‹ Observations cliniques de la taille et des membres ... accompagnées d'un atlasChapitre 85 sur 107 · OBSERVATION LX · texte numérisé non relu

OBSERVATION LX

Le mème auteur (1) raconte l'histoire d'une femme de 57 ans, qui, ayant éprouvé une

grande fatigue de l'épine, pendant plusieurs semaines, y ressentit enfin des douleurs

aiguës. Leur siège était dans la région dorsale ; elles retentissaient au Ssternum. Une pression des apophyses épineuses rendait bien plus vives ces mêmes douleurs ; l’action . d'entrer dans un lit les aggravait , au point que les membres supérieurs et puis les inférieurs en étaient entièrement paralysés pendant quelque temps. La maladie fut d'abord méconnue et traitée infructueusement comme

(1) Ibidem , pag: 356.

nerveuse. Lorsque Bampfield vit la malade, son état était aggravé. La respiration était devenue pénible ; les douleurs s’étendaient à la tête ; il ÿ avait du délire , et l'irritabilité morale était portée au dernier point. Plusieurs saignées , des applications réitérées de sangsues, l'usage du calomel poussé jusqu'au ptyalisme, des laxatifs et des frictions résolutives, amoindrirent d’abord la maladie 1 et amenèrent une guérison complète dans l'espace de deux mois.

L'auteur dit avoir vu guérir deux autres malades dans le même cas, par un traitement analogue.

Ces deux faits démontrent que les violences traumatiques de l’épine peuvent avoir des conséquences tout aussi graves que celles de toute autre articulation ; que , sielies ne donnent pas toujours lieu à des accidens urgens dans le premier moment, c’est uniquement parce que les conséquences d’un accident ne se propagent pas toujours à la moelleépiniere et à ses cuveloppes ; mais, pour n'avoir pas une aussi grande extension , elles n'en sont pas moins sensibles pour les moyens articulaires : ces derniers doivent étre inté-

(356 ) ressés avant les parties contenues dans le canal vertébral, et la démonstration en esë acquise plus tard, par l'altération de la solidité des assemblages et par celle des formes. El est démontré par l'observation, que, lorsqu'une violeuce mécanique à été exercée sur l'épiue et quil en reste de la douleur , il est très-important d'y apporter Îles plus grands soins; que lesmoyÿens anti-phlogistiques or di= naires peuvent avoir Île plus grand succès ; qu'un accessoire d'une très-grande importance consisterait dans un moyen propre à maintenir les parties de l'épine dans le repos le plus complet possible. Dans les cas qui concernent les observations XXI.° et XXIL*, nous avons employé des appareils dont nous rapporierons la construction , à propos du traitement convenable aux affections tuberculeuses des vertèbres. Ces appareils eurent un grand avantage dans les cas pour lesquels ils furent construits ; et, comme il s'agissait de maladies qui avaient détruit la continuité de l'épine , il est probable qu'ils auraient plus de puissance dans les cas où il ne s'agirait que d'empêcher la mobilité des vertèbres unies entre elles par les moyens de leurs articulations ordinaires. Le besoin du repos est

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constaté dans toutes les maladies des articu lations et de la continuité des os : l'observation conduit à la même conséquence , en ce qui concerne les accidens inflammatoires des articulations des vertèbres. Ce moyen est peut-être l'un des plus capables de prévenir les déformations de l’épine , à la suite des iolences dont elle est l’objet.

Lorsque le temps de l'irritation est passé,

% les articulations violentées de l’épine peuvent

en garder du relâchement et même des déplacemens permanens: c'est encore une suite du traumatisme ; mais, le caractère dominant de l'origine de la maladie est entièrement effacé. Ce n'est plus par des moyens anti-phlogistiques, ni même par le repos, que ces conséquences éloignées d’un accident peuvent être traitées: l’engorgement peut seul être pris en considération alors , et l'on n’y peut employer que des moyens de résolution.

C'est le cas de l'observation que nous avons exposée sous le n.° XXXVII : le temps qui s'était écoulé, avait entièrement effacé les douleurs qui avaient d'abord été si vives, et sr ne furent nullement combattues dans le pre mier moment. Les souffrances de la malad n'avaient plus pour motif que l'écart des ver-

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tébres lombaires et que la distorsion de la moelle-épiniere et de ses nerfs, le déplacement des vertèbres étant maintenu par l'eugorgement chronique des fibro-çartilages intervertébraux. La suite de l'observation prouva méme que lécartement mutuel des os du bassin devait avoir sa part dans les motifs de sa souffrance , sans doute par la distension des nerfs sacrés qui en résultait. La résolution de ces engorgemens des ligamens de l’épine fut obtenue exclusivement par la gymuastique et des douches de vapeur aromatique sur la région lombaire. Les exercices que la malade pratiqua , furent particulièrement ceux des cordes tendues obliquement, les bobines simples ou doubles, le char à da renverse et les quilles dormantes. Sur la fin, lorsque la crépitation des os du bassin vint confirmer les observations de la malade sur les déplacemens de la hanche droite, une ceinture de cuir serrant par une boucle solide, servit à rapprocher mutuellement ces mêmes oset à raffermir ainsi leurs articu-

lations.

B. État scrofuleux des fibro-cartilages.

C£r état consiste, comme nous l'avons déjà exposé , dans une infiltration, et, à une période plus avancée, daus une dégradation plus profonde qui rend la substance de ces organes pulpeuse , rougeâtre et absolument impropre à ses fonctions. Il est très-probable qu'une phlegmasie sourde, latente, est Île principe de cette altération ; mais, il est rare qu’on en puisse saisir la première période, lorsqu'un accident physique ne l'a pas provoquée. Il est douteux d’ailleurs que, dans les cas où cette affection est spontanée, des moyens anti-phlogistiques dussent réussir, parce que l'on sait bien que, dans les maladies dépendantes du vice humoral appelé scrofaleux, les phlegmasies résistent à l’action des agens de débilitation.

Les ressources d’une alimentation succulente et tonique, celles d’une hygiène confortante , doivent être mises au premier chef parmi celles capables de combattre un semblable état morbide. Il s’agit d’un vice de nutrition ; et tout ce qui pourra favoriser dans l'organisme le plein exercice de ses fa-

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( 560 ) cultés , est éminemment indiqué. Ainsi, vivre à la campagne , en plein air, y pratiquer des exercices choisis et favorables à l’action musculaire, y jouir par les vêélemens ou autrement d'une température assez élevée, n’étre pas exposé à des courans d'air froid ou humide , tenir la peau proprement par des lavages fréquens et des frictions dures , entretenir la liberté du ventre et la régularité de toutes les excrétions, pourvoir à la variété des objets et à l'activité modérée de l'esprit, écarter toute affection triste, sont autant de conditions généralement utiles. On peut les aider par quelques médications analogues :

l'usage intéricur de quelque sel neutre à petite dose (1); les oxides métalliques, particulicrement de fer; les sucs des plantes fraiches, particulierement des crucifères :

les amers et notamment les préparations de kina.

Des moyens plus directs de résolution sont

(1) Bampfictd , Ward, Harisson, etc. > Que nous avons déjà cités, font un irès-grand cas de cette dernière médication. Il est vrai que ces praticiens ontexercé leur profession dans un climat froid et hu-

mide , où les perturbations des fonctions digestives sont très-communes,

( 361 } quelquefois nécessaires en même temps. Sottvent quelque influence accidentelle vient rem nouveler des douleurs qui étaiententièrement

el plus ou moins anciennement effacées, ou les produire dans des cas où elles n'avaient pas eu lieu auparavant. Dans ces circonstances, une effusion sanguine locale a souvent du succès ; mais il est d'observation que les ventouses scarifiées réussissent mieux que les saugsues,

Dans les cas d'indolence complète, les topiques résolulifs réussissent mieux ; mais, il est rare qu'on retire d'aucun d'eux autant d'avantage que des moxas ou des cautérisalions pratiquées avec la potasse sur le point affecté. Cependant, une observation générale est importante à connaître : ordinairement les sujets difformes sont fort irritables, et , lorsque l’on débute par des exutoires, on produit des douleurs quelquefois fort vives, qui rendent les attitudes difficiles; les malades cherchent une position où les douleurs soient moindres, et ordinairement ils choisissent celle qui peut le plus favoriser l'accroissement de la principale difformité.

En outre , les souffrances ont ordinairement des conséquences graves: le sommeil est in-

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terrompu , la nutrition se fait moins bien et

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les forces se perdent. Les inconvéniens sont bien moindres, si l'on s'abstient de toute atteinte locale douloureuse , jusqu'à ce que les forces soient améliorées : alors, l'irritabilité est moindre, et l'on peut se promettre plus de succès de l'action résolutive que l'on en cherche dans les exutoires.

On présume bien que lun des plus puissans moyens de susciter cet accroissement désirable des forces , est dans l'usage de la gymnastique ; mais, une réserve bien importante sur ce point doit être placée ici.

L'altération des fibro-cartilages se présume grave et profonde, lorsqu'elle est ancienne ; qu'elle a permis une très-grande déviation , de grands écarts de l'épine ; qu'elle est survenue spontanément ; que les déformations n'ont pas cessé de s'accroître, et qu'elles peuvent être réduites rapidement et d'une grande quantité, mais surtout lorsqu'elles ont donné lieu à une altération manifeste et grave de la santé. Dans cet élat de choses , les articulations vertébrales ne sauraient avoir une grande solidité, et des manœuvres qui entraineraient de grands efforts , seraient accompagnées des plus grands dangers. C'est dans

des cas de cette espèce que l’on a vu la rupture des ligamens ou l’arrachement de leurs attaches , et la mort subite. Il est donc important, dans les cas de cette espèce, d’user de ménagement. C'est pour eux que fut inventé le char roulant sur une seule corde tendue dans un cadre à chevalet, dont on peut varier à volonté l'inclinaison par rapport à l'horizon (1). Sur cet instrument , Île corps peut d'abord être reposé horizontalement ; et, le déplacement du fardeau dans cette attitude n'exigeant que très-peu de force, mais le concours de l'action de tous les muscles , il est évident que l’on peut solliciter en toute sûreté le développement de la force musculaire, sans exposer le moins du monde les articulations vertébrales. Ce dernier ménagement ne résulterait pas aussi bien d’exercices qui consisteraient d'abord à supporter verticalement le poids du corps par les bras. On sent bien aussi que la même circonspection que nous venons de recommander

(1) Voyez l'Atlas de l’Orthomorphie , planche LXIV. L'idée de cet instrument a été fournie au professeur Delpech , par une gravure de l'ouvrage de Clhas.

dans la pratique de la gymnastique, doit se retrouver dans l'emploi des forces mécaniques extérieures employées pour rectifier les formes de l’épine , dans les cas dont ïl s'agit, S'il y a lieu de craindre le soulévement vertical du poids du corps par les bras, que n’a-t-on pas à craindre de l'extension pratiquée sur la tête et sur le bassin dans la vue de redresser les courbes de lépine ? Hi faut se défier de la facilité avec laquelle de grandes déviations de l'épine sont diminuées par le simple soulèvement du corps par la tête ou par un decubitus de quelques heures sur un plan horizontal. En général, dans les cas de cette espèce , nous aimons à tenir les malades couchés sur un lit dur, sans appliquer à leur corps aucune force extérieure, jusqu'à ce que la santé soit améliorée et que Jes muscles aient acquis quelque énergie.

Lorsque l'on voit naître alors le zèle, la volonté de travailler, l'on peut se fier à ce témoignage intérieur d'amélioration des forces et de restauration de la densité des tissus organiques.

OBSERVATION LXI. ( PI. XLIT, XLIIT et XLIV.) f-

. Uxe enfant, née de parens fortement constilués , était sujette, en bas âge , à de fréquentes coliques. À 10 ans, elle éprouva des douleurs à la région lombaire , qui durèrent | plusieurs jours, à l'occasion de culbutes D qu'elle avait faites avec ses compagnes. Bientôt sa taille parut altérée. Un an après, portant un enfant de son âge, elle fit une chute et se blessa assez sérieusement aux lombes, pour éprouver de vives douleurs et une syncope. Depuis lors , on observa de la pâleur, de la tristesse , la perte de l'appétit, des coliques plus fréquentes. Une difformité consi- dérable se fit remarquer. Elle nous fut présentée , et nous reconnümes une grande inflexion lombaire avec un balancement interscapulaire. Les deux courbures étaient trèsprononcées , mais très-aisées à redresser par l'extension. La malade garda d’abord le repos dans l'attitude horizontale ; puis elle commenca l'usage de la gymnastique. Il y eut une amélioration si prononcée dans l’ensemble de ja santé, que l'extension fut commencée : elle se fit avec réserve et donna alors des résultats rapides et solides. Au commence-

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( 366) ment, Ja taille qui était de quatre pieds deux | pouces , fut, au bout de quatre mois de traitement, de quatre pieds quatre pouces dix lignes , et la diflormité s’effaçca entièrement.

__ Des symptômes qui méritent la plus

grande attention dans Îles mêmes vues, Sont ceux d’une altération passagère de l'organe de la vision, au moment où le malade commence à être tendu ; ou bien un bruissement d'oreilles, un momeut d’extase avec où sans privation passagère des sens, ou l’engourdissement d’un ou des deux bras ; ou bien enfin, des crampes dans les membres inférieurs ; tous symptômes de lalongement de la colonne vertébrale , de Ja distension de la moeclle-épinière , du refoulement d’un ou de plusieurs fibro-cartilages dans les trous conjugués correspondans , et de la compression de quelques-uns des nerfs du plexus axil- Jaire. Des infirmités incurables, et quelquefois des malheurs plus grands encore, peuvent ätre la suite de l'état qui donne lieu à de semblables phénomènes, si l'on n'est attentif et si l'on ne cède aussitôt aux indications qu'ils renferment. On trouve dans l'Orihomorplhie, deux faits démonstratifs sur ce point.

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