Voyez pl. 16, fig. 4 et
longue. Elle est couverte, ainsi que les pattes et la face inférieure du corps, d'un duvet brun et assez serré. Le front est formé de deux cornes courtes, droites et divergentes. L'orbite est grand, son bord supérieur porte une dent aiguë dirigée en dehors et limitant du côté interne une fissure assez large. Le bord sous-orbitaire est fortement échancré en dessous. L'article basilaire des antennes externes est armé en dehors d’une dent aiguë qui apparaît au devant de l'œil. Les bords latéraux sont garnis d’épines robustes. La première forme l'angle orbitaire externe; la seconde est hépatique. Celles qui bordent la région branchiale sont au nombre de neuf, alternativement grandes et petites ; la dernière est la plus longue. La région gastrique présente cinq tubercules épineux dont quatre situés en avant, sur une même ligne transversale, et le dernier en arrière, sur le lobe mésogastrique. Les régions hépatiques portent trois petites épines. On en remarque deux sur les régions branchiales et deux sur la région cardiaque, dont l’une, plus faible, occupe le lobe antérieur, et la seconde, plus robuste, se voit sur le lobe postérieur entre la base des pattes de la cinquième paire.
Chez les femelles et les jeunes mâles, les pinces sont sub-égales et très-faibles ; les doigts, qui se touchent dans toute leur longueur, sont terminés par une extrémité aiguë.
Les pattes ambulatoires sont grosses et peu allongées.
Cette espèce est d'un beau violet marqué de quelques marbrures jaunes, mais cette teinte disparaît presque entièrement sous la couche de poils bruns qui couvre entièrement l'animal.
Le Muséum de Paris a reçu en 1866, de M. Barboza du Bocage, un exemplaire de cette espèce, provenant de la côte d’Angola.
Largeur de la carapace 0,024.
Longueur 0,024.
LAMBRUS PULCHELLUS, Nov. sp.
Voy. pl. 16, fig. 7, 8 et 9.
Cette petite espèce de Lambre me paraît se rapprocher beaucoup du Lambrus rugosus décrit par M. Stimpson et qui provient de l'ile Santiago (archipel du Cap-Vert), mais elle en diffère par plusieurs caractères importants et, afin que l’on puisse en juger, je reproduis ici la description donnée par le savant naturaliste américain ‘.
Carapax rugosus, pone oculos vix constrictus, longitudine et latitudine fere æqualibus; superficie tota valde irregulari et tuberculata. Frons concava, lævis; regio gastrica parva, eminentiis tribus, mediana posteriore, minuta, granuliformi, et duabus lateralibus latis, granulatis. Regio branchialis elevata, tuberculis conicis ad quinque ornata, uno magno. Area postero-mediana subtriangularis, depressa, in media qua regio cardiaca granulata, paulo elevata. Margo lateralis decem-dentata; dente anteriore hepatico prominente; dentibus sequentibus parvis, dente posteriore magno, conico, elevato, utrinque ad basim denticulo instructo. Margo posterior tuberculis inconspicuis quatuor distantibus, Chelopoda longiludine mediocria, robusta, supra inæqualiter dentata et tuberculata; subtus tuberculis depressis, lævibus, æqualibus, subseriatis. Pedes ambulatorii leves, mero supra 2-3 spinuloso.
Long. carapacis 0,34; lat. 0,35 Poll.
Prope insulam « S'-Jago » archipelagi « cape de Verdes » inter nulliporas ad prof. 20 org.
Dans notre espèce la carapace, très-rugueuse, présente des sillons branchio-cardiaques extrêmement profonds. Le front, très-avancé, est parcouru par une dépression longitudinale qui, en arrière, ne s'étend pas sur la région gastrique. Celle-ci porte trois tubercules de même grosseur, dont deux en avant sur la même ligne transversale, et l’autre en arrière sur la ligne médiane. La région cardiaque est très-élevée. Les régions hépatiques sont petites et surbaissées ; les régions bran-
4. Stimpson. Prodromus descriptionis animalium evertebratorum, 3° part. Proceedings of the Academy of nalural sciences, 1857, n° 93,
chiales portent trois ou quatre gros tubercules arrondis , sub-égaux, à côté desquels se voient quelques petites granulations. Les bords latéraux antérieurs se prolongent beaucoup en arrière; ils sont finement denticulés, la dernière dent est plus grande que les précédentes. Le bord postérieur est lisse. Les pattes antérieures sont courtes. La main présente en dessus une crête dentelée; en dehors elle porte trois gros tubercules arrondis et surbaissés, au-dessous desquels se voient des séries de granulations. Le doigt mobile est spinuleux près de sa base. Les pattes ambulatoires sont très-petites et lisses.
La couleur de cette espèce est rose; l'extrémité seule des doigts des pinces est noire.
Largeur de la carapace 0,008.
Longueur 0,008.
GONIOSOMA MELLEREE, Nov. sp.
Voy. pl. 18, fig. 4, 2 et 3.
Dans un précédent travail ‘, j'ai composé le genre Goniosoma de toutes les espèces qui autrefois formaient le sous-genre des Thalamites hexagonales. En 1861 elles étaient au nombre de dix-huit. Depuis cette époque j'en ai fait connaître une autre espèce provenant des côtes de la Nouvelle-Calédonie, que j'ai désignée sous le nom de Goniosoma Hellerii. Aujourd'hui je puis ajouter à cette liste une vingtième espèce parfaitement caractérisée.
Sa carapace est médiocrement élargie et garnie de poils trèscourts et peu serrés. La région gastrique est traversée par une crête
4. Études zoologiques sur les crustacés récents de la famille des Portuniens. Archives du Muséum. 4861, t. X, p. 307.
saillante, granuleuse et interrompue sur la ligne médiane; en arrière, il en existe une autre qui part de la dernière épine latérale. Le test est garni, surtout en avant, de granulations éparses et visibles seulement à l’aide d’une forte loupe. Le front est formé de six dents larges, obtuses, bien séparées les unes des autres, et situées à peu près sur le même plan. Les deux mitoyennes, plus petites que les autres, s’avancent un peu plus; les externes sont très-élargies et résultent de la soudure de l'angle orbitaire externe avec la dent frontale mitoyenne ; cette réunion est indiquée par une ligne saillante et par une légère ondulation du bord libre. Les orbites sont trés-grands. Le bord sourcilier est interrompu par deux fissures linéaires. Le bord sous-orbitaire n'en présente qu'une seule. L'article basilaire des antennes internes est très-gros. L'article basilaire des antennes externes se prolonge en forme de corne dans l'hiatus orbitaire interne; sa surface est lisse et n'offre ni granulations ni tubercules. Les bords latéroantérieurs sont découpés en cinq fortes dents sub-égales, à pointe dirigée en avant, dans l'intervalle desquelles se voient quatre autres petites dents, ce qui porte à neuf le nombre total de ces découpures. Les bords latéro-postérieurs sont fortement arqués en dedans et échancrés en arrière pour l'articulation des pattes postérieures.
Les pattes antérieures sont à peu près égales. Le bras est armé en avant de trois épines acérées, en arrière desquelles se voient quelques denticules. L'avant-bras se termine en dedans par une longue épine ; en dehors il est traversé longitudinalement par des lignes granuleuses. La main est très-peu renflée, et présente en dessus quatre épines dont deux sur le bord interne, une en avant de l'articulation de l’avant-bras et la dernière vers la partie moyenne du bord externe. En dehors, la main est traversée par deslignes longitudinales, saillantes et granuleuses. Les doigts sont très-longs, cannelés, terminés par une extrémité blanche précédée d’une zone noire et armés sur leur bord
préhensible d’un grand nombre de denticules interrompus de dis-
tance en distance par une dent plus grosse. Les trois paires de pattes ambulatoires sont peu allongées, la cuisse des pattes de la cinquième paire ou pattes nageuses est étroite et armée en dessous d’une épine. Le pénultième article est lisse et non denticulé à son bord inférieur.
Les pattes-mâchoires externes ne présentent rien de particulier à noter, si ce n’est que le troisième article est très-fortement échancré à son angle antéro-interne.
L'armature des bords latéro-postérieurs sert à distinguer nettement cette espèce de toutes celles déjà établies. En effet, parmi tous les Goniosomes, il n’en est qu’un seul dont la carapace soit armée de sept paires de dents, dont la quatrième et la deuxième sont rudimentaires. Cette disposition se rencontre chez le Goniosoma erythro-dactylum (Lamarck) des îles Marquises. Chez les autres espèces du même genre, les dents sont au nombre de six et toutes égales entre elles, ou au nombre de cinq, comme chez le Goniosoma lineatum, tandis que chez notre espèce du cap Saint-Vincent, ces dents sont au nombre de neuf, dont cinq grandes et quatre petites. La forme du front est également caractéristique du G. Milleri.
Largeur de la carapace 0,016.
Longueur 0,010.
XANTHO OCCIDENTALIS, Nov. sp.
Voy. pl. 17, fig. 4 à 8.
Cette espèce semble relier les Xanthes typiques, tels que les Xantho rivulosus et le À. floridus, aux Cycloxanthes qui ont pour représentant le À. sexdecim-dentatus du Chili.
La carapace est médiocrement élargie et très-allongée ; elle est déprimée et les sillons inter-régionnaires y sont nettement dessinés, bien que peu profonds. Le lobe mésogastrique est confondu avec les
FAUNE CARCINOLOGIQUE DES ILES DU CAP-VERT. 57 métagastriques, il s'avance en pointe entre les lobes protogastriques. Les épigastriques sont séparés par un sillon étroit qui se prolonge jusqu'au front.
Les régions hépatiques sont indivises et légèrement ponctuées. Les régions branchiales, divisées en deux portions par un sillon transversal, sont également marquées de ponctuations et de légères granulations.
Le front est lamelleux, interrompu par une fissure sur la ligne médiane et terminé par un bord droit; il s’'avance notablement plus que les angles orbitaires internes dont il est séparé par une échancrure. Les orbites sont petites et leur bord est coupé par deux petites fissures.
Les bords latéro-antérieurs forment avec le front une ligne courbe régulière ; ils se prolongent beaucoup en arrière et sont divisés en cinq petites dents. La première de celles-ci, constituée par l'angle orbitaire externe, est moins forte que les autres; elle est séparée de la seconde par un espace plus étendu que celui qui existe entre les suivantes. Dans l'intervalle des autres dents latéro-antérieures et en arrière de la dernière, il existe des granulations marginales. Les bords latéro-postérieurs sont courts et concaves.
L'article basilaire des antennes externes est petit et S'unit au front par son angle antéro-interne. Le troisième article des pattesmâchoires externes est presque quadrilatère.
Les pattes antérieures sont robustes. Sur l'individu que je décris ici, la gauche est plus développée que la droite. Le bras est court et entièrement caché sous la carapace. L'avant - bras est lisse et porte à son angle interne une dent obtuse. La main est courte, renflée, arrondie en dessus et lisse en dessous. Les doigts sont noirs, et cette coloration ne s'étend pas sur la main; leur extrémité et celle des denticulations sont blanches. Les pattes ambulatoires sont courtes, très-finement granuleuses sur leur bord supérieur, et