ROIS DE L’ARMÉNIE PROPREMENT DITE
La numismatique des Arsacides d'Arménie n’est point aussi riche que l’on pourrait le supposer au premier abord. La longue liste de rois qui nous est fournie par les historiens orientaux et occidentaux ne présente pas beaucoup de monuments monétaires. Ainsi, nous ne connaissons aucune monnaie de Vagharschag et de ses premiers successeurs jusqu’au règne de Tigrane le Grand ou Dikran, comme le nomment les Arméniens. Nous nous expliquons du reste cette lacune, en parcourant l’histoire d’Arménie, qui nous apprend qu'Arschag le Grand, dans le but de rendre indissolubles les liens qui attachaient les deux royaumes de Parthie et d'Arménie, décida que les princes de la branche aînée, maîtres de la Perse, seraient investis de la suzeraineté et du droit exclusif de battre monnaie. Mais cette suzeraineté ne fut pas de longue durée, car dès le règne d’Ardaschès [*, fils d’Arschag, deuxième successeur de Vagharschag, qui régna depuis l’année 114 jusqu’en 89 avant notre ère, l'Arménie s’affranchit, à ce qu’il paraît, de la domination des Parthes, et Ardaschès, que Moyse de Khorên nous représente comme un prince superbe et ami des combats, jaloux d'augmenter la gloire et d'étendre la domination de son pays, enleva à Arschagan, roi des Parthes, la suzeraineté que les princes de la branche aînée avaient exercée jusqu'alors sur les Arsacides d’Arménie, lui donna le second rang et prit le titre de roi des rois. Il voulut en outre, dit Moyse, que la monnaie des deux pays fût frappée à son effigie. qoud'unuuälu ghip qwwkkpv Swphuubkp (A). Assoghig de Daron confirme ce témoignage daus son Histoire universelle : « Ardaschès succéda « à son père Arschag, la vingt-quatrième année d’Arschagan, roi de Perse. « Par la puissance qu’il acquit, il sortit du second rang pour prendre « la préséance, et revendiqua le droit de battre monnaie en y impri- « mant son effigie (2). »
1) Hist. d’Armén., lv. M, ch. 11. (2) Assoghig, 4° partie, ch. 5. Rois Arsac. d'Arménie. ë P )