‹ Numismatique de la Gaule narbonnaiseChapitre 71 sur 85 · ET • LIBERO PATRI · texte numérisé non relu

ET • LIBERO PATRI

ET • NEMAVSO

A l’époque où la capitale des Arecomici commença de frapper

' Æccfayl, Prometh.f ap. $lr«b.fU iv, pUioe très frande, cooTerie de caUloax roo* p. Dioti.HaUc.,Lt,c. 4 ii — P. Me> lès, siiaèeentrek tüIc d'Arla et la mer.

U, l.n, e. 5 ; — Tietsès, in Lycophr.^r. Eo gallique,f7w;f signifie pierre.

649 et — Eustath. ad Dion, perie^.^ ^ Dion. Halic., .dnt. rom. , 1 . i, e.

V. 76;*— Stepk. Byxint. , v. Diod. Sc., 3 ibl. fiirt.,\. ir, c. 19. —Cf.

D'après les mêmes traditions, Uereide fonda Am. Thierry, HisL des Gtoloii, part, t, e. 1. aoMiJksia. * Gmler, Corp. iiue., p. klxxit, n** 9.

* Dès le Xl^ siècle iTant notre ère, les ^ Mém. de la Société ardiéol. do midi de PhènideDs avaient emoarê d'noe ligne in- la France , 1 . 1 , p. xSfi.

mense de colonies eide comptoirs toot le ^ Rcàneûas,cimi Voy-aosn

bassin oeddoital de la Méditerranée. Grntcr, ext , 1 a , cxxxi , 9 1 et Maifei, Afor.

* C'est le nom prorençal qne porte imc Veron . , coe e x m, i et 3 .

lei

NAUBOIlNAtSE.

du numéraire à son nom , les idées mjthologiqnes empruntées aux detix civilisations grecque et romaine, avec lesquelles elle se trouvait en contact, durent lui (aire choisir pour type principal de sa monnaie l’elTigie de ce héros fondatettr de la cité , ouoiaierits, comme l'appelaient les Grecs Nous l'y voyons, en efTct, la têt» ceinte du bandeau d’Hercule, symitole de la consécration dos héros divinisés. L'imitation de l'un des types les plus ordinaires du denier romain est assez visible sur le revers de notre pièce. Comme dans les autres imitations gauloises de la monnaie de home, il ne paraît que l’un des deux Dioscures; au-dessus de sa tète est l'astre qui caractérise cette divinité. A tous ces signes, il n'y a guère lieu de douter que l'émission de cette monnaie ne soit contem]K>raiiie des premiers établissements romains dans la Narbonnaise.

lya médaille grecque de Nemausns peut être considérée comme un monument de la dominationdcMassalic imposée aux Arecomici parPompée *. La composition des types rappelle les raédaillesd’.^vemo. D’un côté est l'image de l’Apollon massaliote ; de l'autre celle du sanglier gaulois^. Nous venons toiit-à-l'heurc de voir, sur la première des médailles des Némausatrs, l'alliance d'une divinité de la Gaule et d’une divinité romaine ; témoignages assez évidents des diverses influences sous lesquelles ces pièces ont été frnpjrées.

L’ethnique NAMAÎATûv, fourni par la médaille grecque, diffère de celui que nous a conservé Etienne de Byzance, tiifàxieai, ou Stfiannjîvîi. M. de Lagoy explicpicle changement de Xifmi cnNaipt» par l'emploi du dialecte doricii apporté par les Rhodiens, fondateurs de quelques établissements sur les bords du Rhône voisins de Nemausus*. Cktte conjecture peut être admise d’autant mieux que des traces assez évidentes de l’influence des Doriens se montrent ailleurs que dans la langue des Grecs de la Narbonnaise, c’est-à-

* Voy. I« n* I. * Comp., pt, xn , T« n*’* t el s.

* Vov- plus haut» p. tSo. * Marquis de Attrib., etc., p. 3G.

HEMAVSVS.

dire dans les institutions religieuses et civiles des Massaliotes'. H suffit de rappeler ici le culte particulier d’Apollon et de Diane, dont la numismatique nous offre tant de preuves , d’accord avec les témoignages de l’Iiistoire.

Je dois à l’amitié de M. Prosper Mérimée de pouvoir produire ici une inscription , encore inédite , où se trouve aussi l’ethnique grec de Nemausus. Cette inscription, gravée sur une pierre de a5 centimètres de hauteur et de 3i de largeur, a été trouvée en i84o, à Vaison, l’ancienne Fcuio des Voconces,' d’où elle a été portée au musée d’Avignon en 1 84 1 . Elle parait relative à la consécration d'un sanctuaire, NetiUTUN*, par le Gaulois Ségomav, natif de JVemausus , à BeUmu peut-être , ou à quelque dieu topique. Heureusement jxiur moi , il n’entre pas dans mon sujet d’expliquer ce curieux spécimen du grec rustique des Gaulois de la Narbonnaise; j’ai seulement à faire connaître un ethnique de Nemausiis , pris sur la seule inscription grecque où on l’ait trouvé, je ’pense, jusqu’à présent. J'aurai plus tard l’occasion de le citer encore comme point de comparaison avec la légende d’une autre médaille de la même province. Voici l’inscription :

ci:roMAPOc

OYIAAONeoC

TOOmOYC

NAMAYCATIC;

eiidPoranAH

CAHICOCIN

NGHUTOEf.

La médaille de fabrique grecque^, frappée iij\’emausus,en assez

* Gf. PoD», Lettre tor l'esprit des inciennas institotlons de Marseille; Aix, x83i.

* l>c tacrit sjrh^ivm qiUK Nuiidas vocant.

(Labbe^ Coit. coaelL, ten. VI, col.

•^Daos les dialecte» dérivés de l’aacienDe langue des Gaulois, nentetf/têimAead, nao~ mMaicht sigaitte bois» eAaap ou Ucu coiuacré h la divinité, enceinte tacrét; en græ, rifuve«

a la mène signification. Otex tes GaUtes, la conseil des trois cents rendait la justice dans un bois de chênes consacré , nommé par les hUloriens grecs AfwîiaTP » , de der ou derw, ebéne, et nemer, temple. (Strab., L xii, 56?.) Clermoml s^appdail d'abord Nemetum. ( Cf.

L. Dieieobacb , SpmehÜeht: DocamenU tmr Ceschichte der Ketten , p. do, * 1 9 .)

KARBONSAISE.

commune, et il y en a même des exemplaires d'une fabrique si barbare , qu’on pourrait les croire imites par d’autres peuples gaulois moins avancés en civilisation que ceux de la Narbonnaisc Malgré le peu de rareté de ces monuments , la légende n'en avait pas été bien déterminée avant M. de I-agoy. Saint- Vincens croyait que NAMA avait été mis par erreur, au lieu de MA22A, et que les lettres ZAT de l’exergue étaient de ces initiales monétaires que l'on voit si communément sur les médailles de Marseille*. M. Mionnet Tarait placée aux incertaines de la Gaule, avec la légende NAMAV. SAT*.

La forme aigue des feuilles de laurier de la couronne d’.dpollon l’avait fait prendre pour une couronne d’épis par M. Mionnet*. M. de Lagoy a cru que c’était une couronne de roseaux, et a proposé, toutefois avec sa circonspection ordinaire, de reconnaître dans Tefligie de notre pièce la nymphe de la fontaine de Nîmes, que les Némaiisates auraient prise pour type de leurs monnaies , comme les Syracusains avaient placé sur les leurs Timagc de la nymphe Arétbuse LTne grande analogie dans le caractère de la tête représentée sur notre médaille, et dans celui de l’Apollon de plusieurs bronvÆS de Massalie, notamment les n"* 36-i et 365 m’a convaincu que c’était aussi la tête de ce dieu que Ton avait voulu prendre jiour type de la monnaie grecrjuc de Nemausus. Les traits efféminés, particuliers à Apollon, rendent facile une méprise qui aurait pu avoir lieu également pour certaines médailles de Marseille , si Ton n’eût été guidé par la conqiaraison d’un plus grand nombre de monuments. M. de Lagoy n’est pas éloigné maintenant de revenir sur sa première attribution, pour adopter celle que je lui ai soumise.

tkoisiAme iEOgin.

A l’exemple des Massaliotcs, les Romains ne" placèrent point

* Voy. !• a** 4 la pl. xix. ’ Mioanet, Dcscript, 1,91, a*** 8a et 83 .

* Cf. iBBrf|iiU de Dnoript. de * Mioanet, ibitL ^

quciq. méd. io^d. de HassiUûf CùiMom, * BlerqaU de Ltgoyi iuid. , p. etc, » p. 34 * V07. pl. tm.

:«EMAVSVS.

sur leur monnaie coloniale de Nemausus l’image du héros local. Ils préférèrent le type de la tcte casquée, personniOcation du peuple de la colonie *.

Nous n’avons pas besoin d’expliquer le type du revers de la médaille d’argent; les mots NEMauruj COLo/uVz , enfermés dans une couronne de laurier, constituent une formule antique dont nos lecteurs connaissent maintenant la valeur

Sur le revers de la médaille n” 6, la colonie est représentée par une femme debout, appuyée sur une colonne, et faisant une offrande aux deux serpents d gathodémons , c'est-à-dire aux bons génies de la nation.

Les types du petit-bronze , n® y, sont extrêmement intéressants, et se rapportent évidemment à l’origine même de la colonie. D’un côté , timage du peuple de Nemausus personnifié, de l’autre, une urne renversée au-dessus des mots NEM COL , entourés de deux rameaux de laurier formant une couronne, sont des signes assez évidents des cérémonies lustrales qui accompagnaient l’établissement d’une colonie chez les anciens. Cette lustration publique consistait, comme on sait, à asperger d’eau consacrée, et à l’aide d’un rameau de laurier, le peuple de la colonie nouvellement fondée

M. le marquis de Lagoy m’a communiqué une remarque très judicieuse au sujet de la lettre S, gravée derrière le buste de la médaille n° 6, et du signe que l’on voit à la même place sur la médaille dont nous nous occupons, signe assez difRcile à déterminer. M. Mionnet l’a pris pour l’extrémité d’un arc; mais le buste ne comportant nullement cet attribut , je suis très disposé à croire , avec M. de I.agoy , que ce pourrait être la lettre Q. Nous aurions ainsi , sur nos pièces , une indication de la valeur monétaire du

• Voy. I«ii“5à7.

* Voy. pin* haut, p. l| 4 .

’ Cf. Raoal-Rocfaatte, Obaemt. aitr le type des moo. de Giuioeia, ait r. xiv des Xotnr. HSea. de PAcad. des leacrip. , p. 109 et MiÎT. — M. TAcbon d* Annecy , pnaaeaaenr

d’nne de ces rares et eijrieiisea moanaKs , croyait que • les deux paJmn faisaient allns lion anz deux lanrien qui furent placds,

• par décret du sénat, devant le palais d'An.

* gnstc.» (Notes laites, sur les colonialet antononies de Nlmca. }

NAABOKNAISE.

to«

Semil et du Quadrant , auxquels , par leur module et par leur poids, elles pourraient très bien répondre.

Le classement chronologique des dillcrentes médailles que nous venons d’étudier n’avait encore été établi nulle part , et les descriptions étaient insulbsantcs , mais à la vérité moins susceptibles que les nôtres de compromettre leurs auteurs'.

QDATBitea aroQvx.

A mesure que la puissance de César-Octave se consolidait , les colonies de la Gaule s’empressaient de quitter les anciens types de leurs monnaies pour y substituer l’image du souverain. Nous avons déjà vu que l’on chercha à se rapprocher alors du système monétaire de la république*. Vienne, colonie julienne, plaça sdA* ses as l’efGgie de Jules César, adossée à celle de son JUt adoptif, puis celles d Octave et d' Agrippa, pour imiter le type du Jcuuts bifrons. La proue de navire complétait la similitude des deux systèmes. A Nemausus, l'imitation s’est arrêtée au côté principal de la monnaie, qui porte aussi les te'tes adossées d' Octave et d Agrippa, celle-ci ornée de la couronne rostrale. Le revers était consacré sans doute à rappeler que la colonie avait été, sinon fondée, au moins augmentée par les vétérans de l’armée qui lit la conquête de l’Egypte, car les coloniales autonomes paraissent antérieures à

' Voici U deicriplîoii de ces nédaille»

d’après M. Mîoonet (I. I,p. 77 ,et Sup., t.l, p. itl):

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