‹ Numismatique de la Gaule narbonnaiseChapitre 53 sur 85 · Même tête · texte numérisé non relu

Même tête

». [ApY[E]NOAN. Même type 3. R» F.b.

Câb. de M. de Lagoy.

TÿK Se aiAM.

5. Tête de Diane, tournée, k droite; devant, A ; derrière, K?

». [A]OYE. Taureau debout, à droite; devant, R. Br. 3. R’. F.o. Cab. de H. de Lagoy; Notice sur TeUribaL de qudq. i& 4 d. , p. 19, n® 4.

Les Massaliotcs , indépendamment des colonies qulls formèrent

NARBOtWAISE.

sur )cs bords de la mer, dans l’intérêt du commerce extérieur , avaient fondé, du côté de la terre ferme, des comptoirs pour étendre à l’intérieur leurs relations commerciales. Ces comptoirs furent établis, de préférence, près des marches, soit gauloises, soit ligures, ou les peuplades voisines venaient à certaines époques de l’année trafiquer, au moyen d'échanges en nature, des différents produits de leur territoire. Les indigènes s'habituèrent peu à peu à fixer leur résidence dans ces lieux de rassemblement j des familles grecques s’y établissaient aussi , attirées par l’espoir d’un gain facile , et chaque comptoir devint un centre de civilisation où les mœurs de Massalic, d’abord mélangées avec celles des barbares, furent bientôt dominantes'. C’étaient, en quelque sorte, de petites villes grecques qui purent passer , aux yeux d’obsenateurs superficiels, pour des colonies massaliotes. j^venio et Cabel- Ho avaient été regardées comme telles par plusieurs géographes de l’antiquité*.

Les types des monnaies ÿAvetùo répondent très bien aux faits que nous venons de reconnaître. Sur les plus anciennes, l'efligic de XAfioUon massaliüle figure d’un côté, tandis que de l’autre se voit un symbole particulier à la nation gauloise , le sanglier témoignages de l’union des deux populations auxquelles Avenio devait son origine. Plus tard , le symbole gaulois disparait pour faire place au taureau, type habituel du revers des bronzes de Massalie.

.ôu moment où nous rencontrons , pour la première fois , le type du sanglier sur les médailles de la Gaule, nous devons rappeler en peu de mots les propositions que nous avons avancées dans un travail spécial sur ce tyjte. Selon nous, le sanglier avait pu être choisi comme un symbole naturel de la force farouche des Gaulois et de leur vie sauvage dans les forêts et les marécages qui couvraient une grande partie de leur territoire ; la consécration

■ Stnb., Geog., I. IT, p. i8l. ' Voir noire Mémoire lur le Térilable

■ Awur., eéx« MMeaiier , tô tatarâ. aymbolc do la nation ginloiie , dans la Ro-

XataUuo, eOr; aao,a>.iar. (V. Strph. Iljzant, vue ttojniunaliqne , année 18^0, pages atü n. Aaoitn et KaCiUiiM.. ) S jSo.

AVENIO.

religieuse, qui lui avait valu de devenir un type monétaire, avait pu devoir aussi son origine à la vie habituelle du sanglier dans ces forêts, qui étaient honorées d’un culte spécial, et où il se nourrissait du fruit même de l'arbre sacré par excellence, le chêne, placé à la tête de tous les objets d’adoration , comme le simulacre du dieu unique des Druides. Cette consécration du sanglier, comme emblème religieux et national , parait surtout dans son emploi en qualité d’enseigne militaire, et nous avons cité, à l'appui de nos assertions, plusieurs monuments de la statuaire , de la sculpture et de la numismatique. Nous avons surtout cherché nos exemples sur les médailles de toutes les contrées de la Gaule et des différents pays où les Gaulois ont existé, soit comme nation, soit à l’état de colonie'.

On ne connaissait autrefois d’autres monnaies A'^venio que les deux premières de notre catalogue La cinquième a été éditée en i8a5, d’après un exemplaire du r.abinet de M. Calvet et M. le marquis de Lagoy, en la publiant de nouveau en iSSq, a fait connaître le monogramme que 51. Calvet n’avait pas aperçu, probablement à cause de la mauvaise conservation de son exemplaire. Ce monogramme, composé des lettres KAYP, indique le nom desCavarV ou Ca^'ares, dont Avenio était la capitale'*. Les sigles A et K, placés à droite et à gauche de l'effigie, pourraient aussi se rapporter au nom de la ville et à celui du peuple. On voit sur cette pièce rûno^ de la ville d'Avenio, personnifiée sous les traits de Diane toureUée, t)’pe que nous avons déjà rencontré sur la monnaie de bronze de àlassalie’. Nous avons vu également le taureau, au revers des bronzes de cette ville, au type de Diane mais ici il est ddaut, comme sur les médailles au type A’A/xJion, n”’ 364 à 867 de nos suites de Massilia.

* Voy. U Revue NnmUnatique, 1840, p. i a$o, et Icspl. xr ■ xix.

* Cf. Pelleria , Ree. de méd., I, 19;

Ëckhrl , D. V., 1 , 66; Mion., D«c., X. 65.

^ Vie d’Esprit CaWet, p. 78.

* Marquis de l^goyi lYotice sur fattri-

budoo de quelq. mM. des Gaules, p. 19, ^ Voj. les n** 43o et 43 1 dn suites de Mastil/af pl. xii, et leur explication à la

• Voy.n® 4»3, pl. xn,et p. 85 pour Texplication des types.

NARDONNAISE.

Tout récemment, M. de Lagoy a découvert parmi d’autres bronzes de cette ville, aux types iî Apollon et du taureau comupète , les n®* 3 et 4 > ({ui offraient avec eux une si grande ressemblance , qu’ils avaient pu facilement être confondus'. Les revers portent les légendes AOYEMOAN, et AOYENOAN, dont la lecture est au surplus assez difficile pour inspirer quelque défiance, et faire désirer la découverte d'exemplaires mieux conservés.

Deux fabriques bien distinctes se font remarquer dans les monnaies d’Avenio; les deux premières peuvent répondre à la vt' époque numismatique de Massalie , et les trois autres à la vu'. La première des médailles de bronze a dû être frappée avant celle d'argent, à laquelle elle est très supérieure pour le style, qui ne le cède en rien à celui des beaux bronzes de Massilia au type d’Apollon’. La légende est aussi plus conforme à l’ethnique ÀvaviTM, conservé j>ar Etienne de Byzance, qui écrivait, comme on sait, d’après le témoignage des anciens géographes^.

M. le marquis de Lagoy avait aussi attribué à la capitale des Cavares certaines médailles de fabrique celtique, présentant les types d'Apollon , et d’un bouc ou d'une chèvre en courre. Il était guidé par les lettres AV qu’il avait cru a[)erccvoir sur l’une d’elles, au lieu d’un rameau qui figure habituellement dans le champ de ces pii'ces^. Après un examen attentif, j’ai reconnu que c'était une disposition particulière des feuilles de ce rameau qui produisait l’apparence des deux lettres. On pourra s’en assurer par le dessin fidèle de la pièce elle -même, dans la planche consacrée aux médailles incertaines qui portent la légende '(îHALparm* lesquelles j’ai cru devoir la ranger.

J’avais moi-méme proposé l’attribution à Avenxo d’un statère d’or dont les types sont semblables à ceux des deux premières médailles de la Suite de cette ville^; mais ma proposition n'ayant pas été

* Voj. les n^^3i5 et 3i6 des soites de * CT. marqaU de Logo^ ,

Mtusilia. p. Ij).

* Voj. U pl. Tl , et notammcfit le n'*S 9 i(. * Voj. Renie Namismatigoe, i84o>

^ Steph. BfianL, V. 4u(v«an. ^ 248 , et pl. xv, n* t.

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