‹ Numismatique de CambraiChapitre 24 sur 203 · SYSTÈME ET TYPES · texte numérisé non relu

SYSTÈME ET TYPES

Philippe de Marigny, malgré le peu de durée de son épiscopat, n'a pas laissé que d'émettre un grand nombre de monnaies, si l'on en juge par celles qui lui appartiennent incontestablement et qui forment trois groupes bien distincts, savoir :

r Type cambrésien, au buste mitre, que nous avons déjà rencontré sous Nicolas et sous Enguerrand.

2° Gros au lion , plus pesant que toutes les monnaies précédentes, ^semblable à celui qui parut à Luxembourg sous Henri (1288-1309) et en Hainaut sous Guillaume P ( 1304-1337 )^

3' Coquibus reproduisant celui de l'évêque Gui.

Viennent ensuite de toutes petites pièces ou mailles*, portant, assez lisiblement, PH, commencement du nom de l'évêque, et rappelant celles qui avaient été frappées en si grand nombre dans les Pays-Bas, jusqu'à l'époque où la révolution monétaire, inaugurée par Saint Louis, y eut fait sentir son influence. Au temps de Philippe de Marigny, les mailles n'étaient plus guère usitées ; aussi n'est-ce qu'avec hésitation que nous classons ces petites pièces à son épiscopal. Nous

' Chalon , Rêcherehe» $ur les monnaies des comtes de Hainaut, pi. VU , fig. 55, el Rev. num. belge, l. III, p. 29.

s M. Hermand {Rev. num, belge, 1. VI, p. 236) s*élève contre la désigiialion de maUle donnée à Vargeni menu du XII* et du connDcncement du XIII* siècle, par la plupart des auteurs, el demande qu'on attribue exclusivement à ces monnaies le nom de petits dt^niers. Nous croyons que M. Hermand attache trop d'importance aux textes qu'il invoque, car pendant tout le moyen-àge, le sens des mots était loin d'être fixé d'une manière invariable , dans le langage monétaire ; c'est ainsi qu'à Cambrai les florins étaient désignés sous le nom de deniers d'or, et des pièces de cinq tournois sous celui de mailles d'argent. — Voir aux preuves, le litre de 1299, pièce n* 13.

serions même disposé à admettre que la seconde lettre devait être un E , ce qui permettrait de les faire remonter à l'un des deux Pierre qui ont gouverné Cambrai , au XIP siècle , avant que Nicolas de Fontaines y eut introduit la grosse monnaie. Ajoutons que les coquibus qui appartiennent indubitablement à Philippe, le seul évèque de Cambrai de ce nom, sont d'une facture et d'un style plus modernes que les mailles en question. Nos scrupules ne sont pas partagés par M. Féneion Farez, qui se rappelle avoir vu un exemplaire de ces mailles, parfaitement lisible. Ce numismatiste explique leur réapparition, à la fin du XlIP siècle ou au commencement du XrV% par la nécessité où se sera vu le frère du célèbre surintendant de revenir, dans son évêché, à l'ancien système monétaire et au bon titre , après avoir abusé de l'alliage.

En résumé , si l'on néglige des variations de poids , dues à l'imperfection des procédés, ou à la présence dans nos collections, de monnaies fausses du temps ou affaiblies par le frai, on peut, sans parler des mailles de l'ancien système, admettre que Philippe avait pour unité principale le gros au lion ; que la pièce , à la tête de face , en valait les deux tiers et le coquibus la trentième partie.

DESCBIPTION DES YABIÉTËS.

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