‹ Observations sur l'origine de plusieurs manuscrits de la collection de m. BarroisChapitre 2 sur 40 · FÉVRIER · texte numérisé non relu

FÉVRIER

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SUR L'ORIGlIfB DE

La niissiou que M. Paul Meyer \ient de remplir avec tant de bonheur en Angleterre nous a procuré, entre autres avantages, celui de pouvoir étudier en détail la merveilleuse cQllection de manuscrits qu'a rassemblée lord Ashburnham, et dont nous n'avions en France qu'une idée fort confuse. Jusqu'à ces derniers temps on s'imaginait généralement que les trésors amassés à Ashburnham-Place étaient à peine connus de leur propriétaire, qui, disait-on, les dérobait avec un soin jaloxix à la curiosité des érudits. On a vu combien cette opinion était fausse, quand on a appris qu'au mois de novembre dernier lord Ashburnham avait fait à M. Meyer les honneurs de sa bibliothèque avec la plus gracieuse courtoisie, et lui avait offert deux exemplaires de ses catalogues, l'un pour lui, l'autre pour le département des manuscrits de la Bibliothèque impéride \ Une telle libéralité assure au

1. Le Catalogue des maaascrits de lord Ashburnham se compose de cinq volumes, savoir :

1» Catalogue of tke manuscripts at Ashburnham place. Part the first, cornprising a collection formed by professor Libri. London, printed by Charles Francis Hodgson. In-quarto. — Le fonds Libri renferme 1923 manuscrits ; le catalogue reproduit les notes que M. Libri avait rédigées pour la vente de sa collection.

2^ Catalogue of the manuscripts at Ashburnham place. Part the second, cornprising a collection formed by Mons, J. Barrois. London, printed by Charles

noble lord la reconnaissance de tous les savants français. En mon particulier, j'y ai été d'autant plus sensible que , grâce à l'amitié de M. Meyer, j'ai été l'un des premiers à pouvoir en apprécier la portée. Mon jeune confrère était à peine de retour à Paris qu'il me prêtait son exemplaire des catalogues de lord Ashburnham, en m'annonçant que j'y ti^ouverais de curieux renseignements sur les débris de plusieurs anciennes bibliothèques dont l'histoire a depuis longtemps attiré mon attention.

Je commençai par exainiaer le catalogue de la collection que lord Ashburnham a acquise de M. Barrois en 1849 % et qui est si précieuse pour l'histoire et la littérature du moyen âge. Dès que j'en eus parcouru les premières pages , je fus frappé de la ressemblance que plusieurs des volumes décrits dans le catalogue présentent avec certains manuscrits dont j'avais déjà eu l'occasion de ra'occuper. Arrivé au n** 10, je remarquai une reliure de Charles IX, et au n® 65 une reliure de Henri II. Je m'assurai 8ur-le champ que la Bibliothèque impériale ne possédait plus deux manuscrits reliés l'un aux armes de Charles IX, l'autre aux armes de Henri II, dont le contenu répondait exactement au contenu des manuscrits 10 et 65 de la collection de M. Barrois. Cette observation fut pour moi un trait de lumière, et je me demandai si M. Barrois, 4ont la bonne foi avait été au moins une fois exploitée par des spéculateurs peu délicats *, et chez qui s'é-

Francts Hodgson. In-quarto. — Le fonds Barrois renferme 702 manuscrits ; le catalogue a été rédigé en grande partie par feu M. J. Holmes, du Musée britannique.

30 Catalogtie of the important collection of manuscripts from Stowe, which tDill be sold by auction by messrs. S. Leigh, Sotheby and Co. on monday 11 th ofjune 1849 and seven follovUng days. In-quarto, de xl et 252 p.— Le fonds Stowe renferme 996 manuscrits, dont la plupart ont été soigneusement décrits par le docteur O'Connor dans deux yolumes in-quarto, imprimés à Buckingham en 1818 et 1819 sous le titre de : Bibliotheca ms. Stowensis, or a descriptive catalogue ofthe manuscripts in the Stowe library.

4*» Catalogue of the manuscripts at Ashburnham place. Appendix^ London, printed by Charles Francis Hodgson. In-quarto. Cet appendice renferme 203 manuscrits.

b^ A catalogue ofthe manuscripts at Ashburnham place, 1853. London, printed by Charles Francis Hodgson. In-folio. Ce volume contient la table alphabétique des quatre fonds précédents.

i. Voy. Biblioth. de V École des chartes^ 2* série, V, 391 M. Desnoyer» a

donné dans le Bulletin de la Société de l'histotre de France, année 1856, p. 313, une très-instmctiye notice sur les goûts et les travaux de M. Barrds, qui est mort le 21 juillet 1855.

2. Voyez dans VAthenxum français du 27 janvier 1855, p. 94, Vhistoire da faux

tait trouvé l'exemplaire d'Ogier le Danois volé à la Bibliothèque de Tours, n'aurait pas acquis plusieurs des manuscrits qui ont été soustraits à la Bibliothèque du roi vers I840\ et qui ont laissé dans nos armoires un vide déplorable. Je comparai donc le catalogue de la collection de M. Barrois avec les notices de tout genre que j'avais pu me procurer sur les manuscrits volés à la Bibliothèque, et j'obtins bientôt la preuve qu'une trentaine des plus précieux volumes dont nous avons été dépouillés avaient été recueillis par M. Barrois. Les uns sont encore intacts ; les autres ont été découpés en plaquettes, soit que les voleurs aient voulu par là dissimuler la fraude, soit qu'ils aient trouvé plus avantageux pour leur trafic de multiplier le nombre apparent des manuscrits.

J'ai cru quil était utile de signaler ces faits et d'indiquer la route qu'ont prise différents volumes dont la communication a été plus d'une fois demandée en vain aux conservateurs du^département des manuscrits de la Bibliothèque impériale. Le travail que j'entreprends est sans doute fort délicat : je n'ai jamais vu, et je ne connais que par des descriptions parfois très-imparfaites, les volumes qui nous ont été soustraits ; je n'ai pas vu davantage les volumes possédés par lord Ashburnham. Néanmoins, j'espère que toutes mes observations porteront sur des faits exacts et que toutes mes conclusions seront acceptées par les j uges compétents et im partiaux .

Comme je ne m'adresse qu'aux savants, je n'ai pas cru devoir m'arrêter aux objections superficielles que pourraient suggérer des différences d'opinion dans la détermination des formats et dans l'appréciation de l'âge des feritures. Tous ceux qui ont manié des manuscrits savent en effet ce qu'il y a d'arbitraire dans la manière d'indiquer le format des livres non imprimés : aussi ne s'étonneront-ils pas de voir un même manuscrit qualifié in-quarto dans un catalogue, et in-octavo dans un autre. Ils savent aussi la tendance que les auteurs du catalogue imprimé des

obélisque assyrien qu'un nommé Dropsy ayait vendu à M. Barrois en juillet 1854 pour une somme de cinq mille francs.

i . Dans les observations qui vont suivre» on Verra que plusieurs des mana<icrfts dont je parlerai étaient encore à la Bibliothèque du roi en 1837, 1838 et 1839, et que l'absence de plusieurs fut constatée dès Tannée 1844 ; mais ce fut seulement en 1848, qu'un récolement général fit reconnaître l'ensemble des pertes qu'avait subies le cabinet des manuscrits.

manuscrits latins de la Bibliothèque du roi avaient à rajeunir l'âge des écritures , de sorte que tel volume du douzième siècle est porté dans leur travail comme appartenant au treizième et même au quatorzième siècle.

J'entre en matière sans autres considérations préliminaires, et je vais examiner l'un après l'autre trente-trois volumes qui ont trouvé une intelligente hospitalité dans la splendide galerie de lord Ashburnham, et dont la place est restée vide sur les modestes rayons du cabinet des manuscrits de la Bibliothèque impériale.

Il est bien entendu qu'il sera uniquement question ici du fonds de M. Barrois. Le fonds de M. Libri, qui forme la première partie des collections manuscrites d'Ashburnham-PIace, pourrait lui aussi donner lieu à de curieuses observations; mais le catalogue que nous en possédons, et qui est en grande partie l'œuvre de M. Libri lui-même, est rédigé d'une façon tràs-sommaire, et il serait impossible d'en tirer des renseignements précis comme ceux que nous a fournis l'excellent catalogue du fonds de M. Barrois. Le sujet a d'ailleurs été déjà traité par MM. Lalanne et Bordier, dans le consciencieux ouvrage qu'ils ont publié en 1851 sous le titre de Dictionnaire de pièces autographes volées aux Bibliothèques publiques de la France. Ce ne serait qu'avec un catalogue détaillé qu'on arriverait à des résultats plus complets.

En 1848 on constata à la Bibliothèque l'absence du manuscrit latin 6755, qui est ainsi décrit dans le catalogue imprimé en 1744 :

Ck)dex membranaceus , in octavo , olim Mazarinseus. Ibi continentur :

1» Arislotelis liber de secretis secretorum : interprète Philippo, clerico Tripolitano.

2*» Ambrosii Autperti tractatus de conflictu vitiorumetvirtutum.

3* Flores e scriptoribus cum sacris tum profanis collecti.

4« Anonymi opusculum de musica.

S^" Descriptio sanctorum locorum circa Jérusalem.

6^ Descriptio urbis Ântiochiœ.

7° Urbium et majorum villarum quas Carolus acquisivit in Hispania et Galecia catalogus.

8° Sancti Bernardi meditationes.

9° Anonymus de c^onstructione et excidio templi Hierosolymitani et de passione Ghristi.

10° Methodii , Patarensis episcopî, oratio de* Anticbristo et de consummatione saeculi.

11** Anonymi dialogus de vitae felicitate.

Is codex partira decimo tertio, partira decimo quarto sseculo* videtur exaratus.

On peut compléter cette notice à l'aide de la description que les Bénédictins ont faite du même manuscrit dans le catalogue rédigé à la fin du dix-septième siècle^. Le soin qu'ils ont pris d'indiquer les premiers mots de chaque traité et la page à laquelle il commençait dans le manuscrit nous fournira des preuves décisives quand nous rechercherons ce qu'est devenu le manuscrit volé à la Bibliothèque. Voici comment les Bénédictins ont parlé du manuscrit 67 55, qui, de leur temps, portait le n® 6586 :

i^ Liber moralium de regimine dominorum , seu Secretum secretopum, editus ab Aristotele ad bonorem Alexandri, cum praeviisquibusdara epistoliset prsefationibus : «Domino suoetc. Guidoni de Yatentia pontifici, Philippus etc. Quantura luna caeteris. »

2* Ambrosii Autperti tractatus de conflictu vitiorura et virtutum. a Superbia dicit etc. » Fol. 37.

3^ Flores seu excerpta ex pluribus vetustis authoribus tum sacris tum profanis. et Ex Glaudiano. » FoL 47.

4° Anonymi ars musicae. « Quoniam circa artem. » Fol. 79.

5« Descriptio sanctorum locorum circa Jérusalem, a Si quis ab oceidentalibus. » Fol. 88.

6° Brevis descriptio urbis Antiochiae. « Haec urbs. » Fol. 88 v®.

1. Ici les auteurs du catalogue se sont départis de leurs habitudes.: ils ont vieilli la partie la plus récente du manuscrit 6755, qui était du quinzième siècle, et non pas du quatorzième, puisqu'elle contenait, comme on le verra bientôt, un opuscule de Bartholomaeus Facius, auteur qui vivait dans la seeoQde moitié du quinzième siècle.

2. Ce catalogue» que j'aurai plus d'une fois Toccasion de citer, existe en doid)le exemplaire à la Bibliothèque impériale. La mise au net forme les n^* 9358 et 9359 du fonds latin; la minute, qui resta à Saint-Germain-des-Ptés jusqu'à la Révolution,, est classée sous les n. 14181-14185 du même fonds. '

1"* Urbes et majores viilœ quas Karçlus acquisivit in Hispania et Qallecia. « Urbes et majores. » Fol. 89.

8* Excerpla ex sanctis Augustino et Bernardo, per fralrem Danielem de Ghaumont , canonicum Sancti Foillani. a Multi muita sciunt, » Foi. 90.

9<' Tractatus anonymus, in quo plura supposititia quse tempôribus Jesu Christi et paulo post evenisse dicuntur. « David autem rex. »

iO<» Methodii , episcopi et martyris, liber de principio sœculi, et inter régna gentium et finem sœculorum. aSciendum namque est. » Fol. 108 Y*.

11° Anonymi diaiogus de beata vita, seu de vitœ felicitate, in quo Guarinus, Antonius Panormitanus et Lamola coUocutores inducunlur; prsefatio incipit : a Humanae vitae. » Fol, H3.

Ex parte scriptusanno 1267.

Les deux notices qu'on vient de lire mentionnent expressément plusieurs particularités auxquelles on pourra aisément reconnaître notre manuscrit 6755 ; je ferai remarquer les suivantes :

l"* Une partie du manuscrit a été copiée en 1267.

2"* II y a des extraits de saint Bernard et de saint Augustin, faits par Daniel de Ghaumont, chanoine de Saint-Foillan.

3** Il y a un traité de musique commençant par les mots Quoniam circa artem^ et occupant neuf feuillets.

4® Un feuillet renferme au recto la description des environs de Jérusalem {Si quis ab occidentalibus)^ et au verso une courte description d'Antioche {Hœc urbs). Le feuillet suivant contient une liste des villes conquises en Espagne par Gharlemagne.

5** Le traité de Methodius commence au verso d'un feuillet et occupe les quatre feuillets suivants.

Ces points établis, prenons le catalogue des manuscrits de M. Barrois et copions les notices consacrées aux n®* 284, 291 et 277.

CCLXXXIV. — 1. Incipit liber moralium de regimine dominorum, qui alio modo dicitur Secretum secretorum philosophorum ^ editus abAristotele ad honorem Alexandri, régis et discipuli sui. (Per Philippum clericum translatus.)

2. Tractatus de lapidibus. Fol. 34 v**. — « In quoque lapide invenientes arietem, leonem vel sagitarium, illi igneisunt et orientales, etfaciunt ferentes se gratos Deo et hominibus... » *

3. Decoaflictu viciorum et virtutum. (Tractatus S. Augustini. ) Eol. 37. — a Superbia dicit certe multis, immo pêne omnibus : Melior es .. »

4. De vera cordis compunctione et qualiter honori possit. Fol. 41.

— a Quomodo fieri potest ut anima infirma et frigida compunctionis verba pariât. »

5. De triplici bono conjugij. Fol. 41 v**. — « Dicit Augustinus qnod tria sunt bona matrimonii^ scil. fides, proies et sacramentum.»

6. De cognitione corporis humani. (Tractatus Helynandi.) Fol. 42.

— a Corporis humani cognitio in duobus est^ in materia et in fornia, Gomplexionem medicis relinquo. »

7. Hugo de Folieto, de luxuria prelatorum. Fol. 45. — « Prelali nostri hodie domos non impares ecclesiis magnitudine construunt. x>

8. Hystoria Hierosolymitana. Fol. 47. — a David autem rex super Israël regnavit quadraginta annis. » — Finit : a Igitur post haec, anno sexto decimo post nativitalem Christi , Octavianus augustus suum emisit spiritum^ et suscepit Tyberius, privinus ejus^ imperium. Régnante Domino nostro Jhesu Gristo etc. »

9. Innomine Christi incipit liber (historiens) Methodii, episcopi ecclesie Pa[tarensis] et martyris Christi, quem de hebreo et greco sermone in latinum transferre curavit. Fol. 56 v^.

10. Descriplio sanctorum locorum circa Jherusalem. Fol, 61. — « Si quis ab occidentalibus partibus Jherusalem adiré voluerit... »

11. Descriptio nobilissime urbis Antiochie. Fol. 61 v**. — a Haec urbs Antiochia valde et pulcra et honorabilis. »

12. Hec sunt urbes et majores ville quas Karolus magnus acquisivit in Hyspania et in Galecia. Fol. 62.

13. Sancti Bernardi Clarevaliensis meditationes. Fol. 63. — «Multi multa sciunl et semetipsos nesciunt. »

A la fin est écrit : a Ëxplicit liber fratris Ûaniel de Chaumont, canonici Sancti Foyll", quem scripsit propria manu anno Domini M» ce® LX® vii% mense septembri, anno primo promotionis domini Fastredi de Harveng, canonici Bone Spei et abbatis Sancti Foyllalii \ fratre Roberto de Waveria , priore hujus ecclesie. »

1. Cette souscription nous autorise à corriger la liste des ahbés de Saint-Foillan, publiée dans le Gallia christ. ^ III, 197. On y voit figurer VaUbé Laurent pour les années 1246, 1252 et 1258 ; puis Vahbé Foulques, qui vécut jusqu'en 1269. Les bénédictins font simplement observer, à la fin de la liste, que Tobituaire de Dommariin contient le nom de Fastredus, successivement abbé de Saint-FoUlan et de Hermières. Le nom de Fastredus a été complètement omis sur la liste des abbés d'Hermières, Gallia chnst.,yny9ik2.

14. Excerpta ex operibus sancloruin Augustini et Bernardî. Fol. 68 vo,

Manuscrit du treizième siècle, sur vélin. Petit in-quarto. 70feuillets. Écrit pour la plus grande partie à deux colonnes.

Reliure en maroquin vert. Dorure.

GCLXXYII. — De humanae vitae conditione dialogus inter Aûtonium Panormitam, Guarinum Veronensem et Lamolam. (Ad Alphonsum, regem Neapolitanum^ auctore Bartholomaeo Facio Januensi.). — - Commence : a Humano vite condicionem sepius reputanti michi, rex sapientîssime^ illud maxime mirandum videri solet quod, cum Deus ipse princeps et conditor rerum omnium nichil in terris prestancius homine creaverit, hominem ipsum tôt laboribus et calamitatibus obnoxium fecerit ut nemo adhuc ex tôt seculis repertus sit oui res in omni vita adeo secunde cesserunt ut ille beatum perpetuo existimarit. »

Manuscrit du quinzième siècle. Sur vélin. In-octavo. 41 feuillets.

Reliure en maroquin vert. Dorure.

CCXCI. — Incipit ars musice. Commence : a Quoniam circa artem musicam necessaria quedam ad utilitatem cantancium tractaturi proponimus, necesse est quod secundum auctoris intencionem subtilissimas régulas summopere subjectas intelligere studeamus. »

Manuscrit du quatorzième siècle. Sur vélin. Petit in-quarto. 9 feuillets. On a mis en tête un feuillet de plus ancienne date^ contenant une curieuse miniature qui représente des figures avec divers instruments de musique.

Reliure en maroquin bleu.

Les trois manuscrits dont je viens de reproduire la notice ont été à coup sûr formés avec les débris de notre manuscrit 6755. Dans le premier, c'est-à-dire dans le n* 284, on a fait entrer les feuillets répondant aux articles 1,2, 5-10 des notices que j'ai extraites du catalogue des Bénédictins et du catalogue imprimé en 1744. Le manuscrit 291 représente l'article 4 des mêmes notices; le manuscrit 277 correspond à Farticle 1 1 .

Le rapprochement que j'indique ne s'appuie pas seulement sur la parfaite ressemblance qui existe entre le contenu de notre manuscrit latin 6755, d'une part, et le contenu des manuscrits 284, 291 et 277 de M. Barrois, d'autre part. Il est encore justifié de

tout point par les particularités matérielles auxquelles j'ai dit plus haut qu'il était aisé de reconnaître notre manuscrit 6755. Ainsi :

1** La date 1267 se rencontre vers la fin du manuscrit 284 de M. Barrois.

2* La souscription de Daniel de Ghaumont^ chanoine de Saint- Foillan, se trouve dans le même manuscrit à la fin d'un extrait de saint Bernard.

y Le manuscrit 29 1 de M. Barrois renferme un traité de musique qui commence par les mots Quoniam circa artem^ et qui occupe neuf feuillets.

4^ Dans le manuscrit 284 de M. Barrois, un feuillet présente au recto la description des environs de Jérusalem {Siquis ab occidentalibus)^ et au verso une courte description d'Antioche {H3BC urbs) ; le feuillet suivant nous offre une liste des villes conquises en Espagne par Charlemagne.

5^ Dans le même manuscrit, le traité de Methodius commence au verso d'un feuillet et remplit les neuf feuillets suivants.

Pour conclure, j'indiquerai la place exacte que chacun des articles de notre manuscrit 6755 occupe dans la collection de M. Barrois.

MaDOBcrit latin 6755 de la Bibl. Imp. ColIecUon de M. Barrois.

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