‹ Observations sur le fluide organo-électrique et sur les mouvements électro-métriques des baguettes et des pendulesChapitre 60 sur 121 · à imp 47 er pe per · texte numérisé non relu

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je nomme charges, toutes les forces électriques qui déterminent , sur une personne douée de fluides analogues aux miens, les mouvements dela baguette ou du pendule. On n’approuvera peut-être pas au premier abord le nom de charges que j'ai donné à cette nouvelle puissance électrique. Mais quand on réfléchira, l’on reconnaîtra que cette expression est toute physique ; on dit en parlant des bouteilles de Leyde ou des batteries électriques, qu’elles sont plus ou moins chargées, et qu’elles contiennent des charges suivant leurs capacités. Il en est de même de la puissance électrique que j'emploie pour combattre les effets organo-électriques, elle est toujours proportionnelle à la capacité électrique du corps qui renferme la charge. Plus sa capacité sera grande , plus la charge aura de force et augmentera ainsi la puissance du pôle organique sur lequel on la fera agir. Suivant donc qu’on le chargera plus ou moins, ce pôle éprouvera de très grandes modifications. Je divise à l’infini la masse des corps électro-actifs que j’emploie à cet effet, et c'est à chacune de ses divisions que j'ai donné le nom de charges, cette dénomination désignant parfaitement le mode d'action produit.

Les corps qui servent à former les charges sont toujours subordonnés à la puissance organo-électrique de celui qui opère, et sont, par suite, plus ou moins susceptibles de nous communiquer leurs

fluides. Lorsque cela a lieu, plus ils sont actifs, plus ils produisent d’eftets à volume égal ; mais aussi, moins ils sont actifs, plus leur volume doit être augmenté pour en obtenir la même puissance. Ces charges , suivant leur nature électrique, leur force et le pôle organique qui en reçoit le contact, acquièrent des propriétés opposées. En effet, le mouvement donné augmente ou se ralentit, s'arrête ou change complètement. Ainsi, lorsque les charges sont d’une même nature électrique et qu’elles agissent sur deux pôles organiques semblables , le mouvement croît en proportion ; il diminue si elles agissent sur deux pôles contraires, pourvu toutefois que la seconde charge soit plus faible que la première ; il s'arrête quand la puissance des fluides contenus dans les charges est égale l’une à l’autre, et il change enfin si la deuxième charge exerce une puissance plus grande que la première.

Thouvenel, dans ses nombreuses expériences, a reconnu comme moi que les mouvements sont développés dans les baguettes , suivant l’action électrique simple ou combinée des corps métalhques ou autres fossiles, sur les tissus organiques , et par l’action de ceux-ci les uns sur les autres, Il observe également qu’il y a tantôt équilibre, tantôt renforcement, et partage inégal de la puissance électrique. I considère, enfin, que cette puissance

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( 148 ) est diversifiée en passant du métal à tel point organique, selon des lois apparentes qui semblent relatives à une double tendance attractive et répulsive de l'électricité, tendance qui lui paraît déterminée par une sorte de polarité.

Gerboin lui-même a reconnu, à l’aide de son pendule, que toutes les forces électriques contraires de certains corps pouvaient s’équilibrer par la propriété naturelle que possédaient leurs fluides réciproques, de pouvoir généralement réagir les uns sur les autres. Ayant établi, de même que lui, des conducteurs imdirects entre deux corps d'électricité contraire , j'ai reconnu que, suivant la force réciproque des fluides qui leur sont propres , à volume égal, l’un tendait toujours à l’emporter sur l’autre. J’ai reconnu, en outre, que pour obtenir l'équilibre parfait sur ces conducteurs , il fallait avoir soin de proportionner le volume de chacun des corps éprouvés à la force des fluides qu’ils sont susceptibles de développer.

Si j'établis (planche °°, fig, 25) un conducteur indirect AB entre les deux piles N et P qui sont de forces égales , le conducteur AB placé au point À, sur le pôle négatif de la pile N, et que je place sur le pôle positif P, son autre extrémité B, ces deux pôles projetteront aussitôt leurs fluides sur ce conducteur, et comme la force de leurs fluides est égale, ils se rencontreront au point K, qui est

juste la moitié de la distance qui sépare ces deux pôles. Ce point K est donc celui intermédiaire entre les deux fluides. Lorsque ce conducteur est établi entre deux corps contenant des capacités électriques différentes, le point K tend toujours à se rap. procher de celui des deux dont la puissance organo-électrique est moindre, et à s'éloigner de celui qui en a le plus. C’est ce que l’on peut voir d’après la figure 26, qui représente deux piles dont l’une a moitié moins de force que l’autre. Le point de jonction des deux électricités K se trouve en conséquence plus rapproché de la pile P que de la pile N, qui est celle qui contient une plus grande force électrique. On peut non seulement mesurer, au moyen de ces conducteurs, la puissance organoélectrique des corps solides entre eux , mais aussi celle des liquides , soit entre eux, soit avec les solides.

Ainsi (planche fr, figure 27), ayant deux vases formés d’une matière inactive, telle que de la terre cuite, si l’on verse dans l’un un liquide négatif N, et dans l’autre un liquide positif P, si les deux liquides jouissent d’une même puissance organo-électrique, le conducteur AB étant courbé des deux bouts de manière à plonger dans chacun des liquides , lorsqu'il sera placé , il recevra l’un et l’autre fluide, et le point K partagera en deux parties égales le conducteur. Dans le cas contraire,

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