‹ Observations pratiques sur la prédicationChapitre 41 sur 90 · XIV. — QUESTION AGE · texte numérisé non relu

XIV. — QUESTION AGE

avoir une, et d'éducation avant d'en avoir fait.

D'ordinaire alors, le débit répond à la matière et se fait remarquer par une assurance, une ardeur, quelquefois une moi^ue et une emphase qui rehaussent encore ces exagérations.

Il est certain que ce genre de fautes est aussi du nombre de celles dont on né se corrige pas seul. Il n'y , a de ressource pour les éviter que les bons conseils d'amis sincères, et de plus, il est certain que ces erreurs, ces imprudences de prédication sont des plus graves ; on ne sert pas ainsi la religion, et on se nuit à soimême, on nuit à son succès, on nuit à son avenir ; on entasse à l'entrée de sa carrière une masse de préventions qu'on aura grand'peine plus tard à renyerser. Nos assemblées de culte se composent en majorité d'auditeurs plus âgés que le jeune ministre qui débute, et saint Paul écrivait à Timothée : Ne censure pas rudement celui qui est avancé en âge^ mais exhorte-le comme un père (1 Tim. v. 1). Le cœur humain est ainsi fait qu'il se rebute aisément quand le devoir lui est représenté avec trop de rigueur, sans que le poids des années justifie l'autorité des exhortations. Il faut donc se résigner à patienter et attendre que la prédication ait pu vieillir avec nous. En un mot, une trop jeune sévérité manquera le but ; une sévérité plus mûre peut l'atteindre.

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