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Observations sur le plus ou moins d'exactitude des mesures barométriques, prises à de grandes distances du baromètre sédentaire, suivies de quelques recherches sur la pente du Rhôme d'Avignon à la mer, et sur la pression moyenne de l'atmosphère au niveau de la Méditerranée

samraent établie. Ces notions seront pour ainsi dire populaires ou plutôt à la portée de tous ceux qui emploient le baromètre sans avoir fait une étude des auteurs qui, comme de Luc , Laplace , Biot , Ramond, etc, ont écrit à ce sujet des traités ex profcsso. Peut-être ne sera-t-il pas inutile d'obsçrver encore, qu'une longue expérience m'a appris que l'emploi du baromètre toujours avantageux , n'est ni aussi exact , ni aussi expéditif que le disent les uns quand il s'agit d'obtenir des mesu res d'u ne grande j ustesse ni aussi infidèle que d'autres le prétendent lorsqu'on l'interroge à des distances de quarante ou cinquante lieues entre deux stations correspondantes.

Les différences qu'on trouve en mesurant avec de bons instruments les mêmes hauteurs éloignées du baromètre fixe , ne doivent point nous faire rejeter une méthode susceptible , k l'aide d'une seule opération, de satisfaire le géologue, le botaniste et le géographe, pourvu que 1 hauteur du baromètre sédentaire sur le niveau de la mer , sa température et celle de l'air extérieur soient bien déterminées.

Si dans quelques circonstances particulières

on désirait une plus grande approximation , il faudrait faire une série d'observations dout les résultats seraient d'autant plus exacts que cellesci seraient plus nombreuses.

Je vais indiquer , dans un tableau , jusqu'à quel point des mesures obtenues à des distances de 10 ou 50 lieues du baromètre sédentaire peuvent être altérées par des causes connues , mais dont il est impossible de déterminer toute l'influence (*). On verra d'après ces mesures prises dans un grand éloignemeut, que si le calcul donne des fractions de mètre et de décimètre, on ne doit pas attacher beaucoup d'importance à ces fractions dans nos tables de hauteurs , à moins qu'elles ne fassent partie d'une moyenne obtenue d'après un grand nombre de données.

Quoique j'aie souvent répété sur les mêmes points mes observations avec les mêmes baromètres, dans les mêmes circonstances du moins apparentes , je n'ai obtenu que des résultats plus ou moins approximatifs et je lésai toujours regardés comme suffisamment exacts lorsque leur différence ne surpassait pas un mètre ou

( c ) Les lieues dont il s'agit iii sont de a5 au degré* ou de 2i8o toists.

eux. De quelle autorité sera donc pour moi celle des voyageurs qui , après avoir pris des mesures eu courant , et n'avoir fait sur un même point qu'une ou deux observations, donnent à un décimètre près une hauteur précisément égale à celle trouvée par d'babiles ingénieurs géographes à la suite d'un long et pénible travail ? Cependant les résultats trigonométriques, quoique en général plus exacts que ceux des pressions atmosphériques , nous laissent des doutes qu'un nivellement long et péni" ble pourrait seul dissiper.

Que penser de pareilles assertions , nous qui dans nos dernières observations barométro-thermomé triques faites avec la plus scrupuleuse exactitude à Avignon hors du rempart, et au sommet du Mont-Ventoux , n'avons pu trouver que des nombres dont les différences ont été jusqu'à un cent onzième sur une hauteur d'environ 990 toises ?

A Dieu ne plaise que je trace ces lignes dans un esprit de scepticisme ou de critique! C'est l'amour du vrai, c'est mon expérience, c'est ma conviction intime , c'est une aversion pour Vin docte enthousiasme qui se permet trop sou-

vent une exagération d'exactitude non moins funeste que l'erreur.

Je vais donner à l'appui de ce que j'avance différentes mesures des mêmes lieux ; on trouvera entr'elles, malgré mon attention , la bonté de mes instrumens et la longue habitude que j'ai de les interroger , des différences notables: j'aime mieux les signaler que de me piquer en les dissimulant d'une exactitude presque toujours démentie par l'expérience.

Ici, les observations sont faciles: le calcul de la plus grande simplicité surtout quand on se sert pour l'abréger des Tables d'Oltmanns, ne peut nous induire en erreur , mais les applications pratiques sont souvent fautives. On en est bientôt convaincu quand on applique plusieurs fois la même formule à une hauteur déterminée par un premier calcul.

Si nous mettons en ligne de compte la grande distance des lieux , les montagnes et les vallons qui les entrecoupent , l'anomalie des températures , le changement d'état et les variations générales ou accidentelles et locales des fluides que l'atmosphère tient en dissolution ou en suspension , ainsi que les inégalités trop pei*

connues des pressions atmosphériques sur de vastes surfaces, peut-être aurons-nous lieu d'être surpris de ne pas trouver de plus grandes différences que celles indiquées par le tableau suivant.

Ces différences pour les sommets et les cols vont rarement à 4 [150 de leur élévation : mais en général elles sont d'autant plus grandes proportionnément à leur hauteur , qu'on observe le baromètre dans des vallées plus profondes, plus étroites , ou que l'atmosphère est plus violemment agitée. Ne voit-on pas , lorsque le N. N. 0. ou le S. E. soufflent avec impétuosité, des oscillations très-sensibles dans les baromètres sédentaires ? Quelle source d'erreur lorsque le vent frappe avec force une montagne qu'on veut mesurer ?

Nous allons voir jusqu'à quel point on peut , différentes années , dans la même saison , dans des lieux éloignés , et à l'aide des mêmes calculs , compter sur les diverses indications du baromètre ; le même tableau nous indiquera que l'équilibre atmosphérique s'établit plus promptemcnt et plus uniformément à de grandes hauteurs isolées que dans les vallons et les

plaines , puisque les inégalités de nos mesures sont en proportion beaucoup plus grandes dans les lieux moins élevés , et qu'il faut alors un plus grand nombre d'observations correspondantes pour obtenir la même probabilité d'exactitude (*).

Ne voulant donner au baromètre plus d'autorité qu'il ne peut en avoir , je ne prétends pas dire que la moyenne des indications de la table suivante soit exactement la hauteur véritable. Je n'ai désigné que les hauteurs données par le baromètre observé daus les mêmes stations , à de grandes distauces et clans divers voyages. Je prie le lecteur de ne point oublier cette remarque importante.

(<*) La pente du Rhône d'Avignon à la mer et la hauteur de mon cabinet sur le Khône ayant été déterminées avec assez de précision , ilne peut y avoir qu'une bien légère erreur sur Pélëvation de mon cabinet audessus de la Méditerranée.

Mesures de quelques lieux élevés , prises plusieurs] fois en juin , juillet et août , à l'aide des baromètres et des thermomètres comparés entre eux\ et avec ceux de V Observatoire de Paris.

(Les observations sédentaires, à l'exception de celles] qui correspondent aux mesures de M. Lerouge, on 1 toutes été faites dans mon cabinet d'Avignon, élevé! de aa ra 4 d [* 1 3 P-] sur ^ n'wnii de la Méditcrra-j née. )

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