TYPE DES PAYS-BAS
Ce premier groupe comprend :
l"" Le lion heaume imité de celui de Louis II de Mâle (1346-1384) % et répondant, par son poids, aux plus lourdes des espèces désignées dans l'ordonnance du 11 juillet 1366.
2!" Une curieuse plaque copiée sur les monnaies contemporaines de Marguerite d'Avesnes (1345-1356) et de Guillaume III, comte de Hainaut (1356-1389).
3'' Un gros au lion, semblable à celui de Guillaume d'AuxoneV Son poids moyen varie de 2 grammes 60 centièmes à 2 grammes 86 centièmes. C'est exactement ce que doivent peser les deniers blancs, qualifiés de gros dans l'ordonnance du 21 janvier 1364.
*■ Ce type a étc^ copié, à la même époque, à Elîncourl, en Cambréais, par Gui d'Eliiicourt (i346-i38i). Sa durée n*a pas élé très-longue. Il était déjà altéré, à Vilvordc, soua Antoine de Bourgogne (llOtt-1415). — Den Doytz, 2« édition, p. 25, u« 73 et n» 74.
« Voy. pi. X.fig. -i.
On peut remarquer, en outre , que ce gros renferme à peu près ^5 de fin , titre adopté par la même ordonnance.
Le gros au lion, déjà employé en Hainaut, en Flandre et à Luxembourg, avant Pierre d'André, se retrouve sous Louis II, comte de Flandre (1346-1384) et sous la duchesse Jeanne de Brabant (1392-1393), c'est-à-dire à une époque très-voisine de l'avènement de Pierre d'Aîlly. Il nous a paru néanmoins rationnel de le donner à l'évêque du nom de Pierre, le plus voisin de Guillaume d'Auxone, qui l'avait inauguré à Cambrai.
4** Une monnaie de billon noir^, qui se rattache à la monnaie belge, par le lion du droit, bien que portant des lys au revers.
TYPE FRANÇAIS
Le second groupe comprend:
r Un double en billon noir, à légende horizontale, correspondant au double tournois que l'on a dû, d'après le titre de 1347, frapper sous Gui de Ventadour, prédécesseur de Pierre IV.
2*" Un blanc copié sur les blancs à la couronne, du roi Jean.
3** Un autre blanc à la croix de procession, copié sur une variété du blanc de France.
4"* Un gros au chaiel imité du gros blanc de France au chatel et aux fleurs de lys. Cette pièce frappée en billon sous Jean, fut remise à un titre plus élevé, sous Charles V. Les spécimen cambrésiens que nous en connaissons, sont tous de fort mauvais aloi. Ils ont dû, par conséquent, faire à la monnaie royale, une concurrence lucrative.
5"" Une plaque rappelant encore un des gros du roi Jean' et portant, d'un côté, dans une double légende circulaire, une croix pattée cantonnée de deux
* C'est peul-étre la pièce k i/36 de fin, donl il est question dans l'ordonnance du 13 juillet 1966, el qui devait valoir 3 mailles toarnois.
* Leblanc, n* i , pag. 256.
lions; de l'autre, dans un contour de trèfles, deux mitres accostées de petites aigles et séparées par le nom de la ville écrit en une ligne horizontale.
C'était à cette époque que le type du gros tournois avait le plus de vogue dans les ateliers des Pays-Bas. On le trouve, en effet , en Hainaut, sous Louis de Bavière (1345-1347), et sous Guillaume III (1356*1389); à Looz, sous Arnould VII (1280-1323); à Luxembourg, sous Jean l'Aveugle (1309-1346); en Brabant , sous Jean II le Pacifique (1282-1 312).
6** Un mouton d'or, imité de celui du roi Jean. Ce type a joui d'un grand crédit. Il se montre en Hainaut, sous Louis de Bavière et Guillaume III (1345- 1389) ; en Flandre, sous Louis de Mâle (1346-1384) ; en Brabant, sous Jean III (1312-1355); sous Jeanne et Wenceslas (1355-1383) ; à Looz, sous Thierry de Heinsberg (1336-1361).
7* Un franc à cheval. Le franc d'or valait une livre ou 20 sous et avait paru, en France, lorsque le roi revint d'Angleterre'. Il se maintint à Cambrai, sous les évêques Robert et Gérard. On le vit aussi en Hainaut, sous Guillaume III (1336-1389) •, en Flandre, sous Louis de Mâle (1346-1384)"; sous Jeanne de Brabant (1383-1406)*, etc., etc.
Le franc à cheval, que nous décrirons toût-à-l'heure, se rapproche beaucoup du poids de 3,82 gramm., assigné aux deniers d'or cambrésiens, par la charte de 1366.
Nous avons fait graver, pi. xiv, fig. 7, à la suite des agnels et des francs de Pierre d'André, un royal anonyme que Cartier* et M. Combrouse» ont attribué à Cambrai parce qu'il porte JoAannes, Lucas, Marcus^ Mateus, légende qui a été souvent employée dans l'atelier de cette ville. La découverte d'un
* Leblanc» pag. 257.
* Il faut remarquer qu'il ue fût plus frappé à Valenciennes après le règne de ce duc. s Duby, pi. LXXX,fig. 1.
* Dêicription du cab, du prince de Ligne, pi. 1, fig» 3.
* Rêv. num. OM, pag. 4tfi.
* Déeaméron numiitnatique.
double royal de Guillaume III (1336-1 389) \ au même type et à la même légende, a inspiré des doutes sur cette attribution. On peut cependant remarquer qu'une imitation anonyme convient mieux à un état secondaire, comme Cambrai y qu'à un comté de Timportance du Hainaut. Guillaume III signant le double royal aux quatre évangélistes, n'avait aucune raison pour n'en pas faire autant, à l'égard du simple royal.
Ainsi qu'on le voit par l'énumération précédente, on a eu recours, sous Pierre IV, à des flans plus larges et à des types plus variés que sous ses prédécesseurs. L'exemple de ces progrès avait été donné, en France, par Philippe de Valois*. L'Europe occidentale entrait, d'ailleurs, dans une phase de prospérité', qui, en multipliant le signe d'échange et en augmentant son poids et ses dimensions, préludait à la révolution monétaire que devait accomplir, deux siècles plus tard, l'exploitation des mines de TÀmérique.
Avant de passer à leur description, nous ferons remarquer que les monnaies de Pierre IV, contrairement à son sceau *, ne portent pas ses armes. Les armoiries dont le caractère était purement personnel, se sont généralement montrées dans les sceaux, avant de prendre place dans le champ du signe public de l'échange.
DESCBIPTION DES VARIÉTÉS.