La même, la tête incuse ..••••«. ..... a~. F
Cab. de U. de Ligoy.
IP tTM ét aiM*.
ç). VOLCAE. Tète diadèmée de Diane, les cheveux noués par-derrière, une tresse descend le long du cou; devant, une couronne de lau* rier.
R. AREC. Démos f debout, revêtu de la toge; devant, une tige de laurier Br. 3. R'. F.o.
Hion. l, p. 7 ,n° aoi.
Le territoire des Volcœ-Arccomici répondait aux diocèses d’Agde, de Lodève, de Montpellier , d’Uiès, de Nîmes etd’AIais*. On manque de documents sur les moyens dont se servirent les Ko» mains pour le joindre à leurs possessions ; mais il parait que cette réunion suivit de près l'origine même de la nouvelle province conquise par Domitius et Fabius, et fut Tœuvre des consuls qui succédèrent à celui-ci, de l’année 120 à l’année 1 12 avant notre ère*.
* Cf. Walkouer, Céog. anc. de la Gnale, 1. 1» p. igt et i53.
* CL dom de Vie et dont YaUselle, HUt.
gén. de Laague<l«iC, 1 1, notes tz et tu, et Asi. Thierry , lüst. des Gaulois , part n ^ cbap. a.
5ARDOKN.USI:.
Les f 'olcœ-Arecomid prirent part au soulèvement de la Province, l’an 77 ; Pompée les en châtia cruellement', et accorda, sinon leur territoire entier, au moi us la plus grande partie , aux. Massaliotes Après la ruine de la puissance de MassalJe par César, il redevint, l'an 49, la j>ropriété des Romains, rpii firent de sa capitale, Nemausns , le chef-lien d'une colonie.
Les médailles décrites en tête de ce chapitre paraissent correspondre aux deux premières épotjues de l’histoire des Arecomià , celle de leur indépendance et celle de leur première soumission à la république romaine. 1-a Numismatique n’a pas encore founii de monument de leur dépendance des .Massaliotes ; les monnaies coloniales romaines appartiennent à Nemausus et nous occuperont dans le chapitre suivant.
On connaît depuis long- temps les médailles des Arecomicl; mais, comme une partie de celles de la Narbonnaise, elles n’ont pas etc complètement expliquées. La Numismatique s’étant contentée long-temps de descriptions ainsi conçues : U'tc barbue ou imberbe, diadvinéc ou casquée; figure debout ou assise, nue ou togic, etc., tout le domaine de la science n’a pu encore être exploré , malgré les travaux de Pellerin, d’Eckhel et de leurs doctes successeurs. Chacun sait ce que la numismatique narbonnaise doit déjà à M. le marquis de Lagoy de rectifications importantes, d’observations ingénieuses, d’attributions nouvelles. On aura remarqué sans doute combien, tout en voulant suivre ses traces et m’éclairer de scs conseils , le désir de ne laisser [lasser aucun type , aucun symbole , ni aucune légende sans en tenter l’explication, m’a entraîné loin de la prudence et de la circonspection habituelles de mon savant confrère. J'ai Imsoin de rappeler, avant d’aller plus loin, que le titre de cet ouvrage doit servir d’excuse pour les conjectures auxquelles je me livre, sous la condition toutefois d’en abuser le moins possible. Voici mes explications des types monétaires des f' olcce-Arecomici ; le guide que j’ai
* Pomptil decrvtn Hcccflere sunt eoaeti.
{ÇÀi.fpro /■<}«/.)
• Jgros f'oleamm Jrcfomimriun publiée eis concestU, De Bell. galt. , iS>.
VOLCAE ARECOMICI.
Ut
eu le bonheur de rencontrer, |X>ur les plus importants , m’empêchera , j’espère, de sortir cette fois de la bonne voie.
Malgré l’exécution grossière des médailles de la première série , la tête d Apollon, laurée, ne saurait être méconnue sur ces pièces; le cheval en course a déjà été présenté par nous comme le tyj>e ordinaire du revers des médailles de fabrique gauloise au type iV Apollon , et la roue, quelque origine qu’on lui donne, offre un rapport certain avec ce dieu *. Le rameau de laurier ou A'olivier, garni de son fruit, qui alterne avec la roue, comme symbole accessoire du type, se rattache au rit de la lustration, et c’est encore un emprunt fait à la numismatique grecque, où il figure comme un attribut naturel d'Apollon, le dieu lustrateur par excellence’.
Les trois premières médailles de notre suite sont anépigraphes; mais elles sont tellement identiques de types et de fabrique avec les deux suivantes, qu’il est impossible de ne pas les rapporter an même peuple , dont le nom est indiqué sur celles-ci par les initiales VOL. Reste la question de savoir si ces initiales devront s’appliquer aux yolcœ -Arecomici ou aux P'nlcce Tectosages. M. Mionnet, d’après Hunter, s’est décidé pour les premiers, M le marquis de Lagoy a proposé les seconds, en ne laissant aux autres que les dernières pièces de notre série, sur lesquelles le ntonogramme ou lu légende AREC , ne permet aucune incertitude*. M. de [atgoy pense que le soin pris par les P'olcœ-Arecomici de placer leur surnom sur la monnaie, |X>uvaitavoir dispensé leurs homonymes d'employer la même précaution^. Si pourtant la fabrique des pièces anépigraphes était antérieure à celle des pièces à légende , comme il y a toute apparence, l’argument de M. le marquis de Lagéy ne jmurrait subsister. Je crois que la présence du surnom annonce seulement une civilisation plus avancée, et le besoin d’une indication précise que n’éprouvait pas un peuple
* Vo]’. pla» haut, p. $4 et luiv.
’ Cf. pour le mythe à' Apollon iMUrutcur ou RxpkiteHTf K. Otif. .Muller ^ Ùie /torier, Il , 8 , t. Il , p. 3a4 et suit. ; et pour le sym-
bole du raf/iMU, Raoul Rochette, Mém. de la nooT. Acad, des InH’., XIV , aoi etsuiv.
* Voy, les n*” 7 • g.
* Notice sur ratlrib.de quelq. méd. , 54.
NAMONNAISE.
encore barbare. La trace des progrès successifs de la civilisation chez les Ancomici apparaît assez clairement sur leur monnoyage, et m’a fourni l’ordre naturel dans lequel je devais en ranger les monuments: absence de légende, légende courte et incomplète, légende augmentée d’un caractère et complétée par un monogramme, enfin le nom entier du peuple et les premières lettres du surnom. Les types et la fabrique fournissent les mêmes éléments de classement. Le style , d’abord barbare , s’élève sous l’influence de la civili-sation narlmnnaise , oeuvre des Grecs de Massalie, et s’appesantit sous la main romaine, assez clairement empreinte sur la médaille placée par nous au dernier rang de la suite monétaire des Arecomici.
La médaille n“ C ne peut donner lieu à aucune observation iml>ortante; c’est une contrefaçon des oboles de Marseille: d’un côté, la tctc d'Apollon ou, si l’on veut, du Peuple des P'olcæ personnifié; de l’autre, la roue, à f/uatre rayons et les initiales VOtC, au lieu de MA, entre les rayons de la roue'.
Le t)'pe principal du jjctit-bronzc n" g est également emprunté au monnoyage de Massalie. La le'te de Diane est figurée de la même manière sur les drachmes de la vi' époque monétaire de celte ville’. Si Yalgle du revers n’est pas un attribut de Diane, déesse souveraine, ou divinité tutélaire , il pourrait être considéré comme un signe de la domination romaine, et tous les symboles accessoires se rapportant au rit de la lustration , il serait permis de regarder notre médaille comme un monument commémoratif de la prise de possession de la cité des P'olcæ- A rccomici , représentée sous les traits de Diane.
U image de la même divinité, ou de la cité personnifiée en elle, semble une imitation, sur la pièce n° 9, du type des drachmes de la vii‘ époque monétaire de Marseille. La mèche de cheveux descendant le long du cou est la marque caractéristique du genre de
VOLCAE AHECOMia.
coiffure adopté pour l'efligie de Diane pendant cette période'. La couronne de laurier est, comme nous l’avons déjà vu, un signe évident de la personnification de la cité, de la ville ou du peuple'.
On ne peut méconnaître le Peuple des Arecomici personnifié , pour type du revers de notre pièce. Sur un assez grand nombre de médailles latines des colonies de la Grèce le peuple est ainsi figuré par un homme etun âge mûr, revêtu de la toge; sur celles de Corinthe, il est accompagné de l'inscription POPVt. COL. COR. C PopuUu coloniœ Corinthi J qui ne laisse aucun doute sur la valeur du type. La tige ou le rameau de laurier, placé sur le revers de notre médaille se rapporte d’une manière incontestable au type du peuple personi^ié, comme l’ont démontré les recherches de M. Raoul Rochette sur le Demos et sur les symboles qui l’accompagnent ou le déterminent habituellement
C’était aussi sous les traits d’un homme âgé , vêtu d’une toge, que l’on représentait le Sénat romain^. Peut-être donc vaut-il mieux reconnaître, dans le type du revers de la médaille n" y, comme dans celui du revers de la médaille précédente, un indice de la domination de Rome sur le peuple qui faisait frapper ces pièces.
On sait que Rome n’accorda pas des droits égaux à tous ses nouveaux sujets de la Narbonnaise. La perte des livres de Tite- Live et de Dion Cassius, qui auraient pu nous donner des détails sur l’établissement des Romains dans cette province, nous prive de renseignements précis à l'égard des yolca-dlrecomitd; mais Pline, en donnant la qualité de ville latine à Nemausus^, quoique ce fût alors une colonie , avait peut-être puisé ce renseignement dans un ancien écrivain, et nous aurait ainsi conservé un témoignage de la condition première des Arecomici. Comme on
* Coap. le» n** i «S3 de MêusiUaf * Dioc. Ca».| ttut. rom.^ I. ixrm, c. 5.
pL 111 . — Cf. VUcoBti, O/», «wr. , L II , p. 36 , «t
* F, tup.^ p, i44, Reonl Roclictie, aa t. XIV des noav. Blda.
^ Eckhcl, D> N. V.ÿ t. II, p. l’Aced. dn lascript, p^ aog et 38p.
* Raoul Rochette , loe. taud. tmp. * PUii. , HitU nat , , t lu , e. 4.
fO
1S4 NAABOHHAISE VOLCA£ UlECOMICL
ne trouve point de m^ailles coloniaieide ce peuple; il y a lieu de croire qu’aprè» qu’il eut reçu le titre de colonie, on ne frappa plus monnaie qu’au nom de sa capitale, Nemautm. La numismatique de cette ville va nous offrir un tableau complet des différents états politiques des Arteotnici, depuis les derniers temps de leur indépendance jusqu’à la perte totale de leurs libertés.