva à Minerve ainsi qu'à ses autres divinités tutélaires des autels sur le rivage européen où il s'embarqua, et sur celui d*Asie où il descendit à terre. Avant que la première bataille fût livrée aux Perses prés du Granique, il offrit à Minerve Troycnne un sacrifice et lui consacra ses armes, et après la victoire il envoya de riches dons du butin aux temples de la déesse et à Ilium et à Athènes. Il entrait aussi dans tes projets d'Alexandre d'élever à Minerve deux magnifiques temples, l'un à Ilium, Tantre à Cyrrhus en Macédoine. Avant la bataille dlssus et ensuite pendant l'expédition en Sogdiane Alexandre faisait des sacrifices à Minerve et à la Victoire conjointement. Enfin, dans les funérailles pompeuses que fit Ptolémée après la mort d'Alexandre, ce fut entre les images de ces deux déesses qu'était placée la statue d'or d'Alexandre sur un char traîné par des éléphants. '^

Jupiter et Hercule, dont les images se trouvent sur les monnaies d'argent et de bronze, étaient du nombre des anciens dieux nationaux de la Macédoine, et ce fut de ces dieux que les rois macédoniens tiraient l'origine de leur race. Caranus, souche des rois et fondateur de Tempire, était un héraclide, et Jupiter était regardé comme père d'Hercule et encore de Persée dont la petite-fille AIcméne était mère d'Hercule. Jupiter avait

^ Ce fut par ceUe raison que Minerve surnommée Alcides eut un temple à PcIIa, résidence des rois de Macédoine. Liv. XLII, 51.

^ Cfr Eckliel Doclr. num. vet. Il, p. 97; Droysen Gcschicitte Aleianders d. Gr. p. 108 et 116. Cavedoni (Spicilegio p. 55 note 66) observe sur les types âes monnaies d'or, que la tête do Minerve offre peut-être une allusion au nom d'Alexandre, la guerre sur une inscription à Delphes consacrée à Minerve ayant été appelée tUéÇâydQoç (Diod. XI, 14) , et que l'image de la Victoire a rapport à Ja bataille gagnée par Philippe II à Chéronée, parce qu^une figure semblable se trouve sur les monnaies béotiennes. La première de ces observations semble amenée de trop.loin, et pour la seconde, le type a plutôt été transporté des monnaies d'Alexandre sur celles de Béotie, lesquelles d'après la fabrique semblent frappées après le temps de ce roi.

it

un ancien temple dans la ville de Telia ^ dont Philippe H fit sa résidence. Le roi Archelaûs avait établi un culte particulier et des jeux publics dans la ville de Dium^ en l'honneur de Jupiter Olympien; Philippe y célébrait des jeux Olympiques^ et prenait également part aux grands jeux à Olympie en Elide^ Un sanctuaire était consacré à Hercule à Edesse, résidence royale avant Philippe 11^. Amyntas II et Perdiccas III avaient placé sur leurs monnaies Taigle, symbole do Jupiter, et Philippo il sur ses didrachmes la tête de Jupiter; la tête ou les attributs d'Hercule se trouvent sur les monnaies de plusieurs villes macédoniennes et depuis le temps de Perdiccas H sur la plupart des monnaies des rois. Alexandre adorait surtout ces deux divinités à côté de Minerve. Il sacrifia à toutes deux conjointement dans l'expédition qu^il entreprit peu après son avènement au trdne contre les Gètes. au-delà de l'Ister, de même lorsqu'il traversa l'Hellespont pour aller en Asie, et ensuite après l'expédition aux Indes près de THydaspe quand il commença son voyage çur le fleuve. A Jupiter Olympien il sacrifia avant la guerre contre les Perses à iEgœ lorsqu'il célébra les jeux Olympiques; plus tard il éleva au même dieu un temple à Sardes, et il avait Tormé le projet de lui construire encore un autre à Dium; à Jupiter Bottiée il consacra un temple en Syrie près de la rive de l'Oronte. Après la prise de Tyr Alexandre célébra une grande fête avec des sacrifices en Thon- «cur d'Hercule.^

Il est vraisemblable que le Jupiter trônant ait été représenté d'après quelque image de temple renommée en Macédoine à l'avènement d'Alexandre. M. 0. Mûller suppose que cette

^ Justin XXIV, 2: Jotit lemplum veterritnœ Macedonum religionis,

* Arrien T, H. Diod. XVH, 16. Cfr. Krause Olympia p. 2t5 note 40.

^ L. c. note précéd. ^ ^ Plutarque Alexander cli. 4. Justin XII, 16.

7 Hercule en fut appelé ''Eâtacaloç, Hésychius s. v. Un autre nom macédonien

d^UercuIe était \4QtiToç. Hésychius s. v.

^ Voyez sur le précédent Eckhel Doctr. num. vet. II p. 99-100; Droysen Gc-

sch. Alexanders des Gr. p. 52, 118, 195 et 428.

image se soit trouvée dans le temple de Dium.^ Celui-ci ce* pendant était sans doute consacré à Jupiter Olympien en l'hon^ neur duquel les rois y célébraient des jeux olympiques ^^ç et la célèbre statue de Phidias à Olympie était Nieéphore tandis que sur les monnaies d'Alexandre Jupiter est Aêtophore. Il faut plutôt supposer que ce soit Jupiter Bot tiée qui s^y trouve représenté. Le temple de celui-ci était très ancien et très eonsidéré et se trouvait dans la ville de Pella^^ qui sous Phir lippe II était devenue le siège de la cour et du gouvernement; ce Tut à ce dieu que plus tard Alexandre bâtit un sanctuaire à l'endroit près de l'Oronte qui reçut le nom de Bottiée et près duquel la ville d'Antioche fut fondée. ^^

La tête d'Hercule oflVe souvent une grande ressemblance avec les portraits d'Alexandre qui nous sont conservés de l'antiquité, et l'on croit généralement que c'est Alexandre lui-même qui sur ses monnaies a été déifié comme Hercule. Dans les derniers temps M.M. Visconti^'', Cadalvene^*, Cousinéry^*, Lenormant^«, Duchalaisi^, Pinder^^ 0. Mûller^» et Birch^ ont été de cette opinion. Les principales raisons alléguées par ces auteurs sont: que déjà du vivant d'Alexandre on lui rendait des honneurs divins, à quoi il contribuait lui-même de plusieurs manières, entre autres en se montrant sous le costume d^Hercule; que d'après toute vraisemblance le portrait d'Alexandre

» Handbuch der Archâologle (1835) § 350, 1 not. »« Y. note 4.

Il V. note 3.

^^ 0. MûIIer Antiqu. Antiochenœ I, 7 db 13. Cfr Eckhcl Doctr. n. y. II p. 100. En cet endroit Eckhe), oubliant que Jupiter est Aêtophore sur les monnaies d'Alexandre, dit que c'est le même Jupiter Bottifeus qui est représenté comme Nieéphore sur les monnaies d'Alexandre et d\\ntioche. Jupiter Nieéphore ne fut mis sur les monnaies de cette ville et sur celles des Séleucides que sous Antiochns IV Epiphancs qui bâtit à Antiocbe le magnifique temple où était placée cette précieuse image, y. 0. Mûller 1. c. 1, 24.

^ Iconographie gr. Il p. 43-48. ^^ Recueil de méd. gr. p. 109-113.

« Voyage en Macéd. I p. 233-34 dk 240-41. ^6 Num. des rois gr. p. 21.

17 Méd. gaul. de la bibl. roy. p. 36t. ^^ Num. «nt. ined. p. 23.

iS> llandb. der Archâologie § 158, 2. ^^ pfamism. Chron. 111 p. 145.

aura été mis sur ses monnaies, puisque les portraits de ses successeurs se trouvent sur leurs monnaies, ces dernrers n'ayant fait que suivre Texemple donné; que dans une époque posté-* rieure on était généralement d*opinion que la tête d*Hercule sur les monnaies d'Alexandre oRrait le portrait de celui-ci, puisque les deux rois Séleucides du nom d'Alexandre s'étaient aussi fait représenter sur leurs monnaies couverts de la peau de lion, et que sur diverses monnaies de l'époque des empereurs Romains on trouve une pareille tête avec la peau de lion représentant Alexandre d'après le nom ajouté. De lautre côté H.H. EckheP^ Stieglitz^ et Arneth^ ont fait observer: que sur beaucoup de ces monnaies la tête d'Hercule n'offre point de ressemblance avec Alexandre; que de pareilles têtes d'Hercule se trouvent sur les monnaies des rois précédents et sur celles de villes grecques qui n'ont pu représenter Alexandre; qu'enfin Alexandre avait défendu de faire son portrait, privilège réservé à Lysippe, à A pelle et à Pyrgotèle. S'il faut croire qu'Alexandre ait été représenté sur les monnaies sous les traits d'Hercule d'après sa propre volonté et par une disposition du' gouvernement, ou si Ton doit supposer que le changement des traits d'Hercule en ceux d'Alexandre ait été opéré par certaines villes, certains magistrats ou certains artistes; si le portrait d'Alexandre doit être regardé comme exprimé dans toutes les têtes, ou s'il ne faut le chercher que dans un certain nombre de cellesci: voilà des questions dont les archéologues ne se sont occupés qu'en partie. Yisconti n'a trouvé la tête d'Alexandre que sur les tétradrachmeâ de Rhodes el d'Aco. Cousinéry, Birch, Cadalvene et Duchalais regardent la tête couverte de la dépouille de lion comme représentant toujours Alexandre, et supposent — du moins les deux premiers- de ces savants — qua ceci ait été fait d'après l'ordre d'Alexandre. Cadalvene croit la

3^ Doctr. num. vet. II p. 99. ^ Arckfiol. Uiiierlialt. Il p. 117 8uiv.

«8 Wien. Jahrb. XLVÏI (1829) p. 171-81.

diversité des tdies saffisaminent motivée par la circonstance, que les monnaies ont été frappées dans dos pays divers et longtemps encore après la mort d'Alexandre, et que les coins ou -les portraits qui servaient de modèles ont été exécutés par des artistes de plus ou moins de talent, qui souvent n'avaient pas vu Alexandre ou qui avaient voulu donner une ressemblance idéale.^

Les tètes d'Hercule sur les monnaies d^AIexa.ndre, comme on verra des planches I et H, difTèrenl tellement, et plusieurs d'entre elles s'accordent si parfaitement avec la tète d'Hercule sur les monnaies de l'époque précédente et de villes qui n'avaient aucune raison de représenter la tète d'Alexandre, qu'il est peu vraisemblable qu'on se soit toujours proposé de donner le portrait d'Alexandre ; même sur des monnaies bien exécutées sous le rapport artistique il se trouve souvent des tètes qui n'offrent aucune ressemblance avec Alexandre. Encore faut-il observer que dans les premières années de son régne Alexandre n'était pas regardé comme un héros ou un dieu, et ne recevait aucun hotilmage comme tel; les premiers vestiges d'un tel culte ne se montrent que dans sa marche à travers l'Asie Mineure. Il est dohc peu probable que dés le comnicncement de son régne la tête d'Alexandre ait pris sur les monnaies la place réservée jusqu'alors aux dieux et aux héros. ^ Cette opinion gagne encore plus de force par le fait, que les tétradrachmes, que d'après phisieurs critères il faut regarder comme éiant les premiers frappés en Grèce, offrent une léte d'Hercule ressemblant à celle, qui se trouve snr les monnaies macédoniennes de l'époque

^* Cousinéry (Voy. en Maccd. I p. 230-34) tâche à la vérité de vaincre celto difficulté en supposant que dans les premières années de son régne Alexandre ait continué de frapper les monnaies de Philippe 11; mais c^est une conjecture dont ^invraisemblance est évidente et en faveur de laquelle l'auteur a seulement allégué que des monnaies de Philippe II sont souvent trouvées dans l'Asie Mineure, ce qui s'explique assez par la grande quantité et la circulation répandue de ses monnaies, v. Appendice Philippe II §4'

précédente^, et différant de celle sur les tétradrachmes posté-» rieurs, laquelle doit par prérérence être regardée comme le portrait d'Alexandre. Il n'est non plus probable que par une dis«^ position gouvernementale Alexandre ait fait substituer sa tête à celle d'Hercule sur les monnaies rôyalei, s^il ne voulait accor«^ der qu'aux trois artistes les plus distinguos la permission de Faire son portrait; ce qui n'aura cependant pas empêché que des magistrats ou artistes isolés se soient permis de donner â la tête d'Hercule quelque ressemblance avec' Alexandre*

Le résultat des observations précédentes est donc: qu' Alexandre a été représenté comme Hercule sur un grand nombre de ses monnaies à ce qu'il parait; que cette déification sur los monnaies n'a point eu lieu dans les premières années de son régne, mais a été introduite plus tard quand on Pélevait au rang des dieux pendant ses conquêtes en Asie et en Egypte, et qu'elle n'est devenue prédominante qu'après sa mortj quand son ■ apothéose devint générale; que cette représentation d'Alexandre avec les attributs d'Hercule ne doit pas être attribuée à une disposition d'Alexandre lui-même, mais, de son vivant, à quelques magistrats ou artistes qui le firent par enthousiasme ou par flatterie, après sa mort, peut-être à ses successeurs au gouvernement ou à la magistrature des villes.

Le titre de roi.

Le titre BA2IAEY2 qu'Alexandre le Grand hérita de son père ne se trouve ni sur les monnaies de celui-ci, ni sur celles d'aucun roi précédent, mais se rencontre sur un grand nonilire de celles d'Alexandre J On a attaché une certaine importance à ce que ce titre fût omis ou ajouté sur les monnaies d'Alexan-

^ V. g 2 et g 16 classe I.

^ Celles des monnaies d'Alexandre sur lesquelles se IroQve le titre de roi sont marquées d'un B sur les planches; elles forment une minorité remarquable.

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été; dans Touvrage de Mionnet^ et d'après celut-ci dans 1^ plupart des grandes collections et des catalogues la division a éfé faite par rapport à cette circonstance.

M. Cousinéry a soutenu Topinion que le titre de roi est un indice des monnaies frappées après la mort d'Alexandre, et que celles où il manque sont en général frappées sous son régne. ^ Cette opinion pourrait sembler confirmée par le fait que ce titre ne^se trouve jamais sur les monnaies de Philippe II, seulement sur un certain nombre de celles de Philippe III, mais presque toujours sur celles frappées par les successeurs^ à leurs propres noms*^ . Aussi plusieurs des monnaies que, par de fortes raisons, il faut rapporter a la période après la mort d'Alexandre^, ont le titre royal ajouté, comme Celles frappées dans les. villes du nord de la Thrace Cv. no> 408-98) et celles aux signes deSéleucus (v. no« 1485-1513). Hais ce qui s'oppose à cette opinion, c'est que d'une part un nombre des tétradrachmes appartenant selon tous les critères au règne d'Alexandre même (de la classe I, v. $2etSl6) ont le titre royal, p. e. no>146, 223-24, 261, 279 etc., et que de l'autre part tous ceux frappés dans TAsie Mineure occidentale dans une période postérieure (v. S 12) sont sans ce titre. On verra par les tables que dans plusieurs des séries, qui à cause du signe commun doivent appartenir à la même ville, les tétradrachmes qui d'après la fabrique sont les premiers ont le titre royal, tandis que ceux qui par la même raison ou à cause des années marquées sont les postérieurs, en 'sont dépourvus, v. p. e. no 224 suiv. et n» 1360 suiv.

M. Cave do ni est d'opinion que le titre de roi indique les monnaies frappées en Macédoine ou dans les pays d'Europe.^ Cette supposition pourrait être corroborée par le fait que plusieurs

2 Voyage en Macéd. ï p. 238. 3 V. g 9 et 12.

^ Il sera démontré S 9 et 11-12 qu'une grande partie des monnaies d'Alexandre ont été frappées après sa mort.

A Spicilegio p. 55.

fuites qui par difTcrentes raisons doivent appartenir à la Grèce, p. e. les monnaies rapportées à Therma no 198 suiv., celles d'Odessa no408suiv., de Mésembrie no431 suiv.^, de Callatia no 491 suiv., no 709 suiv. etc., ont le titre royal, et que de l'autre côté les monnaies qui d'après les types et les initiales des villes sont frappées dans l'Asie Mineure, et celles qui d'après les caractères puniques sont de Phénicie, n'ont pas ce titre. Cependant on ne pourra non plus souscrire à cette opinion. Dans plusieurs séries qui ont le petit type de commun et qui d'après la fabrique ou les lettres et monogrammes ajoutés doivent être rapportées au même atelier monétaire, le titre Toyal est alternativement placé et omis, voyez ain&i les pièces qui ont le caducée no 205 suiv., le signe de la lune no 259 suiv», un rameau no 559 suiv. , un épi no 566 suiv. , un arc no 586 suiv. etc. Qn verra encore que sur beaucoup de monnaies frappées dans les pays européens le titre de roi manque entièrement ou ne se rencontre que quelquefois, p. e. sur celles qui avec certitude peuvent être attribuées à Amphipolis, à Périnthe, à la Béotie et à Sicyon, mais qu'au contraire il est ajouté sur un nombre de celles qui appartiennent à l'Asie, p. e. sur plusieurs frappées à Aradus et à Sidon et sur toutes celles qui portent les emblèmes de Séleucus.

Plutôt on pourra supposer que ce soit la considération de l'autorité par laquelle les monnaies d'Alexandre furent émises, qui doive décider cette question. Il sera développé plus bas es iO) que les monnaies d'Alexandre ont 'été frappées partie du gouvernement royal, partie de la magistrature communale, même dans les mêmes villes; on pourra donc présumer que celles frappées par le premier fussent marquées du titre de roi, pour les distinguer de celles frappées par la dernière. Cette opinion pourra être appuyée par le fait, qu'à quelques exceptions près le titre royal ne se trouve pas sur les monnaies de bronze que preférablement aux autres on peut regarder comme frappées par les magistrats communaux,

de même que dans les villes grecques sous l'empire romain, et que le tilre royal n^esl pas ajoulé sur les monnaies provenant des grandes villes de TÂsie Mineure, qui probablement conservaient pour la plupart leur autonomie et qui on tout cas n'étaient pas soumises au gouvernement d*Âlexandre du temps que furent frappées ces monnaies qui appartiennent à une période postérieure.^ Cependant comme le plus souvent on ignore quelle

était la constitution politique des villes, et quel était le rap-

mport où elles se trouvaient relativement aux chefs macédoniens à Tepoque où furent* frappées les monnaies dont il s'agit, une telle supposition no peut pas être plus fortement motivée.'^

Le titre de roi n'étant pas placé sur les monnaies de Philippe II, et ne se trouvant que sur un petit nombre des tétradrachmes d'Alexandre qui doivent être regardés comme appartenant à son propre régne, il est probable qu'on n'ait commencé à ajouter ce titre que plusieurs années après son avènement, lorsque sa puissance s'était accrue par les conquêtes en Asie. D'ailleurs il est bien possible qu'une chose aussi peu essentielle que celle de placer ou d'omettre le titre de roi, quand le droit à ce titre n'était pas contesté et que le pouvoir y corresj)ondait, ait été en général laissée aux magistrats, aux directeurs des ateliers monétaires ou aux graveurs des coins. Et comme ainsi dans quelques pays ou villes, soit en Europe soit en Asie, il devint coutume de placer le litre royal sur les monnaies, dans d'autres de l'omettre, de même il y eut

^ Cfr S 12 et 13. Sur ces monnaies se trouve souvent le nom du magistrat écrit en entier à Pendroit où devait se trouver le titre BA2iJESlS^ et semble ainsi le remplacer.

'^ Si quelquefois des monnaies an même signe de personne tantôt portent le titre royal, tantôt en sont dépourvues, cette circonstance ne pourra servir à combattre la supposition que ci-dessus; car il se peut bien que. quelquefois dans les villes soumises à la domination macédonienne les mêmes personnes aient préside et au monnayage fait par le magistrat communal et à celui fait par le gouvernement royal. Cfr g 10.

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des endroits où cet usage aura varié d'après le bon plaisir de ceux qui présidaient au monnayage ou qui y étaient ^employés.

Il faut enfin observer que le titre de roi ne se trouve que très rarement sur les drachmes^, à quoi le volume moins grand de la pièce peut avoir contribué , quoique ce litre soit mis sur les oboles et les trioboies.^

Autres monnaîes frappées par Alexandre le Grand ou

rapportées à ce roi.

Dans les paragraphes précédenls il a été question des nombreuses monnaies au nom d'Alexandre portant le type principal propre à chacun des trofs métaux, qui de tous ont été reconnues comme celles d'Alexandre le Grand. Dans ce paragraphe nous parlerons de diverses autres monnaies frappées par ou rapportées à Alexandre le Grand: d'abord celles qui à la vérité peuvent dater du règne d'Alexandre, mais qui ne furent frappées que rarement; puis celles qui avec autant ou plus de raison peuvent être attribuées à la période postérieure à Alexandre; ensuite celles qui, bien qu'elles applirtiennent à d'autres rois» ont, été rapportées à Alexandre par les numismatistes; celles enfin qui sont généralement reconnues pour avoir été frappées dans un temps postérieur en mémoire d'Alexandre. i. Quart de staiére. Tête de Minerve. Çr. AAEZANAPOY.

Massue et arc. Sans signe, et avec les signes: foudre ou

canthare.^

Cette monnaie d'or, qui ne se rencontre qu'assez rarement, est attribuée à juste titre, à ce qu'il semble, à Alexandre, la tête de Minerve étant la même que celle sur les statères, et le type au Qr. le même que sur plusieurs des monnaies de bronze.

8 En tout seulement sur les suivantes: nos 79, 844, 1273, 1295, 137J et 1565. ^ V. no» 1274, 1365, 1548 et 1694-96. > Mionn. I p. 519 n»» 144-47.

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D'après les signes les pièces de celle espèce sont frappées en Macédoine (v. les tables n» 1 suiv. et no 192 suiv.)*

2. Drachme. Tète d*Hercule imberbe coiffée de la peau de lion. Qr. Sans nom. Massue, arc et carquois. Avec un monogramme dans une couronne et une lettre.^

3. Triobole. Télé d'Hercule nue et barbue; la peau de lion sur le cou. Qr. AAEEANAPOY. Massue et arc dans un carquois.^

Quoique le no 2 soit sans nom et que le no 3 offre une tête d^Hercule qui ne se trouve ni sur les monnaies d'Alexandre ni sur d'autres monnaies macédoniennes, il n'y a pourtant aucun roi à qui ces pièces paissent être plus convenablement rapportées qu*à Alexandre le Grand. Cependant la dernière appartient peut-être à une époque postérieure, la fabrique s^approchant de celle des m 26-31.

4. JE, 5. Tête d'Hercule imberbe coiffée de la peau de lion. Qr. AAEEANAPOY. Bige en course. Avec un trident comme signe. ^

Cette monnaie est attribuée à Alexandre H, mais elle est plutôt frappée par Alexandre le Grand au commencement de son règne, avant que le type ordinaire de ses monnaies de bronze eût été introduit^ car selon Plutarquc^ il faut regarder Philippe II comme le premier roi de Macédoine qui ait placé un bige de course sur les monnaies.

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