MONNAIES D'IMITATIONS DES EMIRS D'ASIE-MINEURE
P. 487. — Au sujet de la lettre ï qui précède le mot Urcanie au revers des gigliati d'un prince de Mentesche, M. Sauvaire m'écrit ce qui suit : « Cette lettre qui vous embarrasse ne peut en effet faire partie du mot jussit. Ne serait-elle pas plutôt la première lettre et l'abréviation du mot TERRA? Il m'a semblé qu'elle pourrait représenter l'expression arabe équivalente, fréquemment employée. Dans une conversation que j'ai eue avec le marquis de Vogué, je lui ai soumis cette observation et il n'y a pas paru contraire. »
L'hypothèse de M. Sauvaire me semble ingénieuse. La légende des gigliati du prince de Mentesche se lirait de la sorte sans difficulté : Mandavit dominus Palatie banc mondain fieri in terra Urcanie. En outre, ce dernier mot Urcanie désignerait bien positivement un nom de lieu et non pas un nom d'homme comme l'avait supposé M. Karabacek.
P. 490. — J'ai fait graver au n° 17 de la pi. XXI un de ces gigliati d'imitation à légendes indéchiffrables dont j'ai parlé à plusieurs reprises. Celui-ci est d'une fabrique très particulière et m'a été vendu à Smyrne. — Voici également les légendes d'un autre gigliato d'imitation qui appartient à M. Lambros et qui lui est aussi parvenu de la côte d'Asie-Mineure : au droit, -f- RORETN .ERTT •• LTERROR . RIO+; au revers -f- ION ■ I . E • .N . RETSIS01 • ISTE ISOR.
P. 4<)}. — Les monnaies portant le titre METAC AMHPAC que j'avais primitivement attribuées avec un point de doute à Tancrède, doivent être définitivement retranchées de la numismatique de l'Orient latin. Elles ont été frappées par un ou peut-être deux émirs de la dynastie turque des fils du Danichmend, contemporains des premiers croisés. Les légendes doivent être lues : METAC AMHPAC rAZH, et peut-être, MEFAC AMHPAC APCAAN. J'ai traité de ces monnaies dans un mémoire publié dans laRevue archéologique de 1880.
P. 494. — M. Lambros possède un exemplaire de la monnaie anonyme à la légende V • CKVCIS, gravée pi. XIX, 3.
P. 49J. — J'ai rapporté de mon dernier voyage en Orient quatre sequins presque exactement semblables, à légendes indéchiffrables, certainement sortis tous quatre du même atelier monétaire, atelier que ni M. Lambros ni moi n'avons encore pu retrouver. Ce sont des saquins d'or très fin; j'en ai acquis trois en une fois "d'un sa raf de Stamboul; j'ai acheté le quatrième à Smyrnc. Un jour ou l'autre le mystère de leur origine se découvrira. Ce sont des pièces d'un très beau travail et d'une physionomie toute particulière. Je me borne à donner ici les quatre variantes de la portion de légende située à droite du personnage agenouillé, portion de légende qui doit, comme de coutume, contenir le nœud de l'énigme, c'est-à-dire le nom du personnage qui a fait frapper ces monnaies :
AZD-PDAZDZ-Y-10
A Z D P 1) A Z I) Z V 1 0 AZDP-DAZDZVOI
On voit qu'il s'agit ici d'une corruption voulue du nom d'Andréa Dandolo {Dandulo) qui fut doge de Venise de r 34 1 à 1 354. Les autres légendes S ■ M • VEN'ETI et DVX, et celles plus ou moins altérées des revers ne présentent aucune particularité importante. Il existe sur chacun de ces sequins une petite rosette de quatre points entre le nimbe du saint et l'extrémité supérieure de la hampe de la bannière. Gravés, pi. XXI, 19, 20, 21 et 22.
Id. — La monnaie de bronze que j'ai fait graver au n° 24 de la pi. XIX appartient décidément à la série des pièces byzantines pieuses. J'ai prouvé dans un mémoire paru dans la Revue archéologique de 1881 que les quatre lettres du revers étaient les initiales des quatre mots composant la sentence pieuse <I>QC XPICTOY «I>QC ou tfAINEi IIACI.
P. 49S. — M. Imhoof-Blumer de Winterthur a bien voulu me communiquer l'empreinte d'une pièce de cuivre qu'il croit provenir de Salonique et qui présente un singulier assemblage de types occidentaux et byzantins. J'ignore totalement quelle attribution il faudrait donner à ce curieux petit monument, mais je ne serais pas étonné qu'il eût été frappé par un Gattilusio. seigneur d'/Enos gj de Samothrace. En voici la description :
Buste de saint Pierre tenant la croix. Dans le champ les lettres I'AIIO (monogramme pour
0 ATIOC AnoCTOAOC) et nETP-, le tout pour 0 AI'IOC AIIOCTOAOC ITETPOC, h saint apôtre Pierre.
1$ Dans un champ semé de croisettes cantonnées de besants, le chàtel tournois accosté à gauche
d'un personnage debout s'appuyant sur un bouclier orné de cinq points. Le tout environné d'un cercle
formé d'arcs de cercle. Gravée, pi. XXI, 23.
J'ai fait graver au n° G de la pi. XXI un précieux sequin inédit du grand maître de Rhodes Antoine Fluviano, publié en 187g par MM. Krbstein de Dresde dans un article que j'ai indiqué dans mon Supplément à la Bibliographie numismatique de l'Orient latin. Ce sequin, propriété de M. T. Reichenbach, présente diverses particularités très curieuses qui en font une variété fort distincte des deux exemplaires déjà connus. Le nom de famille du grand maître y figure, et non plus seulement son prénom, car la légende du droit est V. ANTON! • b'LL'VIA. De plus, le mot DVX est remplacé par les lettres MRO pour MASTHO, et derrière le saint figurent les lettres S • I • BAIS pour Sanetus Joannes Baptista. Ainsi que le
iont remarquer MM. Erbstein, ce sequin du grand maître Fluviano doit représenter, parmi les exemplaires connus jusqu'ici, la plus récente émission créée sous ce magistère.
M. Lambros vient d'acquérir un nouvel exemplaire du rarissime sequin frappé par les Génois de Péra.
Un exemplaire de l'introuvable denier tournois frappé pour Corfou par Philippe de Tarente figure dans le récent catalogue de la vente de la collection Colson, de Noyon.
Au moment de mettre sous presse je reçois de Beyrouth une pièce inédite du plus vif intérêt; c'est une variété de la précieuse drachme d'Acre gravée au n° 3 de la pi. XX, mais variété absolument distincte, puisque la légende du revers est dragma acconsis au lieu de dragma acconen. Il y a donc eu pour le moins deux émissions de cette étrange monnaie. Ce second exemplaire est en parfait état de conservation. Comme la gravure des planches était terminée j'ai dû faire faire le bois que voici :
J'ai acquis, il y a peu de jours, un très bel exemplaire de la monnaie d'argent du grand maître Émery d'Amboise gravée pi. XI, n° 7. La pièce du Cabinet de Turin n'est donc plus unique. Mon exemplaire porte une légende sensiblement différente et pèse exactement 4 gr. 80.