Même médaille, d'un moins beau travail. AE
Ces trois monnaies, d'un grand style, avaient été classées, jusqu'à ces derniers temps, à Ptolémée Aulète, et à Ptolémée Dionysus par Letronne (1). Comme nous l'avons indiqué, dans notre introduction, page XVII, ce dernier savant aurait pu, il nous semble, s'inpirant des idées modernes, tenir compte du travail d'art; il se fût sans peine convaincu que ces médailles ne pouvaient être séparées des magnifiques quadruples statères d'or d'Évergète I", n. 208 bis et 200, lesquelles pièces avaient aussi été classées précédemment aux derniers Ptolémées. L'éminent académicien, pour appuyer ses attribtions, nous dit : « que l'extrême jeutiesse du jn-ince représenté sur les mé- » dailles convient par faiteyyient au frère de la célèbre Cléo- » j)ntre ». M. Letronne trouve aussi, page 176, un moyen des plus ingénieux pour expliquer les accessoires qui sont sur le buste. La couronne de laurier rappellerait la victoire de Ptoléraée sur sa sœur, et la cuirasse dont il est revêtu, la vie toute guerrière qu'il mena pendant un règne si court et si agité.
Ce jeune roi avait à peine 17 ans, lorsqu'il fut tué par l'armée de César ; le portrait représenté sur les monnaies citées est d'un âge plus viril et peut parfaitement convenir à Evergète 1", au commencement de son régne.
BÉRÉNICE II, femme d'Evergète I".
Ainsi que nous l'avons mentionné dans la notice sur la première Arsinoé, Bérénice II était fille de Philadelpha et de sa première femme. Elle suivit sa mère en exil et fut adoptée par Magas, second époux d'Arsinoé, ce qui expHque Terreur de Justin et de F'olybe, qui disent qu'elle était fille de Magas. Elle était à peine mariée avec son frère Evergète, que ce dernier fut forcé d'aller combattre ea^Assjrie. La reine fit alors le vœu de couper sa belle chevelure et de l'oflrir à Vénus si son mari revenait victorieux. Il le fut eu effet, et à son retour, elle accomplit sa promesse et déposa ses cheveux dans le
(1) Revue Numinnatiijue, année 1S43, jiaye 174 et
BERÉMRE II 55
temple de Vénus Arsinoi^ Zéphyritis. Cet acte religieux suffit pour donner une grande célébrité à cptte princesse et procurer plus tard occasion à Callimaque d'écrire un charmant petit poëme dont Catulle a donné une traduction latine. Cette princesse mourut assassinée par ordre de son fils Philopator, Tan 216 avant J.-C.