‹ Observations médico-légales sur la strangulation ou recueil d'observations nouvelles de suspension incomplèteChapitre 2 sur 2 · FEMMES · texte numérisé non relu

FEMMES

Corde.

Le dos appuyé sur le plan incliné d’uu talus.

Rubans.

Agenouillé. Li 9 picdsetles jambes portant sur le lit

Ficelle.

Id.

Deux mouchoirs de fil.

Les bouts des deux pieds touchant le sol.

Mouchoir de co-

Les pieds appuyés sur nu monceau de blé.

Cravate.

Accroupi. Les talons por-

Foulard.

Fresque assis. Les talons posant sur le sol.

Chemise.

Talons posant sur l’appui d’une fenêtre.

Lanières faites avec un drap de lit.

Presque assis. Les talons posant sur le sol.

Agenouillé. Les extrémitédes pieds posant snr le lit.

Foulard.

La jambe droite étendue.

Les talons posant sur le sol. La jambe gauche fléchie. Le pied touchant le sol par son bord terne

Corde.

Les jambes, h s ctpsses 1 hanche gauche posantsm

Corde.

Le bout des pieds portant sur le lit.

Deux cravates.

Les extrémités sur le lit, la tôte sur le sol.

Deux cravates.

Les pieds posant sur le sol.

Jarretière.

Couchée dans son lit.

Cravate de soie.

Le bout des pieds touchant

Corde.

Les pieds posant sur le sol

Corde.

Accroupi. Les pieds sur du fumier.

Corde.

La pointe des pieds posant sur le sol.

Cravate.

Couchée sur son lit.

Corde.

Accroupi. Les pieds posant

Courroie.

Les pieds appuyés parterre

Corde.

Les pieds posant à terre.

Les jambes fléchies.

Corde.

La jointe des pieds sur le

Bande de toile.

Les pieds appuyés surlesol.

Corde.

Les pieds sur le sol. Les jambes demi fléchies.

Saoglo.

Los pieds à terre et les ge-

Corde.

Corde.

Corde.

Corde.

Corde.

Deuxmouchoirs.

Caleçon de toile.

Corde.

Le talon de la jambe droite sur la terre. Le bras droit sur une chaise.

La pointe des pieds touchant le sol.

A genoux sur son lit.

Les pieds, les genoux, le ventre et les mains touchant le sol.

Les genoux touchant le sol.

Assis par terre.

A genoux.

Presque assis sur une hotte de paille, les jambes éten-

Corde.

Lanière.

Corde.

Corde.

Camisol. de fore.

Une serviette et un foulard.

Rideau.

Corde faite avec une chemise.

Cravate de soie.

Corde.

Corde.

Cravate.

Corde,

Corde.

Corde.

Corde.

Corde.

Corde.

Mouchoir.

Cordon de ri-

Les pieds touchaient sur le sol.

Debout. Les pieds à plat sur le sol.

Le pied gauche posait sur une botte de foin. La pointe du pied droit sur le sol.

La poiute des pieds sur le sol.

Les pieds portant à plat sur le sol.

Tout le corps posant sur

Couché sur son lit.

Les pieds posant à plut sur

Les genoux portaient sur le sol.

Couché.

Debout. Les pieds' à plat sur le sol.

Les pieds à terre.

Les talons touchent le sol.

Les pieds touchent à terre

Les pieds touchent à terre

Les pieds reposent sur le sol.

Les pieds touchent à terré.

Les pieds touchent le sol.

Agenouillée. Les genoux pliés, les jambes sur le carreau.

Sur sou lit.

Les pieds posent à terre.

Les pieds à terre. Achevai sur l’uugle d’une chaise.

Ainsi dans ces cinquante-huit observations nous trouvons quarante-cinq hommes cl treize femmes :

4 suicides de 12 à 20 ans.

Six fois l’âge n’est pas indiqué.

Notre maximum est donc de 40 à 50 ans, et on ne remarque pas de différence, sous ce rapport, entre les sexes, car pour les treize femmes on voit :

1 suicide de 25 à 30 ans.

Ce résultat ne s’accorde pas cependant avec celui indiqué par M. Guerry (1). Cet auteur dit que sur mille suicides par suspension, il y a

De 20 à 30 ans.

De 30 De 40

à 40 ai». à 50 ans.

De 50 à 60 ans.

De 60 à 70 ans.

De 70 Au.deswi à 80 ans. de 80 aoo.

D’après M. Étoc-Demazy, médecin en chef des aliénés de la Sarthe, le chiffre le plus élevé des suicides se trouve de 30 à 60 ans, ou pour mieux dire, de 16 à 40 ans, période ascendante, puis de 40 à 60 ans, période moyenne, puis de 60 à 83, période décroissante (2).

(1) Statistique morale de la France, 1838, p,

(2) Recherches statistiques sur les suicides, 1844, in-8°.

D’après nos recherches, dit M. Cazauvieilh (1), lespério' des de 15 à 20 ans, de 20 à 25, 30, 35, 40 et 50, donnent peu de morts volontaires.

Notre maximum est de 50 à 65 ans.

D’après Esquirol, le maximum des suicides est de 20 à JO ans pour les hommes, 30 à 45 ans pour les femmes, il y aune décroissance de 45 à 50, et surtout pour les périodes suivantes.

Si maintenant on veut regarder avec attention le relevé des positions dans lesquelles on a trouvé les cadavres, on remarque que le plus souvent on a trouvé le bout des pieds portant sur le sol, ou les talons touchant le sol, et que dans quelques observations, les pieds sont indiqués bien à plat sur le sol. Les autres positions sont trop variées pour pouvoir être comptées. Il n’en résulte pas moins que, d’après ces calculs, dans la moitié des cas on trouvera très probablement les suicidés étranglés avec suspension incomplète dans une des .deux premières positions indiquées plus haut.

Dans plus de la moitié des cas, ceux qui ont envie de se suicider par strangulation emploient une corde ou en fabriquent une avec leurs draps, leurs chemises. Ce n’est que beaucoup plus rarement qu’ils se servent de mouchoirs, de cravates et de foulards on d’autres liens.

Tous les auteurs de médecine légale ont établi depuis longtemps que la strangulation par suspension incomplète était possible et même certaine ; devant les tribunaux cette cause a été soutenue avec conviction. M. Orfila, dans sa médecine légale, dit que cela est incontestable. Ollivier d’Angers a publié diverses observations qui prouvent ce fait. M. Devergie(2) après avoir cité quelques-uns des faits rapportés ici, termine en disant :

(1) Du suicide , 1840 , in-8°, p. 82.

(2) Médecine légale , tome il, 1840', p. 442.

« Nous établirons que la suspension suivie de la mort peut s’effeeluer alors que les pieds posent à terre; que les genoux louelient le sol ; que le corps pose sur un plan incliné ou même qu’il s’appuie sur un plan presque horizontal. »

«Or, comme dansces cas divers,le poids du corps diminue en raison des parties qui reposent sur un point d’appui, nous pourrons avancer celle proposition, qu’il suffit du poids représenté par les épaules et la partie supérieure de la poitrine pour exercer sur le cou une constriclion capable d’amener la mort. »

Après avoir lu les Observations 15, 22, 32, 38, 47, certainement M. Gendrin ne pourrait plus écrire et soutenir les conclusions de son mémoire que je vais citer textuellement (1).

«Aussitôt donc que le prince se serait trouvé sur les pieds, ou que, par l’extension des liens, il aurait touché le sol, position dans laquelle tout le poids du corps est soutenu sur les membres inférieurs, le lien, devenu lâche aurait cessé d’être efficace, et la strangulation n’aurait plus été possible. Qu’on ne dise pas que, dans cette position, il suffirait d’une ferme volonté pour laisser agir le poids du corps sur le lien en laissant les extrémités se fléchir, cela serait possible pendant un instant très court, mais aussitôt les premiers effets de la pression, et bien avant que cette pression fût portée au point de produire même un commencement d’asphyxie, un instinct conservateur et la douleur auraient dominé la volonté, et le malheureux reculant devant la mort aurait fait cesser le danger en raidissant les extrémités et en se dressant sur ses pieds.»

Si un enfant de douze ans ( Ohs. 15), un jeune homme de 27 ans ( Obs . 22) le soldat suisse (C)bs . 39), un vieillard de quatre-vingt-un ans {Obs. 38), si le suicidé de mon observa-

(1) Transactions médicales, mars 1881, p, 870.

lion (n°47), etc., ont pris avec tant de résolution le parti de mourir par strangulation, si tous ont persisté dans leur projet, certainement que nous pouvons admettre pour les uns «ne ténacité qui ne s’est pas démentie, et chez d’autres soit «ne syncope prématurée, soit même une certaine sensation déplaisir à laquelle les patiens se livrent d’abord, et qui les met ensuite dans un état de faiblesse tel, qu’ils ne peuvent plus revenir sur leur détermination.

Les auteurs qui ont écrit sur ce sujet ont presque tous pensé ainsi. Cœsalpin (l)dit que les pendus qui ne sont pas morts, rapportent qu’ils avaient été pris de stupeur par la constriction de la corde, de sorte qu’après ils ne sentaient rien. Wepfer et Morgagni s’accordent à dire, qu’ayant eu occasion d’interroger des pendus échappés à la mort, tous avaient répondu qu’ils n’avaient pas souffert au moment de la strangulation, et qu’ils étaient restés sans sentiment et comme endormis dans un sommeil profond.

Dans le suicide, dit Devergie (2), au moment de l’application de la corde ou peu d’instans après, un sentiment de plaisir se manifeste, puis il survient du trouble dans la vue, des flammes bleuâtres apparaissent devant les yeux, et bientôt la perte de connaissance s’effectue, la mort lui succède en un espace de temps variable.

Le marquis de Sade dans le quatrième volume d’un roman beaucoup trop célèbre, reproduit aussi cette idée qu’il paraît avoir puisé dans l’excellent ouvrage de Pelloutier, intitulé : Histoire des Celtes .

Suivant la position du lien, sa forme, sa consistance, etc., suivant encore le point d’attache, il est bien évident que la mort, par strangulation a lieu, 1° par apoplexie; 2° par asphyxie; 3° et quelquefois par apoplexie et asphyxie en

(1) L. n, Quœst. med,, 15.

(i) Médecine légale , tom. n, p. 458.

même temps: enfin 4° par torsion, distension de la moelle épinière chez les suppliciés, et chez ceux qui se lancent d’un point élevé dans l’espace.

Nous terminerons ce travail par les conclusions suivantes:

1° Le suicide par strangulation, la suspension étant incomplète, est un fait acquis et appuyé sur des observations nombreuses et authentiques.

2° Le suicide par strangulation doit être admis quelle que soit la position où l’on trouve le corps, et lors même qu’il reposerait exactement sur les deux pieds.

3° Les sensations éprouvées par ceux qui se pendent sont telles, qu’ils ne veulent pas ou ne peuvent pas arrêter l’eyé culion de leurs sinistres projets.

Nota. Quoique mes dix dernières observatfons soient peu détaillées porn ne pas reproduire sans cesse des circonstances analogues aux autres cas de suicide rapportés plus haut, je n’en garantis pas moins leur véracité.

J’aurais voulu traiter à la suite de ce mémoire, la question de l’érection de la verge et de l’émission spermatique comme signes de la mort par strangulation, mais il aurait fallu pouvoir faire quelques expériences sur les cadavres ; si l’occasion se présente, je la saisirai avec empressement.

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