‹ Oberkampf 17381815Chapitre 25 sur 30 · Roustan, mamelouck de l'Empereur · texte numérisé non relu

Roustan, mamelouck de l'Empereur

.Vn/f I), page 167.— Affaires des cotons d'Espagne. Relation de L. Kàtzenbehger.

Lors de la prohibition par l'Empereur des Miles des Indes et des calicots anglais, M. Oberkampf, s'était décidé en 1803, à faire l'acquisition du domaine de Chantemerle, à Essonues, et de ses cours d'eau, dans l'intention d'y établir une filature de coton et un tissage de calicots propres h. l'impression.

Il voulut que pendant la construction de sa filature, quelqu'un de sa maison apprit à bien connaître les qualités des cotons, et que l'on commençât les acbats. J'en fus chargé, d'abord a Paris, ensuite dans les différents ports demer, puis à Lisbonne; les qualités du Brésil étaient alors les plus recherchées ; les eipèdilions se faisaient par mer, sous pavillon neutre du Portugal.

Au moment où le général Junot prit possession du royaume, i! y avait dans la maison des Indes, àLîsbonne , de 36 à 38 mille balles de coton du Brésil ; avant son arrivée, nous y avions déjà acheté de 1000 à 1200 balles, restées déposées dans cette même maison des Indes. Le général Junot, comme gouverneur, prit un arrêté par lequel toutes ces marchandises étaient confisquées.

Sur un avis de ses correspondants, M. Oberkampf se décida à faire des réclamations auprès de l'Empereur Napoléon, qui, pour l'entendre, le fit demander aur Tuileries et d'après ses observations, donna ordre do faire lever le séquestre des cotons de Lisbonne. Pour alimenter les filatures naissantes de France, Napoléon voulait que tous les cotons existant en Portugal fussent achetés

NOTES

par les Français; H. Oberkampf lui observa que ne pouvant plus faire d'expéditions sous pavillon neutre, et les frais de transit en Espagne Étant trop élevés, les cotons reviendraient a un prix extraordinaire.

Napoléon répondit que quant au transit, il s'en chargerait, qu'on n'aurait rien à payer, que f ela ne devait empêcher personne de faire des achats à Lisbonne.

M. Oberkampf, de retour des Tuileries, me donna l'ordre de faire acheter des cotons a Lisbonne ; j'écrivis le même jour ,et fis acheter de 3 à 4000 balles au pris de 350, à 450 réaui, prii qui peu de jours après s'éleva de 800 à 1000 réaui. La plus grande partie de ces achats fut expédiée par terre, à destination de Bavonne ; 400 balles seulement restèrent à Lisbonne et à Aldea-Galega.

A l'époque où le général Junot dut faire une convention avec le commandant des forces anglaises pour évacuer le Portugal, il n'y avait encore que 200 balles arrivées à Bayonne. La malheureuse affaira de Baylen et la retraite du roi Joseph de Madrid à Vittoria, arrêtèrent nos transports ; tout fut éparpillé dans les villes et les

tlure et confisqué comme propriété française par la ju:;le de Madrid et les juntes provinciales. Les communications étaient interrompues depuisjuin 1805 ; on n'avait aucune nouvelle des marchandises ; il était probable qu'elles seraient vendues par les autorités espagnoles. Cependant l'Empereur envoyait une expédition considérable en Espagne; on pouvait encore espérer, sous les auspices de l'armée française, découvrir et réclamer une partie de sa propriété.

M. Oberkampf et M. Feray me chargèrent de trouver quelqu'un qui pût se décider a faire le voyage; on fit aussi chercher inutilement quelqu'un à Bordeaui et à Bayonne. Dan» cetétat de choses M. Feray me le proposa

KOTES. 235 pour moi-même ; M. Obeikampf ne voulut point y consentir, mais voyant que j'Étais Mon décidé, il finît par céder.

Je partis donc pour Bayonne en juillet 1808, muni des ordres du ministre de ia guerre et des documents nécessaires pour mes réclamations. Arrivé dans cette ville, personne ne voulait croire que je partirais pour l'Espagne; tous cherchaient à m'en détourner.

Je me mis en route au mois d'août, mais ne pouvant avancer au delà de. Talosa, je revins a Rayonna y attendre le passage de l'armée française. Napoléon quitta Bayonne le 4 novembre 1808; je partis de nouveau le môme jour.

J'ai assisté i la bataille de Burgos, à la prisa de Scmo- Sierra et à celle de Madrid. J'ai trouvé classées par marques et numéros dans la maison de Buena-Vista, s Madrid, 900 balles de coton appartenant a M. Oberkampfet vendues à une maison de Lisbonne ; je les ai réclamées et eipédiées dans le mois de décembre et en janvier 1809. Dans ce dernier mois j'ai été à Valladolid, où j'ai trouvé 250 balles; je suis revenu à Madrid etje suis reparti pour l'Estramadure, où j'ai été encore assez heureux pour trouver en divers endroit une partie do nos balles, qui sont arrivées il Bayonne, après avoir été en route prises pardes guêriUo» et reprises.

L'Empereur avait nommé une commission des indemnités.... Mais elle ne voulut reconnaître que les ventes faites par le gouvernement espagnol et rejeta les réclamations faites pour marchandises perdues comme résultat de guerre. Une seule partie des cotons de M. Oberkampf vendue à Badajoz a été indemnisée.

.... Ne parlant pas bien l'espagnol, j'ai fini après bien de la peine, par décider M. Mailly, dé la maison Dubrocq et O, de Bayonne, à m'acoompagner, en lai assu-

236 NOTES, rant des avantages considérables ; j'ai eu la douleur de perdre ce jeune homme, plein de rie et de santé, en le laissant a Truxillo pour aller à Mérida et à Badajoi; de retour à Truxillo, je ne l'ai plus trouvé : il avait succombé aux fatigues et aux privations. M. Oberkampf à cette nouvelle, craignant qu'il ne m'en arrivât autant, m'écrivit de quitter l'Espagne à la réception de sa lettre, et d'abandonner ses intérèls compromis: mais j'ai continué mes courses dangereuses et j'ai réussi au delà de

Je ne veux pas parler des fatigues, des tourments, des désagréments et surtout des dangers auxquels j'ai été exposé jour et nuit et à chaque instant; qui a lu des relations de la guerre d'Espagne peut s'en faire une idée ; il me reste la seule satisfaction de pouvoir dire que j'ai eu une occasion de me rendre utile à l'homme le plus respectable etle plus honorable que j'aie connu au monde, à M. Oberkampf. Signé : Lddwig Katzenberoer.

Note E, p. 216. — Le baron Raoul (depuis duc) ce Montmorency.

Très-jeune encore, il avait été à Wagrajn comme aide de camp du général Davoust; sa santé fort altérée en Pologne l'avait forcé à quitter l'armée.

Son nom ne peut être cité, sans qu'il nous soit permis de rendre un juste hommage de regrels à sa mémoire.

Cœur simple et excellent, le Duc de Montmorency conserva toute sa vie pour les amis de son enfance et de sa jeunesse, la même chaleur d'affection qui se retrouve dans son dévouement si fidèle à une royale Famille en exil. (A. L.)

i¥o!s F, p. Î20. — Lettre du colonel de Rohr. (Écrite en allemand et classée dans la correspondance

NOTES

de la Manufacture, elle ne fut traduite qu'en I8hk, par G. W.)

« A Monsieur Émile Oberkampf. • (Je ne veux pas, Monsieur, quitter les frontières de la France sans vous témoigner encore une fois toute ma gratitude pour les boutés hospitalières qui m'ont été prodiguées pendant mon séjour dans votre respectable maison. J'ai à vous remercier aussi de l'obligeance que vous avez eue de me procurer les cartes départementales qui me sont exactement parvenues après mon départ de Jouy.

• J'ai l'honneur de vous en adresser ci-joint le prix, en voua réitérant mes sincères remerclments.

• Dans toutes les circonstances de ma vie, en quelque contrée lointaine que le sort me conduise, ce sera toujours une vive jouissance pour moi si je puis apprendre que vous et votre estimable famille jouisses d'un bonheur sans trouble.

( Signé : E. deRona, Colonel commandant le régiment de la Laadtvehr prussienne, infanterie de Kurmarck. »

Note G, page 256. — Note sur Émile Ohehkàmpf, par sa sœur Mme Jules M.

• Les années de sa jeunesse s'écoulèrent dans la prospérité et la carrière qui s'ouvrait devant lui ne semblait lui promettre que des succès, mais les invasions étrangères et les crises commerciales qui en résultèrent obscurcirent cet avenir. Émile avait succédé à la direction des établissements de son père, associé à ses deuxheauifrères et à son cousin. La mort de ce dernier amena en 1821 la séparation des établissements. M. Fera? conserva la filature d'Essonnes. Jules Mallet fut rappelé à Paris par son père. Émile Oberkampf s'associa à M.Bar-

138 NOTES

bat, de Rouan, auquel il céda peu d'années après Impropriété de la manufacture de Jouy.

Ayant cessé d'être maire de Jouy, chef du 3" bataillon de la garde nationale à Versailles, membre du conseil général de Seine -et- Oise, il fit l'acquisition de la terre de Guiscard près de ftoyon, en Picardie, où il passa quelques années heureuses; sa réputation de haute probité et de capacité l'y avait précédé et bientôt, apprécié des habitants de Guiscard comme il l'était de ceux de Jouy, il fut élu membre du conseil général de l'Oise.

Lors de l'exposition des produits de l'industrie nationale, en 1819, il avait reçu le titre de baron ; ses travaux dans le Conseil des manufactures lui méritèrent la croix de la Légion d'honneur.

En 1837, porté candidat constitutionnel, il fut élu député par le collège électoral de Versailles, et sur le point d'être élu dans l'Oise, il opta pour le département de Scine-et-Oise, qui s'était souvenu du lui. Ses votes d'une complète indépendance défendirent toujours nos institutions, et en 1830, il fut au nombre des 331 députés qui déclarèrent avec courage que l'accord n'existait plus entre les pouvoirs de l'État. En juillet, à la nouvelle des événements, il accourut a Paris, et franchissant les barricades prit sa place à la Chambre parmi les courageux soutiens du pays.

Il fut quelque temps vice-président de la société protestante de secours mutuels de Paris. A quaranteneuf ans, une rapide et cruelle maladie, l'enleva à sa famille (avril 1831) '.Doué des qualitésles plus captivantes, d'un esprit vif et enjoué, Emile fut aimé de tous ceux qui jurent le connaître.

Note B. — Divers écrits sor Orerkàmpf.

Notice sur Chr. l'h. Oberkampf, par M. Philippon, 1815.

Digitizad by Got

NOTES

06m Triqnt

andy, reproduite dans la i Galede M. Jarry de Mancy, en 1838.

rs sur le Travail, par le baron de

assaut article publié dans la Bei 1" octobre 1860, par M. Ure partie d'un ouvrage : ■ Industriels et invei

Oberkampf, lecture faite à la classe d'industrie de la Société des arts, à Genève, par M. Pictet de Sergy.

Oberkampf, par un enfant de Jouy {la Fraternité, journal des Sociétés de Secours mutuels, Niort, 1865).

Mémorial de la Manufacture, par Gottlieb Widmer, volumineux manuscrit, compilé sur les archives mêmes et la correspondance de la Manufacture, sur les papiers de famille, et complété par des plans, des dessins et une collection considérable d'échantillons.

1. Il venail de marier sa Bile aînée au fils du baron Portai,

Page 1