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Azote combiné

Les plantes dépourvues de chlorophylle peuvent utiliser l’azote à partir de l’'ammoniaque et de l'acide nitrique ; mais elles se nourrissent aussi d’un grand nombre de substances organiques azotées ; c'est le cas des Bactéries et des Champignons; c’est d’ailleurs aussi celui des plantes supérieures dont la vie para- sitaire a entraîné la disparition de la chlorophylle et qui empruntent l'azote à leurs hôtes sous une forme complexe. :

En ce qui concerne les microorganismes on peut dire qu’à chaque espèce correspondent des substances azotées nutritives qui lui sont particulièrement favo- . rables, et que d'autre part il n’est guère de substance organique azotée qui ne soit susceptible d’être utilisée par quelque microorganisme ; aussi, pour traiter de la nutrition azotée des plantes hétérotrophes, Saprophytes ou parasites, faudrait-il considérer chaque espèce en particulier et donner la liste des matières

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azotées qu'elle est capable d'utiliser ; nous aurions à dresser ainsi de longues listes, qui d’ailleurs sont loin d’être établies pour tous les végétaux et qui n’auraient pas, d’autre part, un très grand intérêt.

Pour ne citer qu'un exemple disons que le Sferigmatocystis nigra éêt capable d'utiliser l'azote des sels ammoniacaux, des nitrates, mais aussi des acides aminés (leucine, asparagine...), des amides (acétamide, urée, biuret...), et de nombreuses autres substances telles que la guanidine, l'allantoïne, l’acide urique, la caféine, la nicotine, la méthylhydrazine, le ferricyanure de potassium, etc.

Les résultats obtenus pour te divers organismes ont permis de tenter une classification (BEIERINGK, 1890 ; FISGHER, 1903) basée sur la nature de l'aliment azoté le plus favorable et on a distingué de la sorte les groupes suivants : ‘

Organismes utilisant surtout l'ammoniaque. — Ce sont par exemple le Sferigmatocystis nigra, V'Eurotiopsis Gayoni, les Levures, le Bacillus subtilis.

Le fait a été sutout bien mis en évidence pour le Sterigmatocvstis nigra; des liquides synthétiques, semblables à celui qui a été établi par Rauzix, donnent les meilleurs rendements, pour une même quantité de saccharose constituant la source de carbone, avec le tartrate d'ammonium ; si on remplace ce corps par de l’azotate d’ammonium, de manière à fournir la

. même quantité d'azote pour le même poids de car-

bone, on constate le fait intéressant qu'en présence des deux sources d'azote, azote ammoniacal et azote nitrique, le Champignon utilise en premier lieu, ou

128. CYCLE DE L'AZOTE tout au moins plus rapidement, l’azote ammoniacal ; le liquide de la culture devient acide au cours des premiers stades de développement par suite de la mise en liberté d'acide azotique ; le Champignon opère une véritable élection physiologique. Ce n'est que lorsque toute l’ammoniaque a été consommée que l'acide azotique en excès disparaît à son tour, s’il reste encore à ce moment du sucre inemployé; si au contraire tout le sucre a disparu l'acide azotique reste sans modification. |

C'est cette séparation de l’acide azotique à partir de l’azotate d’ammonium que TANRET a réalisée d'une manière un peu différente en faisant une première culture de Sferigmatocystis nigra sur un milieu contenant o gr. 5 de nitrate d’ammonium; au bout de

vingt-quatre heures de développement du Champi- gnon, le liquide était soutiré et remplacé par un liquide semblable au précédent en ce qui concerne les autres substances, mais dans lequel on élevait à o g. 7 la dose de nitrate d’ammonium; on recommençait ainsi l’opération un certain nombre de fois en surnitratant successivement le liquide ; on constate dans ces conditions qu'il se produit un mycélium blanc, ne sporulant pas et ne fabriquant pas, comme cela a lieu dans les conditions normales, d'acide oxalique. On obtient les mêmes phénomènes avec le chlorure ou le sulfate d'ammonium ; dans le cas particulier de la première substance il s’accumule intégralement tout l'acide chlorhydrique correspondant à l'ammoniaque utilisée, cet acide ne pénétrant pas dans le mycélium. Nous sommes en présence d'un phénomène semblable à celui qui nous a déjà occupé

NUTRITION AZOTÉE DES VÉGÉTAUX HÉTÉROTROPHES 129 quand nous avons cherché à nous rendre compte de la

valeur alimentaire comparée des sels ammoniacaux et des nitrates pour les plantes supérieures.

Organismes utilisant surtout les nitrates. — Ce sont le Mucor racemosus, l'Alternaria tenuis, l’Aspergillus glaucus, le Monilia candida, le Bacillus pyocyaneus, le Bacillus fluorescens, etc.

Organismes utilisant surtout les nitrites. — Dans cette catégorie viennent se ranger le Rhizopus Oryzæ, les Ustilago, le Bacillus typhi.

Organismes utilisant surtout les peptones et les protéoses. — Il s’agit des Cladosporium, Basidiobolus, Saprolegnia, du Proteus vulgaris, du Bacillus

anthracis…

Organismes utilisant surtout les protéines. — Ce

sont surtout des végétaux parasites tels que l'Isaria

densa, les Entomophthora, le Bacillus diphteriæ, le Micrococcus gonorrheæ, etc...

Certaines substances organiques azotées peuvent servir à la fois de sources de carbone et d'azote ; c’est le cas des acides aminés pour les Levures, de l’ovalbumine pour l'Isaria densa, et dans ce dernier cas il est inutile d'introduire dans le milieu de culture aucune substance minérale, les besoins du Champi-

gnon étant satisfaits à ce point de vue par l’albu-

mine même, Cette spécialisation plus ou moins étroite des microorganismes vis-à-vis de la source azotée explique la

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