‹ Observations sur les routes qui conduisent du Danube à Constantinople à travers le Balcon ouChapitre 1 sur 7 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

Les routes qui conduisent

DU DANUBE A GONSTANTINOPLE

A TRAVERS LE BALCAN ou MONT HŒMUS.

En prenant la ligne du Danube pour base d'opération, plusieurs débouchés, dont trois praticables aux voitures, traversent le mont Hœmus, connu des Turcs sous le nom de Balcan.

1*. En partant de la droite de Tarmée agissante, le premier passe des environs de Sistoua et Roustchouk par Ternova, Kabrova^ Kézarilik^ Eski-Sa' ghra^ Djezair'Moustaphay sur la Maritza et Andrinople. Il est de 69 heures et demie (1).

2^ Le second , partant de Roustchouk ou de SUistri^ passe par Razgrad^ Eski-Djuma ou plus

(i) L'heure, ou lieue commune de Turquie, nommée agachs, est.de 22 au degré, ou 2,590 toises; l'heure de carayane est de 19 un tiers au degré, 2,970 toises.

dirccteiucnt ptkT Choumla y Carnabat 9 P€J/7ézsli et Andrinople. 11 est de 69 heures et demie.

3". Le troisième, partant A^Hadji-Ogfckt^^ JBazardjik, où se réunissent toutes les routes dix bas Danube, entre Silistri et la mer Noire, passe à Couzlidjé^ Pras^adij Aidos^ Oumour-Fakihy JS.îrÂ:^ Kilîssia, est de 54 heures.

De Kirk-^Kilissia (ou les quarante églises^ on compte 10 heures à Andrinople, par le vallon de la Salsdéré^ et 10 heures à Tchatal-Bourgaz, sur la route qui conduit directement d'Andrinople à, Constantinople.

Ainsi trois corps d'armée peuvent marcher parallèlement du Danube aux plaines de la Thmce, ert traversant le Balcan, et se réunir aux environs d'Andrinople en douze marches et ixois séjours, en tout 1 5 jours.

L'aile droite , par Ternova à Andrinople , en 5g heures et demie; le centre, par Choumla ou Eski*Djuma, en 59 heures et demie; Taile gauche, par Pravadi et Kirk-Kilissia, en 44 heures.

Cette coloixne, arrivée à ce point, à la hauteur des deux autres, pourra sie lier avec elles par le vallon de la Salsderé en 10 heures; en tout à Andrinople 54 heures.

La position de Choumla, menacée ainsi par sa droite et ssi gauche pendant que la colonne du centre l'attaquera de front, ne sera plus tenable, et devra être évacuée au plus vite par la route di-

recte de Carnabat, afin de n'être pas ooupée de ses magasins, échelonnés de Gonstantinople à Andrinople.

C'est donc entre Andrinople et Kirk-Kilissia que se livrera la bataille qui décidera des destinées de Veœpire; ottoman en Europe, et Ton combattra à 45 heures de la capitale.

D'Andrinople et de Kirk-Kilissia, où l'armée agissante doit se réunir, elle aura peu d'obstacles à surmonter dans sa marôhe sur ht capitale; le pays est ouTcrt, mais mamelonné de manière à présenter partout des positions avantageuses à une armée manœuvrière, tafidis que Tarniée musulmane ne trouvera plus à profiter des obstacles de terf ain que pifésentent les gorges et, les défilés de la chaîne de l'Hœmus.

La Thrace se compose d'une suite de plateaux ouverts et couverts par quelques ravins, où l'artillerie peut se mouvoir dans toutes les directions, l'infanterie régulière déployer ses masses, et la cavalerie manœuvrer avec avantage.

L'expérience des guerres précédentes nous a appris que l'on doit toujours opposer des masses compactes d'infanterie soutenues par de l'artillerie à la cavalerie irrégulière deô Turcs, tandis que celle des armées chrétiennes attaquera toujours avec avantage l'infanterie sans consistance des infidèles.

Jamais il ne convient de se laisser prévenir par

eux : ils trouyeiit dans leur fanatisme et leur bravoure individuelle une force d'impulsion difficile à arrêter lorsqu'ils peuvent faire usage de l'arme blanche.

Leur feu de mousqueterie est peu dangereux en plaine; les Turcs sont mal armés de fusils de dififérens calibres, et encore plus mal approvisionnés en munitions. Ils les ont épuisées par des tirailleries continuelles avant d'aborder les masses ennemies, et c'est alors le moment de les charger avec vigueur. Derrière les plus mauvais retranchemens ils sont redoutables, et ils les défendent avec un courage et une ténacité inconnus à nos armées régulières.

D'Andrinople, l'armée attaquante doit appuyer sa droite à la Maritza {VHèbre des anciens), sa gauche à la mer Noire.

La Maritza est navigable d'Andrinople jusqu'à son embouchure à Énos^ dans un cours de vingtquatre lieues. Son vallon est bien cultivé , et riche en blé , riz et vin ; les montagnes qui la bordent à droite abondent , comme le Balcan , en bétail de toute espèce et en fourrage.

Cette chaîne difficile et sauvage qui sépare la Thrace de la Macédoines ne représente que deux débouchés carrossables vers Toccident.

L'un, au nord, se trouve aux sources de la Maritza entre Tatar^-Bazardjik et Sammkos^. C'est la grande communication avec la Bosnie et Y Albanie, par la haute Macédoine.

L^autre se trouve au sud, sur les bords de la mer et à rextrémité opposée de cette chaîne. Partant des bords de la Maritza, en face de Feredjik ou A^Jpsala, il suit les bords de la mer jusqu'à la Cai^ale. Point important et facile à défendre. Les anciens, qui le regardaient de ce côté comme la clef de la Macédoine, l'avaient fortifié avec soin ; et, de» ruines de ces murailles, les Turcs ont formé un poste militaire confié long-temps à Méhémet-Ali, pacha d'Egypte, qui n'était alors que simple baloukhachi. L'ancienne voie romaine qui allait de Rome à Constantinople par Djrrrachium et Thessahnique y passait ; on en aperçoit encore quelques vestiges. Tout ce canton est riche et bien cultivé ; les montagnes qui le bordent au nord (l'ancienne Rhodopé) sont habitées par des colonies de Turcs Yeurucks ( i ) , tandis que les bords de la mer et la plaine sont cultivés par des chrétiens.

Il existe quelques sentiers qui , partant des plaines de Philippe et de Sens s traversent ces montagqes entre ces deux grandes communications pour aboutir dans la Thrace ; ils passent par des pays incultes et difficiles^ couverts de bois, et riches en minés de fer. La population turque qui habite ces gorges est

(i) Les Yeurucks descendent d'une colonie du Turcomans qui a été transplantée, dans le seizième siècle, de l'Asie en Hiiacédoiue pour contenir les peuples vaincus, impatiens du joug, et pour remplacer la population éteinte par la guerre*

belliqueuse, et sera observée par les réserves établies à Andrinople , qui devront envoyer des détacheniens sur Philippopolis et Tatar-Bazardjik ( i } •

Le débouché au sud doit être également observé par le corps stationné dans VExanUlia et les Dûtr^ danelles^ qui enverra une forte avant-garde sur la Maritza, en face de Feredjik et Ipsala.

La colonne de gauche, depuis Pravadi jusqu "à Kirk-Kilissia s'écarte peu de la mer Noire; il existe même une route , mais impraticable aux voî* tures, qui longe 1^ côte ; et comme l'armée envahissanté doit être maîtresse de la navigation pour agir avec avantage, une flotte doit suivre tous ses mouvemens, et pourvoir à ses besoins, tant en vivres qu'en munitions, parles routes qui, des différens points de la côte, viennent aboutir au centre de la Thrace.

Ainsi, Tarmée navale, après s'être emparée de Varna y éloignée de six heures de Pravad|, doit se porter de là dans le gplfe de Bourgas, et de s'emparer ensuite de tous les ports de cette côte jusqu'à l'entrée du Bosphore,

D'Âîdos, situé au pied mjéridional duBalcan , la colonne de gauche communiquera ^secMésemb/ïa^ sous le cap EnUneh; il j a 6 à 8 heures.

(i) Philippopolis et Tatar-Bazardjik sont deux villes considérables, situées à la tête do vallon de la Maritza; elles commandent les débouchés sur Sophia elle nord de la Macédoine. Philippopolis contient 8,oqo maisons, dont moitié turques, et moitié habitées par des chrétiens; Bazardjik, a,ooo maisons^.

D'Oumour-Fakih^ avec le golfe de Bourgas, il y a 6 à 8 heures.

De Kîrk-Kilissia avec Ai-Nada et Midiah^ il y a dé 1 o à i8 heures par une route montueuse, mais carrossable.

Après s'être concentrées à TchorloUy position centrale^ éloignée de 20 lieues de Gonstantinople ^ a5 d'Andrînople , de Rodosto , par où Ton se rend aux Dardanelles , oti eh Macédoine par Kechan et Feredjik, l'armée doit porter sa droite à Silivril sur la mer de Marmara , son centre à Tchàtaltcha , et la gauche à Kéni^ sur la mer Noire, d'où elle communiquera avec sa flotte. C'est de cette position qu'elle doit se préparer à attaquer Constantinople, ou du moins à en faire le blocus.

Si déjà on est maître de la Chersonèse de Thrace , et par suite dés Dardanelles , la flotte de la Méditerranée doit entrer dans la mer de Marmara pour bloquer Constantinoplê de ce côté , tandis que l'aile gauche de Tarmée , tournant toutes les défenses du Bosphore , en facilitera Feutrée à la flotte de la mer Noire.

Comme ceux des Dardanelles, les châteaux d'Europe, du Bosphore, sont cooimandés du côté de terre, et peu susceptibles de défense. C'est alors que ion pourra établir un système régulier de blocus, préférable, selon nous, à une attaque de vive force, dont le résultat serait l'incendie de Constantino-r pie et la perte de toutes ses richesses, qu'un ennemi

est toujours intéressé à conserver , soit qu'il veuille traiter de la paix à des conditions avantageuses, soit qu'il veuille y former un établissement peraiaoen t.

Ce blocus est d'autant plus facile , qu'une fois maître de la mer, toute communication avec l'Asie devient impossible, et ce sont ces provinces qui fournissent aux consommations journalières de cette grande capitale.

Du côté de l'Europe, ou trouve, dans un rayon de 4 à 5 lieues de la place, toutes les prises d'eau qui alimentent Constantinople, et dont les aqueducs sont faciles à couper, n'étant soutenus par aucun ouvrage défensif (i).

Sans nous arrêter implicitement aux déclarations modérées de la cour de Saint-Pétersbourg, nous pensons qu'il est de l'intérêt de sa politique de se borner pour le moment à obtenir de la Porte les conditions les plus avantageuses à son commerce, plutôt que d'entreprendre l'attaque de Constantinople de vive force : elle ne peut pas désirer de régner sur des ruines et un désert.

(i) Tous les établissemeDS militaire» de l'empire oUoraan, pour l'armée de terre et de mer, oe sont point enfermés dans l'enceinte de Constantinople, mais sont placés sur le côté oriental du port : le chantier, les bassins et l'arsenal de la marine près de Galata; le matériel de l'artillerie, les fonderies et tous les parcs tant en artillerie de campagne que de places à Topbana, au-dessous de Péra, et ne sont couverts par aucun ouvrage de fortification.

IL»a population chrétienne elle - même de cette capitale, si elle survit à sa destruction, s'empres* sera de suivre la cour des sultans en Asie, où elle transporterait ses trésors.

C 'est une erreur bien grande que de pensef que ^es chrétiens de U capitale ne soient pas pour la plupart indentifiés par leurs intérêts à la population musulmane. En cela , ils diffèrent totalement du reste des sujets répandus sur le sol de l'empire, qui cultivent au profit de leurs maîtres, accablés sous le poids des charges auxquelles ils ne peuvent se soustraire.

Les chrétiens de Constantinople y ont été attirés par les avantages d'y exercer exclusivement toutes les branches d'industrie dont l'exploitation leur est abandonnée, par suite de l'ignorance et de l'indolence des Turcs. Ils y confectionnent tous les objets particulièrement réservés à l'usage des musulmans. Ils les suivront donc là où ils sont certains de trouver un débouché pour les produits de leur industrie, produits qui ne conviennent pas à d'autres.

JLe Grec du Fanar^ au risque de sa tête, ambitionnera toujours le poste dangereux, mais lucratif, de drogman de la Porte.

Le banquier ou saraff arménien, habitué à tirer d'immenses profits de ses relations avec les grands de l'empire, et connaissant tous les avantages qu'il retire de l'ignorance de ses maîtres, les suivra pour

continuer ses spéculations, et le courtier juif, chez qui l'intérêt domine tout autre sentiment, ne voudra pas perdre les profits que lui assure son entremise dans toutes les affaires.

JXous pensons , de plus , que le temps n'est pas encore venu pour la Russie d'entreprendre la conquête de Constantinople. Sa politique constante est de maifcher lentement, mais d'une manière certaine, au but qu'elle se propose. Cette superbe dépouille, elle le sait, ne peut lui échapper; si elle fait un pas en ayant, elle sait s'arrêter à teinops, pour en faire un nouveau point de départ, où elle o^anise plus sûrement la victoire. Telle a été sa marche depuis Pierre-le-6rand , et celle qu'elle a particu-' lièrement suivie dans sa conquête des provinces du Caucase.

Nous la croyons plus occupée dé s'assurer la tranquille possession de la Géorgie et des côtes du sud-est de la mer Noire , en s'emparant des pachaliks A'Âhhaltzikh et de Kars^ que dé s'établir sur le Bosphore, ftn effet, tant que les Turcs se trouveront aussi rapprochés des tribus musulmanes du Caucase, la Russie aura toujours à craindre de nouvelles insurrections parmi ces peuples indépendans et sauvages. Elle veut et doit s'assurer la libre communication de la mer Noire à la mer Caspienne par les vallées du Phase et duKour, comme elle vient de s'assurer de la tranquillité des belles vallées de 1 '^raxe^ en repoussant les Persans au-delà A'Érivan.

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route qu'elle a tr^pée d.e RedoiUe-'Bialé k Tiflis passe trop prè$ de3 frontières tprque^ 4?n8 Je paclialik id'Akhaltzikh» ppur n'être pa3 soijyent inquiétée ; et, paur compléter Ja sûreté dp ^es cQmmijpications, et bien lier /son système de frQptièyes avec la Perse, les deux pachalibs d'AUialtzilch let Kars lui soin nécessaires.

Dans le premier se trouvent les sources di^ Kour et de VArpatcfiaï\ dans le second* celles de TAraxe. Après s'être assurée de tous les ports de la côte orientale de la mer Moire, à'Anapa à Trébizotuie, par la .vallée du Tcharouk, elle tracera ses nouvelles frontières sur le pendant des eaux qui se précipitent au sud du sommet de VArarat au centre de l'Arménie vers le golfe Persique, par les grandes vallées de VEuphrate at du Tigre ;

4 l'orient, vers la mer Caspienne par le Kour et ]*Araxe;

Aij nord, vers là mer Noire par la vallée du Tcharouk.

Maîtresse de la libre navigation de la mer Caspienne, ses relations s'étendent tous les jours vers l'Asie 'centrale ; et ce n'est pas de Constantinople que l'on peut vojuloir menacer Calcutta^ lorsque déjà on a des relations suivies avec Boukhara , et que l'on peut dominer le lac Oural et VOxus^ dqnt les sources se trouvent si rapprochées de Vlndus.

La Perse, réduite presqua l'état de tributaire par le dernier traité de paix , ne serait-elle pas de

gré ou de force son auxiliaire obligée, si la Russie voulait sérieusement s'avaucer vers le Gange. ^

Tout porte donc à croire que la Russie, dans la lutte qui vient de s'engager, ne s'écartera pas de la politique qu'elle a déclaré vouloir suivre. Que demande-elle à la Porte-Ottomane?

1* L'indépendance de la Grèce et celle des deux provinces au-delà du Danube ;

2"" Le libre passage du Bosphore pour toutes les nations ;

Z"" Consolider la tranquillité de ses provinces du Caucase par une nouvelle délimitation de territoire, en écartant les Turcs de tout point de contact avec les tribus indépendantes et turbulentes de ces montagnes ;

4* Enfin, obtenir une juste indemnité pour les frais d'une guerre qu'elle prétend n'avoir pas provoquée!.... La ruine de Constantinople rendrait cette dernière condition impossible; cette capitale réunît tous les trésors de l'empire.

Les Turcs se défendent très-bien, on le sait, derrière les plus mauvais retranchemens. Constantinople , entouré des deux côtés par .la mer , ne i présente qu'un seul front d'attaque, par lequel on ne pénétrerait que sur des ruines fumantes. Toutes les maisons de l'ancienne Byzance sont construites en bois, les mosquées et les bézestins exceptés, dans lesquels les Turcs se défendront avec la rage du désespoir.

Quant à la possession de la Bulgarie et de la Tlirace, quel avantage peut-elle présenter à la Russie? La population chrétienne y est peu considérable, et lui serait de peu de ressource, si encore elle écliappe à la rage des Turcs. Les productions y sont les mêmes que celles des états du midi^ et ne pourraient être exploitées que par des colonies tirées de la population de la Russie même , c'est-àdire au détriment des grands propriétaires 9 qui ne comptent leurs revenus que par le nombre de leurs paysans. Cette acquisition de territoire désert ne pourrait leur sourire , et ajouterait peu à la puissance du souverain, Constantinople excepté.

Mais si 9 par un traité de paix dont elle dictera les conditions, la Russie obtient, avec la libre navigation du Bosphore, les conditions qu'elle a imposées à la Porte, son but n'en est-il pas plus sûrement atteint? Depuis long -temps elle négocie pour ce résultat, et, aujourd'hui plus que jamais, une bataille gagnée dans les plaines de la Thrace le luf donnera, dès qu'elle le rendra commun aux autres puissances de l'Europe. Dès la paix de 1 791 , elle demandait à la Porte la cession d'un port franc à Istenia, près du Rounuli-Hissari j ou château d'Europe, dans le même canal.

Deïnièrement , elle a semblé désigner pour le même objet Gallîpolî^ située dans la Chersonèse de Thrace, à l'entrée de la mer de Marmara.

Nous concluerons donc, en émettant le vœu

de Yoir ces propositions acceptées, car il importe aux puissances du midi de l'Europe que les Russes ne deviennent pas les gardiens exclusifs de ce poste important. Elles ne sont plus en mesure de s'y opposer. Ce qui était facile avant le commencement de la campagne» en prenant position aux Dardanelles (1)9 ne Test plus aujourd'hui; encore quelques marches, et les armées russes camperoiit sur ses rives.

Du Danube à Constantinople on compte io4 -heures : des crêtes du Balcan, 84; d'Audrinople, 4^; et c'est dans ces plaines fameuses par d'autres combats, où se décida si souvent le sort de Yempire d'Orient, que doit finir la querelle qui nous occupe.

Quelles troupes le successeur des Mahomet et de Soliman peut-il opposer aux armées qui ont

traversé le Danube? Les janissaires ne sont

plus, et avec eux semble s'être éteint ce fanatisme guerrier qui, à défaut de science militaire^ fit souvent triompher leurs devanciers! Peut-onr compter pour quelque chose ces nouvelles troupes enrégimentées de force et à la hâte, soumises à une discipline incompatiable avec leurs mœurs et leur croyance ?

(1) En portant un corps d'armée aux Darc(anellés avaQt Touverture de la campagne, on assurait la libre entrée de la mer Noire à une flotte supérieure à celle des Russes danscette mer, et on empêchait au besoin toutes leurs opérations parla route de Varna et Privadi, que semble youloir suivre Tarmée de l'empereur Nicolas.

Des Cosaques Zaporogues ont été chercher rempereur Nicolas sur la rive gauche du Danube» et Vont conduit sur le sol de l'islamisine !

Après la prise d'jff//v^f'«, contre ses vieilles côuturoes, la population musulmane, loin de fuir le ^oug des infidèles, n'a point profité des capitulations qui lui assuraient un libre passage pour elle et ses propriétés. A ces signes nouveaux , n'est - il pas facile de reconnaître que le temps du fanatisme religieux est passé pour les sujets du farouche Mahmoud; et jamais, dans l'état où se trouve Tempire, le sultan ne réunira plus de cent mille hommes dans les plaines de la Thrace. Les grands feudataires de l'Asie mineure ne quitteront pas leurs foyers, menacés par l'armée de Géorgie , pour venir défendre l'empire sous les murs de Byzance.

Les Bosniaques resteront en observation devant la Servie; et les Albanais, ennemis des nouvelles formations militaires, prendront prétexte des troubles de la Grèce pour ne pas se rendre au rendez-vous qui leur est assigné.

Reste donc les nouvelles troupes du sultan et les feudataires de la Macédoine, de la Bulgarie et de la Thrace , auxquels on pourra ajouter les habitans des côtes de l'Asie mineure et une partie de la population décimée de Gonstantinople.

. Suivons maintenant la marche de l'armée russe du Danube aux plaines d'Andrinople, et delà aux rives du Bosphore.

Quoique nous ne donnions ici que les itinéraires

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des trois grands débouchés carrossables qui traversent le Balcûn» nous devons encore indiquer qu'il en existe un quatrième plus à Touest, qui, venant d'Orsoi^a, ou de Belgrade à Nissa^ passe à Sophia^ Tatar-Bazardjick et Philippopollis, en suivant le cours dé la Maritza jusqu'à Andrinople. Cette route est excellente, traverse une vallée riche et populeuse, où l'armée ennemie trouverait de grandes ressources en vivres, fourrages, et bétail de toute espèce. De Sophia à Andrinople on compte :(5i Ii*

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