MITHRIDATE
(Vers 170 avant Jésus-Christ.)
Le personnage dont nous allons nous occuper est mentionné par Polybe (1 ) qui en parle à propos de la coalition qu'il forma avec Pharnace Ier, roi de Pont, pour faire la guerre à Eumène II, roi de Pergame , à Prusias II, roi de Bythinie , à Ariarathe VI, roi de Cappadoce et à leurs alliés. Le traité qui mit fin à cette guerre et qui nous a été conservé parmi les extraits de Polybe recueillis par Constantin Porphyrogénete, fut signé environ 170 ans avant notre ère. Visconti suppose avec raison que ce Mithridate n'est autre que le petit-fils d'Antiochus le Grand, auquel Antiochus Epiphane, son oncle, aurait donné les Etats de Xerxès, roi d'Arsa mosate, si des sentiments plus généreux ne l'en avaient détourné (2). On ne connaît pas les autres circonstances de la vie de Mithridate, ni du sort de ses Etats après sa mort. On peut croire que l'un de ses successeurs était cet Antipater, fils de Sisis, qui céda tous les pays de sa domination à Mithridate le Grand.
(1) Excerpl. de virl. et vil. (2) Icon. gr., 2e part., ch. 12, § S, p. 235.
Plusieurs numismatistes ont parlé de la monnaie de Mithridate, roi de la Petite-Arménie; ce sont Béger (1), Spanheim (2), Frœlich (3), Eekhel (4), Mionnet (5), Visconti (6), etc. Spanheim avait lu le nom du roi, MI0PAAA- TOY, et avait attribué la médaille à un prince qui portait le même nom que le roi de la Petite-Arménie. Béger et Frœlich avaient aussi proposé une attribution qui fut combattue victorieusement par Eekhel. Ce savant, guidé sans doute par le type de la médaille, déclara qu'on devait ranger le Mithridate en question parmi les princes arméniens. Visconti a adopté l'attribution d'Eckhel qu'il a précisée davantage. Mionnet et d'autres numismatistes, trompés sans doute par la ressemblance du nom, ont attribué à tort, au prince dont nous nous occupons, des médailles portant pour légende BA2IAEÛ2 MI0PIAATOY KAAAINIKOY (7); mais, nous le répétons, Visconti a prouvé d'une manière irréfutable que ces pièces appartenaient à Mithridate II, roi delà Commagène (8).
Tête du prince coiffée de la tiare arméniaque et tournée à gauche ; derrière la tête du roi, une palme en contremarque semblable à celle qui se voit sur celui de la médaille de Samès.
& BA2IAE[Û2J MI0PIAA[TOY] [$IAE]AAH[NOY] Cuivre. — PI. I, n° 11.
Cabinet de Berlin.
Massue d'Hercule.
L'épithète mutilée, qui se lit au revers de la médaille de Mithridate est, selon Visconti, le commencement du mot yiXs^Erop, parce qu'il suppose que ce prince, né d'une sœur d'Antiochus le Grand, se glorifiait de cette origine, mais il est plus logique de penser que Mithridate avait pris le titre
(1) Très, de Brandcbg., t. III, p. 8.
(3) Nol. élém., t. X, n° 5.
(4) D. N. V-, t. III, p. 206.
(5) Méd. gr.,t. IV, p. 456.
(6) Icon. gr., 2e part., ch. 12, § S, p. 255.
(7) Méd. gr., t. IV, p. 456.
(8) Icon. rom., suppl. gén., p. 14 et suiv.
de (pùà'Xhivcç, comme le firent dans la suite quelques-uns des rois Arsacides de l'Arménie, à l'imitation de beaucoup de princes de l'Orient, comme par exemple les rois de Parthie , et Arétas, roi de Damas ; c'est par sa mère que Mithridate se regardait comme issu de la race d'Hercule, et cette prétention est indiquée par la massue qui figure sur le revers de la médaille.
Au moment où je terminais ce chapitre, j'ai reçu une lettre des RR. PP. Mékhitaristes de Vienne, qui m'annoncent que l'un des plus savants archéologues de la congrégation, le P. Clément Sibilian, qui voyage en ce moment en Arménie, a découvert des médailles du plus haut intérêt. Voici le passage de cette lettre , relatif à ces découvertes : « Le P. Sibilian a trouvé une médaille, au type arsacide, portant le nom d'Arscham (1), qu'il croit être le père d'Abgar, et une autre pièce, avec le nom de Vagharschag, dont le type diffère entièrement de celui des rois parthes. Il ne nous a pas encore envoyé la collection qu'il a formée et qui fait de notre cabinet numismatique le plus riche en monnaies arméniennes (2). »
(1) C'est peut-être une monnaie d'Arscham que j'ai publiée page 12. (Arsamés), roi d'Arsamosate, semblable à celle (2| Lettre du P. Avkérian, du 29 juillet.