‹ Numismatique de l'ArménieChapitre 2 sur 25 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

La numismatique de l'Arménie n'a jamais été décrite dans son ensemble, et, bien que les savants, qui se sont occupés du classement des monnaies des rois de l'Asie, aient souvent publié des pièces appartenant à la série des rois d'Arménie, jusqu'à présent aucun travail d'ensemble n'avait été tenté sur cette matière. Il est vrai que la numismatique de l'Arménie ne présente pas, comme celle des autres empires de l'Asie, une suite non interrompue de princes dont les médailles se rencontrent en grand nombre dans les cabinets numismatiques; au contraire, les monnaies de l'Arménie sont rares, et les lacunes qu'on remarque dans les collections ont été sans doute une des causes principales qui ont empêché les savants d'entreprendre une description complète des monuments qui composent la numismatique de l'Arménie.

En outre, le classement de plusieurs médailles offrait aussi de notables difficultés; les monnaies des rois homonymes semblaient être un obstacle à l'attribution de beaucoup d'entre elles, et, de plus, les numismatistes avaient introduit, parmi les médailles de l'Arménie, des pièces qui, à n'en pas douter, appartiennent à d'autres séries. Ainsi, par exemple, on était convenu d'attribuer à un roi d'Arménie, peu connu dans l'histoire et que Dion Cassius appela Mannissar, une médaille qui, après une foule de discussions, est aujourd'hui restituée à Adinnigaus, prince arabe de la Mesène.

Toutes ces difficultés, que la science moderne a résolues, ne sont plus un obstacle maintenant à la publication d'un travail d'ensemble sur la numismatique arménienne, et les causes qui ont si longtemps fait hésiter les numismatistes n'existant plus, il ne nous a point paru téméraire de reprendre leurs travaux, en tenant compte des découvertes modernes et en offrant aujourd'hui aux savants,

les résultats d'une étude consciencieuse et approfondie sur un sujet qui, jusqu'à présent, avait été jugé presque inabordable.

On verra, en lisant l'introduction que nous avons placée en tête de notre travail, le rôle important que joua l'Arménie dans l'histoire de l'Asie ; les commencements et les développements de ce royaume; des détails sur la religion des anciens Arméniens et sur leur idiome. Ces questions, qui ressortent un peu du cadre qui nous était imposé par le titre même de l'ouvrage, nécessitaient cependant quelques développements, pour que le lecteur pût se rendre compte des affinités que la nation arménienne avait, dans l'antiquité, avec les autres peuples ses voisins.

Nous avons tracé dans un paragraphe spécial les grandes divisions de la numismatique de l'Arménie, et nous avons établi le principe qui sert à reconnaître de prime-abord les monnaies arméniennes de celles des autres souverains de l'Asie. Toutes ces questions, présentées sous un jour nouveau, offriront, nous l'espérons du moins, quelque intérêt à nos lecteurs.

Nous n'aurions point conçu l'espoir de mener abonne fin !e travail que nous avons entrepris, si nous n'avions été secondé dans nos études par la bienveillance toute particulière de S. M. l'Empereur de Russie, qui a bien voulu prendre sous son haut patronage la Bibliothèque historique arménienne, et en accepter la dédicace.

Notre ouvrage, qui fait partie de cette grande collection, dont un volume a déjà 1 aru, est destiné à servir de complément aux historiens nationaux qui ont écrit à l'époque des Sassanides , et dont les récits embrassent toute la période de temps qui s'est écoulée depuis l'origine de la dynastie d'Haïg jusqu'à la conquête de l'Arménie par les Perses et les Arabes.

En terminant, qu'il nous soit permis d'exprimer à S. Exe. M. le comte de Lazareff, le protecteur des études arméniennes en Europe , à Agop-Effendy, conseiller de l'ambassade ottomane à Paris, et à notre savant ami, M. Edouard Dulaurier, le fondateur de la bibliothèque historique arménienne , toute notre reconnaissance, pour les encouragements et les conseils qu'ils n'ont cessé de nous prodiguer toutes les fois que nous avons eu recours à eux, dans l'intérêt de la tâche que nous nous sommes imposée.

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