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Observations sur les fucoides, et sur quelques autres plantes marines fossiles

manuscrit, et par conséquent inconnu à presque tous les naturalistes. Il parait, d'après ce que Brocchi en dit, que ces Fucus se rapprochent de quelques espèces que nous décrivons dans ce Mémoire. On doit pourtant présumer, d'après le nombre des planches qui accompagnent ce travail, que Targioni possédait beaucoup plus d'espèces que nous n'en connaissons.

îurner, dans son superbe ouvrage sur les Fucus, vol. II, p. 75, à l'article du Fucus ligulatus, dit que le docteur Scott lui a annoncé avoir trouvé des empreintes de ce Fucus sur le basalte de la Chaussée-des-Géants ; mais cette indication est trop vague pour qu'on puisse avoir une grande confiance dans cette observation, car on n'a , jusqu'à présent , trouvé aucun corps organisé fossile, et surtout végétal, dans le Basalte.

Enfin, l'année dernière, M. Schlotheim , dans un supplément à son ouvrage sur les pétrifications (1), a fait connaître, sous le nom d' 'Algacites , quelques Fossiles qu'il rapproche des Algues ou plantes marines, et dont il n'avait pas parlé dans son premier ouvrage. A la même époque où ce supplément paraissait en Allemagne , j'indiquais , dans le Mémoire que j'ai publié dans les Mémoires du Muséum (a), ce groupe de végétaux fossiles, sous le nom de Fucoïdes, et j'annonçais le travail que je publie maintenant.

L'examen que M. Agardli a fait de ces Fossiles, lors de son séjour à Paris ( en janvier 1821 ), et les observations qu'il a bien voulu me communiquer à ce sujet, ajouteront certainement beaucoup à cette Notice : aussi j'indiquerai avec soin, par les mots Ag. Mss., les espèces que j'ai pu soumettre à cet habile botaniste , qui a fait une étude toute particulière de la famille des

(1) Naehtrage xur Petrefactenkunde, von. E. F. Baron von Schlotheim. Gotha, i8ai. (a) Sur la Classijk. et la Dùtrib.det Fégit.fossiles. Mém. du Muj., <rol. VIII.

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Algues. Ces espèces ont été indiquées par lui dans le Species Algarum dont il vient de publier le premier volume; mais, depuis cette époque , le nombre des espèces que je connaissais a beaucoup augmenté, et il est probable que lorsqu'on recherchera ces végétaux avec soin dans les lieux où on en a déjà rencontrent on en distinguera un plus grand nombre.

Je n'ai pas parlé, dans ce Mémoire, des prétendues Conferves trouvées dans des cristaux de quarz, n'ayant pas eu occasion de les examiner moi-même ; je n'aurais pu que rapporter ce que les auteurs en ont dit, et je préfère, dans ce cas, renvoyer au Mémoire publié, sur ce sujet, par M. J.Mac (Tulloch dans les Transactions géologiques ( 1 ) où on en trouvera de très - bonnes figures. Je dois remarquer, en outre, que, si ces singulières arborisations sont réellement des restes organisés végétaux, ils devront former un genre particulier parmi les plantes fossiles , dans lequel on pourra ranger tous les végétaux fossiles confervoïdes à filamens articulés.

Aux espèces observées par moi-même, j'ai du en ajouter cinq figurées par M. Schlotlieim , sous les noms d' \rflgacites crispiformis , filicoïdes , gramilatus , orobiformis et Jrumentarius, dans l'ouvrage que nous avons déjà citéj mais, parmi ces Fossiles, il n'y a que la première espèce que je croie pouvoir ranger parmi les plantes appartenant évidemment à la famille des Algues; les autres me paraissent différer tellement des Fucus vivans , que je les réunirai à la fin avec quelques autres espèces douteuses que je n'ose pas rapporter avec certitude à cette famille. On verra , en effet , combien il est difficile de bien

(l) On fegetablc remains preserved in Chalcedonr br J. Mac Culloch, M. D., etc. Transactions or the gcological societj. vol. II, p. 5io. London, i8i4-

4 OBSERVATIONS fixer les limites d'une Emilie dont les genres et les espèces vivantes présentent tant de variations dans leurs formes et dans leur aspect, lorsqu'on est privé des caractères les plus précieux pour établir des rapprochemens exacts, l'organisation interne et Je mode de fructification, caractères qu'on ne peut jamais observer sur les Fossiles, pour lesquels on doit se borner aux caractères extérieurs que fournit le port, la forme et l'aspect que conserve la plante après être passée à l'état fossile. Nous croyons cependant que tout le monde sera d'accord avec nous pour placer dans la famille des Algues non articulées les espèces que nous avons rapportées comme certaines à cette famille; quant à celles que nous avons placées, avec doute, à la fin du genre Fucoïde, il n'y en a que deux que nous ayons observées par nousmêmes, et leur forme est si singulière que nous n'osons pas les ranger, avec certitude, parmi les plantes marines; nous ne connaissons les quatre autres que d'après les figures de M. Schlotheim, et, en nous en rapportant à ces figures, elles différent tellement de toutes les Algues décrites et figurées par les botanistes, que nous doutons beaucoup qu'elles fassent partie de cette famille.

S'il nous reste peu de doutes sur la position que doivent occuper, dans le règne végétal, les Fossiles que nous décrivons dans ce Mémoire, il n'en est pas de même de la distinction des espèces ; rien n'est en effet plus embarrassant que de savoir ce qu'on doit regarder comme espèces ou comme variétés dans des corps fossiles de formes, en général, très-variables dans une même espèce; d'autant plus qu'on doit souvent se décider d'après peu d'échantillons : aussi nous pensons que lorsqu'on en aura observé un plus grand nombre, on sera peut-être obligé de réunir plusieurs espèces en une. Mais, pour le moment, il nous a

SUR LES FUCOIDES. 5 paru plus convenable de séparer tout ce qui offre des caractères assez distincts pour qu'on puisse présumer que ces Fossiles appartiennent à des espèces différentes.

Quant au gisement de ces végétaux fossiles, on doit remarquer que tous ceux connus jusqu'à présent paraissent appartenir à quatre formations différentes : i° les Fucoïdes de Monte-Bolca, près de Vérone; je ne dirai rien sur cette localité célèbre, mon père l'ayant décrite avec détail dans le Mémoire qu'il vient de publier sur les terrains calcareo-trappéens du Vicentin ; je rappellerai seulement qu'il a rapporté ce terrain à la formation de sédiment supérieur ou terrain tertiaire, et je ferai remarquer que les plantes fossiles se trouvant non-seulement dans les mêmes couches, mais même souvent dans les mêmes morceaux que les poissons, tout ce qui s'applique aux uns convient par conséquent également aux autres.

Les espèces qui appartiennent à cette localité paraissent se rapprocher , plus qu'aucune autre, des espèces actuellement vivantes, et en général de celles qui croissent dans les mers tempérées ; il faudrait seulement en excepter les deux espèces que nous avons rapportées avec doute au genre Fucoïdes, sous les noms de Fucoïdes disciphorus et turbinatus , et le Fucoides Agardliianus , qui se rapprochent surtout des Caulerpa, et par conséquent d'un genre presque entièrement des mers équatoriales ou australes.

a°. Les Fucus fossiles découverts dans le lignite de l'île d'Aix, près la Rochelle, par M- Fleuriau de Belle vue,, et dont je dois la communication à ce savant et à M. d'Orbigny. Le lignite qui les renferme a été indiqué par mon père comme type des lignites marins inférieurs à la craie (1); il ne contient, en autres végé-

(i) Vojei l'article Lignite, dans le Dictionnaire de* Sciences naturelle*.

taux déterminables, que les feuilles que nous décrirons, dans ce Mémoire, sous le nom de Zostérites; il parait composé presque entièrement par ces Fucus et par des troncs d'arbres parmi lesquels je n'ai vu, jusqu'à présent, que des Dicotylédons ; outre les deux espèces de Fucoïdes que nous décrivons dans ce Mémoire, il renferme encore des débris d'espèces plus grandes, mais trop incomplètes pour qu'on puisse les déterminer.

5°. Les espèces de Fucoïdes trouvées dans le calcaire de Stonesfield, près Oxford, et dont M. Buckland a bien voulu me remettre des dessins très-exacts. Les couches qui les renferment appartiennent , suivant ce célèbre géologue , au Calcaire oolithique du Jura; ces couches contiennent, outre les Fucoïdes, des plantes que nous avons rapportées aux Lycopodites (1), et des portions de feuilles appartenant très-probablement à des fougères; ces échantillons de Filicites, que je ne connaissais pas lors de la publication de mon premier travail sur les végétaux fossiles , apportent quelques modifications à l'indication que j'ai donnée des végétaux fossiles du Calcaire du Jura, dans lequel je n'avais pas encore vu de Fougères, et prouvent que ces végétaux se retrouvent dans des formations postérieures aux terrains houillers. Les deux seules espèces de Fucoïdes que je connaisse de ce terrain paraissent appartenir à un genre presque entièrement exotique, au genre Caulerpa de Laraouroux dont il n'existe, dans nos mers, qu'une seule espèce très-différente des espèces fossiles.

4°. Les Fucoidesfurcatiis, recurvus , diffbrmis , œqualts et intricatiis se rencontrent dans une formation qui se représente dans plusieurs lieux très-éloignés avec des caractères près

(0 Lycopodites Bucklandi. Mim. du Mus., vol. VIII.

SUR LES FUCOIDES. 7 que semblables , mais dont la position n'est pas encore bien fixée par les géologues, et que mon père présumerait pouvoir appartenir, comme celle de Pile d'Aix, aux lignites inférieurs à la craie.

Ainsi le Fucoides intricatus se trouve au château de Malaspina , près Sarzane, dans les marnes qui accompagnent les lignites qu'on y exploite, au Raltenberg, au N. O. de Vienne en Autriche, et sur la côte occidentale de Gènes, entre St.-Stephano et Su-Morizzio , près Oneille, sans qu'on puisse établir la moindre différence soit entre les Fucus eux-mêmes, soit entre les roches qui les renferment.

Le Fucoides œqualis se rencontre également à Vernasque, dans les Apennins, au sud de Fiorenzola dans le Plaisantin , et àBidache, près Bayonne, dans des marnes parfaitement semblables.

Le Fucoides fureatusse représente aussi à Vernasque, aux environs de Vienne et près de Sarzane.

Enfin le Fucoides recurvus ne s'est trouvé, jusqu'ici, qu'à Vernasque, et le Fucoides diffbrmis qu'à Bidache.

Mais la ressemblance parfaite des deux autres espèces , et celle des roches qui les renferment, nous parait suffisante pour établir l'analogie de ces terrains; il est assez curieux de remarquer que ces diverses espèces semblent appartenir à un même genre et même à une même section de ce genre, ce qui rend assez difficile de bien fixer leurs limites.

Ayant indiqué les positions géologiques dans lesquelles ces Fossiles se rencontrent , je vais actuellement faire connaître les espèces que j'ai pu rapporter au genre Fucoides,

FUCOIDES.

Fi ons continua, saepè membranacea et in eodem piano extensa, duobus lateribus plerumque dissimilibus ; nervis nuilis vel roalè circoinscriplis , unquain regulariter divisis vel anastomosantibus.

06s. L'absence des caractères déduits de la fructification ou de la structure interne dans ce* Fossiles , rend' le caractère de ce groupe assez vague; cependant l'absence de toute nervure vasculaire et la continuité de la fronde , sont deux caractères essentiels des Algues qu'on retrouve dans toutes les espèces fossiles que nous allons décrire ; quelques-unes présentent, il est vrai, une nervure moyenne, mais cette nervure est largu, épaisse, mal limitée, et n'émet jamais de nervures secondaires régulièrement divisées.

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