‹ Numismatique générale de l'ArménieChapitre 29 sur 62 · LÉON III · texte numérisé non relu

LÉON III

Pendant les premières années de son règne, Léon III mit tous ses soins à réparer les maux que l'invasion des Égyptiens avait causés en Cilicie ; il fit reMtir les monastères et les églises qui avaient été ruinés, fit environner de murailles la ville de Sis, et y fit construire de magnifiques palais (1). En 1274, les Égyptiens revinrent en Cilicie et y commirent beaucoup de ravages; mais ils furent chassés, l'année suivante, parles armées des Tatars et des Arméniens (2). Le général des Tatars, Mangou- Timour, poursuivit l'armée égyptienne jusqu'à Émesse ; mais il se fit battre à son tour, et repassa honteusement l'Eupbrate. En 1289, Léon mourut après avoir fait, pendant le reste de sa vie, des préparatifs de défense contre les Mamelouks, qui cependant ne tentèrent pas, sous son règne, de nouvelles incursions en Cilicie (3).

(!) Pai TU, Ճ Sis, les ruines de ces palais et Asiat., 1855, la description des antiquités de

de ces fortifications, ainsi que les lestes de l'é- Sis, dans mon mémoire intitulé: Voyagea

Փտշ Sainte-Sophie bâtie par Héthum I*' dans Su.)

Tenceinte môme du tarbas. D 7 a un demi- (2) Héthum, Fleur des histoires d'Orient,

siècle, ces ruines étaient encore fort belles; ch. xxxit-xxxvi.

mais à cette époque le patriarche Guiraghos (3) Héthum, ch. xxn, xxx, xxxi, xxxiy. —

fit enlever des décombres les pierres de taille, Aboulliaradj, Chr. syr., p. 519 et suiy.; Chr.

avec lesquelles il éleya le nouveau monastère arabe, p. 328 et suiv. — Aboulféda, Annales

patriarcal qui sert aujourd'hui de résidence mus., t. Y, p. 57 et suiv. — Tchamitch, Hist.

aux cathoUcos de Sis. (V07., dans le Journal d'Arménie, t. ա, p. 219 et suiv.

[Lnitation de la monnaie des sultans Seldjouldiides d'Iconimn.]

Léon ihakavor amendtn Hcûio[tz].

liON, ROI DB TOUS LES ARllilflEIfS.

Le roi couronné, à cheval, passant à droite et tenant une double croix.

^ է ej՝%blU^ Ւ ^IKn JK^% Ւ ՍՒՍ-

FRAPPE DANS LA YIIXB DB SIS

Lion tourné à gauche, derrière lui une double croix. Tahégan d'argent. PI. II, n^4.

Variétés de la légende du droit : -Հ1^ՑՈօ- Variétés de types : 1^ sur la tôte du cheval un signe ressemblant à un T ; 2^ sous le cheval une fleur de lis.

Variétés de la légende du revers : f^y ]^ • Y ՍՒՍհ • hU U ՛ Cabinets de France» de Vienne, de Venise, de Lagoy et Âlischan.

2* է ԼեՈ% P^IK^lKKnP ՀտՑՈՑ]-

liON, ROI DBS ARMÈIIBNS.

Le roi à cheval, passant à droite et tenant une double croix ; sous le cheval une fleur de lis.

FRAPPA DANS LA YILLB DB SIS

Lion passant ծ droite, derrière lui une croix double. Tahégan d'argent muni d'un anneau. PI. II, n^ 6. Cabinet des Mékhitaristes de Venise.

Mon Essai, p. 26, pi. II , 6.

LiON, ROI DBS ARMÊriBIfS.

Le champ de la pièce est effacé.

ROI DIS ARMBinEIfS.

Le champ est effacé.

CttivrCt moyen module.

Cabinet de H. Jean Rousseau, à Paris.

En attribuant ces monnaies à Léon 11Լ je me fonde sur un ùAt historique. Ce prince, après avoir chassé les Mamelouks de ses états, et comptant sur Tappui du khan mogol , Abagha, qui l'avait aidé à reconquérir et à agrandir son royaume, prit le titre de ^աղաւօէը ձօՈքնայե Հ^այոց^ que Léon n avait adopté aussi vers la fin de son règne. En effet, nous trouvons le titre de ^սօքաւ-ոը tujahituju Հ^այոց employé sur la charte de Léon lU en faveur des Génois, datée de 1288, et par laquelle il leur concède de nombreux privilèges (1). Elle commence ainsi :

1L#tf étfp թ՚առաւյէրաևան բա pin Հըս/նս/նլթ. ç^ Լւ Տաստատու֊թե սէէքեղգ I ելյէնի lC2Juinhm XtUÊLMtjh այ Լւ inphls ^np Հաւք^ nnnpanL.P'pi թ՚աէքա^ L^fi/i սէյՔնայն ^L^/yv՛ VP uլաptIե.եguՀբ ասօ՚այ հաստատ գու^է% շ{նվիզաց%...

On voit par ce passage que les monnaies à la légende Լեռն թաէքաւ -np աէՏ/ևաքն Հ^այոց appartiennent à Léon III ; car celles de Léon II, avec le môme titre, donnent à ce roi le nom de Լ£^£^%, et non pas \եոն^ qui est la seule forme usitée sur toutes les médailles du règne de Léon III.

(1) Notices et extr. des oiss. CI. le décret de Léon m , publié par Saint-Martin.

HÉTHUM IL

(1289-1293; de nouveau 1295-1296; pour Խ tromème fois 1300-1305;

mort 1308.)

Hithum II {Հ^եթու.յ), fils atné de Léon 11Լ succéda à son père, et, gagné par les sollicitations du pape Nicolas, embrassa avec son peuple, en 1290, la communion de TËglise romaine. En reconnaissance de cette réunion, Nicolas et Boniface VIII s'intéressèrent vivement à la défense de TÂrménie contre les infidèles qui menaçaient le pays d'une ruine complète. Hélbum envoya des ambassadeurs à Rome et en France pour demander des secours. Le pape Nicolas, qui les admit en audience solennelle à leur passage, les cbargea de lettres de recommandation trèspressantes pour Pbilippe le Bel ; mais elles firent peu d'effet.

Hétbum, se voyant bors d'état de résister seul aux Sarrasins, descendit du trône en 1293, et prit l'habit monacal (1) sous le nom de Jean {յ(\վհան%էս). Il régna de nouveau en 1295, et abdiqua encore Tannée suivante. Enfin, il régna une troisième fois en 1300, et résigna de nouveau le pouvoir en 1305. Hétbum fut mis à mort, selon les uns en 1308, par Bilargbou-kban, gouverneur mogol de la Cilicie qui avait embrassé, comme toute la race tatare, la foi musulmane; selon les autres, il fut tué par les Arméniens dissidents (2).

(1) Lignage d'outre-mer, ch. nr, p. 445. xli, xlii, iliu, xliy. — Aboulfaradj, Chron.

(2) Nicéph. Grég., VI, viii, p. 119 etsuiv. syr., p. 628, 643, 644. — Abodféda, Aun. — Pachymère, Hist. d' Andron., m, v, p. 138 mus., t. V, p. 133 et suiv. — Tchamitch, t, et suiv. — Jean Cantacuz., In prœm,^ 1,5. ա, p. 285 et suiv.

— Héthum, Fleur des hist. d'Or., ch. xxxvi,

[Imitation de la monnaie de Guy de Lusignan, roi de Jérusalem (1).]

Hiûiovm ïluikavoT uiruuiiy ROI

Tête de roi vue de lace.

amindin Ha\i6]U,

DB TOUS LIS ARldinBNB.

Croix {fbtencée.

BiUon. Pl.lV, n0 6.

Retue Arehidogique, dixième année, p. 471-2, pi. GCXXII, n^ 6.

Une variété inédite, ayant au revers la croix cantonnée de quatre besants. PI. Vil, n*5.

[Imitation des monnaies anonymes des empereurs de Constantinople (2).]

է ^bP^nhCr P^lK^lKKOP ՀԱ.ՑՈՕ-

UKTUUM, ROI DES ARMENIBIIS.

Tête du roi couronnée et vue de face.

t ej՝%bUJU Ւ •PlWJIJ^'P'u Y ՍՒՍ

FRAPPÉ DAlfS LA TOXB DB SIS.

Croix double au pied orné.

(1) De Saulcj, Croisades, pi. u, b* 4.

(2) De Saulcj, Croisades, pi. xiu.

Cuivre, moyen module. PI. 1Լ ii<^ 11.

Cabinets de France, de Vienne, de Lagoy, F. Soret, Alischan, etc.

Sestîni (n՞* 4) et Kraffl (p. 20, 21 , pi. II , n^ 51) ont publié les premiers cette monnaie et ses variétés. Ces pièces sont le diminutif de la monnaie du môme genre de Léon II; seulement le graveur s*est aidé, pour le type du revers, des monnaies anonymes des empereurs français deConstantinople, qui ont aussi au revers une croix au pied orné.

Cette croix au pied orné paraît avoir été un emblème particulier au royaume d* Arménie, car je l'ai vue représentée en bas-relief au-dessus de la porte de la deuxième enceinte du château de Lampron {Nmroun) ; mais celle-ci était cantonnée de rosaces aux deux cantons supérieurs. Sur la porte principale du château arménien de Selefké et au-dessus de rinscription arménienne que j*ai publiée (1), et dont l'amiral Beaufort a donné un dessin dans son Voyage sur les côtes de la Raramanie (2), j'ai remarqué aussi la môme croix cantonnée aux quatre cantons de rosaces. La môme figure se retrouve encore au-dessus d'une porte intérieure du château de terre de Gorighos, qui appartenait aux rois d'Arménie, et où des princes de la môme nation, leurs vassaux, faisaient leur résidence (3).

[hnitation des monnaies des Lusignans de Chypre.]

HBTHUM, ROI DES ARlléinENS.

Le roi, assis li la manière orientale et vu de face, tient un sceptre fleurdelisé et une croix.

FlUPPi BANS LA VIULB Dk fflS.

(1) Mon Recueil d'inscr. de la Citicie, p. Besofort. 33, n* 175. — Arch. des missions scient., t. (2) Kwramamaj ch. xi , p. 212.

ly, mon Rapport au Ministre, p. 41, n* 1. (3) Saint-Martin, Mém. sur l'Annénie, t.

— Cf. aussi Letronne, Journal des Sayants, I», p. 203. 1819. Compte-rendu du voyage de Famiral

Croix cantoimée de quatre olives aux quatre cantons.

Cuivre, moyen module.

DouK variétés. -- Variétés de la légende du droit : ^jJ^hOô • Ւ\հԳ\հ- —Variétés de celle du revers : •plUJIJ^-p'u • •PIJ^LJJ»՛^

Variétés du type du revers :

10 Croix caotonoée de quatre étoiles.

29 Croix cantonnée de deux olives et de deux croissants.

3<> Croix cantonnée de deux olives et de deux étoiles.

40 Croix potencée. PI. II. n^ 7.

50 Croix pattée. PI. II . nO 8, et pi. VI , nO 6.

6^ Croix pattée cantonnée de deux besants.

Cabinets de France, de Lagoy. de Vienne, asiatique de Saint-Pétersbourg, du docteur Orta, de Reicbel, de F. Soret et de S. Âliscban.

Pellerin, n^ 8 de la pi.— Sestini, p. 14. — Rrafft, p. 17, 18, 19, pi. II, n~ 42, 44. — Brosset, n" 13, 15, 16.

11 est difficile de reconnaître, sur quelques-unes de ces médailles, la* coiffure du roi. Sur la plus grande partie cependant, on distingue parfaitement la couronne avec des pendants de perles, tandis que sur deux ou trois exemplaires, on croit voir une coiffure en forme de turban. Cet emploi du turban par des princes cbrétiens ne serait pas le premier exemple en numismatique : Tancrède, régent de la principauté d'Ântioche, est représenté sur plusieurs de ses médailles avec le costume oriental et coiffé d'un turban (1) ; et Ibn-Alatir (2), en parlant du comte Henri, nous apprend que c'était un homme d'un esprit doux et conciliant. Un jour il écrivit au sultan Salab-Eddin : « Vous savez que la robe et le turban ne sonC pas en déshonneur parmi nous. Je ferai usage de Tun et de l'autre par égard pour vous. »

(1) De Saulcy, Nom. des Croisades, p. 18, (2) Cf. Reùiaud, Extr. des հեէ. arabes,

pi. i,ii«3à6. p. 358.

On peut donc supposer sans trop de témérité que les rois d'Arménie, qui au surplus étaient des orientaux, ne craignaient pas de se faire représenter sur leurs monnaies dans le costume alors en usage dans toute l'Asie.

[Imitation de la monnaie des sultans Seldjoukhides de Konieh.]

Page 1