‹ Numismatique. Égypte ancienneChapitre 94 sur 111 · PTOLÉMÉE XIII, AULÈTE · texte numérisé non relu

PTOLÉMÉE XIII, AULÈTE

semble constituer un type; or, ce type, caractéristique vient encore ici confirmer ce que nous avons avancé : qu'à chaque nouveau règne, les artistes chargés de graver les coins des monnaies, tout en ayant l'ordre de maintenir la tète immobilisée, avaient cependant toute latitude pour donner aux physionomies un peu de l'expression des nouveaux souverains ' de là les figures généralement de caractère assez jeune, qu*^ l'on voit sur les monnaies frappées après Ptolémée III. Nous avons aussi fait la remarque que , excepté sous Physcon et ses deux fils, le| type des tètes des nouveaux souverains se conservait jusqu'à la fin du règne, et c'est, comme nous l'avons déjà dit, surtout sous celui d'Aulète que cela a été le plus scrupuleusemont observé. En effet, les pièces de l'an 2 et celles des années 28, 29 et 30 semblent être sorties des mêmes coins.

En ce qui concerne les revers, le nuraismatiste le moins exercé peut aussi se convaincre que toute la série se lie aussi bien que par les tètes; là encore le type de l'aigle est invariable non-seulement comme allure, mais il porte toujours une longue palme sur l'aile; et en outre dans le champ, devant cet aigle, sous la date, on voit la rose des rhodiens, ou plutôt la fleur du lotus.

Comme nous l'avons fait remarquer dans la note précédente, toutes les preuves possibles se groupent dans cette série unique de trente années de monnaies, pour les classer avec certitude à ce souverain; l'année 30 n'a même ici rien d'insolite. En effet, comme nous l'avons déjà démontré à diverses reprises (1), les Égyptiens , par leur manière de compter du commencement de leurs années de règne dont le point de départ ne concordait nullement avec la généralité des autres peuples, donnèrent presque toujours une année supplémentaire à leurs souverains.

Nous insisterons donc encore sur les quatre dernières monnaies que nous venons de décrire. Elles sont positivement pour nous de la plus grande importance , comme les n''^ 296 , 364 et 305; elles sont une preuve sans réplique qu'on ne peut laisser à

(1) Voir les notes Ju n«» 139 et 282.

114 PTOLéMÉE XIII. ALLÈTf:

Chypre toutes les monnaies avec riA, puisque depuis la 24" année d'Aulôte, la ville de l'aphos, ainsi que toute l'Ile de Chypre, n'appartenaient plus aux Egyptiens, et c'utait, disons-le encore, pour l'avoir laissé envahir par les Romains que les Alexandrins avaient honteusement chassé leur roi.

Cette série de monnaies frappées incontestablement avec la tête du même souverain vient aussi lever tous les doutes émis par les auteurs qui ont prétendu que le régne d'Anlète n'avait pas été aussi long qu'on le pensait; et qu'il y avait eu un Ptolémée, Alexandre III, qui avait régné au moins pendant 17 années. En eft'et Pétau, Reinold Forster et l'auteur de la Chronologie pour les œuvres de Plutarque étaient de cet avis (1).

Il est difficile de comprendre comment des hommes aussi éminents que Visconti, Cousinéry, JMionnet, Ch. Lenormant (2) et Letronne, n'aient pas eu l'idée de ranger ces pièces à Auléte. Ce classement semblait cependant tout tracé, tant à cause du type identique, que par les dates. Il y a bientôt 200 ans de cela, en KIOS, un vieux savant, Buidelot de Deirval (.3) avait attriliué à ce souverain le peu de pièces connues alors avec le lotus devant l'aigle. Il a en effet figuré , à la page 192 de son intéressante histoire, la médaille de l'an 28 que nous décrivons sous le n' 415, et gravée pi. VIII. Donc ces auteurs, quoique déjà anciens, ne sont jamais à dédaigner, et de nos jours on est encore souvent forcé de revenir :\ leurs na'ives classifications.

(1) Voir Cham|iollion Figeac , Annales des Lin/ides, tome 2, p. 2S7

(2) Ce savant a publié seulement les pièr'es suivantHS de cette série, et voici son classement L<r> (an. 9) à Philometor, Gbjpt. pi. tS7. lettre; A. l. Kaii. 10), également â Philometor kl. pi. 80, n" ."i., LIA (an. 11), îi Evergete H, |il. S7 lettre C; LIT' (an. 12), au même, iilnnche, 87 lettre B; LIE (an. 10), a l'un des. Ptolémees incertains, et celle avec LA), (au 30), sur laquelle il a lu L.'k (an. 1), également à un Ptolémée incertain, id. pi. 87. ii" 1

(3) Histoire de Ptolémée Auletes. Paris. 1G98, 1 vol. in-12.

PTOVÉMÉE BOI DE CIIVPBE 115

Ptolémée (1) frèro cadet de Ptolémée Aulète

(Re?ni? en Chvpi-c [■emlant 24 ans, de l'an SI à ÔS av. J.-C.)

Ce prince, également fils uaturel do Ptol^mt'e Soter II, était très-jeune lorsque son frère fut investi de la souveraineté d'Egypte. Comme Aulète, il devint roi sans l'agre'ment des Romains ; mais il ne suivit nullement l'exemple de sou frère, en faisant de conteuses démarches pour obtenir l'alliance de la République. Autant le roi d'Egvpte était prodigue, autant le roi de Chypre était économe, on peut même dire avare, et ce fut certainement à cet excès d'économie qu'il dut la persécutiuu des hommes d'Etat de cette République en pleine décadence.

Publius CloJius ayant été pris par des pirates, ces brigands offrirent au roi de Chypie de racheter à prix d'argent ce personnage romain. Ptolémée entra en pourparlers, marchanda, mais ne put se décider à payer le rachat de Clodius : il lui répugnait do prodiguer son arg(>nt. Clodius, rendu plus tard à la liberté, se vengea de Ptolémée en faisant donner à Caton l'ordre d'aller prendre possession de l'île de Chypre.

Ainsi, sans autre déclaration de guerre, on dépouilla illégalement ce prince non-seulement de ses Etats, mais aussi do pes trésors qui étaient immenses, Ptolémée, indigné de cette conduite odieuse, alors que le peuple romain se déclarait le protecteur des faibles, découragé surtout de voir un homme comme Caton (dont le rigorisme était vanté par tous) se rendre complice d'un acte aussi infime , s'em poisonna l'an 58, afin de ne pas voir ses spoliateurs jouir en paix rf-' li'tirs rapines.

418. — Tôte diadémée de Soter à dn)ite, avec l'égiile ; les cheveux en grosses mèches forment le rond sur le sommet de la tète.

II). — lîTOAEM.uov BASiAEns. Aigle gur un foudre , ;\ gauche; devant , l.v (an 1), derrière n.v, AR '

Mionnet, VI, n. 190, à Ptolémée Evergète II, et la pièce suivante n. 192, au même règne.

(1) Nous avons vainement cherché dans les auteurs le surnom de ce Ptolémée; il est cité par Cicéron, Dion Cassius, V^lâre Maxime et Plutarqu<^ ; mais tous ces auteurs le nomment tout simplement Ptolémée.

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