‹ Observations cliniques de la taille et des membres ... accompagnées d'un atlasChapitre 94 sur 107 · EDS NOIR ENCE UE · texte numérisé non relu

EDS NOIR ENCE UE

à - eZ ea RE EPRRe nee Se

bras sur sa face dorsale , et saillie des quatre

fragmens de la face palmaire : effort qui devait avoir rompu le périoste de cette dernière région dans les deux os. Un appareil méthodique fut mis en usage : la réduction en fut bien opérée dans le moment ; mais le praticien chargé de la malade s'étant trouvé distrait par d'autres objets , cet appareil ne fut renouvelé que fort tard. Alors, la fracture était réunie ; mais le déplacement des fragik mens s'était reproduit dans le sens que pou- | vait permettre la déchirure des périostes. En conséquence , les quatre fragmens formaient une grande saillie daus le milieu de la face paimaire; les muscles fléchisseurs des doigts en étaient soulevés et tendus ; la main était fixée dans la flexion du corps ; les premières phalanges de tous les doigts étaient guindées dans le sens de l'extension et les suivantes dans celui de la flexion. Le tout était fixé et immo-

bile dans ses attitudes , et l'utilité de la main eût été perdue pour jamais , si les choses eussent dû rester en cet état. Nous fimes cons- truire un appareil (1) composé de deux attelles de bois destinées à être placées sur les faces dorsale et palmaire de l’avant-bras et de la main ; l’une et l’autre étaient brisées , et celle de la face dorsale était articulée par des charnières dans toutes les sections : cellesci corresponudaient à la fracture de l’avantbras , à l'articulation du corps, à celle des premières phalanges des doigts. Des crampons de cuivre servaient à régler la place des courroies à boucle , qui assujettissaient les diverses parties de l'appareil. L’attelle dorsale portait à chaque charnière un appareil composé de deux potences articulées chacune avec un sabot taraudé: les deux sabots recevaient chacun une extrémité d'un fuseau dont les deux bouts étaient taraudés chacun en sens inverse: Ja partie moyenne du fuseau taillée carrément était menée à droite ou à gauche par un dé à fourche , et ce mouvement donnait pour résultat l’alongement ou le raccourcissement du fuseau ; par conséquent , la flexion ou

(1) Voyez les planches,

4 D'NONER

sé et Es Le se 0 ER

(426 ) l'extension de l'appareil tout entier. Cet appareil fat placé d'abord sur le membre, en Je conformant à la position vicieuse de celuici ; mais, en faisant jouer ensuite les fuseaux, il fut aisé de donner aux parties du membre difforme des impulsions contraires et tendantes au rétablissement des formes normales. De grands ménagemens furent employés d'abord ; mais ensuite il se trouva tant de facilité à vaincre toutes les résistances , que l'on ramena tout , el en assez peu de temps , aux formes convenables. Une remarque qui nous inspira le plus vif intérêt , est que les fragmens de la fracture se laissèrent parfaitement redresser, et que l’adhérence que les muscles fléchisseurs des doigts avaient contractée avec eux fut vaincue; en sorte que les mouvemens naturels de Ja main et des doigts furent complétement rétablis.

— La perfection de ce résultat est si grande, que l'on ne peut se refuser d'admettre que, pendant la durée du déplacement des fragmens , ces pièces osseuses passaient à travers une rupture @es périostes correspondans au côté saillant de la fracture , que les surfaces libres des os ayaient été plongées au sein

des muscles fléchisseurs, que la réduction progressive des fragmens les avaient retirés de celte situation et les avaient remis en contact avec eux-metes en les dégageant des muscles qu'ils avaient blessés, et qui en furent remis en:liberté. De là, le rétablissement des mouvemens avec une perfection que nous n’eussions pas osé espérer. Des faits où les mêmes phénomènes se sont passés tout-à-fait de la méme maniere, confirment l'explication que nous venons de donner du premier.

Page 1