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fut imposé aux Arméniens par l’émir Ph’adloun : « Ph’adloun ayant appelé auprès de lui Kakie, fils de Haman, seigneur de Kantzik, il le tua et s'empara de tous ses Etats. Devenu puissant par ces spoliations , il se rend maître de Khatchor, de Koroz et des Sévortik, se déclare contre Kakig, roi de Tzoroked, avec Gurigé, roi des Agh’ouans, et avec Pakarad , roi de Géorgie, et les tracassa. Il met la main sur Tôvin et impose aux Arméniens un tribut de 300,000 tram. »
Ainsi que je l’ai dit tout à l'heure, les inscriptions recueillies à Ani et publiées par M. Abich (1), font souvent mention des tram, qui paraissent avoir été la monnaie usuelle de l’Arménie à l’époque des rois Bagratides. Je n’ai pas relevé tous les passages de ces inscriptions, où il est question des tahégan et des tram, ce qui serait superflu, mais j'ai pensé que le lecteur lirait avec intérêt la traduction de l’une de ces inscriptions, qui contient de curieux détails, tant sur les monnaies, que sur les impôts qui étaient établis à Ani, à l’époque qui suivit le renversement du trône des
Bagratides par les Grecs.
Inscription de la cathédrale d’Ani (2).
« Au nom du Seigneur tout-puissant, et par la clémence du saint empereur autocrate Constantin Ducas, jai eu la volonté, moi Bagrat magistros, katapan de l’Orient (3), Vkatzi(?), de faire du bien à cette métropole d’Ant, lorsque furent nommés tanouter (4), Mekhitar Hypatos, fils de Court, Grigor, spathara-candidat (5), fils de Lapatac, et Sarkis, spathara-candidat, fils d’Artabaze. Ils supprimèrent les impôts, nommés vetscévor, saïli, Camen et angarion (6). Le katapan, quel qu’il soit, donnera six cents boisseaux de semence, et les tanouter fourniront de leur maison les frais des
(1) Brosset, Voy. archéol. en Arménie, (8) Écuyers vêtus de blanc. 3°rapport. (6) De ces impôts, le premier signifie « un (2) Brosset, L. c., p. 94-95. sixième, » le second se prélevait sur les machi-
(3) Maître de la milice et gouverneur géné- nes à dépiquer le blé, le troisième sur les charal de l'Orient. C'étaient des titres dela cour riots, et le quatrième était une corvée, en géde Byzance. néral.
(4) Administrateurs de la ville.
RAA NET
autres cadeaux. Comme il n’arrive rien à Ani qu’à grand’peine , les marchands de vins d’Ani seront affranchis de péage, soit qu’ils emploient des chariots ou des bêtes de somme. Tout habitant qui achète une bête à tuer est exempt de péage ; chaque portefaix d’Ani est exempté d'impôt pour la moitié du coton(?); on donnait au capoudji (1) six tahégan d’or et trois tram ; deux sont supprimés. Le boucher, s'ils ’agit d’un taureau, donnela tête; d’une brebis, la moitié est supprimée;.... 600 tram sont suppri-
més (2). »
Quand les Arméniens eurent établi un nouveau royaume dans la Cilicie et dans les montagnes du Taurus, les rois Roupéniens et Lusignans usèrent du droit de battre monnaie; ce sont ces monnaies que j ’ai publiées dans un autre ouvrage qui à pour titre : Numismatique de l'Arménie au moyen âge (3), et qui forme, avec celui-ci, l’ensemble de la numismatique armé-
nienne.
‘) Gardien des portes. .ne donnent aucun sens raisonnable. (2) La fin de cette inscription est mutilée, et (3) Paris, 1855, in-4.
les mots qui ont pu être déchiffrés par M. Abich,