PTOLÉMÉE IX ÉVERGÈTE 11 PHY3C0N
plus simple que l'existence de ces monnaies: elles affirment môme que nous avons raison de refuser à Tîle de Chypre la plus grande partie des monnaies avec n.i puisqu'on n'a pas retrouvé une seule pièce à ce type avec les dates ci-dessus, et certes Physcon n'avait nulle raison pour ne pas faire frapper à Paphos comme dans les deux autres villes ; cela ferait même présumer que l'atelier à Paphos était fermé depuis un certain temps.
La constatation que nous faisons ici du manque des monnaies frappées en Egypte au type d'Evergète pendant ses années d'exil est, il semble, des plus concluantes pour la classification de toutes les autres pièces à ce tyran ; ce fait est aussi suffisamment attesté par les dates qui figurent encore sur les monnaies décrites ci -après, l'année 54 ne pouvant appartenir qu'à ce roi, le seul des souverains d'Egypte dont les années de règne aient dépassé le demi-siècle.
Nous avons aussi remarqué un fait qui parait avoir ici une importance majeure, c'est que, au moment où Evergète Physcon fut chassé de l'Egypte, son despotisme ainsi que ses dilapidations avaient dû plonger ses peuples dans la plus effrayante misère. Ses vassaux ne trouvant plus de moyens de payer les taxes ruineuses qui leur étaient imposées, tentèrent d'abaisser un peu les titres des valeurs d'argent (1), et il paraîtrait même que ce moyen ne put suffire, puisque l'on constate en outre pour les pièces frappées en dehors de l'Egypte un affaiblissement de poids assez notable. Cette réduction varie entre 7 décigr. et 1 gramme 2 décigr. par chaque tétradrachme, témoin les n. 305, 308 et 311, pièces sorties des ateliers chypriotes, et dont le poids le plus élevé est de 13 gr. 5 décigr. Quant aux pièces avec riA de cette époque, que nous supposons généralement frappées alors en Egypte, le titre en est très-bon, 960 millièmes et les écarts dans les poids sont insignifiants, ils ne varient que de 13 gr. 9 décig. à 14 gr. 2 décigr., poids réellement maximum. On constate à ce' moment une décadence marquée dans les fabriques chypriotes.
(1) Plusieurs essais Je monnaies de cette époque ont donné une moyenne de 917 millièmes , un vingtième de plus d'allia^je que sur les monnaies du commencement du règne et des règnes précédents.
^- PTOLÉUÉE l\ EVEriGICTt: II l'IlïSCON
Il est dii'licile de comprendre comment Vaillant, Pellerin, Visconti et Mionnet ont pu être un instant embarrassés pour le classement plus que facile de cette série de pièces qui se clôt ;\ l'année 54. Ces savants ont pris encore ici comme point de départ une ère impossible, celle de Soter avant même qu'il fût roi. M. F. Lenormant tombe dans le même embarras, en faisant de cette suite le point de départ d'une ère particulière ;\ l'île de Chypre, et classe ces pièces à Soter, Philadelphe et Evergète l"'. Il dit en effet, page 13, 14 et 15 :« La série de dates qui s'étend » depuis l'an 2 jusqu'il l'an 54, excédant ainsi de beaucoup la » durée du plus long règne des Lagides, etc., etc. »
Le temps ou les années du règne que nous mentionnons ici étaient cependant parfaitement connus ; ce témoignage est affirmé par Porphjre, dans Eusèbe (1). « Ce prince ajant régné i> pendant 6 ans avec son frère, prétendait n'avoir jamais cessé • de régner; depuis cette époque, il compta donc les années de » son règne depuis son V avènement » : Et tout cela concorde admirablement à admettre l'année 51 comme limite extrême de ce long et affreux règne ; le calcul suivant prouve ces faits de reste.
l''" Période : règne avec son frère de 170 à 1G4 == 7 ans.
2°- — en Cyrénaïque . . ... de 1G4 à 14G = 17 ans.
3" — règne seul en Egypte de 140 à 117 = 29 ans. L'année supplémentaire déjà mentionnée aux règnes de Philadelphe et de Philométor, etc 1
Total : 54 ans.
Ptolémée Evergète II Physcon
( Son retour d'exil, à 117 avant J.-C.)
:M2. — Tète diadémée de Soter à droite avec l'égide.
II). iiTOAEMMOr lîAiUEQi:. Aigle sur au foudre à gauche devant, LN (an 50); derrière, riA. ' AR '
(1) Torph. ajiud Euseb. Chron. iia.u'e 117, éJition de Milan.
PTOLÉMEi; EVKRr.ÊlES 11 83
313. — iMème type; devaat, L NT. (an Z,-2) ; derrière, i.\ (Saïi?). AR"