ROYAL
I0H'ES:LVCAS MARCVS:MATH'S; type du royal de France. Au lieu du sceptre fleurdelisé, un bâton orné.
Bj. + XP'C: VINCIT :XP'C: REGNAT :XP'C: IMPERAT ; croix trèsornée, avec lys dans les cantons, comme dans le royaP et le double royal de Guillaume III , comte de Hainaut (1356-1389). Cette pièce est d'une exécution très-remarquable. M. R. Fillon, qui Ta aussi classée au Cambrésis, la considère comme la plus belle baronale du XIV* siècle*.
Or; poids, 3,60 gramm.; collection Parenteau ; pi. xiv, fig. 7.
RORERT DE GENÈVE ou RORERT II
6i»^ Évéque (1368-1372).
Robert, fils d'Amédée, comte de Genève, fut d'abord chanoine de Paris, puis évéque de Thérouanne. Désigné par Grégoire XI pour le siège de Cambrai ,
* Étude numismatique, i8S7, pag. 86, vigoelles.
* Serrure, Cabinet du prince de ligne ^ pi. 1, fig. 1.
' Considération sur les monnaies de France, pag. 1S8.
il en prit possession, par procureurs, le 21 novembre 1368. Créé, en 1372, cardinal du titre des douze apôtres, il résigna son évèché et fut investi des fonctions de légat .
Grégoire XI étant mort, le conclave, réuni à Rome, lui donna Urbain VI pour successeur; mais sept mois après, les cardinaux, à Texception d'un seul, se retirèrent à Fundi et élurent Robert de Genève. L'Italie, l'Allemagne et l'Angleterre continuèrent à former l'obédience d'Urbain, mais la France et l'Espagne reconnurent Robert, qui vint résider à Avignon et fut, sous le nom de Clément VII, le premier des antipapes.
DOCUMENTS HONÉTAIBB8.
— 8 décembre 1368*. Ordonnance pour la fabrication de :
1"" Francs d'or à 23 karats 3/4, dont la taille, réduite en mesures actuelles ,
répondrait à 3,82 gramm.
2'' Deniers blancs à ^/is de fin. . . . id .... 3,59 gramm. y Deniers noirs à ^Ju de fin. ... id ... - 1,52 gramm.
— 5 septembre 1370*. Monnaies que doit fabriquer le maître Léonard Pierre de Florence :
r Francs d'or à cheval, répondant au poids de 3,82 gramm., en mesures actuelles. Ces pièces d'or devaient être reçues pour 24 sous tournois ou 288 deniers.
2*" Deniers blancs en argent demi-fin, courant pour 12 deniers tournois et répondant au poids de 3,28 gramm. On s'étonnera peut-être que l'évêque Robert n'ait mis cette pièce qu'à 12 deniers tournois, lorsque la même année, le gros d'argent de France en valait 15; mais il faut remarquer que ce gros était de très-bon aloi.
AR
3** Deniers blancs à ^ de fin , courant pour 8 deniers tournois et répondant i 2,49 gramm.
*■ Voir aux preuves, pièce n^ 29, * Voir aux preuves, pièce o9 30.
4° Deniers noirs à ^^ de fin, valant 1 denier tournois, et pesant, en mesures actuelles, 1,32 gramm.
— 16 septembre 1370^ Constatation, au registre des actes du chapitre^ du serment prêté, par le maître de la monnaie, en présence du grand ministre de Téglise et de plusieurs chanoines.
— 13 janvier 1371*. Contrat valable jusqu'au B septembre suivant, c'est-àdire jusqu'à l'époque déjà fixée par les titres précédents, en vertu duquel Léonard Pierre doit fabriquer des florins à un comte figuré à pied, à ^/4 de karal de moins que ceux du roi et sans remède. Ces florins devant courir pour 24 sons tournois. Leur poids répondait, en mesures actuelles, à 3,82 gramm.
— Même année, IS janvier^. Serment en chapitre, prêté par Clément, gardien de la monnaie.
— L'ordonnance suivante est sans date ; mais elle* parait appartenir aux derniers temps de l'épiscopat de Robert \ Elle prescrit la fabrication de :
r Mailles d'or à 19 karats, répondant à 3,49 gramm. et courant pour 21 sous tournois. Cette monnaie porte encore dans l'ordonnance le nom de florin. Elle est, comme on le voit, moins lourde et de moins bon aloi que le franc à pied et le franc à cheval. Les florins très-communs, que nous avons fait graver à la suite de ceux de Gui de Ventadour, ont dû, avant l'action du frai, avoir le même poids de 3,49 gramm. On pourrait donc revendiquer en faveur de Robert de Genève, ceux de ces florins dont l'or est rougeâtre, ce qui convient à une monnaie descendue à 19 karats.
2** Deniers blancs à ^/i2 de fin, répondant à 2,53 gramm., et courant pour six deniers tournois.
* Voir aux preuves, pièce n9 31.
> id, pièce n* 32.
' id, pièce n* 33.
* Id. pièce n® 3i.
3* Deniers noirs à ^J2i de fin , répondant à 1,48 gramm., et courant pour ?
TYPES
Les spécimen du monnayage de Robert, retrouvés jusqu'à ce jour, sont, comme ceux de son prédécesseur, au type des Pays-Bas et à celui de France.
Le type des Pays-Bas est représenté par une monnaie où se voit Técu du comte de Cambrésis, incliné et heaume*. Ne connaissant pas le poids de cette pièce, je ne puis dire à quelle ordonnance monétaire elle se rapporte.
Le type de France est représenté par le franc à pied, le franc à cheval et le double de billon noir.
Le franc à pied , que nous connaissons en nature , est copié sur le franc à pied, ou lys d'or, frappé en France, le B mai 1365, par ordre de Charles V; il présente encore à peu près le poids que lui attribue l'ordonnance épiscopale du 13 janvier 1371 *.
Les francs à cheval de Robert, que nous décrirons plus loin , sont semblables à celui de Pierre d'André; ils présentent exactement le poids que leur assignent les ordonnances du 8 décembre 1368 et du 5 septembre 1370.
Il est bon de remarquer que les espèces d'or de Robert étaient un peu moins pesantes et de moins bon aloi que celles du roi Jean et de Charles V. En outre, l'évéque exigeait que ces monnaies fussent reçues pour 24 sous tournois, tandis que les pièces des mêmes types n'en valaient que 20 dans toute l'étendue du royaume. Il devait donc réaliser des bénéfices considérables.
Quant aux pièces de billon noir de Robert de Genève, qui se rencontrent dans les collections, elles portent MON ETA DVPLEX et le nom de la ville
< Le type de Pécu iiiclîné, surmonté da heaume, est fréquent dans les provinces des Pays-Ba9 et de l'empire; il a été adopté en Lorraine, sous Jean et sous Charles H (1316-1431). Ce dispositif n'a été employé que par exception en France.
* Le franc à pied a été moins souvent imité dans le Nord, que le franc à cheval. On le rencontre dans la série monétaifp de Louis de Mâle (I346<i38i), et dans celle de Gui de Luxembourg, seigneur de Ugny, (1360-1371).
' Voir les ordonnances royules du 12 janvier et du 10 septembre 1361.
en deux lignes horizontales, comme sous Pierre d'André. Elles paraissent se rapporter à la charte du 8 décembre 1368.
DEfiCBIPTION DES VABIÉTÉS.