PAR
M. P.-A. DANGEARD.
Les divergences entre les deux points de vue, vont s’accentuer, avec l'application par M. Chauveaud d'un second principe qui est
L Voir plus haut, p. 73.
le suivant. L’auteur, voulant apprécier l'àge d’un organe dans l’évolution, cherche à utiliser la succession, de bas en haut, à partir de la racine, des stades de structure alterne, de structure intermédiaire et de structure opposée :
B. — Quand une partie de plantepré sente l'une de ces dispositions , on en 'peut conclure si elle a une origine antérieure ou non à une autre partie de plante qui possède une disposition différente ( loc .
cit ., p. 466).
Or, on sait — et M. Chauveaud l’a constaté lui-même à plusieurs reprises — que le premier stade à structure alterne manque parfois, dès la base de l’hypocotvle.
Il faut en conclure, si le principe est exact, que l’axe hypocotyle et les cotylédons, ont une origine postérieure à celle de la racine.
Les embryologistes, justement émus d’une pareille conclusion, me reprocheront de faire du principe en question, une application abusive et arbitraire.
Cependant, l’auteur s’est chargé lui même de les détromper : toutes ses descriptions débutent par la racine : c’est en appliquant sa règle qu’il a établi une distinction entre cotylédons proprement dits et cotylédons ayant la valeur de premières feuilles* : il considère bien la racine et non l’axe hypocotylé ou les cotylédons, comme devant servir de point de départ : « Chez les Conifères, comme chez les Monocotvlédones et les Dicotylédones, la structure de la feuille ne correspond qu’à la dernière
phase du développement dont le point de v départ est dans Ici racine (même Note, p. 5).
N insistons pas et arrivons à un troisième principe dont l’application n’est pas moins grosse de conséquences : il était déjà
exprimé dans la première Note de M. Chauveaud sous cette forme :
C. — Je cherche, dit-il , à expliquer que la différence admise entre la structure de la racine et celle de la tige est due à C arrêt de formation du protoxglème ou d'une portion plus ou moins grande du métaxylème, de telle sorte qu au-dessus du point où se produit cet arrêt , l'appareil conducteur n'est plus représenté que par le
1. Chauveaud, Les faits onlogéniques contredisent F hypothèse des Phytonistes, loc. cit., p. 10.
P.-A. DANGEÀRD.
PLAMULES DES PHANÉROGAMES.
li;i
reste du métaxylème et par les formations secondaires qui apparaissent par suite beaucoup plus tôt 1 . Comme dans beaucoup de plantes 1 arrêt a lieu avant les cotylédons, il en résulte que les faisceaux libéro-ligneux de la tige et même des cotylédons représentent des formations secondaires.
Cette règle, appliquée aux Cycadées, a fourni des conclusions un peu déconcertantes.
En effet, M. Chauveaud, ayant étudié des plantules de Cycas , constate la disparition de la première phase ou phase alterne, dès le sommet de l'hypocotyle et il n’en existe aucune trace dans les cotylédons , même avant leur épanouissement; le stade superposé est représenté par « des tubes criblés, déjà en voie de résorption, tandis que les premiers vaisseaux superposés sont en voie de disparition ou ont déjà disparu » ( loc. cit. p. 292).
Or, suivant le principe admis par l’auteur, toute structure rencontrée dans la plantule au-dessus dit niveau où cesse le stade alterne primitif et à plus forte raison où commence le stade superposé, ne peut être qu'une formation « d'apparition plus récente » en évolution.
Notre confrère ne recule pas devant cette conséquence extrême; le bois centripète que l’on trouve dans le cotylédon des Cycas , ainsi que celui qui existe dans la feuille ne font pas partie intégrante de l'appareil conducteur typique. C'est une formation surajoutée au xyléme , comme le liber interne des Solanées, par exemple, est une formation surajoutée au phloëme des plantes de ce groupe (loc. cit. p. 293).
En lisant ces déclarations, on voit où peut conduire une erreur de début.
Il est bien évident, en effet,,.qu’on ne peut séparer, comme nature et signification, le bois centripète du cotylédon et de la feuille des Cycas de celui qui existe, dans les cotylédons et la feuille des autres Cycadées; ce bois centripète se rattache luimême, sans hésitation possible à celui qui a été signalé dans le phylum des Cycadées, chez les Cycadofilices et les Bennettites : les relations phylogénétiques entre ces trois familles sont telles que Nathorst et Worsdell, les ont réunies sous le nom de Cycadophytes. Les origines des Cycadophytes sont aussi