CHARLES-LE-SIMPLE
GRATIA D >-< I REX; monogramme régulièrement placé dans l'aplomb de la croisette qui commence la légende.
1^. -^ CAMARACVS CI VIS; croix pattée portant, au centre, une croisette à branches pointues. La croix semble montée sur une hampe fort mince , qui repose elle-même sur le second A de CAMARACVS, le seul qui soit barré.
Argent d'assez bon titre; flan large; 33 grains forts ou 1,82 gramme; cabinet des médailles; pi. ii, fig. 9.
L'aspect de cette pièce, la forme carrée de l'un des C^ la superposition sur la croix, d'une croisette à branches aiguës, dénotent une époque moins ancienne que celle de Charles-le-Chauve.
Lorsque MM. Fougère et Conbrouse ont fait paraître leur atlas , ils n'avaient attribué à Charles-le-Simple aucune pièce au type du monogramme; mais, depuis 1837, les numismatistes sont arrivés à d'autres idées, et M. de Longpérier n'a pas hésité à lui rendre une pièce lorraine de ce type*.
En résumé, répartir les monnaies de la période romane et du moyeu-âge entre les personnages du même nom, est chose fort difficile et je demande, à ce sujet, l'indulgence du lecteur.
< Ètud. num. iur une partie du Nùrd-Eit de la France, pi. XVI , fig. tt, 6, 7, 8, 9» 10, li el 12; pi. XVII ,
fig. Iel3; pi. XVIU, fig. 1.
* Catal. Rousseau, p. 256.
Voici maintenant un denier dont les numismatistes , qui font la collection du Cambrésis, se sont souvent occupés.
-h CâSTRY entre deux grènetis; croix aux bras de laquelle pendent
un A et un n.
n!. -4-SCE + MARIE, en deux lignes séparées par une barre; au-dessus et au-dessous, une croiselte.
Argent; poids 1,13 gramme; cabinet des médailles; pi. ii, fîg. 10.
Ce denier est connu depuis longtemps. Duchalais^ après en avoir fait remonter l'origine au X' siècle et avoir constaté sa ressemblance avec les deniers anonymes de Senlis et d'Etampes, propose de le classer au Cateau-Cambrésis, qu'on nommait, suivant lui, dès cette époque, Castrum sanctœ MarUe. Mais le Cateau n'a été fondé que plus tard, en 1001' ; si donc la pièce qui nous occupe y a été forgée, ce n'a été qu'au commencement du XI' siècle et sans doute en Tannée 1003, après les concessions faites à Févêque Herluin, par Henri II*. M. de Longpérier ne partage pas l'avis de Duchalais^; il aime mieux admettre qu'un atelier monétaire a fonctionné dans la terre de Sainte-Marie, voisine de Saussaye. Cette explication aurait l'avantage de rattacher notre spécimen monétaire au pays d'Etampes oii des deniers semblables ont été frappés. Ajoutons que le style de la pièce et que ses reliefs peu élevés conviennent mieux à une monnaie française qu'à une monnaie appartenant au royaume de Lorraine.