‹ Observations archéologiques sur les églises de RomeChapitre 7 sur 16 · PALAIS ET MAISONS · texte numérisé non relu

PALAIS ET MAISONS

Saint-Jean-de-Latran. — Les fouilles récentes entreprises par M. Parker ont révélé positivement l'emplacement du palais de Plautius Lateranus, que Constantin donna à Saint-Sylvestre. La construction est en briques, d'une bonne époque. Dans la sacristie de la basilique sont deux plaques au nom de Lateranus et un bas-relief figurant une vue de la porte Asinaria et du palais qui Tavoisine.

Sainte-Croix-de-Jérusalem. — Là était autrefois le palais de l'igopératrice Hélène, mère de Constantin, connu sous le nom de Palatium Sessorianum. Dans le cloître on observe quelques fragments antiques qui peuvent provenir de cette habitation et entre autres deux clôtures de

fenêtres en marbre, que M. Parker a fait photographier. Dans la crypte est déposé un piédestal, sur lequel était élevée la statue de sainte Hélène, avec cette inscription qui date du IV° siècle : Dominœ Nostrœ FI. Jul. \ Helenœ pnssimx Ang, \ genntrici D, N: Constan \ Uni Maximi, Victoris^ \ Clementissimi\ semper | Augustï.

Saint'Grégoire'Sur-le'Cœlius. — Le pape S. Grégoire-le-Grand était de rillustre famille Anicia. Il convertit son palais en un monastère, où il résida" jusqu'en 590. De cette époque datent incontestablement son siège de marbre et la table sur laquelle il donnait à manger aux pauvres.

Suivant la tradition, il serait né dans la maison de son père, qui habitait près du pont Quattro-Capi, là où s'élève la petite église de la Divine-Pieté, qui a consacré ce souvenir par une inscription.

Sainte'MmHe'in'Domnica, — Il ne reste absolument rien du palais qu'avait sur le Cœlius la noble dame romaine sainte Cyriaque et où elle abrita le pape S. Sixte et le diacre S. Laurent, pendant la persécution.

Saint-Clément, — Les fouilles exécutées i?ous le sol de cette église ont amené la découverte de deux murs d'enceinte, l'un en blocs de travertin et l'autre en briques. Plus bas, on a déblayé une chambre, dont la voûte est décorée de stucs et que l'on croit avoir fait partie du palais du consul Flavius Clemens : enfin on y a rencontré un Spelœum ou antre pour Tinitiation au culte de Mithra.

Sainte-Marie-in-via Lata.' — La crypte passe pour avoir été la maison de S. Martial. Là auraient habité en même temps l'apôtre S. Paul et l'évangéliste S. Luc. Un des murs latéraux est formé de gros blocs de pierre superposés qui indiquent une construction romaine.

Sainte-Prisque. — La crypte donne le niveau exact de la maison où Ste Prisque reçut S. Pierre, lors de son arrivée à Rome. On y montre un chapiteau de marbre blanc, d'ordre dorique, dont le tailloir est creusé de manière à servir, suivant la tradition, de font baptismal à l'apôtre.

Sainte-Praxède.^ — Ste Praxède habitait là où est actuellement l'église qui porte son nom. Au milieu de la nef, on a conservé le puits dans lequel elle versait le sang des martyrs, qu'elle recueillait avec une éponge. Son corps repose dans la crypte, dans une urne strigillée de marbre blanc. Trois autres urnes semblables renferment les corps de nombreux, martyrs, déposés en cet endroit par le pape Pascal I", au IX® siècle.

Sainte- Pudentienne. — Ste Pudentienne habitait avec son père, le sénateur Pudens, dans le quartier noble de Rome, Vicus patritius. Ce fut en ce lieu que logea l'apôtre S. Pierre. A cette époque remontent le puits où furent ramassés les ossements des martyrs et le pavé en mosaïque de marbre blanc, à gros cubes.

Sainte-Cécile. — Les Actes de Ste Cécile ont consigné ce fait qu'elle demanda, au moment de sa mort, que sa maison fût convertie en église,

ce que fit le pape S. Urbain, au IIP siècle : « Et Sancto Urbano Papx

dixit: et hancdomum meam in œternum Ecclesix nomini consecrares.

Tune sanctus Urbanus Papa domum ejus in œternum sanctam Eccle-

siam suo nomine consecravit, in qua bénéficia Domini exubérant ad mémoriam beatx Cecilix. »

La maison a été reconstruite plusieurs fois, mais on y a maintenu la salle des bains où elle souffrit le martyre et Ton y voit encore la chaudière de cuivre qui fournissait la vapeur d'eau et les conduits rangés le long des murs, qui répandaient la chaleur du foyer.

Près de la place Borghèse existe la petite église du Divin-Amour. Elle occupe remplacement de la maison où naquit Ste Cécile, ce que constate cette inscription, gravée au Moyen-Age sur un cippe païen : Hmc est domus in qua orabat sancta Cecilia,

Saint-Alexis. — En entrant dans l'église de St-Alexis, sur l'Aventin, on voit, à main gauche, l'escalier de bois de neuf marches, sous lequel S. Alexis vécut ignoré pendant dix-sept ans, dans la maison de son père et où il mourut en 409. Plus loin, le puits auquel il s'abreuvait fournit encore de l'eau aux pieux visiteurs.

On trouve encore des souvenirs pieux aux SS. Jean-et-Paul, habités par les deux frères, qui y souffrirent le martyre ; à Sainte-Agathe, où naquit le pape S. Grégoire II; au collège Capranica, résidence de Ste Agnès ; à Saint-Ambroise alla Massima^ qui rappelle la mémoire du saint docteur et de sa sœur ; à Sainte- Anastasie, maison de la jeune martyre ; à Saint- Benoît in Piscinula, où naquit et pria le fondateur de la vie monastique en Occident; à Sainte-Bibiane, qu'illustrèrent Ste Bibiane et Ste Dafrose ; . à Saint-Caîus et Saint-Calixte, lieu de naissance de ces deux papes ; à Saint-Eustache, témoin de la passion de ce capitaine romain et de sa famille ; à Saint-Joseph des Charpentiers, où S. Pierre fut mis en prison avec S. Paul; à Saint-Saba, retraite de Ste Sylvie, mère de S. Grégoire-le-Grand; à Sainte-Sabine, qui a pris le nom de la matrone qui y repose .

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