Contemporain de Septime Sévère et de Caracalla
Abgar, fils de Maanou , dut son trône à Septime Sévère qui , ayant été en guerre avec son père et son grand-père, avait cependant laissé subsister le royaume d'Edesse. Les chroniques syriaques racontent qu'une inondation épouvantable signala, en 202, le règne de ce prince (1). Nous savons que cet Abgar fut détrôné par Caracalla, qui s'empara d'Edesse, lorsqu'il se rendit en Mésopotamie, en revenant d'Egypte (2). Dion Cassius raconte en détail les causes qui amenèrent cet événement (3). Spartien nous apprend que Caracalla hiverna à Edesse , et qu'il fut tué à Carrhas, en 217 (4). A partir de cette époque, le royaume d'Edesse fut anéanti par les Romains (217), et réduit en province de l'empire par Caracalla (5) : « Edessam, dit Spartien, in Osrhoem, in provincial formam redigit, amico rege Abgaro, non victo, sed vincto perfidissime. » A partir de cet événement, les monnaies frappées à Edesse eurent pour emblème
(!) Chron. anonym. d'Edesse, dans Assé- (3) Liv. LXXVII, etexcerpl. Val., p. 746.
mani, 1. 1, p. 390. (4) C(. Eutrope, Sextus Rufus, Georges le
(2) Hérodien, liv. IV, ch. 21 . — Dion Cass., Syncelle.
in fragm. ap. Zonar. , t. I, p. 613, et op. (o) Denys de Thelmar, p. 423. Xiphil., p. 352.
la tête de la ville d'Edesse, coiffée d'une couronne murale avec cette légende : KOA. EAECCA.
Abgar et Caracalla.
BACIAE[YC] ABrAPOC. — Tête d' Abgar imberbe coiffée de la tiare dentelée et ornée d'un croissant constellé, à droite. Grenetis.
B? KAIC. ANTÛN. CEB. EY. — Tête barbue et laurée de Caracalla , à droite. Grenetis.
Cuivre, moy. mod. — PI. V, n° 10.
Cab. de France.
ABrAPOC BACIAEYC. — Tête d' Abgar barbue et coiffée de la tiare dentelée, sans ornements, adroite. Grenetis.
$> ANTÛNEINOC. K. CE. — Tête barbue et laurée de Caracalla , à droite. Grenetis.
Cuivre, pet. mod. —PI. V, n° 1 1 .
Cab. de France.
ABGAR XI.
Vers 240. — CoDlemporain de Gordien III.
Le prince dont il va être question n'est point mentionné dans les chroniques syriennes, ni dans les annales de l'empire romain. Des médailles, frappées aux effigies de Gordien III et d'un roi nommé Abgar, nous montrent que le royaume de l'Osrhoène, un instant réduit en province romaine par Caracalla , avait été rétabli par Gordien III. On peut supposer, dès lors, que les causes qui donnèrent lieu à la restauration du trône d'Edesse, furent les guerres qui s'allumèrent entre les rois sassanides de Perse et les
empereurs romains. En effet, la politique romaine comprit que l'annexion du petit royaume d'Edesse aux possessions de l'empire était une faute, et qu'il était nécessaire de le rétablir, pour former une barrière entre les deux grands Etats. G'est cette circonstance dont les historiens syriens et occidentaux ne parlent point, et que les médailles nous font connaître, en même temps qu'elles nous donnent le nom du prince auquel Gordien III confia le trône qu'il venait de relever. Il est probable que ce prince, qui s'appelait Abgar, comme la plupart de ses prédécesseurs, était un membre de la famille royale qu'avait dépossédée Caracalla. Le royaume d'Edesse fut rétabli, sans aucun doute, à l'époque où Gordien alla pacifier l'Orient (1). On sait que cette expédition fut malheureuse pour l'empereur qui périt victime d'une sédition excitée par Philippe, l'un de ses officiers. Il ne paraît pas que le prince d'Edesse, auquel Gordien rendit la couronne de ses pères, ait usé longtemps de l'autorité souveraine, car, après le règne de cet empereur, la numismatique de l'Osrhoène cesse tout à coup. On ne trouve pas, à la vérité, de médailles impériales frappées à Edesse sous Philippe; mais elles réparaissent sous Trajan Dèce, et la ville reprend le titre de colonie romaine, qui lui avait été donné par Caracalla. Après Gordien III et Abgar XI, il n'est plus question des Abgar.
Abgar et Gordien.
ABrAPOC BACIAETC. — Buste d' Abgar tourné à droite; le roi est représenté coiffé de la tiare dentelée et portant une longue barbe; derrière lui, une rosace.
iy ATT. K. M. ANT. TOPAIANOC. CEB. — Tête laurée et imberbe de Gordien, à droite ; devant lui, une rosace.
Cuivre, grand module. —PI. V, n° 13, et pi. VI, n° 2.
Cab. de France.
(1) Jul. Capitol., in Alex., c. 26.
Il existe encore plusieurs variétés de médailles ; sur les unes, la tiare du roi d'Edesse est ornée de perles (pi. V, n° 14) ; sur les autres, on voit une croix formée par l'agencement de quatre perles (pi. V, n° 15).
ABrAPOC BACIAEYC. — Tête d'Abgar coiffée de la tiare dentelée et tournée à droite ; derrière, une rosace.
iy AYTOK. R. M. ANT. TOPAIANOC. CEB. — Tête radiée de Gordien, à droite; devant, une rosace. Grenetis.
Cuivre, grand mod. — PI. V, n° 17.
Cab. de France.
Les variétés de cette médaille ne diffèrent de la description qu'on vient délire que par la tiare. Le n° 16 de la pi. V nous montre la tiare dentelée et ornée de losanges. Les autres pièces offrent de petites différences.
ABrAPOC BACIAEYC. — Buste d'Abgar, à droite ; la tête est coiffée de la tiare dentelée sans ornements; derrière, une rosace. Grenetis.
W AYTOK. R. M. ANT. TOPAIANOC CEB. — Buste lauré de Gordien, cuirassé, et tenant le bouclier, à gauche ; devant, une rosace. Grenetis.
Cuivre, grand module. — PI. VI, n° 1 .
Cab. de France.
A.BPAPOC BACIAEYC. — Tête d'Abgar, à droite, coiffée de la tiare dentelée et ornée du croissant constellé.
R) AYTOR. R. M. ANT. TOPAIANOC CEB. — Tête laurée de Gordien, à droite.
Cuivre, moy. mod. — PI. VI, n° 3.
ABrAPOC BACIAEYC. — Buste d'Abgar, à droite; la tête coiffée de la tiare dentelée ornée d'une rosace de perles. Grenetis.
g? AYTOR. R. M. ANT. TOPAIANOC. CEB. — Tête radiée de Gordien, à droite. Grenetis.
Cuivre, moy. mod. — PI. VI, n° 5.
ABrAPOC BACIAEYC. — Buste d'Abgar, à droite, la tête coiffée de la tiare dentelée. Grenetis.
W [ATT. K. M. ANT.] roPAIANOC. CEB. — Tête laurée de Gordien, à droite.
Cuivre, pet. mod. — PI. VI, n° 4.
AYTOK. K. M. ANT. TOPAIANOC. CEB. —Buste lauré de Gordien, à droite. Grenetis.
JV AYTOK. TOPAIANOC. ABrAPOC BACIAETC. — Gordien et Abgar debout, en face l'un de l'autre. L'empereur porte la couronne radiée et l'habit militaire ; il tient de la main gauche un globe, et de la droite un rouleau. Le roi d'Edesse est coiffé de la tiare dentelée et porte le costume oriental ; de la main droite il tient une couronne, et la gauche est appuyée sur le pommeau de son sabre. Grenetis.
Cuivre, grand mod. — PL VI, n° 6.
Cab. de France.
AYTOK. K. M. ANT. TOPAIANOC." CEB. — Tête laurée de Gordien, à droite. Grenetis.
y AYTOK. TOPAIANOC. ABrAPOC BACIAEYC. — L'empereur , à droite, vêtu de la toge et la tète ornée d'une couronne de laurier, assis sur un trône élevé sur une estrade, tient la haste de la main gauche et présente la droite à Abgar debout, coiffé de la tiare, vêtu du costume oriental et portant de la main droite une petite Victoire.
Cuivre, grand mod. — PL VI, n° 7.
Cab. de France.
Il existe au cabinet impérial une médaille semblable à la précédente, et qui est contremarquée au droit de la tête de la ville d'Edesse (pi. VI, n° 8). Cette pièce a, sans doute, reçu cette seconde empreinte à l'époque de la ré-
duction définitive du royaume de l'Osrhoène en province, et de son annexion aux domaines de l'empire.
On sait, en effet, qu'Edesse avait été réduite à l'état de colonie romaine sous le règne de Trajan Dèce, puisque des médailles de ce prince portent, au revers, le type de la ville d'Edesse.
AYTOK K. M. ANT. rOPAIANOt. CEB. — Buste radié de Gordien, à droite. Grenetis.
ty ABrAPOC BACIAEYC. — Abgar à cheval passant à droite. Le roi est coiffé de la tiare dentelée et porte le costume oriental, une veste et un large pantalon froncé à la cheville du pied. Grenetis.
Cuivre, grand mod. — PI. VI, n° 9.
Cab. de France.