‹ [Observations sur les lépidoptères]Chapitre 15 sur 21 · Chenille de l'AGROTIS SAGITTIFERA. PI, 9, fig · texte numérisé non relu

Chenille de l'AGROTIS SAGITTIFERA. PI, 9, fig

Cette chenille qui, je crois, n’a jamais été décrite, est entièrement glabre, d'un gris brun uniforme avec quatre bandes longitudinales d’un blanc sale et d’égale largeur. Deux de ces lignes sont dorsales; les deux autres latérales. Chaque anneau laisse voir sur le dos quatre petits points noirs verruqueux disposés en forme de trapèze. Un rang de points semblables existe le long des bandes latérales, el un autre rang au-dessus des pattes. Les stigmates, peu visibles à l'œil, paraissent à la loupe légèrement cerclés de blanchâtre. Le premier anneau porte comme chez les autres ehcnilles d’Agrotis un écusson corné au-devant de la tête,

(1) Voyez les Annales, 1861, page 29, pl. 2.

380 BELLIER. — Lépidopteres et chenille de Corse.

Le ventre est d’un gris de terre. La tête et les pattes écailleuses sont noirs. Les pattes membraneuses d’un brun roux.

J'ai trouvé plusieurs fois cette chenille à la fin de mai et au commencement de juin dans les montages sur le Peucedanum paniculatum où elle vit solitaire. Pendant la chaleur du jour on la voit fixée sur la plante qu'elle dévore avec une grande avidité; mais, dès qu’elle a cessé de prendre sa nourriture, elle se cache avec beaucoup de soin, peut-être même se retire-t-elle dans la terre. Pour se métamorphoser, elle entre en terre et s’y forme une coque. L’insecte parfait éclôt dans la première quinzaine de juillet.

L'Agrotis sagittifera de Corse diffère des autres races par sa couleur obscure. Tous les individus que j'ai obtenus sont encore bien plus rembrunis que la variété figurée par Hubner, pl. 114, fig. 532.

3 BoARMIA BASTELICARIA Bellier (sp. nov.). PI. 9, fig. 3.

Quoique je ne possède qu’un seul individu mâle de cette Géométre, je n'hésite pas à la décrire, tant elle est bien caractérisée.

Les quatre ailes sont d’un gris obscur, plus clair sur le disque et vers les bords. Les supérieures sont traversées par trois lignes brunes principales. La première, l’extrabasilaire est double jusqu’au point discoïdal : la coudée lui est parallèle pendant le premiers tiers de son parcours, elle s’en écarte ensuite beaucoup et devient légèrement denticulée en approchant de la côte. La subterminale est assez épaisse et souvent interrompue. Les ailes inférieures sont presque aussi dentées que celles des Hemerophila; elles ont au centre un point fort épais et sont traversées en bas par une ligne courbe, dentée, parallèle à la frange : celle-ci est précédée comme aux ailes supérieures d’un liséré noir. Le dessous reproduit le dessin du dessus. Ce dessin est surtout très bien écrit aux ailes inférieures. Les antennes sont pectinées et terminées en pointe ; les lames qui les garnissent sont fines et serrées. Les palpes sont remarquables par leur prolongement, ils dépassent de beaucoup la tête qui est assez petite. Leurs premiers articles sont larges et velus.

Cette Géomètre pourrait motiver la création d’un genre nouveau à cause de la forme des ailes et de la conformation des palpes ; mais il est fait de nos jours tant de genres nouveaux que, loin de vouloir pour ma part en augmenter le nombre, je préférerais voir réduire de beaucoup ceux qui existent.

J'ai pris la Boarmia Bastelicaria pendant le mois de juillet, aux environs du village de Bastelica si connu dans l’histoire du banditisme de la Corse.

Annales de la Societe entomologique de France.

4° Sert Tome Il. (18627. PL 8.

E. Belker p Ê

J'Migneaux p Le

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