‹ Observations philologiques et grammaticales sur le Roman de Rou, et sur quelques règles de la langue des trouvères au douzième siècleChapitre 45 sur 76 · Tome II, Page 54, Vers g · texte numérisé non relu

Tome II, Page 54, Vers g

De ses baruns apela treis....

Guillaume de Poitiers , historien contemporain et beaucoup plus digne de foi que notre auteur, ne cite (p. 182, D.) que Guillaume Fitz-Osberne et Roger de Montgommeri comme ayant été envoyés dans cette circonstance en mission auprès de Geoffroi Martel. Un document fort ancien , relatif à la fondation de l'abbaye de Lyre , et inséré dans le XP tome du Gallia Christianciy ne cite pareillement que ces deux seigneurs. Nous ne savons quel est ce Guillaume fils de Tliierri que Wace leur adjoint.

Page 145, Vers II 55 1.

Aigres soit aveir destors....

Ce vers, tout-à-fait inintelligible ici, est écrit de la manière suivante dans le manuscrit du British Muséum :

Aigres i selt aveir des tors....

Ce qui nous parait signifier qu'on y trouve non pas de rudes détours , mais peut-être des taureaux sauvages.

Page 149.

Après ce vers :

En ont un chastelet fermé.. ,

ajoutez celui-ci ;

Que li cuens d'Eu i ot porté.

12 SUPPLÉMENT A.UX NOTES Tome II, Page 184, Note 8.

Voyez, dans les corrections et additions, ce que nous avons dit sur les mots anglo-saxons cités dans ces quatre vers. Nous en avons conféré depuis la publication du Roman de Rou avec sir Phillips, savant baronnet anglais, lequel est d'avis qu'on doit interpréter laticome par let I corne y drinc hindrewart ^^r drink inwards^ bois intérieurement, bois jusqu'au fond; drinc helf par drink half, bois jusqu'à moitié ; drintome et drinc tome par drink to me.

Le waissail-bowl est, suivant le Sketch-hook , une coupe remplie de vins épicés que l'on a coutume de boire encore dans quelques provinces d'Angleterre pendant les solennités de Noël.

Nous devons à notre savant ami et confrère M. Licquet la connaissance du passage suivant de GeofFroi de Montmouth , qui explique de la manière la plus curieuse l'origine des mots weissel et drincheil :

Utvero regiis epulis refectixsfuit (V^ortegirnus)^ egressa est puella de thalam.0 ^ aureum scyphum vino plénum ferens : accedens deinde propius , régi fie xis genibus dixit : Lauerd king wacht heil. jdt illcj, visa facie puellœ y adm^iratus est tantum, efiis decorem et incaluit. Deinde interprètent suum interrogaç>it quid puella dixerat et quid ei

SUR LE ROMAN DE ROU. i3

respojidere debeat, Cui interpres dixit : Vocavit te dominum regejn et Docabulo salutationis honorai;it. Quod autem respondere dehes est drinc heil. Respondens deinde Vortegirnus : Drinc heil y jussit puellam potare : cepitque de manu ipsius scyphum et osculatus est eam et pota^it : ah illo die usque in hodiernum diem mansit consuetudo illa in Britannia quod in con^^ims qui potat ad alium dicit : Wacht heil ; qui vero post ipsum recipit potum respondet : Drinc heil. (Galf. Monemuth, lïist. reg, Brit.^ 1. VI, c. 12.)

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