‹ Observations Sur La Structure De L'ombellule Et De La Fleur Dite Centrale Dans Le Genre Daucus, Et Particulièement Chez Le Daucus CarotaChapitre 2 sur 5 · SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE

bellule 11 e présente donc pas normalement de lleur centrale : la dernière Heur est seulement la plus rapprochée du centre.

On sait que, chez les inflorescences indéfinies, les axes latéraux tendent d’autant plus a s’appauvrir qu’ils sont insérés plus près de l’extrémité de l’axe général qui les produit; cet appauvrissement se traduit dans les ombelles et dans les ombellules des espèces du genre Daucus , par divers caractères de nombre, de forme et de coloration ; ces caractères peuvent se présenter simultanément dans uue même ombelle ou une même ombellule, ou sc présenter isolément.

C’est à cet appauvrissement normal et aux formes qui en sont la conséquence également normale, que viennent se joindre fréquemment des accidents tératologiques variés, mais qui consistent généralement en une multiplication par divulsion (fasciation ou dédoublement) du nombre des carpelles ; cette multiplication n’entraine pas la stérilité: les fruits composés de carpelles multipliés mûrissent et se développent complètement. Cet état d’hypertrophie avec augmentation de parties pourrait être cousidéré comme une sorte de compensation orgauique, chez uue ombellule réduite à sa plus simple expression (une fleur unique surmontant un rayon de l’ombelle); le dédoublement semble résulter, dans ce cas, d’un effort suprême plus ou moins désordonné que fait la nature à l’instant où sa force va complètement s’épuiser (1).

Après avoir acquis la conviction qu’il n’existe de fleur centrale qu’en apparence dans les ombellules, et particulièrement dans l’ombellule la plus voisine du centre de l’ombelle, j’ai remarque que, chez un très grand nombre d’ombelles de Daucus , toutes les ombelles sont conformes les unes aux autres : toutes plurillores, a fleurs également blanches ou rosees, les ombellules les plus voisines du centre étant seulement un peu paucitlores; j’ai remarqué, eu second lieu, que, chez un grand uombre d'autres ombelles, l’orabellule qui parait occuper le centre, bien que pluriflore et à fleurs blanches, présente certaines anomalies ; enfin, que sur une quantité déter-

(1) Le pédicelle de la fleur à carpelles mulliples présenle toujours des indices de fasciation, et j’ai démontré que les phénomènes de la fasciation des tiges et du dédoublement des organes appendiculaires constituent deux modes d’un même phénomène que j’ai nommé phénomène de la divulsion. Néanmoins, dans le cas ou l’involucelle est à plusieurs bractées, et où les fruits adhérents partent de niveaux différents, et semblent terminer des pédicelles distincts, ou peut invoquer l’intervention du phénomène de la soudure entre plusieurs pédicelles. Mais il ne faut pas perdre de vue qu’un axe soumis au phénomène de la divulsion peut sc dédoubler en plusieurs axes, qui peuvent atteindre des longueurs très inégales et se terminer par des fleurs isolées; et aussi que les axes provenant de la divulsion d’un même axe peuvent rester à demi confondus, cl présenter l’aspect d’une soudure, lorsqu’il s’agit en réalité d'un dédoublement incomplet.

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