‹ Observations anatomiques sur la sirèneChapitre 7 sur 11 · PLANCHE · texte numérisé non relu

PLANCHE

Fsc. I.

Protée fémelle ouvert, dont les viscères ont été poussés

un peu vers le côté droit pour montrer l’ovaire, et l’oviduct du côté gauche (*).

(”) C’est à feu Brocchi, que je dois l’ échantillon, dont je donne ici le dessin. Ce savant Naturaliste, auquel j’ étois attaché par les liens de l’amitié, et par tous les sentiments, que ses talents supérieurs pouvoient inspirer, ayant trouvé dans cet individu l appareil de la génération très-développé , a concu d’abord l’idée de me l'envoyer, pour me procurer ainsi le moyen de remplir une lacune. que j avois laissée dans la Monographie du Protée. Dans sa lettre il m° a marqué, que cet individu avoit été pris vers la fin de novembre, qu’il est mort deux mois et demi après, que pendant sa captivité. on ne lui avoit donné aucune nour riture; qu’au moment qu’il l’a acheté à Adelsberg, il avoit dès lors le ventre assez gros, et qu'il s’est tuméfié de plus en plus jusqu’à sa mort. Or si nous

a. Cavité commune formée par la réunion des deux conduits aériens — b. L'estomac — c. La rate — d. Le commencement de l oviduct du côté gauche — e. Le pancréas, dont en ne voit que la portion, qui déborde l'intestin, auquel il est collé — f. Le foie, qui a été soulevé un tant soit peu, pour faire voir l'estomac, qui est couché sur la face concave de ce viscère — g. La vessie aérienne du côté gauche — i. Le canal alimentaire — 1. Oviduct du côté gauche, qui a été éloigné de la colonne vertébrale, à laquelle il tient par un prolongement du péritoine — h. L’ ovaire du côté gauche.

Fre. II.

Oeuf du même protée, très-grossi: d’un côté on y remarque des taches brunes. Dans les débris du péritoine par le lequel il est enveloppé, on voit d’autres oeufs, qui, proportion gardée, sont extrémement petits.

Pic: JT.

Téte osseuse de la sirène lacértine au double de sa gran-

deur naturelle, IJ’après Cuvier. Mémoire sur les reptiles douteux.

Fic. IV.

Tête osseuse de l’axolotl, grossie et vue de profil. D’après Cuvier. Mémoire cité ci-dessus.

faisons attention à ses ovaires, qui ont tant de ressemblance avec ceux des sa lamandres terrestres, nous sommes obligés de conclure, que le protée est un reptile ovo-vivipare. Une question se présentera ici vraisemblablement à l’esprit du lecteur: à quelle saison la nature allume dans ces animaux le feu de l'amour ? les étangs souterrains, qu'ils nabitent ne sont jamais éclairés par la lumière du soleil, la température de ces étangs est toujours la même, ainsi point de jour. point de saisons pour ces animaux, quelle est donc l’époque de l’année, pendant laquelle ils s'occupent de la reproduction de leur espèce? S’il est permis d'établir une conjecture sur un simple fait, je dirai, que c’est au commencement de l'hiver, que ces reptiles s’ accouplent, et c’est au printemps, que les femelles donnent naissance à leurs petits.

ose

Fire. V.

La même vue en-dessous après qu’on a enlevé la mâchoire inférieure et l’appareil branchial.

Fro. VI Tête osseuse du protée, grossie et vue de profil.

Fic. VII.

Autre tête de l’axolotl vue en-dessous (d’après Cavier. Recherches sur les Ossemens fossiles ). (*)

ff. Les intermaxillaires — k.k. Les maxillaires. = m.m. Les pterygoïdiens — 1.1 Les vomers ou les palatins.

(*) Cuvier, dans son mémoire sur les reptiles douteux, regarde l’aæolotl comme une larve de quelque salamandre inconnue, et dans son ouvrage sur les ossemens fossiles, il soutient encore la même opinion, mais dans la seconde édition de son Règne animal, il range ce reptile, quoiqu’ en hésitant, parmi les animaux parfaits: ce changement d’opinion étoit naturel; depuis qu’Everard Home nous a mis sous les yeux un axolotl, dont les organes de la génération sont très-développés, il y auroit eu, peut-être, de l’obstination de la part de Cuvier, s’il eût persisté à regarder ce reptile come une larve; néanmoins l’observation publiée par Home ne lève pas, à mon avis, entièrement nos doutes, en effet si l’on compare la fig. n° 5, avec la fig. n° 7, l’on est d’abord frappé de la différence, qui existe entre ces deux dessins; le premier représente une tête, qui a les plus grands rapports avec celle de la larve de notre salamandre à queue plate, observée à une époque à laquelle les rudiments des maxillaires n’ont pas encore paru, c’est-à-dire à une époque assez éloignée de celle de la métamorphose; le second au contraire repprésente une tête, qui a une ressemblance presque parfaite avec celle de cette même larve examinée au moment, où elle passe à son état adulte, et chez laquelle les maxillaires ont presque atteint tout leur développement: or si l’on songe, que les deux individus, sur lesquels Cuvier a fait ses premières observations, ayoient la longueur de 14 à 16 centimètres qui est la taille ordinaire de ces reptiles, on ne peut guères se défendre de l’idée, que l’axolotl ne soit une de ces larves, qui, à ce que l’on dit, conservent pendant longs-temps leurs branchies.

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