‹ Numismatique. Égypte ancienneChapitre 96 sur 111 · PTOLÉMÉE ROI DE CIIVPIIE · texte numérisé non relu

PTOLÉMÉE ROI DE CIIVPIIE

de toute nécessité de chercher parmi les souverains qui comptaient 23 années de règne celui auquel on pouvait attribuer ces bizarres pièces. Nous disions encore quatre lignes plus bas : * Ces « monnaies sont d'u7i style diamétralement opposé d celles « de Soter II; elles ont un peu de la manière des fabri- « ques de celles d'Aulète, etc. » Or, nous constations déjCi, sans avoir fait toutes nos recherches historiques, l'époque réelle de la fabrication de ces monnaies.

Depuis l'impression de cette préface, nous avons cherché sans reldche, et nous croyons avoir été assez heureu.x pour trouver une explication raisonnable de nos conjectures. En effet, il est certain que Ptolémée Aulète eut un frère qui l'ut aussi acclamé roi en même temps que lui, et qui régna effectivement le temps nécessaire pour avoir des droits à la revendication de cette série de 23 années de monnaies de même style.

Avant de prendre un parti définitif sur le classement de ces pièces, nous nous sommes mis de nouveau ù rechercher quels étaient les derniers chiffres mentionnés sur ces monnaies; or l'année 23 ne se trouve nulle part dépassée : c'est encore au Musée anglais que nous avons pu trouver une collection réellement complète et pouvant lever tous les doutes. M. R. St. Poole nous a adressé, avec sa bienveillance accoutumée, les empreintes de la suite non interrompue des années 1 à 23 , en nous faisant remarquer que cette année 23 se présentait comme la dernière de ce souverain , lequel était resté pour lui aussi il l'état d'énigme. Or notre Ptolémée ayant été spolié par ces honnêtes défenseurs de la république romaine dès le commencement de la 24 année de son règne , il est pou probable qu'il ait eu la possibilité de faire frapper des monnaies à la date de cette 24 année > le monnayage au type égyptien ayant dû cesser au momen même de la prise de possession du pays.

Pour ce qui a trait au travail artistique, les pièces du commencement du règne sont d'un assez bon travail, et surtout d'un excellent métal. De l'année 10 à la 14 , on remarque une décroissance artistique assez notable; à partir de l'an Ib, la barbarie se manifeste de plus en plus, et des années 20 à. 23, les pièces ne présentent plus que des types de la plus plate déca-

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denco : tout y est confus, le diadOme ne se distinguo plus dans la chevelure. ()n pourrait se demander si ce roi n'osait plus reproduire sur ses monnaies ce symbole de la ti)ute-puissance, dans la crainte de déplaire aux Romains, qui étaient toujours restés sourds à ses demandes d'investiture. Une chose est à remari|uer dans cette série do pièces depuis l'année P', c'est que les cheveui sont disposés en grosses mèches et formant le cercle sur le sommet de la tête, cercle que l'on remarque également sur toutes les monnaies de son frère Aulùte, également depuis la première année de son règne jusqu'à la dernière : on peut voir ce fait constaté sur les planches VIII, n" 414 et pi. XI, n". 433. Un autre fait digne d'être remarqué, c'est que toutes les monnaies de ce roi sont à un très-bon titre ; les plus mauvaises sont à 753 millièmes de fin, environ trente pour cent de meilleur aloi que celles frappées en Egypte pour son frère Aulèie; ce qui pourrait parfaitement ressortir du caractère do ce roi, qui était aussi économe que son frère le roi d'Egypte était prodigue.

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(Règne avec sa sœur Cléopâtre 4 ans, de l'an 51 au 6 levritT 47 av. J C)

Ce jeune souverain doit être conside'ré comme le dernier roi d'Egypte, de la dynastie des Lagides. Il avait à peine trei/o aus, lorsiiue son père mourut. Sa sœur, la fameuse Cléopàtre, qui était destiiue à rdgner avec lui, e'tait alors dans sa dix-septième anue'e. D jà les passions les plus violentes se manifestaient chez cette femme de nature ardente, et elle ambitionnait de rs^gner en véritable et seule souveraine; Pothlnus, Théodote, et Achillas, tuteurs du jeune roi, s'opposèrent à ce que Cléopàtre réglât seule les affaires de fEtat. Lne complète désunion s'ensuivit bientôt entre le frèi'e et la sœur, et Cléopàtre, s'enfuit en Syrie, afin d'y solliciter un appui pour l'aider à combattre son jeune frère et ses conseillers. Ptolèmée de son côté, mit tout en œuvre, afin de rester seul maître du pouvoir. Il tenta de gagner la confiance de César, en prenant parti contre Pompée, qu'il fit assassiner. Ce fiit son ministre The'odote qu'il chargea d'aller offrir au dietateur romain, la tête de ce grand vaincu. César recompensa

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cet liuiiiMe ciime, eu prenant pour maîtresse CU-opàtre, la femme ilo l'iole'me'e, et se (iéolara ouvei'temcut l'enncniidu roi, qui maigri? une énergie <le d^l''>nse extraordinaire, pour un aussi jeune homme, fut d>' ..'.t par Cir'<ar et périt noyé dans le Nil en cherchant son salut sur un vaiss>aii, qui somljra sous les poid des fuvards qui s'efforçaient de gigner l'auire rive en se jetant pèle mêle sur le vaisseau royal. '-^'". — Tète cornue et diadémée de Jupiter Ammon à droite.

11). uvov UAiov LMiALii:; Aigle sur un l'oudre ;\ gauche ; devant, L'acrostûUv.m. Gravée, pi. X. M '

438. — Même médaille, d'une fabrique encore plus barbare. JEP

Cette piè^e par. :: t :'e la m'me que celle pullieepar Mionnet, suppl. IX, page 22. n. 120, et aussi par Ch. Lenormant. Trésor, de Kum. et de Gl'ipt. pi. SS, n. 18. Mionnet a cru voir dans le champ un lo- Ciis, et Ch. Lenormant un trident; la pièce e'tait si mal venue à la fiappe qu'il e'iait reelleinei.t difficile d'en distinguer le symbole.

Ainsi qu'on a pu le remarquer dans les notes placées après les n '. 21(3 à 218, 239 et 240, pages 54 et Gl, nou.s avons enlevé à ce souverain, toutes les belles monnaies qui lui avaient été assignées par nos devanciers (1). Nous croyons avoir ilémontré dans ces notes l'impossibilito de maintenir a ce règne un monnajage dont le travail d'art est en opposition si flagrante avec tout ce que l'on connaît de cette époque (2).

(1) Vaillant, ffist., PtoL, pages 146 à 162. Visconti, Iconographie Grecque, page 200 tom. 3. Mionnet, VI, page 32. n. 250 et "257. iJ. sup. IX, pages 18 et 10 n. 90 à 101 . Ch. Lenormant. Trésor de Xurn., et de Glyptique, page 108 et pi. 80, n. 12, 13 et 14, et id. pi. 87. lettre I. Letronne, Revice numismatique 1843, pages 174 à 170, etc.

(2) M. F. Bonqjois, parfaitement connu des numismatistes par plusieurs travaux sur les monnaies de la Macédoine, la Cyrénaïque, etc., avait trouvé comme nous, que ces monnaies ne pouvaient être maintenues à l'époque assignée par tous les auteurs. Il avait déjà préparé pour la Revue numismatique un travail très étendu sur les rectifications à faire. Voyant que l'accord le jdus complet existait entre nous sur les nouvelles attributions, et que nos planches gravées déjà depuis longtemps attestaient cette confraternité de vues sur les points litigieux, et Cela sans nous être entendus, M. Bompois a eu l'extrême courtoisie de nous laisser la priorité des rectifications à faire et nous saisissons ici l'occasion de lui en témoigner toute notre gratitude.

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Nous ne prétendons, certes, pas nier que ce règne ait fourni des monnaies durant sa courte existence ; il y a dû marquer dans les annales numismatiques de l'empire Greco-Égjptien parvenu à son déclin. Il est hors de doute que de nombreuses monnaies d'airain ont été fabriquées, d'abord probablement pour Cléopâtre et Ptolémée, mais surtout pour Ptolcmée seul, pendant les 8 mois environ où, sa sœur partie, il était seul possesseur du trône. Et à cette époque il faisait d'immenses préparatifs de guerre pour lutter contre cette sœur et ceux qui la soutenaient de leur crédit.

Si on admet l'hypothèse proposée page 92, de classer aux souverains et souveraines qui ont partagé un égal pouvoir dans le gouvernement les pièces portant deux aigles au revers, (n. 349 à 363) le n. 355 qui est gravé pi. VII, pourrait parfaitement avoir été frappé par Cléopâtre VII et son frère aine pendant le commencement de leur règne. On verra après la description de cette pièce la réserve que nous avons cru devoir formuler sur l'époque d'émission de cette monnaie.

On peut également se convaincre, par l'ordre que nous avons assigné à l'une des pièces ci-dessus, (pièce publiée tout à fait à la fin de nos planches d'incertaines, dont la gravure est, comme nous l'avons déjà dit, terminée depuis plus de quatre mois), que nous avions tout d'abord signalé ces pièces comme de la plus basse époque : la place que nous leur avions départie était en quelque sorte la dernière limite, le dernier monnayage de cuivre de l'Egypte sous ses rois.

En classant aujourd'hui ces pièces au XIV Ptolémée, nous pensons avoir encore touché à la vérité ; tous les témoignages semblent se rencontrer pour leur assigner cette époque : le travail artistique, l'extrême négligence dans la manière de frapper la monnaie, négligence qu'on trouve seulement sous Cléopâtre et sur les premières monnaies frappées pour Auguste.

Le symbole tout maritime qui figure sur ces pièces, et qu'on ne rencontre ailleurs qu'une seule fois dans toute la numismatique lagide, peut ainsi trouver son explication. La victoire remportée par trahison sur le malheureux Pompée, qui fut si misérablement assassiné en vue du rivage d'Egypte, au moment où il comptait se rendre chez un ami, nous semble donner

CLEOPATRE VII. PHILOPATOII . 1;.M

une créance suffisante à notre opinion. Nul n'ignore que ce Ptolémée eut un soin tout particulier de sa flotte; que ses occupations se concentraient sur ce moyen de défense ; c'était sur cette flotte qu'il comptait pour s'affranchir du despotisme de César et de Rome, et c'est sur elle et par elle, qu'il perdit sa couronne et la vie.

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