‹ Numismatique D'alexandre Le Grand - Vol IIChapitre 1 sur 32 · Numismatique D'alexandre Le Grand - Vol II · texte numérisé non relu

Numismatique D'alexandre Le Grand - Vol II

Les monnaies d'Alexandre le Grand, tant par la multiplicité des signes qu'elles portent que par leur rapport avec une des époques les plus mémorables de l’histoire ancienne, engagent à un examen soigneux, et lorsqu'on s'aperçoit que dans les collections et les catalogues, qui en offrent souvent une grande quantité, elles se trouvent encore rangées dans l’ordre adopté par Mionnet, le besoin d'une classification se fait vivement sentir. Les pays et les villes où ces monnaies sont frappées n’ont été indiqués que pour un nombre assez limité, et dans ce nombre il y en a auxquelles on a assigné des places qu'une recherche plus profonde ne pourra approuver; en général les numismatistes à cet égard se sont contentés d'émettre des opinions et de faire des propositions sans les appuyer sur des raisons, Il restait encore à entreprendre une classification complète, basée sur des recherches exactes.

En me proposant d'essayer une telle classification je reconnaissais qu'il ne suffisait point de m'arrêter aux catalogues publiés, mais qu'il devenait nécessaire et de soumettre à l'examen un bien plus grand nombre de monnaies et de les regarder de mes propres yeux. Par cette raison j'ai examiné beaucoup de collections, grandes et petites, publiques et privées, dans des pays différents, et pour les endroits où je n’ai pu parvenir moi-même,

je me suis efforcé d’en faire venir des empreintes. Il me pa-

raissait vraisemblable que les monnaies des rois qui régnaient avant et après Alexandre sur les pays qu ’embrassait l'empire de ce conquérant dussent fournir d’utiles renseignements pour déterminer les lieux où sont frappées les monnaies d'Alexandre; c'est pour cela que dans Îles collections que j'ai visitées je me suis fait un devoir d'étudier et de noter aussi les monnaies des autres rois de Macédoine. celles de Lysimaque, des Séleucides et des Ptolémées, sans compter les monnaies de villes qui selon ma supposition pouvaient servir le but que je m'étais proposé. Le résultat a montré que les monnaies de ces rois répandent en effet de la lumière sur celles d'Alexandre, ce qui fait qu'on les trouvera souvent mentionnées dans cel ouvrage et qu'un appendice est ajouté dans lequel les monnaies de Philippe IF et de Philippe IIT sont spécialement traitées et classées. Quoique la classification des monnaies d'Alexandre ait été surtout mon intention, j'ai pourtant considéré les monnaies de ce roi ainsi que celles des deux autres de plusieurs côtés qui ne se trouvent pas en rapport direct avec le sujet principal,

J'espère qu'en jugeant cet essai d'une classification on ne perdra pas de vue les difficultés de diverse nature qui s’y rattachent, et qu'on ne fera pas de trop sévères exigences par rapport à la question des lieux où les monnaies sont frappées, Dans mes essais de déterminer ces lieux je n'ose nullement me flatter d'avoir partout réussi, ni d’avoir donné en général des raisons suffisantes pour faire valoir mes suppositions. Peut-être qu'on ne se trouvera pas satisfait en voyant qu'un nombre assez considérable des monnaies ait été classé aux incertaines, Mais jai cru peu convenable d'attribuer des monnaies à de certaines villes, quand j'étais incapable de motiver une telle attribution, et j'avoue de n'avoir point eu envie de me trop hasarder dans le vaste champ des conjectures ou il est si facile de s’égarer. Ceux qui se sentiront disposés à faire plus de recherches sur ce terrain et à s'occuper du déchiffrement des monogrammes y trouveront

ample matière, Du reste je présume que d’autres numismatistes

veuillent rectifier et suppléer cet essai de classification, et que de futures trouvailles conduisent à de nouveaux résultats.

Les collections, dans lesquelles j'ai examiné les suites qui appartiennent à cet ouvrage, sont celles qui suivent. En France. A Paris: le cabinet des médailles à la bibliothèque impériale; les collections du duc de Luynes, du général Monnet, de M. F. de Saulcy et de M. W. H. Waddington; les fonds des marchands de monnaies MM, Rollin, Soive, Hofmann et Périer. En Angleterre. À Londres: le musée britannique, les collections de la banque, du général Fox, du colonel Leake et de M. John Huxtable; la collection de M. H. P. Borrell, vendue à l'enchère en 1852; les fonds qui se trouvaient dans le commerce de monnaies chez MM. Curt, Webster, M, Borrell, Chaffer, Whelan et Dantziger. La collection dans la bibliothèque Bodléienne à Oxford. En Belgique. La collection de l'université de Gand. Les collections privées de MM. Lefèvre van den Berghe à Gand, Meinaerts et G. van Bockhel à Louvain et de feu M, G. J. Deys à Bruges. En Hollande. Le cabinet royal à la Haye. Les collections de l’université de Leide, de feu M, Jos. Becker (vendue à l'enchère en 1854) et de M. Six van Hilligom à Amsterdam. En Allemagne. À Vienne: le cabinet impérial, les collections au couvent des Méchitaristes, de M. Timoni et de M. Reutze. La collection royale x Munich. La collection royale à Stuttgart. A Dresde: le cabinet royal, les collections de MM. Cappe et Steinla. La collection de l’université de Leipzie (vendue à l'enchère en 1853). Le cabinet royal à Berlin. Le cabinet ducal à Gotha. La collection de M. de Prokesch Osten, très riche en monnaies d'Alexandre le Grand. Les collections de feu M. Kestner et du Dr Grotefend à Hanovre, de M, J. Fr. Koch à Cologne et de Me Macrtens Schafthausen à Bonn. Le fonds du marchand de monnaies M. Feust de Smyrne. En Suède, La collection royale à Stockholm. En Danemark. A Copenhague: le cabinet royal, le musée Thorvaldsen, les collections privées de MM, Thomsen, Freund et Schmidt.

Les collections, que je n'ai pas visitées moi-même, mais desquel-

LS les par la bienveillance des directeurs, des propriétaires et de voyageurs j'ai réussi à obtenir des empreintes, sont les suivantes. Le cabinet impérial de l’'Hermitage, la collection de l'académie des sciences et celle de M. Kœhne à St. Pétersbourg. La collection de l’université de Norvège à Christiania. Les collections de M. O,. de Vest et de M. Fontana à Trieste. Le cabinet particulier du roi de Sardaigne et la collection de Lavy appartenant à l'académie des sciences à Turin, La collection de l’académie à Milan, Le cabinet ducal à Modène. Une grande quantité d'empreintes m'est parvenue du cabinet impérial de St. Pétersbourg par les soins officieux de M. L. Stephani, directeur de ce cabinet; de quelquesunes des autres collections je n’ai reçu que les empreintes de quelques pièces d’un intérêt spécial.

Les collections qui ont fourni à mes recherches le plus grand nombre de monnaies sont les ner appartenant aux états ou aux souverains, à Paris, à Londres et à Vienne, ensuite à St, Pétersbourg, à la Haye, à Munich, à Copenhague, à Berlin et à Turin, et parmi les collections particulières celles de M. de Prokesch Osten, de M. Rollin, du général Fox et de la banque de Londres.

Le cabinet royal de Copenhague possède non seulement une riche collection de monnaies grecques, parmi lesquelles se trouvent 155 différentes pièces en or et en argent d'Alexandre, mais encore une collection très nombreuse d'empreintes, pour la plupart en soufre, faites sur les originaux dans divers musées et collections de l'étranger. Le defunt archéologue P, O. Brœndsted, qui se proposait de composer. un ouvrage sur les monnaies d'Alexandre, avait acquis dans ses voyages un grand nombre d'empreintes de ces monnaies, principalement de celles dans le musée britannique et dans la possession des marchands de monnaies M. Cureton et feu M. Young à Londres. Le nombre de ces empreintes, qui étaient deposées dans le cabinet royal, été depuis considérablement augmenté, en partie par les envois desst Pétersbourg et des autres endroits que je viens de nommer,

en partie par les empreintes que j'ai rapportées moi-même des col-

lections que j'ai visitées. Dans mes recherches sur les monnaies d'Alexandre continuées pendant plusieurs années il m'a été très utile, presque indispensable, d’avoir toujours sous Îles yeux une grande quantité de monnaies ou de copies à examiner et à comparer. |

Quant aux catalogues et descriptions de monnaies, ce n'est qu'avec beaucoup de circonspection que j'ai cru devoir m'en sérvir, Dans les ouvrages des siècles passés les gravures sont si inexactes, les descriptions si incomplètes ou si incorrectes, et de fausses monnaies si souvent citées parmi les antiques, qu'il faut employer une critique sévère; par cette raison j'ai jugé à propos de n’en admettre que ce qui s’accordait avec ce que j'avais vu de mes propres yeux, ou que d’ailleurs j'avais tout lieu de regarder comme digne de foi. Aussi dans les catalogues des derniers temps les différents monétaires, qui surtout entrent en considération dans le présent ouvrage, sont souvent indiqués incorrectement ou d'une manière peu satisfaisante. Entr'autres il est à regretter que la description du riche Muséum Hedervarianum par Sestini ne soit d'aucun usage pour les monnaies qui portent des monogrammes, parce que les numéros sur la table qui contient les monogrammes ne s'accordent pas avec ceux dans le texte.

Dans les notes nous avons cité. les collections où sont conservées les monnaies des trois rois dont nous traitons, et les livres où elles sont publiées. Cependant beaucoup de ces monnaies étant communes et se trouvant dans la plupart des coliections et des catalogues les plus marquants, nous avons cru qu’il ‘suffirait de les indiquer pour les pièces qui sont de quelque rareté. Par conséquent, les monnaies pour lesquelles aucune collection ni aucun livre n’est cité sont plus ou moins communes. Les collections qui appartiennent aux états ou aux souverains sont désignées par le nom de la ville où se trouve la collection; cependant le musée britannique est nommé au lieu de Londres. Par le mot empreinte nous avons désigné

celles des copies en soufre au cabinet de Copenhague, auxquelles

nous w’avons trouvé ajoutée aucune indication de la collection d'où elles ont été tirées. A l'égard des livres cités nous nous bornerons à la seule remarque, que par Num. des rois gr. s'entend la partie du Trésor de numismatique et de glyptique qui contient la Numismatique des rois grecs (Paris 4819) dont le texte a été rédigé par M. Ch. Lenormant.

Il faut observer que le texte de cet ouvrage a été d’abord écrit en langue danoise et puis traduit en français sous les yeux et avec la coopération de l’auteur.

L'académie royale des sciences à Copenhague a secondé la publication de cet ouvrage en souscrivant pour cinquante exemplaires, | Je termine en témoignant ma vive et sincère reconnaissance aux directeurs des musées qui m'ont facilité mes recherches, aux propriétaires des collections privées qui se sont empressés de m'ouvrir leurs trésors, et à tous ceux, qui en me faisant parvenir des empreintes et des notices ou d'autre manière se sont inter-

essés à mes travaux.

Copenhague. Octobre 1855.

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