Observations d'un catholique sur l'Histoire du Canada par l'Honorable William Smith [microforme]
Quiconque a suivi d’un œil attentif les évènemens qui se sont succédés en ce pays, depuis sa conquête, est pleinement convaincu des efforts combinés et constans de la prévention et de la malveillance, pour dénigrer les Canadiens, déprimer leurs institutions, et jeter un nuage sur leur religion. D'abord, et assez longtemps, leurs traits ont été aiguisés et lancés à la faveur des ténèbres; ensuite elles ont osé, mais par degrés, et avec certains ménagemens proportionnés aux différentes époques découvrir leurs batteries cachées ; et voilà qu'elles ont fini par jeter tous les masques, pour se montrer sous leurs formes les plus hideuses,
L'homme sage et réfléchi contemple, avec pitié, les anecdotes indécentes et mensongères, lancées périodiquement contre nous dans certaines feuilles vénales; il lit de sang-froid les assertions absurdes de quelques journaux, dirigés par des individus obscurs; et il s’égaye parfois aux dépens de ces étrangers voya. &eurs, qui ne visitent de notre Canada qu’une partie du fleuve et nos deux villes principales, et qui dans leurs descriptions, comme dans leurs routes, se suivent soutonnièrement. Mais lorsqu'il : voit se ranger sous les drapeaux de nos ennemis, des citoyens respectables, dont quelques-uns vivent au milieu de nous depuis près d'un demi-siècle, des hommes qui y tiennent un rang distingué, et qui ont à souhait the loaves and fishes, c’est alors qu’il rentre sérieusement en lui-même, qu’il se livre aux réflexions ac: cablantes, et que dans sa douleur il s’écrie avec le poëte :
Quæ venit indignè, pœna dolenda venit,
Si mon âme, en ce moment, est en proie à des émotions profondément sentier, elle les doit à cet ouvrage qui voit le jour sous le titre d'Histoire du Canada, etc., et auquel notre concitoyen M. William Smith s eu le rare courage d’attacher son nom. Cette production, si singulièrement informe sous tous les rapports, et si mystérieusement mise au jour après dix années de sommril, nous annonce sans détopr les souhaits et les intentions de nos ennemis. Elle met en évidence cette vérité, non encore avouée ouvertement, que la conspiration commencée.à la conquête sous les ombres, et qui se poursuit aujourd’hui au grand jour, avec une violence qui ne connaît plus de mesures, tend directement à frapper de déloyauté le peuple canadien, et à anéantir sa religion.
Je ne puis, M. l'éditeur, faire un volume, et je sais qu’un journal ordinaire ne pourrait accueillir le demi quart des réclamations à faire contre cette nouvelle histoire du Canada. Dans get embarras, j’ose appeler à l’aide votre feuille, toujours ouvertg
au malheur et à l'innocence, pour signaler au moins quelquesuns des passages les plus palpablement frappés au coin des pas. sions haineuses. Et pour abrêger davantage, je m'attacherai seulement à quelauee-e0 des inculpations les plus saillantes contre nos maisons religieuses, nos institutions saintes, et les membres de notre clergé; lesquelles inculpations se dirigent naturellement, et suivant l'intention dernière de T'auteur, contre cette religion si vénérée des Canadiens, et si chère à leur cœur.
Je ne me permettrai qu’une seule exception en faveur d'un passage remarquable, qui se lit À la page 48, 1er vol. L'auteur, en y parlant des aborigènes de notre continent, affirme qu'ils n'ont ni temples, ni autels, ni prétres, et qu'ils n’ont aucune idée de la Divinilé; * not the smallest notions of God.” Cette assertion, dans sa généralité, et en tant qu’elle regarde l'époque de la découverte de l'Amérique, est dénentie par tous les monumens de l’histoire. De Acosta, Robertson, Charlevoix, Lafitau, Lescargot et une foule d'autres parlent de temples, d'ofrandes, de sa 8, de prêtres, etc. Quant aux temps postérieurs, se peut-ilque EP ARS ENES la lumière de l'Evangile ait éclairé notre hémisphère (à l'exception des pays découverts dans les der. nières trente ne années) depuis la Baie d’Hudson jus. qu’à la l'erra del Fuego ? N'aurait-il jamaisentendu prononcer le mot de Paraguay, dont les institutions politiques, appuyées sur des bases religieuses, offraient naguère un miracle sans ex. emple danslesannales du monde ? ni lunulle part combien d’homres apostoliques ont sacrifié leurs vies pour planter la foi dans la portion sud de notre continent, dont les naturels, avec très-peu d’exceptions, ont reçu l'Evangile? Mais enfin la mémoire de l'historien du Canada l’aurait-elle trahi, méme sur son propre terrain, au point de lui avoir fait oublier que nos missionnaires ont, à différentes époques, arrosé de leurs sueurs et de leur sang ces pays immenses baignés par nos mers méditerranées, par nos grands
vues, par ceux du Mississipi, de l'Ohio, etc., etc. ? Voyez après cela avec quelle grâce ce monsieur vient nous apprendre ge des millions de ces peuples infortunés sont forcés, et chose trange ! horrible fatalité ! par les lois immuables de la nature, à lens de ce monde en l’autre, sans avoir été éclairés des lumières de l’Evangile !
Au reste, le silence profond et affecté de l’auteur sur les missions et missionnaires du Canada, serait inconcevable, si la teneur générale de son travail ne décelait lemystère. Ces missions, soutenues avec tant d'éclat, pendant une longue suite d’années, ét si intimement liées avec notre histoire, méritaient, à tous égards, une mention honorable, Les faits de ces hommes de Dieu, qui ont porté le courage évangélique jusqu’à l’héroïsme, les B f, les Lallement, les Brassani, les Rasles et tant
d'autres, n'auraient pas déparé les plus belles pages de l’histoire d’aucune notion au monde. Mais cette belle portion du tableau de notre histuire n’entrait pas dans le cadre des plans de l’auteur, Au contraire, ces détails l’auraient jeté dans une route diamétralemeut opposée à son but, comme je m’empresse de le démontrer.
J'ouvre le même volume à la page 194, et j'y lis, non sans étonnement, que les religieuses de l’Hôpital-Général de Québec (en 1735):
‘,. acceptaient fréquemment des invitations à dîner et à souper,
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“ se mélaient dans la société, sans égard à leurs vœux, quiles « Jisient à leur couvent.”
Cette assertion toute entière est controuvée, il n’y a pas un mot de vrai, ct je ne puis revenir de mon étonnement que l’auteur ait osé exposer sa réputation comme historien, au point de répéter une fable qui n’a pas même le mérite de la vraisemblance ; lui qui a vécu tant d'années si près de cette maison, et qui ne pouvait ignorer l'estime un'verselle dont elle jouit à sijuste t tre ; Jui qui, comme un autre, aurait pu, en moins de vingt-quatre heures, puiser à dessources pures, et vérifier les mémoires sur lesquels il s'appuie,
C'est en me portant vers ces sources, que j’ai appris que l'Hôpital-Général avait été long-temps dans un isolement parfuit, et entouré d’une furêt épaisse; que pendant ce temps les religieuses, n'ayant pas de clôture prescrite (paroles dignes de remarque ici) jouissaient d’une certaine liberté de vaguer autour de leurs bâtimens extérieurs, jardins, et petits terrains défrichés, sans pourtant visiter les habitations des eue dont les plus proches étaient alors dans la hante ville de Québec; que la communauté ayant pris, ainsi que la population du pays, vers l’année 1730, un accroissement considérable, Monseigneur Dosquet juges à propos de donner un mandement qui porte :
“ … Jusqu’àce qu'il y ait une clôture réglée, voulons que les
“ murailles du monastère en soient ; qu’on puisse tout au plus
4 aller dans le jardin tel qu'il est aujourd'hui.”°
Dans ce mandement, le seul qui ait jamais prescrit la clôture de cette maison, point d’infractions aux règles mentionnées, point de désordres à corriger, enfin point de réformes : au contraire, tout y respire une bonté paternelle; c’est une douce exhortation à nous de Dieu, du prochain, des devoirs mouastiques
Mais, M. l'éditeur, ma preuve ne s’appuie qu'indirectement sur ce qui précède : j'ai d’autres témoins, d’autant plus précieux qu'ils purtent avec eux l'évidence, sans obliger d’aller fouiller dans les temps passés. Ce sont de simples dates (Celle du mandement cité est du 8 janvier 1730, et celle de la lettre du comte Maurepas du 9 avril 1732 Rapprochez maintenant ces chiffres, et voyez si je ne suis pas en droit, sans blesser les règles des convenances, ni même celles de la modestie, d’appliquer à l’auteur ces paroles: ‘“ J{aqueatus es verbis oris tui, et captus propriis sermonibus."”
Je ne nie pas que Maurepas, vendu à la faction philosophique, et qui n’était pas pie Jou de religieuses que Condorcet son panégyriste, ait pu, à l’instigation de quelques malveillans, susciter des tracasseries à cette institution, Mais je regarde comme une cruauté de traduire sur la scène, sans examen, et surtout sans but utile, ces âmes généreuses, qui se dévouent avec tant d’in-
trépidité au soulagement de l’humanité souffrante, et dont la vie, selon la nature, est un martyre continuel,
La page 105 offre un passage tout aussi singulier, et tout aussi vrai, que le précédent. 11 est vrai que l’évêque de Samos avait fait un cas réservé à lui seul de la vente des boissons fortes aux sauvages. Mais si l’auteur se fût donné la peine d'interroger quelqu'un de ses amis catholiques, il aurait appris que cet état de choses, sans parler des cas de nécessité, admettait des permissions écrites, surtout pour les lieux lointains. 11 se serait épargné par-là la bévue de faire venir les gens de Frontenac pour cet
objet, et il n'aurait pas Le de sa conscience de cette autre asser
tion, non moins contraire à lu vérité, que l'évêque, sur un urdre du roi, leva immédiatement cette restriction. Cette restriction dura plus de cinquante ans sprès cette époque, comme il ent facile de le vérifier par un mandement de Monseigneur J. F. Hubert en date du 10 décembre 1788.
La lecture de la note qui est à la page 203, me ramène naturellement sur mes pas pour revoir ls page 199. Jerelis de même et plus attentivement les deux passages que je viens de discuter, et je recherche de nouveau cet endroit (pe 72) où l'auteur parle du prince comme évégue du dehors de l'église (1). Un vivlent soupçon, que je conçois à l’occasion de ces différens passages, me fait entreprendre la tâche laborieuse de poursuivre ma lecture, et je ne la termine ge l'ouvrage même. 1ILn'est guère faci. le de décrire les différens sentimens d'étonnement, de douleur et d’indignation qui s'emparent tour à tour de mon âme à la vue de tant d'efforts pour détruire na religion. Vouloir placer à la tête de notre église du Canada un chel' luique, et étranger à nos doctrines, est un attentat à la fois absurde et cruel, qui appelle. rait sur ma tête cette persécution qui déjà en Angleterre a tant fait couler de sang. Car ce monsieur, qui écrit de l’histoire, ne
eut ignorer combien de têtes catholiques ont été abattues sous Henri VIII et plusicurs de ses successeurs, précisément et uniquerv'nt pour relus d'admettre cette suprématie du roi, qu'il veut nous imposer.
Et si l'auteur persiste à dire que sous l'ancien régime les prin. ces étaient évégues du dehors, ete., c'est-à-dire dans son sens, chefs de l'église, ma réponse est simple et courte. Les princes catholiquer, depuis Constantin-le. Grand, ont toujours ét6 consi. dérés comme protecteurs .nés de l'église et des canons; et à ce ti. tre. ils ont, à différentes époques, obtenu de la cour de Rome des
-priviléges et faveurs qui ies ont fait participer à la pnlice extérieu-
re de l'église, mais sans toucher en rien au spirituel Leur re. connaissance n’a pas été stérile: ils ont en retour accardé à l'église une portion de leur pouvoir politique ; et c'est cette com munication alternative de faveurs et de priviléges qui a amené cet état d’union et d'harmonie (quelquefois interrompu à Ia vérité par des prétentions outrées), que nous admirions naguère dans les états catholiques, et que les libéraux et malveillans de nos temps cherchent à détruire, avec un acharnement qui semblerait dire que chacun d'eux a adopté pour devise ces paroles énergiques du poêëte :
à Flectere si nequeo Divos, Acheronta movebo.
Mais comme 1l n'existe aucun concordat entre la cour de Rame et celle de Londres ; que les lois du royaume interdisent même à celle-ci toutes relations religieuses avec le souverain-pon« tite; il s'ensuit que loin d’être le chel' de noire église du Canada,
(1) Dans les différens endraits indiqués ici. l’auteur prétend que les rois de France, seuls et de leur propre chef, établissaient et abolissaient les fêtes et cérémonies religieuses, ordonnaient les réformes dans les monastères, l'abolition des cas réservés, etc. Etilen déduit cette conséquence, qu’il établit en principe: Que les rois de France étuient les chefs de l’église du Canada, et que leurs successeurs, les rois d'Angleterre. le sont devenus par le droit de conquête. Vid. vol. 2, p. 227. é.
sa majesté ne peut pas même en être l'évégue du dehurs(2). D'un autre côté, que nos évêques aient, comme ils ont tnujours eu, si je suis bieu informé, égard aux désirs raisonnables de nos chefs politiques, cela ert une loi des convensnces comme de l'Epad qu'ils se prêtent dans certaines circonstances à leurs intentions pures et droites, rien de plus juste; mais qu'ils deviennent les vice-gérens de l’exécuuf, c’est 1à une toute autre histoire.
L'attaque contre l'abbé Leloutre (pp. 217-18), et surtout l'insiouation qu'il concourut au meurtre du nommé Howe, est à la fois indécente et mal fondée, J'ai eu l'avantage d'interroger à ce sujet des hommes d'honneur et dignes de foi; trois missionnaires qui ont vécu assez long-temps au milieu des Acadiens contemporains de cet abbé, et gouvernés civilemen( par lui. Leur témoignage unanime le donne pour un homme d'honneur, de talens, et de naissance. 11 jouissait de la confiance entière de son gouvernement, et de son évêque, dont il tenait des pouvoirs extraordinaires. Et une chose qui surprendra quelqu'un, c'est que c'est cet abbé, dont la fermeté a 616 travestie par l’auteur en tyrannie, qui interdit et chassa ce mauvais récollet marchand,
ont M. Smith a décuplé les vices à la poge 246.
La seule ombre de blâme qui pourrait tomber sur ce trèr-estimable ecclésiastique, ainsi que sur quelques autres missionnaires de ce que l’on appelait alors l’Æcadie, serait d'avoir, par des motifs et religieux et temporels, exhorté les Acadiens à faire le sacrifice de leurs propriétés, plutôt que de prêter le serment d'allégeance au gouvernement britannique. A ces mots j'entends crier à l'intolérance à la bigoterie. Mais après tout, M, l'éditeur, cet abbé Leloutre, ces missionnaires n'étaient pas tous des idiots. Une cruelle persécution, ouverte à cette époque, et qui conti nuait depuis plus de deux siècles, contre les catholiques en Angleterre, ne devait-elle faire aucune impression sur ces missionnaires? Les confiscations de biens, les chaînes, les cachots et l'exil ne devaient-ls pas entrer dans leurs calculs sur le sort futur de ces Acadiens(3)? J'’abandonne avec confiance cette
uestion au tribunal du sens-commun; et pour fermer la bouche
certaines gens, toujours invprudens, toujours mal-avisés, je me permets de leur donner ce'te leçon : ‘ Afen of glass, throw no stones.”"
Le fait, s’il est vrai, de La Jonquière (p. 222) qui déplace un missionnaire, prouve seulement une infraction aux règles établies: jamais aucun de ses prédécesseurs ne s'était arrogé ce droit, et aucun depuis lui ne l’a exercé. Et j'ose prendre ici le ton de prophète pour dire, que jamais nos evêques ne perdront la grâce de Dieu au point d'abandonner à nos chefs laïques la feuille des bénéfices. Ce serait, après la suprématie toutefois, le dernier
(2) IL est digne de remarque que l'exécutif, lorsqu'il s’est mê- 16 de la nomination de nos évêques, a toujours prétendu le faire en conséquence de la suprémalie, et non en vertu d'aucun concordat avec Rome, ou privilége de nos rois’ comme successeurs des rois de Fränce.
(3) Ces faits étaient pareillement connus dans le Canada; et comment s'étonner qu’ils inspirassent aux Canadiens une nouvelle ardeur pour la défense de leur patrie, accompagnée d’une certaine horreur pour ceux qu'ils regardaïent comme les per sécuteurs de leur religion ?
malheur qui pût arriver aux Canadiens. Quant à ceux qui pourraient se scandaliser de la conduite de La Jonquière, il sufit de les informer qu'il vivait à une époque, et suus un gouvernement, où toutes les choses, comme toutes les opinions, ches une certnine classe d'hommes, commençaient à se déplacer, pour amener cette catastrophe, à jamais inémorable, qui devait verser tant de maux sur la France,
Mais voici encore un mauvais prêtre (note, p. 291), et qui, À la méchanceté, ajoute la bétise de tomber mort sur le rivage du fleuve Saint-Laurent, Et de quoi ?—De rage; non de celle que les médecins dénomment hydrophobie, mais de cette rage qui est synonyme de transport de fureur. —Et à quelle occasion ?— A l'apparition de la flotte anglaise! 1i faut, M. l'éditeur, que ce malheureux pécheur ait été privé de la sépulture des chrétiens: car nord ct sud au bas de Québec, ni les régîtres mortuaires, ni même la tradition, ne mentionnent ce fait extraordinaire, ni même la sépulture d'aucun ecclésiastique à l'époque désignée. Et j'affirme la chose pour avoir pris moi-même mes informations sur tous les lieux, à l'exception de trois ou quatre, dont je me suis procuré des renseignemens incontestables.
Mais ai ce misérable périt si ignoblerent et sans coup férir, il n'en sera pas de mème de son confrère du Château- Richer. Tournez, M. l'éditeur, les feuilles, et arrivez à la page 508. Vous y lisez qu'un prêtre se fortific eu Château- Richer, dans une grande maison, avec 80 de ses paroissiens; que le général Wolfe ÿ envoie un détachement de troupes; qu'une correspondance, dont l’auteur donne mot-d-mot une portion, a lieu entre le prêtre et le chef du détachement; et puis vous y trouvez une description de l'attaque, de la défense et du nombre des morts, parmi les-
uels se trouve le prêtre, à qui on ieva la chevelure. L’indignation sans-doute s'empare de votre âme à la vue d'un ministre de Dieu qui, contre toutes les règles de ses devoirs, endonse la cuirasse, s'enfonce dans la mèlée, et meurt les armies à la main. Mais qui viendrait tout-à-coup vous tire, la preuve en main, que toute cette histoire est une fable, un conte-bleu ; votre indignation, en changeant d'objet, pourrait-elle se contenir dans ler bornes ordinaires? Eh! bicn, monsieur, cette histoire est dans toute la force du terme un conte-bleu, tout aussi bleu que ce couvent de moines plucé au même livu par tant d’autres écrivains, Et si vousne me croyez, le Château- Richer est encore là: plusieurs de ses vivillards, témoins des évènemens d'alors, vivent encure; la tradition est fraîche: interrogez, comme j'ai fait, des hommes intelligens et instruits des faits (4).
(4) Cette singulière affaire du Château- Richer est contée avec tant d'apparence de vérité par l’auteur, que je me suis cru obligé d’aller puiser aux sources. D'’abord les régitres du Château font foi que M. Du Buron y fut curé depuis l’année 1752 jusqu'à 1775. Deux vieillards, témoins de tout ce qui s'y passa en ’59 et 60, sflirment (et la tradition est d'accord avec eux) que ce monsieur n'y fit jamais la guerre, et que le déguisement des gens du Château sous le costume sauvage, est dénué de fondement. Tout ceci est consigné dans un instrument dressé et attesté sur les lieux le 7 du courant (décembre 1826) par trois dignes mem. bres de notre clergé, et pur un jeune monsieur étudiant en im deciue.
( itièe
SRE RÉ TS
Si toutefois il faut à l’auteur une victime réelle, prise dans le clergé, je puis lui en abandonner ure dont l'imprudence conduisitdun horrible crime, mais qu'il verra sans-doute avec regret consigné dans ces feuilles. Un petit détachement de soldats anglais, sous un capitaine fort connu depuis en cette province, débarqua à la côte N. Aussitôt les vieillards avec les feinmes et enfans de s'enfoncer dansla forût. Quelques Canadiens commandés per le capitaine N: et au milieu desquels se tenait le curé du lieu (armé, dit-on, et par conséquent très-répréhensible), furent surpris et mis en déroute. Le malheureux curé, atteint de trois balles et fait prisonnier, " contre les droits des gens, contre les lois de l'honneur et celles de l'humanité, massacré, in cold blood, et avec des circonstances si barbares, que ma plume se refuse à les retracer (5). Se peut-il que le fait que je décris ici, ait donné lieu à la
Jüble du Château-Kicher? 11 est hors de toute vraisemblance que l'auteur eût si mal choisi. Quoi qu’il en soit, détournons nos yeux de cette scène d'horreur, dont je tais le nom &: l'auteur, par les égards dûs aux membres vivans de sa famille, et voyons des accusations d'un autre genre, qui se trouvent à la page 351.
Le général Murray, y est-il dit, fit savoir à la supérieure de l'Hôtel- Dieu, que c'était en punition de la correspondance qu'elle avait entretenue, pendant tout le cours de l'hiver, avec l'armée française (qui avait hiverné, remarquez-le bien, à Montréal) qu’il avait donné ordre de détruire le moulin et la maison du Calvaire (à Saint- Augustin).
A ce passage, dont l’auteur ne {urnit aucune preuve, j'op-
poserai avec confiance la communication suivante, reçue d'un monsieur de la plus haute respectabilité, et datée du 30 octobre 1826 :
“ ,. Quelques troupes françaises stationnées à l’ancien domaine « de Saint- Augustin et ailleurs, s'étant avancées jusqu'à la ri- ‘ vière du Ca uge, y provoquèrent les Anglais. Ceux-ci les ‘ mirent en fuite, et les poursuivirent jusqu'au Calvaire. Après ‘ avoir tué une jeune fille dans la maison du domaine, où elle 4 était restée seule avec son père, ils descendirent sur le rivage, ‘“ et y mirent le feu au moulin, qui fut réduit en cendres...”
Ce monsieur nes'en est point tenu à des rapports vagues ; il a pris les dépositions d'hommes dignes de foi, témoins oculaires de la chose, vieillards habitans de Saint- Augustin, dont les noms seront produits au besoin. Et je me persuade d’après leur témoignage, joint à d’autres circonstances, que cet incendie de moulin est un accident amené uniquement par les évètiemens fortuits de la guerre,
Mais je suis proue scandalisé des efforts que fait l’auteur ici et ailleurs, pour flétrir un nom cher aux armes’ britanniques. Supposez le fait de la correspondance vrai dans toutes ses circonstances ; est-il croyable que le général Murray, placé si haut, ait pu oublier toutes les convenances au point de se venger si lâchement de pauvres filles, vu surtout que cette punition n'était plus un remède au mal? M. Smith cherche à me persuader
que le généralent en défaut ; et comment s’y prend-i ? Parle langage, je ne dis pas indécent, mais brutal, qu'il lui met à la
(5) J'ai sous les yeux un détail très-circonstancié de cette sanglante tragédie, fourni par un monsieur très-recommandable par he connaissances, et qui a Pr connu les acteurs de part et autre.
bouche, à l’occasion de Mad. Saint. Claude, supérieure de 1’ Hôpital- Général de Québec. Cette dame était d’une naissance distinguée (De Ramsay) et d’une éducation fort soignée; elle mérita d’être élue deux fois à la supériorité de sa maison : aussi les personnes qui l'ont connue, et qui ont vécu avec elle, ne savent si elles doivent plus s’indigner du procédé äéshonorant du général, si le fait est vrai, que de la singulière inadvertence de l'historien qui reproche à cette dame précisément la chose qui devait le plus tourner à sa gloire, Et quel est ce reproche ?— D'avoir, étant encore sous la puissance française (remarquez bien ceci), encouragé les Canadiens à la résistance, c’est-à-dire, à leur devoir. Quelle nouvelle espèce de crime !
Mais comme si ce n’était pas assez d’avoir exposé, dans tout son jour, la brutalité du général envers le sexe (6), l’auteur fournit, à la page 352, un morceau qui seul suffirait pour vouer à une exécration éternelle le nom de ce premier gouverneur du Canada après laconquête. Vous vous étonnez peut-être, M. l'éditeur, de mes expressions; mais voyons. Le général (p. 352), après avoir harangué les habitans de Sainte-Croix et Lotbinière, qui venaient de mettre bas les armes, se tourna, dit le texte, vers un prêtre, et ajouta :
‘ Le clergé est la cause de tous les malheurs qui sont arrivés ‘6 aux pauvres Canadiens, qu'ils retiennent dans l'ignorance, ‘ qu'ils excitent à la méchanceté /wickedness) et à leur propre # perte... Prèchez l’Evangile qui est votre seule affaire. ..et n’ayez ‘6 pas la témérité.. de vous mêler de la guerre.”
Ici l’indignation cède à un autre sentiment, celui du plus profond mépris pour l’auteur d’un jargon si pitoyabie. Mais j'ai à regretter en même temps de découvrir ici, sous le voile du langa-
e d'autrui, les sentimens bien marqués de l’historien du Cana-
a pour notre clergé, lesquels se manifestent en tant d’autres endroits de son ouyrage. Faire un crime aux membres du clergé de leur loyauté, et de leur dévouement à leur prince-et à leur patrie ; les blâmer de leurs efforts constans pour encourager les soldats de la nation à rendre à César ce qui est à César, est un langage qui, à mon gré, n'est guère en harmonie avec cet Evangile qu’on leur recommande tant de prêcher. C’est, au contraire, une doctrine que jusqu'ici j’avais toujours cru appartenir exclusivement aux démagogues de tous les temps et de tous les pays.
La vérité est, que la nécessité de l'obéissance politique des peuples à leurs gouvernemens admis et établis, est un principe de religion enseigné et prêché dans toute la catholicité; et nulle part, j'ose l’aflirmer, donne-t-on plus d'exemples de cette vertu que dans notre Canada. Et voici un fait peu connu, qui vient à l'appui de mon assertion, et qui seul vaut un volume d’argumens. Quelques champs des paroisses de Saint-François ( Rivière-du- Sud), de Saint-Vallier et de Saint-Michel, dans le voisinage de
(6) IL paraît en effet, par le trait suivant, que M. Smith a raison de donner comme peu délicats sur l'honneur quelques-uns des chefs de l’expédition anglaise. Dans une descente à la Pointe-aux-'Trembles de Québec, on enleva les sœurs religieuses, avec toutes les jeunes filles du pensionnat, et après les avoir exposées et promenées dans un vaisseau de guerre {quelle indécence!), on les jeta pêle-mêle sur le rivage du Cap-Rouge! C'est dans cetie même descente que furent enlevés plusieurs vicillards, dont on n’a jamais eu depuis ni vent ni nouvelle.
la capitale, offrent aux voyageurs étonnés le spectacle de tombeaux. Qu'est-ce là? demande-t-on ordinairement avec empressement. La réponse est, que ce sont les restes mortels d'individus à qui l’on a refusé Îles sacremens à la mort, et la sépulture chrétienne après Mais qui a refusé?—Plusieurs membres du clergé de l’ancien, et quelques-uns du nouveau régime. —Et pourquoi? Pour avoir maintenu, quoique citoyens paisibles d’ailleurs, que George IF n’était pas leur souverain légitime.
Les conclusions sont évidentes, et l’on voit ici la rêgle de conduite du clergé d’avant la conquête, de celui de 1775, et enfin de celui de 1812, qui a mérité si éfninemment, et obtenu, malgré les clameurs de ses ennemis, l’approbation du gouvernement.
L'esprit fatigué, et le cœur navré de douleur, je m'éloigne à la hâte d'une discussion où l’auteur met un ton, une mesure, et surtout un langage, qui ne peuvent que dégoûter tout lecteur déle “ad RAA sue is F
,n parcourant la page 356, je jette en passant un regard de pitié, Mêlé de mépris, sur horrible qualification de révérend Judas, que l’auteur applique à un prêtre (7), de son aveu même énnocent, puisque les armées ennemies étaient en guerre ouvérte, et que ce prêtre n’était ni prisonnier, ni sur sa parole d'honneur, &c. ; et je m'empresse (contre ma promessse, je l'avoue) de me rendre à la page 373, pour me distraire un moment par un noûveau conlte-bleu.
Une ville de 200 maisons détruite dans la Baie-des-Chaleurs ! Cela me rappelle cette église succursale { chanel of ease) que l'auteur place dans la paroisse de Varennes; ce pré de Sainte-Croix à l'embouchure de la rivière Saint-Charles, où il fait hiverner Jacques Cartier, au lieu de la rivière qui porte son nom; cette expression, Saints Sutpitiens, dix fois répétée, au lieu de Sulpitiens; D'Eglis, au lieu de Deszly, l’un de nos respectables évêques, et contemporain de l’auteur; Lotbinière, nom d'une de nos familles distinguées, au lieu de Lavalinière, homme remarquable par son peu de génie, et encore davantage par ses excentricités ; etc., etc., étc.
Eu verité, M. l'éditeur, je serais porté à croire que ce Monsieur Sinith a passé sa vie et écrit son histoire au Cap- Horn, ou dans quelqu’une des a polaires, s’il en existe ; tant il défigure nos usages et notre langue ; tant il ignore la géographie de notre pays; tant il confond les choses et les personnes, etc ; et cependant on le dit au milieu de nous depuis plus de 40 ans!
Je quitte sans regret le premier volume et reprends avec peine le second, qui offre le rare exemple d’un livre composé presque totalement de notes. Et de quelles notes ?— De notes puisées la plupart chez autrui, et dont les trois-quarts sont tellement dénués d'intérêt, que les égards ordinaires pour les lecteurs auraient dù les supprimer, ais je dois être cuurt pour plus d’une raison, et je me rends de suite aux pages 38 et 39, non pour m’y arrêter, mais pe dire, en passant, que le langage que l’auteur y fait tenir à Monseigneur Briand, est le langage d’un émnbécille.
(7) Un prêtre, dit le texte, alla à bord d’un vaisseau anglais, où il fut bien traité par lord Rollo. Le lendemain, au moment où ce prètre souhaitait du rivage un bon voyage au lord, la batterie des Trois- Rivières s’ouvrit contre le vaisseau et y tua du monde; et voilà le crime qui fuit de ce prêtre un autre Judas, et qui lui donne place dans l’histoire.
Un simple faiseur de prêtres ! 11 n'existe rien de semblable dans În hiérarchie de l’église catholique,
Me voici enfin rendu aux conclusions générales de l’auteur contre ma religion ; me voici en présence des anathèmes prononcés contre l'église catholique du Cauada. Ce sont la page 226 et les suivantes qui offrent ce scandale. Elles nous apprennent en substance :
1° Que depuis la conquête, nous catholiques, n’avons plus d'évêques en Canada.
29 Qu'à l’époque de la conquête, tous leurs pouvoirs ont été transférés aux souverains de la GC: ande- Bretagne.
Je dois ici comme catholique élever la voix (et plût au ciel qu'elle pût retentir jusqu’au ford du cabinet de Saint-James !) pour publier que tous les parlemens, tous les traités, et toutes les capitulations du monde ne sauraient m'arracher ma religion ; que je ne puis, comme je l’ai déjà dit, me soumettre, dans les choses purement spirituelles, à un chef qui professe une doctrine étrangére à ma croyance catholique, et encore moins à un laïque, auquel M. Smith et le procureur-général {par nobile fratrum ! attribuent, par je ne sais quelle magie, le pouvoir de consacrer le pain et le vin, me conférer les saints ordres, etc. Car ces paroles {p. 227): ‘The office (of the bishop) was annihilated, and all the POWERS INUERENT THEREIN transferred to His Majesty," etc, renferment implicitement cette absurdité, ou elles ne sigaifient rien,
La droite raison, la justice et l’honneur combattront à mes côtés dans cette lutte, et maintiendront avec moi, contre les conclusions du procureur-général, aidé de M. Smith, que la promesse solennelle du LIBRE EXERCICE DE MA RELIGION, tant de foisrépétée dans les différentes proclamations des généraux et gouverneurs britanniques, et ensuite confirmée par les capitulations de Québec et de Montréal, et par le traité de paix de ’63, ne peut être violée sans sacrilége, puisqu'elle m'a été donnée sous la foi du serment.
Que si l'on m’objecte la suprématie du roi, toujours exprimée dans les capitulations et autres actes publics, je répondrai sans hésiter que cette clause est nulle, qu’elle est une {ettre morte (a dead letter), parce que cette suprématie n'est pas essentielle au bon gouvernement de la province, comme plus de 60 années d'expérience le prouvent jusqu’à l'évidence ; parce qu’elle ne saurait ajouter un îola de prospérité à l’état ; et enfin, et indépendamment de toute autre raison, parce qu’elle anéantirait la religion, et avec elle le bonheur de 400,000 fidèles et loyaux sujets britanniques. Que si ces argumens ne produisent pas l'effet dé. siré, je ne cesserai alors de répéter qu'on m'a offert toute ma re.
digion, et queje ne puis nine veux la recevoir morcelée et défi-
Je n’ignore pas que plusieurs de ceux qui se tiennent habituel. lement, la hache en main, à la racine de nos institutions civiles et religieuses, osent prononcer ce blasphême: L'église du Canada, pour erister, n'a pas besoin du souveruin-pontife ; un évêque
à serait nommé uniquement par S. M. Britannique suffirait. Que des individus ignorans ou dévorés de préjugés parlent ainsi, cela n’étonne pas; que C*s gens à conscience gangrenée, et pour lesquels la haine est un besoin journalier, affichent de tels paradoxes, il n’y a rien de surprenant en cela ; mais je ne puis reve. nir de mon: étonnement, ni supprimer ma douleur, lorsque je
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e dans 4 (15) rcon- L remarque des citoyens estimables d’ailleurs, doués de talens et de oncés Ke savoir, s'abaisser au niveau de tels gens, et faire cause commune 5 et les ‘à avec eux, u sub- À 1ci ma pensée se porte naturellement vers un personnage, notre ‘4 vénérable juge-en-chef, que je ne puis, il est vrai, confondre avec s plus he les précédens, mais que j'ai encore l'extrême douleur de voir at- # taquer ouvertement, et d’une manière solennelle, les principes ont été 4 fondamentaux de mon église. J’en atteste son Essai de l’Hisfe toire de la Jurisprudence, etc. où, après avoir peint ma religion au ciel 4 d’après les notions et les couleurs jansénistes, il avance, contre la ames !) - a vérité de l’histoire, que l’église gallicane, pendant le schisme utes les 4 d'Avignon, avait rejeté toute autorité étrangère. Ms réponse à ligion ; & l'honorable juge, et à tous ces messieurs qui font et défont les ans les pi constitutions religieuses à l'instar des constitutions civiles, est octrine À celle-ci: Un corps sans tête, ou avec une tête étrangère, est, au laïque, À moral comme au physique, un monstre. um ! £, Quant aux érections de paroisses, dont parle l’auteur à la acrer le ; page 226, où, par parenthèse, il applique jusqu’à trois fois à mon paroles vénérable évêque, et avec, sans-doute, un ris sardonique sur les ed, and lèvres, le terme Romish, l'un des plus incivils que fournisse njestys"" k l'idiome anglais, voici la vérité sans fard, Depuis la conquête, la ne si- ; RORIANER de nos paroisses s’est prodigieusement accrue; des i orêts entières ont été abattues, et de nouveaux territoires se sont t âmes établis ser des étendues immenses ; au point que de toutes parts, itre les l'on n’a cessé, surtout depuis quelques années, de demander de la pro- ; nouveaux pasteurs et de ouvelles cures. À la vue de cette moistant de son abondante, nos évêques, comme de raison, ne sont pas deet gou- meurés spectateurs oisifs. De leur côté, prières, supplications et slations démarches convenables auprès de l'exécutif, pour obtenir des ne peut érections légales de paroisses. Du côté de l’exécutif, délais, ena foi du . traves, et toujours et éternellement la suprématie inadmissible. Dans cette cruelle position, dans cet état violent et contre nature, xprimée nos évêques devaient-ils abondonner à leur sort et laisser périr les rai sans 64 ouailles confiées à leur garde? Non, M. l'éditeur,non. Aussi la e morte nécessité, cette loi suprême, et le cri de leur conscience, leur ontentielle ils indiqué une route nouvelle qu'ils ont saisie dans cette extré- )années mité ; et c’est ce qui leur a attiré de notre part des actions de elle ne grâces éternelles, tandis que nos adversaires appellent sur eux et indé- toutes les malédictions. ; tirait la ; Je ne puis quitter ce sujet sans ajouter cette réflexion, qui mé x sujets rite l'attention sérieuse de tous les hommes sages, que cette crueffet dé- elle persécution religieuse, que je viens de signaler, ajoutée à tant > MA TE= de diatribes, de calomnies, de haines et de mépris, que l’on verse et défi- ; chaque jour sur nous, et qui souvent nous arrivent de cette haute classe qui entoure habituellement ceux qui tiennent en main les abituel- rênes du gouvernement, ne peut que produire dans les esprits un civiles + état d’irrilation, difficile à contrebalancer par une patience même y Cana- surhumaine.
| évêque j « Je termine, M. l'éditeur, ces pénibles discussions, avec auuffirait. moins cette douce réflexion, que je me suis acquitté, suivant la nt ainsi, mesure de mes forces, et j'ose esp rer, avec quelque succès, d'uu et pour devoir sacré pour tout honnête citoyen, et avec l'espoir qu'au els para- premier jour le reste de cette pitoyable production de M. Smith dis r'eve- sera foudrové par quelqu'un de nos patriotes canadiens, de marsque je aière à n'être plus jamais produite nu grand jour, O/ Utinam / J'ai l'honneur d'être, etc., Visoex.
AUERS ire SN #7 \ $ 1 à } F1 # cr 7 À XX ; cf \ se? ,
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