‹ Numismatique de CambraiChapitre 54 sur 203 · ROBERT DE CROY · texte numérisé non relu

ROBERT DE CROY

7i- Évêque (1519-1556).

Robert occupa le siège de Cambrai pendant 37 ans. Il mourut le 31 août 1556.

Lorsque Henri II se fut déclaré, en 1552, protecteur de ta liberté germanique, il stipula, dans son traité avec les protestants, qu'il s'emparerait des quatre villes impériales de langue française, Metz, Toul, Verdun et Cambrai; mais cette dernière cité lui échappa.

Au mois d'août 1529, Thomas Grammaye, maître général des monnaies de Charles-Quint, passa par Cambrai pour aller comparer à Paris l'étalon du marc de Troyes, dont on se servait aux Pays-Bas, avec l'étalon conservé à l'hôtel des monnaies de France. Cette véritication fit constater que le premier était plus pesant et plus fort que le second , de un denier qui monte vingt-quatre grains de poids. Grammaye, pendant son séjour à Paris, représenta aux maîtres généraux de la monnaie, que des écus de France rognés et des contrefaçons de la monnaie royale, circulaient en grande quantité, et fiiisaient du tort au public; on décida alors quMl serait frappé, au nom du roi :

1* Un nouveau denier d'or y aux poids, aloi et valeur du réal d'or fin, courant aux Pays-Bas pour 40 patars

2* Un douzain d'argent aux poids, aloi et valeur du patar de l'empereur, etc.»

On ne connaît aucune monnaie des prélats de la maison de Croy, quoiqu'ils aient gouverné Cambrai, pendant. plus de 50 ans, comme comtes et ducs.

Charles-Quint exerçait sur la ville épiscopale, ainsi que le remarque Dupont, une autorité beaucoup plus directe que ses prédécesseurs, malgré les lettres de neutralité qu'elle obtint plusieurs fois; aussi les stipulations se faisaient-elles alors le plus souvent en monnaies impériales. Si donc les évèques de Cambrai ont eu des monnaies pendant la première moitié du XVP siècle, le nombre a dû en être peu considérable. L'atelier épiscopal reprit toute son activité sous Maximijien de Berghes, lorsque la monnaie de Cambrai eut été régulièrement annexée à celle de l'empire.

* Voir AUX preuves , pièce n* 46.

MAXIMÎLIEN DE BERGHES

72«« Évéque (1556-1559) — l*' Archevêque {155W570).

Maximilien de Berghes fut élu par le chapitre ^ un mois après la mort du dernier évêque; mais il ne reçut ses bulles que trois ans plus tard.

La maison d'Autriche souffrait avec impatience que plusieurs évêchés des Pays-Bas subissent la juridiction d'un métropolitain français, l'archevêque de Reims. Ses démarches furent couronnées de succès et, le 12 mai 1559, Paul IV érigea le siège de Cambrai en siège métropolitain. La Cour de France et le cardinal de Lorraine réclamèrent vivement et entravèrent pendant quelque temps l'exécution de la bulle pontificale. Maximilien fut installé comme archevêque le 22 mars 1662. L'auteur du Cameracum Christianum pense qu'il ne prit, dans les actes officiels, son nouveau titre qu'à partir de celte époque.

Ce prélat mourut à Berg-op-Zoom , le 29 août 1570.

DOCUMENTS HONÉTAIRBS.

Les ordonnances monétaires de Maximilien seront données aux preuves \ Elles appartiennent toutes à la période archiépiscopale.

— La première y du 20 juillet 1565, charge Hans Crul , à l'expiration d'un précédent bail que nous ne connaissons pas, de forger, au lieu de l'ancienne pièce d'or de 20 patars, un denier appelé écu de Cambrai, valant 40 patars de Flandre, et taillé, comme l'écu au soleil de France*, à raison de 72 au marc, ce qui donne en mesures actuelles, 3,39 gramm.

— La deuxième, du 16 mars 1566, accorde un nouveau délai de deux ans à Hans Crul, pour la fabrication de l'écu d'or, et le charge de fabriquer, en outre, les espèces suivantes:

< Pièce* n<» 4,7, 48, 40 et 50

* Ce n'esl plu» que par execpliou que la nionuaie de Cambrai faisait, à cetle époque, des empruoU à celle

de France.

ao

r Dalder, valant 30 palars de Flandre, à 10 deniers 4 grains de fin, c'ciità-dire à un peu plus de ^/e d'argent pur;

2'' Pièce de 5 patars, à 6 deniers 6 grains^ ou à un peu plus de ^/ade fin;

3" Pièce de 5 gros, de moins bon aloi, à 5 deniers 20 grains;

4° Patar de litre plus bas encore, à 3 deniers 9 grains, c'est-à-dire à moins de ^/g de fin ;

5° Liard, à 1 denier 20 grains, c'est-à-dire à moins de ^/e de fin ;

6° Gigot; à 22 grains, c'est-à-dire à moins de ^'^a de fin;

T Mitte de cuivre pur, à 150 au marc, c'est-à-dire d'un poids répondant à 1,62 gramm.

— La troisième ordonnance rendue, le 18 mars, crée une nouvelle monnaie. Il y est dit qa après mûre délibération et avis aulcuns bons personnaiges , l'évêque s'est décidé à ajouter à la nomenclature publiée l'avant-veille, un denier d'argent appelé double cincq palars Flandres de Cambrai, Cette pièce de dix patars devait être frappée aux mêmes conditions que celles de cinq , c'est-à-dire à 6 deniers 6 grains, et à un peu plus d'un demi de fin. Étant de 16 ^'n au marc, elle répondait à 15,53 gramm. Son type présentait, d'un côté, l'aigle impériale, et, de l'autre, l'écusson du prélat, ses titres et l'indication de valeur X S*.

Ce dernier renseignement nous permet de reconnaître la pièce de 10 patars dans un dessin de l'abbé Mutte, portant en légende: Moneta nova X S. L'écu de Berghes y est surmonté de la couronne ducale. Cette pièce n'existe dans aucun des médailliers que j'ai visités. Elle doit être des plus rares, car l'évêque l'a supprimée bientôt après son émission , ainsi que nous l'apprenons par la quatrième ordonnance, en date du 24 septembre 1567, dans laquelle il est dit que Hans Crul a été emprisoniié pour avoir supprimé, sur les pièces de dix stuffers, l'indication prescrite: X S. Cette fraude avait permis à quelques personnes de profiter de la ressemblance qu'avait la pièce qui nous occupe^ avec le demi-thaler

* Il a existé une pièce double de celle-ci, valant XX stuffers. Il en est question dans une (|ui(tance du chapitre en date du 29 mai 1899. En Allemagne, il y avait des thalei», portant l'indication d^une valeur de 30 stuffe». Siurmer, planches.

de Germanie pour la faire passer sur le même pied, bien qu'elle n'en yalut environ que les deux tiers. En effet, la pièce de 10 stuffers devait contenir, d'après l'ordonnance du 18 mars 1566, 8,08 gramm. d'argent fin; or, les dalders que nous connaissons , et qui, encore aujourd'hui, pèsent souvent un peu plus de 29 gramm., étant, d'après l'ordonnance du 16 mars, à 10 deniers 4 grains, ou à ^^72 de fin, renferment au moins 24,56 gramm., ce qui donne pour les demi-dalders 12,28 gramm. Il y avait donc un bénéfice frauduleux de 30 ^/o. Les délits monétaires furent poursuivis avec sévérité , sous Maximilien de Berghes. En 1560, trois faux monnayeurs furent arrêtés et pendus \

J'avais l'intention de partager les monnaies de Maximilien en épiscopales et archiépiscopales; mais je me suis décidé à en faire deux groupes comprenant : le premier, les espèces autonomes de l'évêque ; le second , les pièces semi-^seigneuriales, semi-impériales. Cette classification m'a paru plus rationnelle. Je reconnais cependant qu'elle ne respecte pas complètement l'ordre chronologique, car il est encore question des monnaies particulières de l'évêque, dans l'ordonnance du 16 mars 1566% bien que l'atelier eut d^à fabriqué, au nom de Ferdinand V (1656-1566), des monnaies au type de l'Empire,

L'émission des monnaies autonomes de l'archevêque semble avoir été réduite à fort peu de chose sous Maximilieu II, qui succéda à Ferdinand; peut-^tre même ne consista-t-elle plus à la fin , qu'en ces menues monnaies de cuivre pur qui circulaient encore à Cambrai, de nos jours, parmi les liards et les sous.

TYPES

Les espèces autonomes et les espèces impériales de Maximilien présentent au droit les armoiries de Berghes, accompagnées quelquefois des écus des seigneuries

' Le crime de fausse monnaie était assimilé à celui de lése-majeslé , dans les constitutions des empereurs Valentinien, Tbéodose et Arcadius. Sous les mérovingien», il n'entraînait pas la peine capitale, mais seulement la perte du poignet. Les faux monnoyeurs subirent au moyen-àge, des peines de divers degrés.

' Les pièces désignées dans cette ordonnance sont Téu d'or suivant et sans doute les dalders qui portent , d'un cAté, les écus de Berghes, du Gâteau et du Cambrésis, et de l'autre, l'image du saint patron de l'archevêque.

temporelles du prince-étêque. Au revers, les premières portent tantôt une croix, tantôt l'image du patron, ou les lions du Cambrésis; les secondes sont invariablement marquées de la double aigle impériale.

MONNAIES AUTONOnifiS.

ECU d'or.

L'écu d'or de 40 patars a été institué par Maximilien de Berghes, sur le pied de Técu au soleil émis pour la première fois, en France, lé 2 novembre 1475. Cette monnaie fut fabriquée en grande quantité à Cambrai et eut longtemps cours, car, à la fin du dernier siècle, elle figurait encore dans l'encyclopédie méthodiques comme étant au titre de 20 karats 1 grain, et pesant 61 grains*.

NM. + M- ABERDG-ARCHEPS- <^DCAMER ; armes de Berghes écartelées de celles du comte de Cambrésis •, et surmontées de l'emblème héraldique du duché de Cambrai *; sur le tout une couronne lozangée, perlée et fleuron née.

Hf. + IN* HOC* SOLO* GLORIA entourant une croix à branches formées de filigranes et terminées par des fleurons en forme de lys.

Or; poids, 3,20 gramm.; collection Dancoisne; pi. xx, fig. 1.

^'o 2. — Variété dans laquelle les trèfles séparatifs des mots de la légende du revers sont remplacés par des points.

Or; poids 3,S0 gramm.; communiqué par M. Rousseau.

N'^a. + MABERDGARCHEPS-^DCAMERA

H|. + INHOCSOLOGLORIA Or; Cabinet impérial des médailles; pi. xx, fig. 2.

* Article monnoyage, pag. 215, mot Ecu,

* D'après sa taille légale, voir plus haut, cette monnaie avait dû peser primitivement 64 grains ou 3,90 gramm. ' Les armes de Cambrésis étaient, comme on l'a vu plus haut , trois lions d'azur sur champ d'or.

^ L'empereur Maximilien I*', en créant, le 98 juin I8i0, le duché de Cambrai, lui avait donné pour armoiries» r aigle noire sur ohamp d'or.

N*" 4. — Variété du précédent, dans laquelle, les points de la légende du revers sont remplacés par des quatre feuilles.

Or; poids, 3,39 gramm.; collection Reichel à Saint-Pétersbourg.

Cette pièce est la raème que celle dont Duby donne la figure d'après un exemplaire de la collection de M. de Boullongne.

DALDER.

Les dalders ou Ihalers qui suivent, présentent, à Tavers , la double aigle enserrant les écussons de Berghes, du Caleau et du Gambrésis; et, au revers, Saint-Maximilien debout.

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