Observations sur les calomniateurs et les persécuteurs en matiere de religion /
Dans ce siècle de tolérance et 'de philosophie , des hommes, qui ont constamment ces mots à la bouche •t sous la plume , vous permettront de professer l’athéisme et d’écrire pour préconiser cette doctrine déaolante ; ils rugiront si vous osez vous déclarer Catholique.
On vous passeroit de croire au Zend-Avesta , à l’AIcoran, nu Talmud, mais croire à l’évangile, à leurs yeux est lin crime. Dans cette salle où Jacob Dupont se déclarant athee avoit reeueilli des applaudissemens , les cris d« fureur et les menaces retentirent autour de moi , quand indigné de l’apostasie de «Gobel et des provocation* d’hommes qui mettoient tant d’importance à ce que jo l’imitasse , je résistai à leur tyrannie en professant des principes chers à mon cœur. Quand je réclamai la liberté des cultes , le premier nivôse an troisième , on passa presqu’unanimement à l’ordre du jour en m’insultant, et voyez comme les hommes sont conséquens, peu de temps après , on décréta presqu’unanimement cette liberté à la suite d’un discours qui in^ultoit à tous les cultes et conséquemment à la nation.
Pendant dix-huit mois la Convention nationale avoit 4tè fur l’artiole de la religion , en révolte ouverte contï*
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la volonté cil peuple ; sur la parole de quelques 'brigands ©lie aflectoit de croire que. la France entière avoit abjuré son Dieu , tandis que la désolation universelle pïotesto'it contre cette imposture.
Qu© de maux , que de crimes furent le résultat de la persécution ! que d'ennemis elle fit à la liberté. Avant cette, époque, une > foule de prêtres attachés à la religion et à la république emploÿ oient l’ascendant de celle-là pour faire aimer . celle-ci. ils prêclioient la soumission aux loix e a ceux qui en sont les organes, ils donnoient le précepte et l’exemple. Leur dispersion laissa en proye à la douleur des millions d hommes qui, suivant l’expression d’un magistrat, rie : surent plus qu'obéir et haïr - lés autres , accessibles à tous les délires des passions , après avoir brisé le seul frein qui les retenait dans le sentier de la morale, mirent en honneur toutes les extravagances et tous les vices .L’histpire n’oubliera pas qne la destruction du culte fut l’époque de la démoralisation la plus allar mante qui ait jamais existé chez aucun peuple D’une part , la confiance s’altéra, élla fit place au découragement ; de l’autre, la cupidité*, l'égoisme acquirent plus d’i^ensité.
Dans l’intervalle , les ennemis de la patrie s’emparèrent de l’opinion publique pour la pervertir. Ils eurent la perfidie de confondre dans une inculpation générale les prêtres fideies à leur état , et ceux qui l’avoient abjuré , pour verser également sur tous la haine et le mépris. Alors les pasteurs citoyens n’étant plus à portée de contrebalancer l’influence^ sinistre dés^ contre-révolutionnaires, ces derniers provignèrent impunément le royalisme. Je m’empresse de citer tm fait incontestable. Des troubles ont f-claté presque par tout où les prêtres rébelles ont pu s’installer ; la. tranquillité tègne dans presque toutes les communes où dGS
prêtres amis de la république ont conquis l’cstina» d&$ citoyens , et même jusques dans les départemens iiw# surgés ; par exemple , vers le ci-devant district de la Guerche , divers curés qu’une force majeure n’a point expulsés de leurs paroisses, y ont maintenu le calme, et les chouans n’ont encore pu les entamer.
L’expérience a prouvé l’inutilité des efforts par lesquels on voudroit arracher à ùn peuple seS principes religieux et son culte , et si ces principes peuvent consoler et améliorer les hommes , les conduire à la pratique des vertus , à l’amour des loix , le législateur doit se féliciter de trouver , dans le lien le plus fort de t‘5ute association politique, un principe conservateur de la liberté, puisqu’il sanctionne, par l’assentiment du cœur , les loix auxquelles chacun doit obéir.
Quel est donc le devoir du législateur ? C’est d’établis entre tous les cultes une entière égalité , d’accorder à tons la liberté indéfinie , d’empêcher qu’on ne les trouble et qu’ils ne troublent; par-là vous les rattacherez tous à la patrie. De ces maximes inattaquables dérivent les conséquences suivantes:
i°. Cette liberté de culte ne doit pas être restrainte par des prohibitions qui n’auroient aucun but d’utilité publique. Ce but est la limite de toutes les loix : si vous la dépassez , le peuple n’y voit que le projet de le tirailler , et par là vous aliénez son cœur.
i°. Il faudroit sans doute proscrire un culte qui ne reconnoitroit pas la souveraineté du peuple , et qui voucjroit à sa croyance associer la royauté. Ici vous sentez qu’une distance incommensurable sépare deux classes d’hommes qui se disent 'catholiques. Les uns sont ce» frénétiques qui veudroient assassiner la liberté; les autres
sont ces patriotes paisibles , soumis aux ïoix çt pp*£ auadés que la religion commande de se sacrifier pour leur maintien.
Si, dans la dénomination commune de catholique ou prêtre on confond ces diverses classes d’hommes, c’est une injustice égale à celle qui dans la dénomination de soldat voudroit englober les brigands de Charette avec les braves défenseurs de la patrie.
Je vais plus loin. Si de l’abus que font des principes religieux les prétendus catholiques de la Vendée , vous Voulez en tirer l’induction que le catholicisme est incompatible avec la démocratie , c’est de votre part un jugement inique , car Tahus n’est pas la chose. C’est un acte contre-révolutionnaire , car en plaçant des millions d’hommes entre leur conscience et la patrie , vousles forcez à faire un choix qui paurroit n’être pas favorable à la liberté , tandis qu’il faut faire dériver de leur religion même la preuve qu’ils (foivent chérir la république. ^
Dans une foule de journaux , j’ouvre celui des Patriotes de S? , N°. 164, 181 , etc, et j’y lis •
« Que cette épouvantable religion , ( la religion cav tholique ) avec ses fables grossières , fait un devoir , j> une vertu sublime de la soumission la plus entière n an plus affreux despotisïnef^elle a couvert la terre ?» entière 3e sang, de cadavres et de bûchers. Les ” fanatiques romains sont les ennemis nécessaires de s? toute constitution tolérante , et voilà des évêques >» constitutionnels , caffards , qui ont assez d’ambition ?» pour .être fanatisans j qui saisissent les torches incen- 1 w diaires, dégoûtantes de sang, et qui les agitant ave#
r • m?n-cent d'embraser toute la France ; île
î“l couleurs de Salluste pojgnit la consprratron du vendémiaire. Quelque, personnes des.rero.en <1 ^
douces épiA^à “ P»in*
d'^r^s' croire sur parole ?
„ rapports réciproques. Dans l’exercice dea dévoua U „ christianisme , nous puiserons sans ce,;e de nouvear^
» motifs d’aimer la patrie. - Première encyclique t
Tenons faisons gloire d’étre le, ministresd’une re-
* ligion dont la morale sé compose dé toutes le, vertu.
„ miles à la société dont un caractère distmctn est
h l’égalité fraternelle ... . d’une religion qm a po.n pi s* cille essentiel l’ohj&snce aux autorités , la pleme „ er entière soumijj^p aux loix. il’id- pages ir rt !"'
Le gouverne™” de la république chrétienne n est „ pss monarchique. Deuxième encyclique. Page ».
p.c.8 xr et »« « on trouve des. observations contre n ces vicaire, apostoliques qui tiennent des eghse, dan. „ l’Mat d’itvil issem «st , son» 1« joug de a cour 9 „ lloa’.e.yOny censure l*s patentions d« la cour ©
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république.- ibid. P P‘ “nCe-“ amiS de iS
..Co^bienest strictement obUgato;r*)cota^.^
«ieux au, yeux de là religion ce jument qm port.
à aimer sa patrie
a se
sacrifier pour elle ».
„ Les maux de la patrie serment terminés depurs long Jp, "ceux, ,ni se plaignent de leur pro ongauon , avXi faitpour elle les sacrifices qu’ils ta dévorent -
1 Voilà des passages qu’on eût pu citer , mf"e Être suspect de partialité. Le rapprochement de e traits et des accusations prouve déjà combien L
fectionné l’art de dénigrer je dirai meme e pe ^
car des outrages et des calomnies sont une F-soas une forme différente et souvent plus cru q
des supplices. *
Nous avons lieu d’observer fréquemment q '* homme, qui s’ingèrent à parler de religion, sont
étrangers à cette connoissance , quoique'
d’ ailleurs. Leur, science à cet égard se compose eje ques satyres qui ne prouveront rien , quan me elles auroient le mérite de la nouveauté , ® (lUG I
éjections glanées dans des pamphlets anti- chrétien, qu« nos ennemis lisent , et réfutées cent fois dans nos apo^o gisteS qu’ils ne lisent jamais , car ces juges imp sont décidés à prononcer contre leur partie adverse san# l’entendre. Ils ont oui dire que le catholicisme «toi incompatible avec la ^publique , et a l’instant i s répètent en chœur; le catholicisme est ineompdti la république.
Cependant , s’agit-il de principes ? dans le livre r.çu de toutes les sociétés chrétiennes , ( I ) vous trouvez la
(1)1. wg.
nol7lh f^u^S'qne e‘ * Ph,S qur I’*n‘iqtiiti
évangélinu T é T7e ° U r0yau,é- La «ord.
& , puisse dans la nature com mo ln ^
«ppelie sans cesse Ies hommes J, *
des chrétiens rerom ™ 4 j gante J. C. le législateur
parce qae ^mande n’appeller personne maître
” noils sommes tou, frère, „ (l )l ^
ram efuxef Courir J °" T‘ ^ CatIlo]icisme étendre ses
":rnf::; pPirène Zs ï®ïR K££5
le» plus libre,. ” Cant°”S îui sont Précisément
cln^r’sLrf11 f"1' d#S^tat* d-P°%uesl8
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roulant abolir la , * COmpaSfti* de Sierra Leon a ,
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opposée C’est s 1 3 I,eces!>'é de suivre une mardi.
■ qu,eiia nègres libres Fnfi i j * 1 Une colonie de
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concouru puissamment depuis la publication du dC
parmi les^oirs ’ d ***» * * milité
V les noirs devenus citoyens.
<0 M»ti, 2 3 . S « s.iv.
tes principes et les faits militent en notre faVeuri Croyez-vous que nos antagonistes céderont à l’évidence ? Non. Ils répéteront jusqu’à la satiété une assertion détruite , comme si la constance à reproduire un mensonge pouvoit lui donner les couleurs de la vérité ; ils irns putent à la religion des faits que la religion reprouve , telle que la coalition coupable du clergé et des despotes. Viennent ensuite les liideux tableaux des guerres trèsmal-à-propos nommées de religion, puisque la religion n’étoit que le masque dont se couvroieiit quelques ambitieux.
Avec une telle logique on pronveroit “ qu’il faut ,, anéantir le commerce , parce que des ruisseaux de .. sang ont coulé pour en disputer les profits, anéantir „ la justice , parce que la cliicane nous a dévorés, et ,, maudire la philosophie , parce que des sophistes et »i de faux patriotes en ont abusé I )
Nous n’avons garde de calomnier la philosophie , em lui imputant les horreurs commises en son nom sous le régime de Robespierre. Mais nos ennemis auront-iljamais la bonne' foi de ne pas imputer an catholicisme des horreurs qu’il abhorre ? Non ,^t telle est leur loyauté qu’ils reprocheront aux catholiqnes.de France les fureurs de l’inquisition d’Espagne , les Vêpres Siciliennes et les. massacres ^Irlande. Ils reprocheront à la génération actuelle les horreurs de la Saint-Barthelemy. C’est 1 apologue du Loup et de V Agneau : Si ce n'est toi , c etoit ton père.
rententls crier sans Cesse , nous ne voulons point d / lier archie , de théocratie , de religion dominante , qui seroit uü
(1) Discours sur la liberté dé< c4tcS par Grégoire , secendô édition, pige 2 5-
Stit dans l’état, 8cc. Reprenons article par article, et analy- •oiîs chaque idée. Si toute association religieuse forme un état dans l’état, il faut alors proscrire la liberté des cultes *t former une société d’Athées $ vous savez le résultat d® 1 expérience faite à cet egard. Si vous prétendez qu’un® association religieuse ne peut avoir ni faire aucun régie- Stieris qui l’organise , c’est prétendre qu’une société ne sera pas une société. Que pouvez-vous exiger? que ces réglc- Wiens. vous soient connus , et qu'ils ne renferment rien.de contraire aux lois politiques , à la tranquillité publique , arien (Je plus. T
Vous craignez une religion dominante , et comment les catholiques par exemple, domiaeroient - ils? Ils sont à la vérité les plus nombreux, mais sansdoute personne ne prétend fixer à nombre égal lesadhérens de chaque culte. Une religionponrroit aspirer à la domination parles privilèges que lui concéderoient les loix de l’état, par la nature de ses principes, on par l’influence ambitieuse de ses ministre* et l’ascendant de leurs richesses.
Quant au premier article , les loix nationales mettent tous les cultes au meme niveau, je pourvois dire mêmequa plusieurs loix paroissoient avoir pour but , d’atteindre exclusivement les catholiques ; ils sont la seule société religieuse dont on ait déclaré les biens nationaux, et si je ne rappelle pas cette foule de décrets qui leur garantissoient les fonds nécessaires pour le service du culte , doit-on me savoir mauvais gré de cette réticence ?
Depuis trois ans, une foule de diatribes imprimées, distribuées^ aux frais de qui....? de la nation) sont tissnes d’outrages contre qui ? contre le catholicisme.
Çroy ez-vous que les catholiques patriotes ne soient pas ftfUrmés de revoir en place et jusque» dans les bureaux une
fonte d’hommes également persécuteurs; les uns roy alistes décidés , d’autres ennemis de tout culte , qui sont dan. le cas d’influencer , ou même de dicter le, réponse» aux questions que vient de leur adresser le ministre delà police.
Ce que nous avons dit sur l’esprit d’égalité, de fraternité qui respire par -tout dans l’ évangile , écarte ue d’une religion dominante par sa nature. Si l’abus qui s insinue par-tout , qui corrompt tout, est venu se placera côté décès principes, en sont-ils moins réels? D’autres au contraire , reprochent au christianisme de conduire a 1 abjection et de prêcher une telle insouciance des choses terrestres, qu’on verroit sans émotion la société s’écrouler.
Entre ces deux extrêmes qui ont l’un et l’autre les caractères de la fausseté , des catholiques dignes de ce nom seront toujours tels que les peint Montesquieu (i). « Des citoyens infiniment éclairés sur leurs devoirs , et qui auront un très-grand zèle pour les remplir ; plus ils croiront devoir à la religion , plus ils penseront devoir à la patrie ».
Personne ne redoute plus sans doute delà part de la société catholique , l’ascendant des richesses. Pour subvemt aux frais du culte, il lui reste les dons de ses membres ; il lui manque même l’étroit nécessaire.
Quant à la liiérarcliie de ses ministres , elle ne nuit pa» plus a l’égalité que la hiérarchie des autorités constituées ne contrarie les principes républicains. Il y a meme cette différence , que celle-ci est fondée sur des loix coactive», et que celle-là n’a d’autre appui qu’une confiance libre.
Nos censeurs s'en vont susurrant ou criant , que des dignités ecclésiastiques appellent notre ambition. Le plu» grand sacrifice que nous ayons pu faire fut de céder an
(i) Esprit d$s loi*. L- 24 > -h. 6.
vœu général en acceptant l’épiscopat, dans un moment oit il n’étoit entouré que d’épines. Nous nous félicitons d’avoir recueilli de l’ingratitude et des outrages; heureusement la moisson est abondante. Quelle qu’ait été , quelle que soit la conduite tenue à notre égard, invariables dans nos principes républicains, comme dans nos principes religieux, rien ne pourra nous en faire devier ; sans cesse on nous verra prêcher l’obligation et donner l’exemple de la soumission , de rattachement aux loix. de notre pays. *
Je crois avoir rassuré les amis de la liberté , sur la crainte devoir une théocratie envahir les droits politiques ,*en érigeant une autorité, rivale de l’autorité nationale.
Je passe à d’autres objets , lè mariage des prêtres, le divorce , le concile. Ce n’est point ici le cas d’approfondir ee« questions, qui le seront en tems et lieu ; je me bornerai à repousser les objections , et d’abord :
Je suifir surpris du zèle de certaines gens, pour faire rentrer dans l’exercice du ministère des prêtres maries , nuisque ces grands écrivains conspuent si effrontément cet çxerçice , qui selon eux n’est qu’uh charlatanisme.
Remarquez en second lieu, que rarement ils peuvent parler du mariage des prêtres, sans souiller leurs pages par des expressions ordurières et par un ton de lubricité: observez enfin , qu’ils ignorent même l’état des. la question . elle est complexe: ordonnera-t-on prêtres des gens mariés , ou permettra-t-on à des prêtres de se marier, eide continuer leurs fonctions ? ce sont des choses différentes». Quant à la première, on sait qu elle est résolue par l’affirmative dans l’église grecque catholique , et à notre poite , en Corse, les pretres de la colonie grecque cathoîique sont époux. Quant a la seconde , il est inoui qu’on ait autorisé les hommes engagés dans le sacerdoce à épou- ^ encore moins à coiHinner ensuite l’èxerçiçe de fehr
ministère. La loi civile les autorise cependant à se marie# , nous n’avons le droit, ni la volonté d’y mettre obstacle.
Un censeur nous reproche ayec amertume , de porter aux prêtres mariés une horrible haine . L’injustice de cett» imputation peut être appréciée d’après les services rendus fie notre part à plusieurs d’en tr’eux, et par 'notre conduit» liabituelle envers ceux que les affaires et les circonstance, de la société rapprochent de nous.Mais quel que soit le mépris qu’il vous plaît d’avoir pour nos règles de discipline, jusqu’à ce qu’elles aient été révoquées par une autorité qui n’est pas celle d’ An journal , nous y tenons, au risque de déplaire au grand dénonciateur que v ous ne nommez pas , et dont les dénonciations n’ obtiennent pas même de nous le sourire de la pitié (i).
Quant au divorce , je ne puis que répéter ce que j’imprimai dans une brochure italienne, il y a trois ans, et en français , il y a quelques mois. Dès que dans une société politique, il ‘existe des individus qui croyent le divorce permis par leurs principes religieux , le législateur a pu et même il a dû statuer sur les formes légales , d’après lesquelles il aura lieu, et prendre des mesures conservatrices de l’état civil et des hérédités. Mais le divorce est une loi permissive , aucune législation ne sera jamais assea délirante pour en faire un devoir ; il nous plaît , vous disent les catholiques, de né pas profiter de votre permission qu’avez-vous à répondre ? Si quelqu’un veut user de la faculté concédée parla loi , il en est le mâître • mais ni lui ni vous ne nous forcerez à croire que nous pouvons l’imiter.
(i) Bruslon , prêtre marié , à V ouvrai, dépassaient d’Indre se Loire.
. *’amTe 4 l’article du concile un concile! A cemor
»“ Tn d®* honime8 au,si stupéfaits que quand à Ja renais- “nCC culte > je publiai une lettre pastorale, qui devoit «trelue U Dimanche, au prône de la Messe Paroissiale lorsqu’ils croyoient qu’il n’y avoit plus ni Prôné, ni P àfasse , îli Dimanche.
L’idée vague qu’ils se forment , ou plutôt qu’ils affectent de donner d’un concile, est celle d’une assemblée aussi formidable que la descente à Quiberob , et vous concevez leur motif. Le cron-a-t-on? j’ai vu un homme connu par une vaste érudition et par scs écrits, nous ire gravement qu'un concile national ne pouvoir avoir lieu, sans l’in 1er. ventiou du Pape qui le présiderait en personne , on par ses délégués.
Cependant de quoi s’agit -il ? de quelques pauvres Ecclésiastiques Evêques et Prêtre?, sans fortune , sans crédit , réunis pour un travail dont je parierai à l’instant. Leur premier acte sera de prévenir l’autorité constituée du lieu, et d’appeller sa surveillance^ le second, de protester fidélité à la république. Quant au droit de se réunir, vous nous objectez l’interdiction faite aux assemblées primaires , de correspondre. Je Je crois bien , ce sont des assemblées politiques , et quant aux sociétés libres qui s’occuperoient d’objets politiques , la loi prend encore à leur égard des mesures qui mettent à l’abri de leurs tentative* le domaine de là liberté; mais ici, la chose est absolument di fféren te, et soi tque vous considériez cette assemblée nommée concilie nom n’est rien à la chose ), comme un# société religieuse ou comme une société littéraire, elle a pas la constitution l’incontestable droit de se former-c’est d’ailleurs une conséquence immédiate du principe de la liberté de* cultes. Qui veut la fin veut les moyens ; quelqu’un , à Ja vente, m’observoit que précisément on ne" veut pas la fin; mais laissons là i’apigTamme,
Et quel sera l’objet de ce concile? sans doute, dit un journaliste , les persécutions exercées contre V Evêque de
Del et VAbbé Mauri , &c. ; et c’est moi moi l’objet
privilégia des calomnies qui dans le tems donnai à un collègue, pour les faire insérer dans les journaux , entr’autres celui des Patriotes de 89 , les pièces trouvées dans le portefeuille du contre-révolutionnaire Evêque de Dol et la correspondance de l’Abbé Mauri.
Sans doute , encore à ee concile , on s’occupera des a r fêtés des représentais du peuple en mission , des noms des persécuteurs , g ’c.
Et moi aussi j’ai été en mission , il me fut si facile et si doux de faire aimer la liberté que d’autres firent detester en lui donnant l’aspect d’une furie. Je rends hommage à la conduite d’un certain nombre de représentai en mission, dont les uns ont conduit les armées à la victoire ; les autres dans les départemens ont comprimé les mal veilla ns, déjoué les intrigues et ravivé l’esprit publier ais ne me forcez pas ù ramener sur la scène des proconsuls féroces , qui les uns , fauteurs du royalisme , les autres persécuteurs du culte par des routes différentes nlloient au même but. Je po.urrois produire une cargaison de leurs arrêtés , dont Néron et Cartouche eussent rougi.
Revenons à notre objet : si au lieu des discussions dont nos adversaires voudroient fournir le texte , ce concile élaguoit les abus que le despotisme et l’ignorance ont voulu enter sur la religion, par exemple, si dans une grande partie des offices religieux à l’usage du latin, il substituoit celui de la langue nationale, si dans les livres ascétiques qui sont, journellement entre le3 mains d’une foule de personnes , il supprimait des formules et des idées qui respirent encore l’asservissement à la royauté , s il adoptait des mesures propres à resserrer plus étroitement
•' ^ amChem H^lique* il, république .Stc.
cr^ez-vous que ce. Qpéruüons ue présentcroie^ une
5 7de U“htS > »»“ iupoiut de. Vue pcditique. .
Je ne «mm pas de le dire, si l’auwrité civi*e ra. , peeiieit cette «semblée , -elle ie nuirolt à elle-même , e ■ e suspendront une foule de réformes et.de réglemens «Tnurr^p, sans cela , nWoient >, lieu , parce que linefiic.me des décisions partielles ne présentera jamais a la société des catholiques les motifs d’assentiment qui résulteront de IWtorité du Concile. '
Après cette explication, quand on imprime que ce dét'stabU projet pw faire coûter du sang, faut-il rire ou s indigner ? Du sang! Malheureux persécuteurs c’est vous tou, qui en ave, fait couler. Avant l’explosion de vos fureurs contre le eulte,les communesjesdépartemens étaient paisibles. L’influence dès prêtres patriotes, leurs exhortations étoient .plus efficaces- pour prévenir les crimes que ne le seront jamais les éclialFuut'l^fc
Vous avez rompu toutes les d.i|fbs qu’ils opposèrent au den orientent des vices , et qu’avez-vous substitué à leur morale ? Des instituteurs dont quelques-uns sont estimai,les, mais la plupart ineptes, immoraux .sont méprisés des communes sur lesquelles ils pèsent , et où ils absorbent en pure perte le traitement que leur fait la nation. ( i )
X ar la persécution voue ayez dilànié tous, les cœurs, créé
{ i ) Dans un opuscule intitulé Heckcl à Marchent qui parut T a quelques mois, Fauteur s’écrié ( page lo.J en parlant de 1 éducation : « Cette conception sublime du cosnité ^instruction - publique, ce long travail des Cbenier, des Grégoire, n’a enfanté que la barbarie ». La vérité est que Grégoire nù pas concouru à ce plan d’éducation, et s'il le faut, il en dira la raison. Quant à la barbarie , l’un et l’autre ont fait leurs preuves; on sait que ce sont deux Vandales,
des Ventilées , et Vos déclamations contre le culte d© tant de millions d’hommes prolongent ces décliiremens. Ose* vous applaudir de votre ouvrnge.
Il est un genre de tactique usité , dans les département, parles fauteurs des émigrés, des royalistes, et par d autres persécuteurs , entr’autres dans le département de l’Indre, c’est d’inquiéter les citoyens en répandant que bientôt on fermera de nouveau les églises , c’est sur-tout de saisir ou de faire naître des prétextes pour crier .qu’un prêtre pa~ tricte vent la guerre civile , lors même qu’il prêclie l’amour des loix de sou pays. Alors grande rumeur de leur part , leurs affidés font l’éclio , et ils présentent*comme un commencement de sédition le tapag® qu’ils ont. fait. Vous savez qu’avec ces mots sédition , guerre civile , qui font frissonner le coeur de tout bon citoyen, il est facile d’épouvanler un pauvre prêtre balotté , tourmenté par tant d’événemens. Mais les persécuteurs ont au moins atteint leur but. Ils ont assouvi leur vengeance , fait diversion à l’examen qu’on pouvoit faire de leur conduite , découragé des prêtres républicains , tyrannisé et aigri les citoyens.
Ici se placent naturellement des réflexions sur le sort des prêtres lidèles à la patrie :1a persécution est de nouveau contr’eux à l’ordre du jour. Ce vénérable Flavigny, Evêque de la Haute Saône , les contre-révolutionnaires n’ont pu le faire traduire au tribunal criminel pour un crime qu’il s’étoit efforcé d’empmdier , ils voudroient le tourmenter de nouveau , en empoisonnant ses intentions les plus pures. Cet estimable Maudru , Bvêque des Vosges, oit dénonce , dit-on , une lettre imprimée pour laque^e tout républicai» devroit lui voter des éloges. Je citerois cent faits qui prouvent la conjuration constante des royalistes pour faire égorger le elergé eonBlitytiouv.el-
ÏÏ9 se tapissent même derrière des patriotes qui , sa*# le soupçonner , deviennent les instrument des contrerévolutionnaires. Ainsi le sort de ces prêtres est déplorable; il y va de leur tête à ce que la révolution triomphe , et certes on est sur des hommes, quand ils sort dirigés par les principes , et liés par l’intérêt. Où ^trouveroientils un asyle hors du territoire français? Les rois, le# émigrés les immoleroient. La cour de Rome menace d© les excommunier , les apostats , les rétractans qui ont passé dans le camp des Philistins, les détestent, les chouan# qui ont juré leur mort , les assassinent A ]a tribune du Conseil des - Cinq-Cents , un homme, qn'e je crois seulement trompé , reproche aux prêtres patriote# de ne pas empêcher la désertion., tandis qu'au contraire , ils ne cessent d’interpOser en faveur de la république l'ascendant de leur ministère qu’on a taché de déconsidérer , en les peignant sans cesse aux yeux des peuples , comme des ministres du mensonge. Réduits à La dernière misère , ils étouffent leurs plainte# qui seroient encore réputées cris de rébellion , et pour comble de maux , des journalistes ont la bravoure d« leur jetter de la fange.
Que feront- ils au milieu de tant de désastres ? lia réponse est dans un -ouvrage périodique sur lequel o* voudroit inutilement verser le mépris, te Ils prêcheront r> de parole et d’exemple la soumission aux loix , l’a- »’ mour de la république et leur vie comme leur raorfc » sera la honte éternelle de leurs persécuteurs r>. ( i )
Cette levée de boucliers, ce chorus de quelques journaux, a été spécialement dirigé contre trois Evêques, le#
(ï ) Annales de la Religion , T. ». K®. 14. p. 13*.
•itoyens Saurine , Royer et moi , ( i ) c’est-à-dire , contre trois individus qui ne s’épouvantent pas aisément. Je m’empresse de payer le tribut d’estime à mes deux collègues victimes honorables qui, pour la cause de la liberté, ont pendant 1 3 mois gémi dans les fers. J’ai été spécialement déchiqueté avec une fureur telle qu’elle équivaut presque à une apologie. Dans le cours de la révolution, j'ai vu pleuvoir sur moi au moins une cinquantaine de libelles pour avoir défendu les Juifs , les Anabaptistes, le», mulâtres, les nègres, les sciences , la démocratie , la liberté de la presse , celle du culte, &c. Cuirassé contre les pamphlets , la seule vengeance que je me sois permise , a été de leur donner de la publicité, et si j’exprimoia un regret , ce seroit de voir quelques hommes égarés pros<tituer à la calomnie des talens que réclament la philosophie et les arts.
L’un d’eux se repent de m’avoir donné des éloges j eh! reprenez-les , c’est justice, si je ne les mérite pas , et , si je ldi mérite, je dois n’en desirer de personne. Que vous importent mes idées religieuses ? L’essentiel est que nous nous rencontrions toujourssur la ligne du républicanisme.
Et vous, qui faites de si belles' plaisanteries sur les Evêques devenus tels par la grâce de là révolution , com- ^flîent avez-vous tardé si long-temps à déployer ce zèle ?
( 1 ) Un de ces journalistes, après avoir dit que nous avons proposé un concile , ce qui est très-vrai , ajoute que pour avoir un plus grand nombre de votans , nous avions indiqué au 24 février une assemblée Je Diocésains à Versailles , ce qui est très-faux > et ce qui ne nous empêche pas de reconnoitre l:incon" astable droit qu’ont les diocésains de Versailles de se choisir un Evêque , à moins que la liberté du culte ne sois illusoire comme le voudroient bien des gens. 'Le mode d deetion que nons avons Indiqué dans *3tre second* «.«cyclique tv., • . r mens.
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pourquoi n’avoir pas enrichi la France de vos sublimes observations , il y a cinq ans, lorsqu’à la voix de là religion, de là liberté menacée du naufrage , lorsqu’à la sollicitation du peuple nous nous élançâmes sur là brêch*. Nous auriez-vous considérés comme des instrumens révolutionnait es qu’il faut actuellement briser ? Le christianisme et la patrie ne sont pas à nos yeux des affaires dè mode et de circonstance , elles sont de lotis les temps comme de tous les lieux. Permettez-nous de croire à l’évangile avec Ces imbécillcs Bacon, Locke, Leibnitz Puffendorf, Clarke , Descartes , Neirton , Àddisson * Abadie, Milton, Rabener, Volf, Mallebrânche, Despréaux* Robertson, Pascal, Bonnet, De-Luc , Fénelon, Bossuet* Grotius, "Winslow, la Bruyèrë, d’Aguesseau, &c. &c.
C’étoient , nous le savons, dev très-petits géniés. comparativement aux sublimes philosophes que les nuées de la révolution ont fait éclore ; ils n’étoient point encor© à la hauteur du matérialisme qui est une théorie si consolante , mais au moins ils n’injurioieüt pas , ne caloiUnioient pas , ne persécutaient pas. Comme eux nous sommes endurcis dans la croyance du christianisme, les sentim,ens religieux sont aussi profondément enracinés cfans ijlos cœurs que les sentimens républicains ; ainsi* jàsqiï’à ce que vous nous ayez convaincus par la solidité de vos raisonnemens , bornez-vous à nous plaindre sj mieux vous n’aimez aiguiser des épigrammes et resasser des plaisanteries surannées. En France , vous le savez, on a raison quand on fait rire.
Actuellement permettez-nous de vous adresser une question. Si nous avions sur vos têtes accumulé des outrages et dirigé sans preuve contre vous les inculpations les plus graves , si malgré l’évidence des principes, des discours , des écrits et des faits les seuls moyens
connus
lu)
Connus d’apprécier les hommes , nous tous tccusïon# de prendre les résolutions Us plus barbares et qui feront couler du sang , de quelles épithètes nous jugeriez- Tous dignes? Que nous commanderoit alors l’équité? A des réponses victorieuses nous avons joint quelques vérités un peu dures et dont il est plus facile de s’irriter que de les réfuter; si leur crudité déplaît, nous pourrons y ajouter un ample supplément. La défens» n’a pas à la vérité les mêmes moyens de publicité que l’attaque , quoique nous ne soyons plus dans ces temp» ©ù un comité de «ureté générale interdisoit à certains journalistes d’insérer mon discours sur la liberté des cultes y mais soit qu’on atttente à la liberté de la presse , soit que par d’autres moyens également oppressifs on «touffe la vérité, c’est toujours le même résultat. Nous eu appelions à Philippe plus instruit , si vous êtes j ustes,
vous insérerez cetto apologie non vous
ne l’insérerez pas. ( i ) Si cependant le parti du silène» ne vous paroît pas préférable et qu’un fai tort y je me suis trompé vous déchire la bouche , remplacez cet aveu franc et loyal par ce ton dédaigntux qui annonce tine cause jugée sans appel. Par là on en impose à la crédulité et à la sottise qui nous coudoyent d® toutes parts. Au lieu de répondre directement , persiflez spirituellement, car de l’esprit, qu’est - ce qui n’en a pas , mais de la justice , de la franchise, où en trouver ? Alors imputez de nouveau à la religion ca-
( i ) Pour l’honneur de l’humanité j’aime à croire qu’il faut ea •xcepter quelques journalistes , eatr’&utres celui qui a pour devise ï Uilîil fdlsi dicere , nih.it veri omittere. Cette phrase de Tacite pourroit ;-u moyen d’une inversion légère devenir l'épigrapke de** *«lam£viaienrs , nihii veri dicere , nihil fdlsi omittars.
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rfiqlique tous les crimes quelle abhorre d’autant plu® qu’ooi les a commis en son nom, à l’odieux joigne» le ridiexile ; rappeliez des légendes fausses dont nous prions , des abus dont nous gémissons. Parlez de superstition , de fa/iat'tsnje , mais gardez-vous bien de définir ces mots et d’en faire une application jaisonnée. Il est en outre une douzaine de termes que Garasse eût trouvé admirables , tels que monzeries , jongleries , charlatan , béat * Scc, sur-tout prononcez avec emphase ©es mots : c'est Wi prêtre. Alors vous êtes dispensé d’autre preuve pour établir qu’un homme est imbécille , ou fripon.
Au beu de suivre pied àpied votre adversaire, et d’extraire de ses .écrits ce qui peut établir son innocence, sachez travestir ses idéès , dénaturer ses principes, empoisonner ses intentions. Citez des demi-phrases et par le rapprochement perfide de ces lambeaux à la manière d’Ausoneou de Capilupi vous formerez des cent ons qui signifieront tout ce que vous voudrez.
Sur- tout n’ oubliez pas d’insinuer que ces évëqm sans doute trop éclâirés pour croire ce qu’ils enseignent. Par d’adroites impostures ou des interprétations perÈdes , faites soupçonner que leur conduite heurte leurs principes, ( i ) qn’ils sontdçs hypocrites, c’est-à-dire les derniers des hommes , puisque l’hypocrisie est le manteau de la scélératesse , en un mot : -
Calomniez, et quoiqu’il en guérisse.
On en verra du moins la cicatrice.
Et vous , prêtres citoyens , constamment fîdeles à la république, n’espérez pas à force de vertus vous faire par-
(i) Voyez la pièce- intitulée h Carême de Grégoire- et diverses pièces 'intitulées les Prêtres.
on
donner d’être chrétiens. Vos principes religieux sont l’objet d’une persécution sourde qu’on n’ose proclamer haute-, ment , car la qualité de persécuteur est si exécrable î
L’on vous tendra des pièges , et l’on éprouvera un dépifc secret si vous en échappez. Les vertus ne doivent pas «tre réputées solidaires parmi vous, mais meme on n’en tient pas compte à ceux qui en sont doués. En voulezvous une preuve?
, Tous les journaux ont annoncé la conspiration qui faillit éclater dernièrement à Besançon ; en est-il nn seul qui ait mentionné l’empressement du citoyen Moyse, Evêque du Jura, pour dévoilèr cette conspiration , saisir les papiers et les transmettre au directoire exécutif? Eli bien si le citoyen Moyse bronclioit un instant , tous les papiers publics en retentiroient, et tous les évêques accolés à celui-là partageroient l’inculpation; car s’il est une classe d’hommes ©ù les délits ne soient pas personnels, c’est celle des prêtres. Qu’un d’eux fasse une faute à Strasbourg , je parie qu’oa en placarde la honte sur le front de ceux qui sont à Perpignan , car on est décidé à trouver des torts à eette classe de malheureux qui ont été harcelés dans toutes les crises de la révolution ; l’échafiaud , les noyades , les cachots, la faim en ont moissonné une partie ; l’autre s® traîne dans la misère en s’applaudissant du moins à la fin de chaque jour, d’avoir fait un pas de plus vers le tombeau.
Mortels vertueux, aux s«ntimens et aux deuleurs desquels je m’honore d’être associé , il nous reste au moins la perspective consolante qu’après avoir parcouru le cercle de la vie , il est une région nouvelle où la justice a fixé son ©inpjre. S’il ne nous est pas donné de sacrifier notFe vie pour assurer le triomphe de la république, par nos discours , nos a vions , nos écrits, nous en consoliderons l’existence v cl dans l’exercie* des devoirs du christianisme nous
1*» puiserons sans cesse de nouveaux motifs d’aimer la ?> patrie j>. Première Encyclique , page 7.
' Si l’on pe sécutoitune secte quelconque, à l’instant et par principe de conscience je reprendrois la plume pour plaider ses droits j il m'est doux de pouvoir invoquer ma conduite passée pour garantir cette assertion. Je publierois mêïne un peu crûment les faits, tandis qu’itn j omets, j atténue pour éviter le soupçon de partialité dans une cause qui m’intéresse j cependant où seroit l’équité si, d après cette considération , on prétendoit que je dois m interdire de défendre les catholiques. Des tyrans seuls applaudi voient une fausse délicatesse qui laisseroit un plus liore cours aux explosions de leur férocité.
Je répété ici une vérité que j’articulai , il f a 14 mois , a la tribune de la convention nationale : c est sur les catholiques qu’on s’acharne. Contre qui ont été diriges constamment une foule d’actes oppresseurs ? contre les ea,tlioIiqnes. Lu loi ne doit, être suivant l’expression d un publiciste moderne: « qu’une condition indispensable ah >> bien-être de la société » (1). Qui pourroit reconnoitr© ce caractère dans plusieurs décrets de la convention nationale^ et ces décrets non révoqués sont une mine.abonclante toujours ouverte et que les persécuteurs sauront toujours exploiter.
Et que veulent-ils substituer au christianisme? toute® que vous voudrez, et même des déesses de la F^aison, pourvu que l’objet de leur haine soit détruit. Les uns réclament la priorité pour l’athéisme , les autres vous diront que la patrie est la première divinité, des Français, que la libellé est la divinité , &c.q iis vous parleront du cliltede la loi,
Çi)Y. D: la propriété .da« l’trdre p#ütiqee,|*r ? .
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3a de la patrie, du culte de la raison, et vous concevez qu’avec ces ex pressions lumineuses , on est bien éclairé et bien consolé.
Dû reste , personne n’a plus qn’etix le goût du prusélitisme , personne n’est plus chatouilleux sur la contradie-
tion.
Jamais Rousseau ne fut plus vrai, plus sage qu’en .lisant :
.< fuyez ceux qui sèment dans les cœurs de désolantes doc- „ trines et dont le scepticisme apparent est cent fois plu* affirmatif et plus dogmatique que le ton décidé de leurs „ adversaires; sous le hautain prétexte qu’eux seuls sont „ éclairés , vrais et de bonne-foi , ils nous soumettent im- „ périeusement à leurs délions tranchantes.... Du reste,
- „ renversant , détruisant , foulant aux pieds tout ce que „ les hommes respectent, ils Ôtent aux affligés la dernière „ consolation de leur misère, aux puissans et aux riches
„ le seul frein de leurs passions ; ils arrachent du fond dca ■ „ cœurs le remords du crime , l’espoir de la vertu , et se „ vantent encore d’être les bienfaiteurs du genre Ira-
»> main (i") ”•
Dans le projet toujours subsistant d’anéantir le clins- ..
tianisme, ils sont embarrassés sur le choix- des moyens Ils ont tant crié et avec raison contre l’intolérance; les Mesence et les Busiris qui dans toute la France ont été les exécuteurs de leurs volontés, sont tellement en horreur par des cruautés même' inconnues dans l’histoire des cannibales , qu’on n’ose -revenir à des mesures de ce genre. Disons le mot. Vous voulee persécuter sans en avoir 1 odieux auquel vous n’échapperez pas. L’histoire est là et sous la dicté • de la vérité, des mains fidèles crayonnent les événemens contemporains. Nos ennemis engageront-
fi) Etniie > - - > ?
pa^.v î 97 . cdicioa tn-J
de la Haye 1772.
«Il tmadiicuMion philosophique snï 1. fond? dans les mille «t un libelles <jui depuis quatre ans ont vomi la bile sur notre croyance, on trouve à peine une objection neuve. Tant qu’ils se borneron t à copier les paralogismes consignés dans les livres de nos anciens aggfessqttrs , il nous suttira de reproduire les réponses publiées par les réfntateurs. Au reste.il faut l’avouer, il est parmi nos ennemis des hommes qui seraient excusables si l’ignorance pouvoit l’être, quand •n veut raisonner sur ce qu’on ignore, la plupart n’ont point étudié la question. Leur gaucherie se décele jusques dans l'inconvenance du style où L’on trouve rarement le mot propre. Ils n’ont vu la religion qu’à travers le prisme de leurs passions et les caricatures ( i ) dessinées parla malveillance.
Sur-tout ils ont la ressource intarissable des calomnies «t des injures, on ne dira pas qu’elles sont gratuites, car Je trésor national facilite la circulation de ces outrages contre la croyance de la majorité des françois,ensorte que la nation paye les injures qu’elle reçoit.
il est eniin un moyen constant et universel de persécuter Clans tous les détails de la vie civile , dans tout ce qui tient a la liberté cju culte. Tous les départemehs , j’ai presque dit toutes les communes ont quelques individus qui excellent dans cet art, et lorsqu’un rébus antichrétien, un blasphème d’invention nouvelle', une imposture, un acte de persécution a lieu 'à Paris , la plupart des journaux sont les télégraphes fideles qui transmettent soudain à tous les départemens, et dans tous les départemens se fait la répétition.
( I ) Je regrette bien qu’on n’ait pas traduit l’excelient livre &e Tolemntiâ ecclèsiasticâ et civil; , par M. Trautmandorf , aupnrd’luii Evêque de Koénigrat?. ,
Réussira-t-il le projet d’arrarcher au peuple sa religion 7 iNlon, il en résultera seulement qu’on aura en pure perte dépensé de l’argent,, versé clu sang, tourmenté les citoyen», et les citoyens en vouant à l’exécration les persécuteurs, conserveront unr croyance' d’autant plus cliere qu’elle aura coûté bien des sacrifices.
Je finis en exhalant un sentiment qui oppresse mon aine. Quoi , lorsque les ennemis de la patrie redoublent d’efforts pour nous ravir le fruit de 7 aiis de révolution , faut-il qu’un génie 'malfaisant jete le tison de la discorde, et verse la coupe des douleurs sur des sociétés qui malgré la disparité de leurs opinions religieuses ont un élan commun vers la liberté, et qui se réuniront toujours pour former le faisceau républicain , pourvu qu’on les laisse en paix servir Dieu à leur manière. Toutes les fois que je verrai un homme acharné à les ridiculiser , aies conspuer, à les Calomnier , je me demanderai quel intérêt il peut avoir de les détacher de la république, le plus grand effort d’indulgence sera de le supposer égaré pour m’épar.gner la douleur de le trouver coupable.
Se trouve chez la citoyenne DiTsbois , rue St. -Jacques , n°. 173 et Z79.
Et chez tous les marchands de nouveautés.
Dk l’Imprimeri e-L ibraïri e-C hretienne.