id.; ,^p monogr. n. 13. AR
Cette magnifique série de 17 pièces d'une fabrique réellement remarquable et toujours d'un poids extrêmement correct (14 grammes) a été très-certainement émise par le môme atelier monétaire. Il n'y a pas d'objection sérieuse à admettre la ville de Rhinocorura, quoiqu'il soit difficile de prouver que cette localité possédât à cette époque l'importance voulue pour émettre un aussi grand nombre de variétés de monnaies, c'est-à-dire de pièces signées par autant de magistrats monétaires; mais le silence des historiens sur la notoriété de cette cité ne peut être une objection sérieuse à l'activité do sa production monétaire : les historiens ont laissé de très-grandes lacunes municipales, et il est peu d'année où on ne découvre des monuments contemporains, prouvant la célébrité de villes et de populations dont les historiens anciens mentionnent même à peine les noms.
En admettant que la lettre P indique en effet le nom de la ville de Rhinocorura, c'est ici surtout que nous avons le champ libre pour essayer de démontrer l'invraisemblance, disons même l'impossibilité du système des alliances des villes placées sous la domination des Lagides, système qui a fait tant de bruit en sens négatif et affirmatif. Rien n'était plus facile en effet, pour les amateurs de variétés, cherchant la vérité à l'aide desmono- • grammes; mais aussi, d'un autre côté, rien de plus faux que le mode d'interprétation proposé, lorsqu'on veut tenter d'approfondir les effets et les causes.
30 PTOLÉMÉE II, PIIILA.DEI.PHE
Il est incontestable que si M. F. Lenormant avait eu sous les yeux la collection que nous sommes charg-é de décrire aujourd'hui, et aussi le médaillier égyptien du Musée Britannique, médaillier d'une richesse extraordinaire, il se fût certainenaent abstenu de chercher des alliances à une ville aussi peu célèbre et cela sur un si grand nombre de pièces mentionnant des noms ainsi variés à l'infini. Il a fallu cependant une étude excessive et une intelligence extraordinaire pour trouver comme alliance à la ville de Rhinocorvra dans le n. 112, Apis de la Marmarique , 118, jVyos Hormos , 120, Apollonie de Cyrénaïque , 121, Jlypatnn, 122, Paraetonium 12(3, Phacnsa ; enfin, dans le 127, la ville de Cartliagc. Cette dernière attribution surtout a dû demander des recherches très-grandes. Pu reste, pour cette ville comme pour les autres, les faits historiques concordent si bien que tout paraît possible h première vue.
Si on nous taxe de trop d'incrédulité pour ce système d'alliances de villes que nous contestons, nous demandons une seule chose bien simple, une explication raisonnable appuyée de preuves historiques pour les 11 pièces que nous venon.s de décrire et qui n'ont pas été expliquées. Nous serons heureux de reconnaître notre erreur; il serait aussi nécessaire de donner des raisons plausibles pour tous les autres monogrammes secondaires qui se lisent sur les autres pièces de localités ditlerentes, telles que les n. 127, 128, 120 et 120, et également sur la majeure partie des pièces datées des villes de Galilée et de Phénicie, où on remarque souvent encore les mêmes monogrammes secondaires sur les monnaies de deux et morne trois villes différentes.