Même tête, contremarquée du monogr. n
I^. — Même aigle; devant, hap, monogr. n. 8. AR '
La première pièce dont le poids dépasse encore 14 grammes a pu être frappée dans la ville de Pliiladelpbia, la seconde pesant 13 gr. 4 décigr., a probablement été frappée à Parcetonium.
-■ . ARSINOÉ pe? (femme de Philadelphe)
Deux femmes du nom d'Arsinoé partagèrent tour à tour la souveraineté de )"Egypté avec le second roi de ce pays.
La première Arsinoé était fille de Lysiraaque, roi de Thrace ; elle épousa Philadelphe Tan 282 avant J.-C. Elle eut trois enfants de ce mariage, Ptole'me'e, qui rt-gna plus tard sous le nom d'Evergètes, Lysimaque et Bérénice, L'histoire relate que son mari, croyant qu'elle avait conspiré contre sa personne, l'exila dans l'ile de Coptos en Thébaïde. Les faits postérieurs feraient croire que Philadelphe inventa ce stratagème pour se débarrasser de la fille de Lysimaque afin de pouvoir épouser sa sœurqui était devenue veuve et qui dtgàavait pris une grande influence sur son caractère. Arsinoé trouva le moyen de s'enfuir de l'ile de Coptos et de se rendre auprès de Magas, le frère de son mari, qui était roi de Cyrène. Ce dernier la reçut avec tous les égards possibles et l'épousa. Il adopta la jeune Bérénice, que sa mère avait emmenée avec elle dans sa fuite.
A la mort de Magas, Arsinoé fit venir de la Macédoine Démétrius,
PI ni
A Mftsson se.
Imp Leyy.ercier e1 C'*" ?ar
ARSINOE P=?ARSINOE I! PTOLEMEE EVERGETE 1=."*
AHSINOÉ I 41
fils de Dém^trius PolioiTùii',' afin de lui donner sa fille Bt're'nice en mariage. Mais elle prit le jeune prince pour sou amant et lui abandonna toute l'autoritf?. Bientôt, Dt^me'trius gouverna avec un tel despotisme qu'il se forma contre lui une conspii-ation ayant à sa tête la jeune Bérénice, laquelle fit fuer son fiancé dans le lit de sa toère ; sa vengeance ainsi assouvie et son honneur vengé, elle laissa la vie à Arsinoé, qui mourut longtemps après dans un àgeavancu.
183. — Tète jeune, cornue et diadémée de la reine, un sceptre sur l'épaule, dont l'extrémité apparaît au-dessus de la tête.
^. — APSLNOHS a>iAAAEA*dr. Double corne d'abondance remplie de fruits, et ceinte d'un diadème (poids 27 gram. 7 décigr.) Gravée, planciie III. OR ^ '/a
Malgré l'énorme différence de caractère, de physionomie, la finesse des traits, le type plutôt européen qu'africain de la tête représentée sur cette belle monnaie, ce n'est qu'avec la plus extrême réserve que nous la donnons à la première femme de Philadelphe. Il parait cependant difficile d'admettre que ce souverain, si c'est réellement lui qui a fait frapper tant de monnaies d'or et d'argent de modules si variés pour sa sœur , sa seconde femme, n'ait pas consacré les traits de la première sur des monnaies, surtf)ut a un commencement de règne. Il J a peu de temps, la chose ne faisait aucun doute pour nous, les médailles elles-mêmes nous venaient en aide; nous n'avions, il est vrai, étudié la question que d'après les monuments décrits dans les recueils. Ces descriptions semblaient nous donner complètement raison; nous constations en effet l'existence de plusieurs pièces portant des dates antérieures au second mariage de Philadelphe, c'est-a-diredes monnaies frappées pendant les années 2, 4 et 6, et le second mariage n'ayant eu lieu qu'en l'année 277, la huitième du règne, le doute n'était donc plus permis. Il existait réellement des monnaies des deux reines, et le fait était constaté par des dates positives. Des témoignages d'auteurs spéciaux venaient encore fortifier notre opinion : nous citerons entre autres Champollion Figeac (1) qui dit, pages 416 et 417 : • Du reste, les noms de Ptolémée Philadelphe et des deux
(Il Egypte ancienne, Pariï, F. Didot, 1839.
» Arsinoo, ses deux femmes, ne sont pas très-rares sur les mo- » numents égyptiens; une inscription du musée du Louvre » mentionne une des reines, et quant aux monuments d'origine » grecque, outre les belles médailles en or de ces princesses, » qu'il est facile de discerner l'une de l'autre par les traits de » leur visage, etc., etc. »
Plus loin, il dit encore : « Les médailles de Ptolémée Phila- » delphe et des deux Arsinoé, particulièrement celles qui sont » frappées en or, sont remarquables par leur style et leur belle » exécution; on n'y a observé jusqu'ici aucune trace des sym- » boles religieux particuliers au culte égyptien, etc. •
Malgré tant de fiiits favorables , un doute nous restait encore cependant ; nou.s nous rappellions vaguement avoir vu à Florence la belle pièce d'Arsinoé.de l'an 2, et à Londres et ailleurs d'autres pièces avec des dates également basses ; il nous semblait que le caractère de physionomie avait une grande analogie avec les pièces portant les dates des dernières années du règne de la seconde Arsinoé, et en examinant de nouveau toutes ces pièces, nous acquîmes la certitude que la majeure partie des monnaies avec les dates élevées étaient frappées pour la même souveraine que celles portant les dates les plus basses. Cette similitude de caractère de physionomie nous a replongé d'abord dans le doute le plus complet. Tout paraît donc être mystère , nous disions-nous, dans cette partie de la numismatique; l'état de conservation des pièces, qui souvent est une induction :lans l'examen des trouvailles, n'était même d'aucun secours pour éclaircir les obscurités. On verra dans les notes placées après les n. 200 et 203 , notre appréciation sur ces dates extraordinaire du règne de la seconde Arsinoé.
Comme on le voit, nous étions bien las de conjecturer sur les moyens à mettre en œuvre pour chercher à sortir de cette espèce de chaos. Il nous était de toute impossibilité de conclure à quoi que ce soit au sujet de ces pièces si curieuses au double point de vue de l'art et de l'histoire.
Nous ne pouvions recourir aux lumières du savant qui s'est acquis une si haute réputation de tact archéologique et de profonde érudition, que son autorité est admise à peu près exclusivement à l'étranger comme en France; nous aurions craint que
notre appel importun fi son inépuisable obligoance ne contribuât à prolonger un état de maladie qui éloigne momentanément notre maître du Louvre et de ses travaux académiques. JN'ous eûmes alors l'idée de nous adresser aux deux savants qui, en Hollande et en Angleterre, se sont occupés spécialement de la numismatique égyptienne, MM. P. Six, d'Amsterdam, et R. S. Poole. M. Six nous a adressé avec un courtois empressement une lettre remarquable et détaillée ; M. Poole, de son côté, nous communiqua avec non moins de désintéressement ce qu'il savait, et cela sans la moindre restriction. Nous sommes heureux de pouvoir saisir ici l'occasion de témoigner à ces deux numis-matistes l'expression de notre vive reconnaissance; on voit, en effet très-rarement les savants décidés à communiquer avec une telle générosité le fruit de leurs précieuses découvertes.
Nous sommes à. même de reconnaître que, de nos jours, les travaux numisanatiques surtout peuvent être étudiés par tous avec une facilité extraordinaire. Nous constations ci-dessus que MM. Six et Poole avaient montré envers nous un désintéressement digne de tous éloges; nous avons également trouvé en France, chez tous nos savants, une complaisance des plus complète, chacun d'eux s'est empressé de nous dire ce qu'il savait sur le sujet qui nous occupait; plusieurs d'entre eux, ont même poussé l'obligeance jusqu'à nous faire des traductions de papyrus, des copies des passages des auteurs, la liste complète des Préfets d'Afrique, etc., etc., et nous sommes enchanté de leur en témoigner ici toute notre gratitude.
Saisissons aussi l'occasion de remercier M. ChabouiUct, directeur du cabinet des médailles, qui a rivalisé de courtoisie avec son collègue de Londres, M. W. Vaux, en mettant toute la série égyptienne à notre disposition. Rien ne nous a été refusé, ni le temps nécessaire pour l'étude, ni la liberté de prendre toutes les empreintes utiles à notre travail. Donc, si nos appréciations sont erronées, sur nous seul doit en retomber toute la responsabilité; nous avons été traité non-seulement avec égard, mais encore en enfant gâté, par les directeurs et tous les employés des deux premiers cabinets numismatiques d'Europe. Disons-le encore, c'est pour nous un devoir et un plaisir do publier ici
combien les communications nous ont été aciles de la part de savants, des administrations et des employés des musées.
Nous avons aussi eu l'heureuse chance de pouvoir connaître un intéressant article publié par le trùs-regretté duc de Luynes, sur l'histoire et les monuments des deux femmes de Philadelphe (1). Ici, l'éminent antiquaire aura sans doute, comme tiint d'autres numismatistes, 'trouvé la question des plus ardues. Aussi n'a-t-il rien décidé sur les époques d'émission de ces magnifiques pièces, ni'sur leur attribution à l'une ou à l'autre de ces deux princesses.
Pour résumer la question, disons que, d'après les documents qui nous ont été si gracieusement transmis et après une nouvelle étude aussi approfondie que cela était en notre pouvoir, nous avons acquis la conviction que, contrairement à l'opinion de Cousinèry (2), qui pensait que Philadelphe n'avait jamais autorisé d'émissions de monnaies au nom d'Arsinoé, il parait démontré qu'il a dû en ordonner la fabrication, et même qu'il a dû en faire frapper une très-grande quantité. Il existe, comme on peut s'en convaincre, des pièces datées des années 28, 30, .'U, 33, 34, 37 et 88. Or, Evergète qui, selon Cousinérj, aurait été le premier à émettre des monnaies au nom de sa belle-mère, ce souverain n'ayant régné que 26 ans, ne peut revendiquer le^ pièces mentionnées ci-dessus, tandis que, au contraire, Philadelphe a dû les faire frapper toutes. Les pai'tisans des èreimaginaires pourraient invoquer ici un point de départ à l'èic de telle ou telle ville, mais il serait bizarre que ces dates no dépassent jamais celles de la fin du règne de Philadelphe ; nous constatons en eff'et que la pièce portant la date la plus élevée, celle de l'an 38, a été frappée l'année même de la mort de ce grand roi. Or, répétons-le encore ici, Evergète I"', ni son fils Philopator, n'ont pu faire exécuter ces monnaies, ces deux souverains n'ayant pas régné le temps nécessaire pour atteindre la limite des dates élevées inscrites sur ces pièces.
(1) Atinales de l'Institut archéologique^ année, 1841, pages 21)6 et suivantes.
\2) Lettre IV, page 140.
Qu'on ne croie pas cependant que ik.u= a^ons l'intention de combattre sur tous les points les opinions admises aujourd'hui, et que nous tentions de faire cesser le monnoyage de ces belles pièces à la mort de Philadelphe ; nous admettons au contraire que cette fabrication dut so prolonger, et cela jusqu'à une époque assez avancée, témoin les notes placées après les n. 201 et 203. Il paraît en effet démontré, d'après l'étude des monuments en nature, que ces monnaies, comme celles au type de Soter, durent, grâce sans doute :\ leur bon aloi et aussi à leur belle fabrication, être recherchées des peuples voisins et des négociants étrangers, etc. Delà sans doute leur émission prolongée pendant plus d'un siècle.
ARSINOE II (seconde femme de Philadelphe).
Comme on a pu le voir dans 1,1 précédente notice, cett? princesse était fille lie Ptoléméf Soter et snpur de Phihidelplie. File épousa d'îborJ Lysimaque, loi de Thrace, qui. à cette époque, était déy\ fort avancé en Age. Elle en eut cependant deux fds. \ la mort du vieux roi, elle épousa Ptoléméc Céraunus, qui débuta par le meurtre des deux eufants d'.\rsinoé et qui l'exila ensuite dans l'ile de Saniothr,ace; cette princesse s'en échappa pour se réfugier près de son frère, qu'elle épousa, quoiqu'elle fut son ainée, en lui faisant chasser sa première femme. Elle sut inspirer une telle passion ;\ sou frère, que ce dernier lui fit élever des temples et des statues splendides. et cela de son vivant. Elle mourut l'an 249 (avant J.-C), la SG"" année du règne de son mari .
ISI. — Tète voilée, cornue et diadéraée de la reine, avec un sceptre comme sur la précédente pièce; derrière la tète, o.
If — APiiNOiis .n.vAAE.v.por. Double corne d'abondance ceinte d'un diadème. AV ^
Les traits de la physionomie de la reine représentée sur cette pièce, ainsi que sur les 10 suivantes, ont un type parfaitement égyptien ; la figure y est toujours large, les joues pleines et l'œil assez ressorti.
4r. vnsiNoÉ II
Le poicls.des piùcos d'or est parfaitement uniforme, toujours 27 g-rammes 7 décigrammes, rarement 27 grammes.