SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE
Enfin et surtout, la définition de la lenticelle proposée par M. Trécul ne me semble pas différer absolument de la définition que j’avais précédemment proposée. La définition donnée par M. Trécul est la suivante : « Les lenti- » celles résultent d’une formation partielle de liège au-dessous des tissus » détruits qui environnent la cavité respiratoire placée sous les stomates...; » D’autres, assez semblables par la forme extérieure , sont produites à la » suite de simples crevasses de l'épiderme... «
Or j’ai insisté depuis longtemps sur l’analogie des lenticelles avec la production subéreuse de l’écorce du Chêne-Liège, et sur la similitude des lenli-
celles avec les élevures subéreuses de l’écorce d’une variété de 1 ’Ulmus cam-
pestris. J’ai surtout signalé les pertes de substance de l’épiderme (mise à nu du tissu cellulaire sous-épideruiique) comme la cause déterminante de la production des lenticelles.
Je ne fais aucune difficulté d’ajouter, me rapprochant en cela de l’interprétation des anatomistes qui rattachent la formation de la lenticelle à l’existence antérieure d’un ou de plusieurs stomates, qu’en définitive les ouvertures stomatiques, quelque petites qu’elles soient, sont des points par lesquels le tissu cellulaire sous-épidennique se trouve en rapport avec l’air extérieur; et qu’il est possible, par conséquent, qu’un stomate devienne le point de départ de la formation d’une lenticelle ; mais, bien plus généralement, la lenticelle se développe à la suite du soulèvement et de la destruction d’une partie plus ( tendue de l’épiderme.
Les points, ordinairement blanchâtres, de l’épiderme, décrits par M. Trécul (points au niveau desquels se manifestent les lenticelles, que ces parties d’épiderme soient pourvues ou non d’un ou de plusieurs stomates), me semblent dus à un soulèvement de l’épiderme {l'aspect blanchâtr'e de ces taches me paraît résulter de l’air qui se trouve alors entre l'épiderme et le tissu cellulaire sous-jacent).
J’ai signalé ces éminences blanchâtres, en les considérant comme des poils rudimentaires ; en effet, on trouve aisément, chez le Sambucus nigra par exemple, toutes les formes intermédiaires entre une éminence blanchâtre elliptique et peu saillante , un soulèvement épidermique terminé en pointe, et loi véritable poil spinescent. A la base de cette partie épidermique soulevée puis desséchée, puis oblitérée ou déchirée, apparaît, à travers la fissure, la lenticelle (production subéreuse amorphe, dont les couches externes desséchées à l’air libre prennent une teinte brunâtre).
Je tenais surtout à mentionner, aujourd’hui, les quelques rapports qui existent entre la théorie exposée par le savant anatomiste M. Trécul, et la
So
ciété l’ensemble des observations que j’ai recueillies sur ce point intéressant
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