SÉANCE DU 12 JANVIER
et du Bouleau, dont il avait spécialement fait choix comme sujets d’observations, contesta qu'il veut aucune espèce de rapport (Mitre ces organes et les stomates, ainsi que l’avait cru Unger. Suivant l’auteur du Nouveau Dictionnaire de botanique, une lenticelle n'est autre chose « qu’une hypertrophie locale du tissu cellulaire sous-épidermique », hypertrophie provoquée par la dénudation de ce tissu « dans le point où l’épiderme a subi une perte de substance par la destruction d’une partie soulevée en forme d’aiguillon ou de poil (1) ».
La question eu était là lorsqu'on 1871 M. Trécul communiqua à l’Académie des sciences le résultat de nouvelles observations faites sur un grand nombre de végétaux et dont il était permis de conclure que, dans la généralité des cas, il existe une relation directe cidre les stomates et les lenticelles. Celles-ci en effet, d’après .M. Trécul, résulteraient le plus souvent « d’une formation partielle de liège au-dessous des tissus détruits ou en voie de mourir, qui environnent la cavité, dite respiratoire, placée sous les stomates ».
Cette opinion, diamétralement opposée à celle qui avait prévalu jusqu’alors, ne tarda pas à être corroborée dans son ensemble, et sur les points les plus importants, par les travaux d’un botaniste allemand, M. Stald, qui fit paraître sur ce sujet, dans plusieurs numéros du Botanische Zeitung, au cours de l’année 1873, une série d’articles fort concluants (2). J’emprunte l’analyse de ce travail à la deuxième édition des Etrillent a de botanique de M. Duchartre (3).
D’après M. Stalil, les lenticelles peuvent avoir deux origines différentes.
Chez les végétaux dont le suber prend naissance dans les couches profondes de l’écorce, les lenticelles se développent, à un âge plus ou moins avancé, sur le périderme de formation subséquente et après l’exfoliation des couches corticales les plus extérieures, ce qui exclut toute idée de relation d’origine ou de position entre ces organes et les stomates.
Au contraire, dans les espèces dont le liège a une origine superficielle, et ce sont de beaucoup les plus nombreuses, les lenticelles se forment sous les stomates et proviennent du développement subériforme des tissus sous-jacents. Dans ce dernier cas, les choses peuvent se passer, toujours d’après M. Stahl, de trois manières différentes.
Tantôt il se forme une lenticelle isolée sous chacun des stomates caulinaires ; tantôt, mais plus rarement, les lenticelles se développent sous un groupe formé d’un nombre très-variable de stomates, auquel cas il en apparaît d’abord une sous chaque stomate, après quoi tonies finissent par se ’éiinir. Enfin, lorsque les stomates caulinaires sont nombreux et dispersés
(t) Germain de Saiiit-l’ierre, Nouveau Dictionnaire île botanique
(2) Botanische Zeitung, 1873, n oa 30 à 30.
(3) Duchartre, Eléments île botanique, p. 227 et suiv.